10 octobre 2008

La finance islamique en France

La finance islamique en France

Quelles perspectives

?

 

Le rapport du sénat francais

I. La finance islamique : un développement récent qui nécessite un débat public

La finance islamique a pour objet de

développer des services bancaires et des produits financiers compatibles avec les prescriptions de la loi coranique. Le caractère islamique d'un produit financier, ou d'une transaction financière, est établi dès lors que le respect des cinq principes de l'islam financier a été vérifié par un conseil de conformité à la Charia.

Née dans les années 70, la finance islamique connaît aujourd'hui un important essor à travers le monde et s'impose de plus en plus comme une concurrente de la finance dite «conventionnelle»

:

- le taux de croissance annuel de l'activité bancaire islamique est estimé entre ;

10 et 15 %

- le total des actifs gérés par les banques et les compagnies d'assurance se serait élevé à

500 milliards de dollars fin 2007 ;

- et si l'on tient compte des actifs hors bilan et des fonds conformes à la loi coranique, le marché de la finance islamique représenterait environ

700 milliards de dollars à l'heure actuelle.

Si la finance islamique s'est historiquement développée dans les pays de tradition musulmane, et reste encore aujourd'hui très concentrée dans le Golfe persique et en Asie du Sud-Est,

elle s'exporte aux Etats-Unis et en Europe suite à la très forte augmentation du prix du pétrole ces dernières années. En effet, l'excès de liquidités en provenance des monarchies du Golfe a, en partie, afflué vers les grandes places financières mondiales, suscitant ainsi un intérêt croissant pour ce système économique basé sur le Coran et la Sunna.

En Europe, le Royaume Uni fait figure de

pionnier avec l'adoption rapide de mesures juridiques et économiques destinées à favoriser l'émergence de la finance islamique, que ce soit en renforçant l'attractivité de sa place financière ou en proposant une offre de services adaptée aux particuliers (ouverture de la première banque islamique en Europe en 2004). De même, en Allemagne, la prise en compte de ce marché est effective comme le démontrent les initiatives prises sur le marché des «sukuks» (produit obligataire islamique) ou du «takaful» (assurance).

Prenant pleinement conscience

 

Ces tables rondes ont permis de souligner la situation paradoxale de la France vis-à-vis de la finance islamique :

l'existence d'une certaine inertie nationale alors même que le développement de la finance islamique ne se heurterait à aucun obstacle dirimant et bénéficierait de deux atouts majeurs.

A. Le constat d'une certaine

inertie nationale

Les différentes interventions ont, notamment, permis de souligner une certaine inertie nationale s'agissant du développement de la finance islamique sur le territoire national. En dépit d'une attention, au demeurant récente, des pouvoirs publics sur cette question, les professionnels concernés n'apparaissent pas aussi

«pro-actifs» que leurs homologues d'outre-manche, que ce soit dans le développement de la banque d'investissement, de financement ou de détail. Ainsi, si l'on constate que la plupart des groupes bancaires français ont ouvert des filiales spécialisées sur le créneau de la finance islamique au Moyen Orient afin de profiter de cette source de liquidités, leur activité sur le territoire national dans ce domaine est plus que balbutiante. Votre commission note toutefois une initiative intéressante et récente sur l'île de la Réunion, dont il conviendra à moyen terme de faire le bilan.

Cet attentisme apparaît paradoxal dans la mesure où le développement de la finance islamique en France ne nécessiterait pas un

«bouleversement» du droit positif d'une part, et pourrait s'appuyer sur deux atouts majeurs, à savoir une place financière d'ores et déjà compétitive et la présence d'une communauté musulmane importante, d'autre part

En savoir plus :

http://www.senat.fr/rap/r07-329/r07-3291.pdf
de ces phénomènes au cours de son voyage d'études au Moyen Orient en 2007 et lors de sa participation à la mission d'information commune sur les centres de décision2, votre commission a jugé utile d'approfondir le débat sur la possibilité de développer ce marché en France. Dans cette perspective, elle se félicite, notamment, que ce sujet soit devenu une des priorités du Haut comité de place installé en 2007 par Mme Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, afin de renforcer l'attractivité de la place financière de Paris.

II. les principaux

enseignements à tirer des tables rondes du 14 mai 2008

11:26 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |