23 mars 2012

Avis de la Communauté Israélite de Bruxelles

Avis de la Communauté Israélite de Bruxelles

La Communauté Israélite de Bruxelles and the Conférence of European Rabis

have the pleasure in inviting you to the présentation of the "Prix du Judaïsme Européen" - Prix Lord Jakobovits"

to H.E. Prof Jerzy BUZEK

President of the European Parliament 2009 to 2012

In the presence of H.E. Mr Martin SCHULZ

President of the European Parliament

Tuesday 27 March 2012 at 14.00 sharp,

At la Grande Synagogue de l'Europe, Rue de la Régence 32, 1000 Brussels

Kindly take your seats by 13.45

 R.SV.P à Communauté Israélite de Bruxelles

Phone: + 32 02 512 43 34

Fax: 02 512 92 37

e-mail. info@synaregence.eu

 Adresse et réservations

Musée Juif de Belgique

 Rue des Minimes 21

 1000 Bruxelles

 02 512 19 63

edu@mjb-jmb.org  

www.mjb-jmb.org

09:24 Écrit par Rachid Z dans Conférence-débats, Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29 février 2012

Laïcité et enseignement

Laïcité et enseignement

Conférence organisée le 27 février 2012 à l’ULB par le Cercle du Libre Examen, en partenariat avec l'UAE. Conférence abordant de nombreuses thématiques autour de l'école primaire et secondaire en rapport avec la laïcité : la question du créationnisme, des difficultés actuelles d'enseigner la théorie de l'évolution, les projets d'un cours commun philosophique pour tous, etc.

Intervenants :  Nadia Geerts : Licenciée et agrégée en philosophie, militante républicaine, laïque, antiraciste et féministe, Jean-Christophe de Biseau : Responsable de l'agrégation en biologie (ULB) et auteur d'articles sur la question du créationnisme, Jacques Vermeylen : Maître en théologie (Louvain), professeur à la faculté de théologie de l'université catholique de Lille, président de l'Association européenne de théologie catholique (AETC), Hervé Hasquin : Ancien recteur et président de l'ULB, professeur d'université, historien et homme politique

Modération : Renaud Vanbergen, ancien président du Cercle du Libre Examen

(Il faut reconnaître que l'intervention d'Hervé Hasquin est assez remarquable. En effet, sa conception de la laïcité, dite "ouverte", autrement dit moins enmurée et nettement plus respectueuse des différences que celle souvent imposée, autant idéologiquement qu'arbitrairement, par les autorités publiques s'avère radicalement opposée à celle prônée par la laïciste Nadia Geerts !) (Rachid Z)

20:38 Écrit par Rachid Z dans Cultes, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26 février 2012

Mariage Religieux : «Le Calvaire des Femmes Juives»

Mariage Religieux

«Le calvaire des femmes juives»

Selon la loi juive, la demande de divorce revient seulement au mari. Les femmes ne peuvent pas se remarier tant que leur ancien époux ne leur a pas donné «guet», un acte écrit dans lequel l'homme divorce de sa femme.

En l'absence de «guet», les époux sont toujours considérés comme mariés selon la tradition juive, même s'ils ne vivent plus ensemble.

Qui plus est, si elle demeure avec un autre homme, elle pourra être accusée d'adultère et les enfants nés de cette union seront considérés comme des «mamzer» (bâtards) selon la loi juive. Ces enfants, n'étant pas reconnus comme juifs, sont alors obligés de faire une démarche de «conversion» au judaïsme…

02:58 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23 février 2012

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans démissionne

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans démissionne

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7sur7, le 23 février 2012

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), Mohamed Adahchour, qui occupe ce poste depuis 2005, a présenté sa démission mercredi soir. Il souhaite cependant rester membre de l'assemblée générale de l'ASBL Collège de l'Exécutif des Musulmans de Belgique.

Passer le flambeau

"Après cette période relativement longue au cours de laquelle j'ai pu oeuvrer avec grand enthousiasme, j'estime qu'il est à présent judicieux de transmettre le flambeau à d'autres gens afin de leur permettre à leur tour d'apporter un nouveau souffle à notre institution", a-t-il indiqué dans sa lettre transmise au président de l'EMB et au président de l'ASBL Collège de l'EMB.

L'Exécutif connaît depuis un temps quelques tensions entre ses membres "conservateurs" et "réformateurs", rassemblés au sein de l'Alternative démocratique des musulmans de Belgique (ADMB).

La raison de la démission du vice-président ne se trouverait néanmoins pas là, a estimé le président de l'EMB, Ugurlu Semsettin, dont le mandat a été prolongé à la mi-janvier ainsi que les mandats des huit autres membres composant l'Exécutif, dont Mohamed Adahchour.

Contraintes personnelles

"Je viens de recevoir sa lettre. Il s'agit d'une décision tout à fait libre et je suis en train de lui demander de revoir celle-ci. Nous connaissons actuellement des difficultés budgétaires en raison des subsides que l'Etat nous a attribués mais ne nous a jusqu'à présent pas encore versés. Cela prend du temps. Je ne connais pas la raison de cette démission mais il y a sûrement plusieurs éléments qui ont joué", a expliqué jeudi Ugurlu Semsettin.

"Cette décision, qui fait suite à certaines contraintes personnelles, a été mûrement réfléchie", concluait dans sa lettre Mohamed Adahchour.

15:35 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Cultes, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20 février 2012

Canada : la Cour Suprême s'en prend à la liberté des parents en matière d'éducation

Canada

La Cour Suprême s'en prend à la liberté des parents en matière d'éducation

 Par Michel Janva, le 20 février 2012

"L'affaire a débuté en 2008. Jusque-là, l'enseignement public dans les écoles québécoises dispensait aux enfants, selon le choix des parents, un cours d'enseignement moral et religieux catholique ou protestant. Cette année-là, le gouvernement décide de mettre en place un cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) qui propose non plus de l'instruction confessionnelle, mais de l'éducation morale et religieuse, c'est-à-dire une présentation laïque des différentes confessions et des cours de morale civique, dans tous les établissements publics et privés de la Belle-Province. [...]

Dans l'affaire dite de Drummondville, ce sont deux parents catholiques qui ont demandé aux tribunaux de pouvoir dispenser leurs enfants de ces cours, arguant que "le relativisme auquel seraient exposés les élèves qui suivent le cours ECR entraverait leur capacité de transmettre leur foi à leurs enfants". Déboutés par la Cour supérieure du Québec, puis par la Cour d'appel, les deux parents ont porté l'affaire devant la juridiction canadienne suprême. Celle-ci vient de les débouter également.

Pour les juges suprêmes, en effet, l'obligation de suivre les cours d'ECR "ne contrevient pas à la liberté de conscience et de religion". "Suggérer que le fait même d'exposer des enfants à différents faits religieux porte atteinte à la liberté de religion de ceux-ci ou de leurs parents revient à rejeter la réalité multiculturelle de la société canadienne et méconnaître les obligations de l'État québécois en matière d'éducation publique", écrit ainsi l'une des juges, Mme Deschamps. Pour autant, bien qu'ayant pris cette décision à l'unanimité, deux des neuf juges de la Cour suprême ouvrent la porte à de futures poursuites pouvant cette fois-ci aboutir: "Par ailleurs, l'état de la preuve ne permet pas non plus de conclure que le programme et sa mise en application ne pourront éventuellement porter atteinte aux droits accordés aux appelants et à des personnes placées dans la même situation". Les regards se tournent maintenant vers l'affaire du collège Loyola, établissement privé catholique qui avait obtenu, lui, de pouvoir dispenser les cours d'ECR "dans une perspective catholique" par un jugement de la Cour supérieure du Québec qui a été porté devant la Cour suprême par le gouvernement. Jugement attendu dans les prochains mois."

11:40 Écrit par Rachid Z dans Cultes, Enseignements | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 février 2012

Quelle égalité dans le financement de l'Islam ?

Quelle égalité dans le financement de l'Islam ?

Par Nicolas Bossut, le 6 février 2012

Selon une étude du sociologue Jan Hertogen, 623.000 Belges seraient musulmans, soit 5,8% de la population. Pourtant, les musulmans ne reçoivent que 2,1 % des fonds publics attribués aux cultes. Comment expliquer une si grande disparité ?

La loi sur le financement des cultes remonte en Belgique à l’indépendance. En 1830, seuls trois cultes étaient alors reconnus par l’Etat : le culte catholique dans lequel se reconnaissait alors plus de 90% de la population, le culte protestant et le culte israélite.

Implications d’une reconnaissance

La reconnaissance d’un culte a plusieurs conséquences. Tout d’abord, l’Etat paie les traitements et les pensions des ministres du culte. C’est d’ailleurs pour lui une obligation constitutionnelle. En contrepartie, il exige une tutelle sur la comptabilité des organes représentatifs des cultes reconnus.

Les autorités religieuses ont par ailleurs l’opportunité, si elles le désirent, de proposer au gouvernement de reconnaître des communautés religieuses locales. Cette reconnaissance est officialisée par un arrêté royal qui fixe le nombre de ministres du culte attaché à chacune de ces communautés. Elle implique la mise en place pour chacune d’entre elles d’un établissement public de culte, appelé ‘Fabrique d’Eglise’ chez les catholiques, chargé de la gestion temporelle des biens de la communauté. En outre, les communes ou les provinces sont tenues de mettre à disposition de ces ministres du culte un logement ou, le cas échéant, une indemnité de logement.

Toutes ces mesures ont été décidées, à l’époque, en raison du service social prodigué aux fidèles et, pour l’Eglise catholique, à titre de compensation suite aux confiscations qu’elle avait dû subir à l’occasion de la Révolution française. Elle font partie de l’héritage belge du Concordat signé en 1801 par Napoléon.

Ce n’est qu’en 1959, avec la signature du Pacte scolaire, que l’organisation de l’enseignement des religions dans le réseau scolaire officiel, primaire et secondaire, sera fixée. Les cultes reconnus et la morale laïque pourront désormais faire enseigner leur doctrine ou leur philosophie par des enseignants qu’ils auront désignés par eux-mêmes et qui seront financés par l’Etat.

Les implications, notamment financières, sont donc nombreuses et justifient que nous nous y attardions.

Reconnaissance des cultes

Les évolutions que connaîtra notre pays vont l’amener progressivement à étoffer la liste des bénéficiaires de la loi sur le financement des cultes. Tous seront soumis aux mêmes conditions. Ils doivent pouvoir revendiquer un nombre suffisamment élevé d’adhérents, être établi dans le pays depuis un certain temps, présenter un intérêt social pour la collectivité, n’avoir aucune activité contraire à l’ordre public et être structuré, de manière à avoir un organe représentatif auprès de l’autorité civile.

Les anglicans entrent dans la danse les premiers, en 1870. Leur reconnaissance ne donne lieu à aucun débat particulier à l’époque. Il est vrai que le nombre d’anglicans présents en Belgique était déjà très limité.

Suivent en 1974 les musulmans. Les enjeux sont ici bien différents. La présence musulmane s’est considérablement accrue en Belgique suite à la signature de conventions d’immigration avec la Turquie et le Maroc (1964), la Tunisie (1969), l’Algérie et la Yougoslavie (1970). Alors que l’Islam constitue déjà la seconde religion de Belgique, aucune structure officielle n’existe pour encadrer les croyants. Émue par cet état de fait ou par opportunisme politique, l’Arabie saoudite qui, au contraire d’autres Etats, ne dispose d’aucune diaspora significative,  fait pression sur la Belgique. En 1967, elle obtient du Roi Baudouin la jouissance du pavillon oriental situé dans le Parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Le Centre islamique et culturel de  Belgique s’y installe. Entre 1971 et 1974, plusieurs propositions de reconnaissance du culte islamique furent déposées à la Chambre ou au Sénat. C’est finalement en plein crise pétrolière que les parlementaires acceptèrent finalement de reconnaître le culte islamique.

L’Eglise orthodoxe fut ensuite reconnue à son tour en 1985. Elle fut suivie en 1993 par la laïcité organisée qui exigea elle aussi d’obtenir un financement et obtint pour cela la révision constitutionnelle nécessaire.

La difficile représentation des cultes

Parmi les différentes conditions de reconnaissance de cultes, l’une d’entre elles, l’obligation d’être structurée et de fournir un interlocuteur unique à l’Etat, posa toujours problème aux différents cultes et plus particulièrement aux musulmans. Cette obligation avait été taillée sur mesure pour l’Eglise catholique, fortement hiérarchisée et organisée.

Les musulmans sont par contre, à l’inverse des catholiques et tout comme les juifs et les protestants, divisés en mouvements et confréries entre lesquelles le ressentiment est parfois puissant. L’Etat, en faisant l’impasse sur ces particularismes et en leur imposant de s’unir pour être financé, va à l’encontre de plusieurs siècles de tradition.

De 1978 à 1991, le Centre islamique et culturel de Belgique, contrôlé par l’Arabie saoudite, est l’unique interlocuteur des autorités belges, mais sa légitimité est contestée. Après de nombreux rebondissements, il fut décidé de soumettre au vote des fidèles la nomination d’un Exécutif des musulmans de Belgique. Les élections eurent lieu le 13 décembre 1998. 48.000 électeurs se présentèrent et les résultats furent validés le 6 janvier 1999.

Malheureusement, l’Etat imposa aux candidats un screening opéré par la Sûreté grâce à un tour de passe-passe qui lui permit au prix d’une hypocrisie non feinte de ne pas enfreindre sa propre constitution qui lui impose de ne pas intervenir dans la nomination ou dans l’installation des ministres d’un culte quelconque. Cette injustice provoqua une colère légitime de la part des musulmans. Les dés étaient pipés. Un nombre important de candidats, pourtant élus, furent récusés parce qu’ils n’avaient pas l’heur de plaire à la Sûreté ou au ministre en place.

Toutefois, en février 1999, Tony van Parijs, Ministre de la Justice, présenta les noms des 16 membres du nouvel Exécutif des musulmans. Dès les premiers jours, il fut la cible des critiques des candidats récusés, déclenchant de vives tensions en son sein et le neutralisant.

Injustice dans le financement des cultes

Aujourd’hui, presque 15 ans après l’élection du premier Exécutif des musulmans, ce dernier est toujours dans la tourmente. Pourtant, sans son aide, la nomination des professeurs de religion islamique et des inspecteurs chargés de les contrôler, le paiement des traitements des imams et la reconnaissance de nouvelles mosquées sont quasiment impossibles.

L’inégalité dans le financement des différents cultes ne cesse en conséquence de se creuser. Ainsi, en 2008, les musulmans ne recevaient que 2,1% des montants attribués aux cultes et convictions reconnues alors qu’ils représentaient la même année 12% de la population francophone. Même en imaginant qu’il n’y ait aucun musulman en Flandre, l’injustice est criante.

Connaissant le climat politique actuel marqué par une montée sans précédent d’un populisme anti-musulman, cette situation de blocage à laquelle l’Etat lui-même n’est pas étranger ne doit pas déplaire à tout le monde. Pourtant, cette iniquité risque de coûter cher au vivre-ensemble belge. Annemie Turtelboom, nouvelle ministre en charge des cultes, sera-t-elle capable de rétablir le dialogue ou d’apporter des propositions innovantes pour rattraper ce retard ?

Vers une réforme du système ?

Dans ce contexte, certains, comme Felice Dasseto, n’hésitent pas à remettre en cause l’édifice tout entier du financement des cultes et à avancer l’idée d’un impôt dédicacé. Chaque citoyen aurait la possibilité d’indiquer sur sa feuille d’impôt quel culte ou institution de la laïcité, voire quelle organisation caritative, il aimerait financer. Étant donné l’état actuel de la pratique religieuse, bien éloignée des modèles traditionnels, cette proposition pourrait fondamentalement changer la donne. Le débat reste ouvert.

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26 janvier 2012

L'associatif de la seconde génération marocaine est malade de "pseudo pouvoir"

L'associatif de la seconde génération marocaine est malade de "pseudo pouvoir"

Par Khalil Zeguendi, le 24 janvier 2012

Que cela soit au niveau de l'Exécutif des Musulmans de Belgique ou en ce qui concerne la gestion des mosquées ou des très nombreuses associations agissant en milieu socio-cu...marocain, la bagarre que se livrent les cadres et les intervenants, pour occuper le devant de la scène et s'accaparer le "pouvoir", au sein des structures formant ce tissu, tourne au jeu de massacre.

Commençons par l'organe chef de culte islamique: depuis sa sortie publique fin 1998, cet organe, sensé s'exprimer au nom des Musulmans et gérer leurs affaires, liées au temporel du culte, a passé le plus clair de son temps à vivre des "coups d'Etat", des Putschs et des complots en tous genres.

Cette situation, en permanence conflictuelle a conduit au gel effectif des actions et des activités devant être menées par cet organe au profit des Musulmans qui l'avaient élu, massivement, en 1998.

Aucun président n'a achevé son mandat "normal" à la tête de cet exécutif. Tous ont été "vidés" par leurs adversaires, suite à des coups tordus et des magouilles sans nom.

Les politiques belges n'ont pas aidé à ramener la sérénité indispensable au sein de cet organe et certains, comme Onkelinckx, ont tout simplement salopé le fonctionnement de l'Exécutif des Musulmans, en débarquant leurs adversaires et mis en selle leurs amis. En 2005, bafouant totalement l'indépendance de cet Exécutif, Laurette Onkelinckx, provoqua des élections anticipées, dans le but de soutenir le clan qui lui était favorable.

Hassan Boucetta, aujourd'hui sénateur PS, a joué à cette occasion un sale rôle, en acceptant de prendre en charge, à la demande de la même Onkelinckx, l'organisation de ces élections, voulues par le politique, en totale infraction avec la nécessaire neutralité que se doit d'observer le pouvoir politique, vis à vis du fonctionnement des instances ayant à gérer le temporel du culte.

Le fonctionnement des instances dirigeant les mosquées est tout, sauf démocratique.

A ce niveau, les magouilles et les manœuvres putschistes, règnent en maîtresses.

Au niveau associatif, là où des jeunes de seconde génération ont pris pied, rien ne fonctionne selon les règles élémentaires de la démocratie et du respect du pluralisme.

En 2004, Boucetta, toujours lui, contribue avec ses "amis" à sortir de l'EMIM" Mémorial de l'Immigration marocaine", ceux qui avaient pris l'initiative de fonder cette association.

Pour rappel, l'EMIM a été créée, par un groupe de jeunes, menés par Mohamed Boukourna, pour célébrer les 40 ans de présence marocaine en Belgique.

La bataille des associatifs et des Politiques Marocains de Belgique, pour l'appropriation des cérémonies de commémoration des Marocains morts en 1940, lors de la bataille de Gembloux, continue de faire rage, depuis que Rachida Attar, a déterré cette tranche de l'histoire, en consacrant son mémoire à ce fait historique.

Ikazbane, Laanan et d'autres politiques tentent de récupérer cet événement, pour en faire un fonds de commerce électoral. Cette année, année électorale, ils y seront tous pour faire semblant de commémorer les morts de Gembloux, tombés pour vaincre le nazisme.

Faut-il encore relater les faits d'armes de Radouane Bouhlal et de la pléthore de magouilleurs qui l'ont porté aux nues, avant de le lâcher comme un malpropre ?

Ceux qui comme moi, avions misé sur cette relève, instruite et intelligente, en sont pour leurs frais.

Ce à quoi l'on assiste aujourd'hui, s'agissant de cette relève, est affligeant.

Et quoi que formés au niveau scolaire, la plupart des jeunes cadres de seconde génération marocaine, reproduisent aujourd'hui, le système de fonctionnement qu'ils ont connu et acquis au sein de leurs familles.

Un système marqué par l'absence de relations démocratiques et de tolérance.

Un système qui les a souvent privés de l'épanouissement matériel et éducatif et qui les pousse aujourd'hui, à "rattraper le temps perdu", en cherchant le profit vénal, rapide et souvent non conforme à l'éthique et à la morale.

11 octobre 2011

Les catholiques dans la campagne présidentielle

Les catholiques dans la campagne présidentielle

Par Guillaume Tabard, le 04 octobre 2011

Le cardinal Vingt-Trois a présenté lundi les enjeux essentiels de l’élection présidentielle pour les catholiques de France. Dans une République laïque, sort-il de son rôle ? Non car la laïcité, même à la française, ce n’est pas la relégation des religions à la seule sphère privée, c’est la possibilité reconnue à toutes les sensibilités, y compris religieuses, de s’exprimer, voire d’alerter sur les enjeux importants de la société.

Même en recul, les catholiques restent l’une des minorités les plus importantes en France, avec à peu près 3 millions de pratiquants réguliers. Et, comme l’a dit le cardinal Vingt-Trois lundi, «s’ils sont minoritaires, les catholiques n’entendent pas être des citoyens interdits de parole dans la société démocratique».

Que veulent dirent les évêques de France ? Il y a bien sûr une conception de la vie qui, quelques semaines après la révision des lois de bioéthique, leur fait rappeler leur opposition à «l’instrumentalisation de l’embryon», à la généralisation du diagnostic prénatal ou encore à l’euthanasie qui revient, disent-ils, «à abandonner les personnes au moment où elles ont le plus besoin d’aide et d’accompagnement».

Autre thème qui sera très présent dans la campagne présidentielle : le mariage et l’adoption homosexuels, qui figurent dans le programme du PS ou des Verts, et acceptés par certains à droite, comme Alain Juppé. Les évêques redisent qu’à leurs yeux, «la différence sexuelle de l’homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain».

Le texte de l’Eglise de France parle aussi des banlieues, pour mettre en garde contre une politique «purement répressive» ; ou encore de l’immigration, pour dire «une régulation des migrations est nécessaire», elle ne peut pas se réduire à «une fermeture protectrice des frontières». Dans les rapports économiques et sociaux, elle met en avant la notion de «gratuité», peut-être pas si éloignée du «care» défendu par Martine Aubry. Enfin, comme le fait souvent le pape Benoît XVI, elle défend l’écologie en rappelant que l’homme n’est que le "gérant" de la Terre.

Ces rappels conduiront-ils l’Eglise de France a donner des consignes de vote ? Non ce n’est pas son rôle, qui est d’abord missionnaire, et ce n’est pas la tradition française où, contrairement à d’autres pays, il n’y a jamais eu de parti spécifiquement chrétien.

Même Christine Boutin, dont l’archevêque de Paris a salué le courage et les convictions, ne prétend pas, a-t-il dit, être le «porte-parole» de l’Eglise de France. D’ailleurs, l’intervention des évêques n’est pas uniquement un plaidoyer pro domo. Ils mettent par exemple en garde, dans les débats sur la laïcité, contre un discours qui stigmatiserait tous les croyants : les musulmans comme les catholiques.

Enfin, si ce texte est publié à six mois de la présidentielle, c’est bien pour souligner qu’ils ne voulaient pas trancher entre des candidats – cela relève de la conscience de chacun -, mais alerter l’opinion en amont sur des sujets qui préoccupent bien sûr les chrétiens, mais concernent la société française toute entière.

Certaines positions seront majoritairement refusées voire susciteront la polémique. Mais ce texte des évêques, court mais dense, aura le mérite de sortir la campagne présidentielle de seuls jeux de posture ou de petites phrases.

15:35 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07 octobre 2011

Nicolas Sarkozy fait l'éloge de la liberté de conscience

Nicolas Sarkozy fait l'éloge de la liberté de conscience

 

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Par Guillaume Mollaret, le 04 octobre 2011

Le président de la République était mardi matin dans le site cévenol récemment classé au patrimoine de l'Unesco. Il y a rendu hommage aux protestants.

De mémoire de protestant, c'est la première fois qu'un président de la République rend officiellement hommage à cette communauté religieuse. En visite, mardi, à Mialet (Gard), haut lieu de la résistance huguenote face à la tyrannie royale interdisant la liberté de culte après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, Nicolas Sarkozy a loué cette terre cévenole, «où est née la liberté de conscience» prônée par les minorités religieuses. «C'est une dimension qui s'inscrit dans l'histoire nationale» commente pour sa part Laurent Schlumberger, président de l'Église réformée de France présent lors la visite présidentielle au musée du Désert de Mialet.

Alors qu'il avait été reproché au président de la République de privilégier le catholicisme aux autres croyances après le discours du Puy-en-Velay (Haute-Loire) en mars dernier, Nicolas Sarkozy a salué cette autre grande religion. Il a loué les paysages des Causses et Cévennes, à la fois œuvre de la nature et façonnés par l'homme, qui ont été récemment classés au patrimoine mondial de l'Unesco.

Résister

Louant la résistance pour la liberté de culte des camisards cévenols face aux diktats de Louis XIV, Louis XV, puis Louis XVI, il a rappelé que c'est ici même, à Mialet, qu'un pasteur avait en 1942 appelé à «ne pas plier devant la politique de Vichy et à résister à sa politique antisémite. En Cévennes, on plie mais on ne rompt pas (…) Résister, ce mot est à lui seul, pour une famille comme un pays, le plus bel héritage.»

Mais Sarkozy a aussi renoué, comme à Vézelay, avec le thème de l'histoire de France, thème récurrent du président rassembleur. «Je veux rendre hommage à cette France des morts qui a construit la France dans laquelle nous vivons» s'est-il exclamé. Il a ensuite repris à son compte l'article 10 de la déclaration des Droits de l'homme de 1789 instaurant que «nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses.» À l'origine, il était l'œuvre de Rabaut Saint-Etienne. Un pasteur cévenol protestant et franc-maçon.

13:19 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17 avril 2011

L’Algérie et le Maroc en guerre pour contrôler l’islam en France

L’Algérie et le Maroc en guerre pour contrôler l’islam en France

Michel Janva , le 16 avril 2011

Yves Daoudal publie dans son hebdomadaire l'essentiel d'un article publié par le quotidien algérien El Watan, le 9 avril, sous la signature de son correspondant à Paris Yacine Farah. Il s'agit d'une réunion, au consulat d'Algérie de Bobigny, entre Halim Benatallah, secrétaire d'Etat chargé de la Communauté algérienne à l'étranger, et des responsables d'associations islamiques algériennes en France.

"Le problème le plus soulevé par les représentants des associations est celui relatif aux associations religieuses marocaines qui semblent avoir pignon sur rue, déconstruisant systématiquement ce que les Algériens ont construit depuis des années. «Les Marocains cherchent à contrôler toutes les mosquées. Si l’on ne fait rien, on va directement dans le mur», a estimé Salah Mrabi, imam chargé de la région de Tours, Blois et d’Orléans. Un de ses confrères a relevé le problème auquel est confrontée la Mosquée de Paris, qui risque de tomber, tel un fruit mûr, entre les mains des Marocains après avoir été des années durant sous l’influence algérienne. [...]

De nombreux projets, comme la construction de mosquées ou d’écoles religieuses peinent à voir le bout du tunnel à cause du manque d’argent, contrairement au volontarisme financier de l’Etat marocain qui semble mettre tous les moyens pour imposer ses agendas religieux et son Islam en France. Convaincu du retard enregistré sur le terrain, M. Benatallah a promis une réponse rapide et à la mesure des difficultés sans cesse grandissantes. Il a assuré que l’Etat, qui a enfin découvert le poids de la communauté algérienne dans l’échiquier politique et électoral français, va se pencher sérieusement sur ces problèmes."

15:28 Écrit par Rachid Z dans Cultes, Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10 avril 2011

Les déboires du président de l’EMB

Les déboires du président de l’EMB

 

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M.-C.R., Le Vif, le 08 avril 2011

Dans l’imbroglio de l’Exécutif des musulmans de Belgique, les déplacements en Libye du président de celui-ci, Semsettin Ugurlu, font jaser. Il s’y est rendu à trois reprises (2008, 2009 et… février 2011) à l’invitation de l’Association mondiale de l’appel islamique (Amai), une ONG caritative et religieuse créée par Muammar Kadhafi et qui réunissait chaque année, à Tripoli, les dirigeants musulmans du monde entier.

L’Amai a également parrainé un colloque à Anvers qui, fin octobre 2010, a fait l’apologie du fondamentalisme sous prétexte de parler de la «place de l’islam dans la nouvelle Europe». Le ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V) a refusé de prolonger le mandat des mandataires de l’EMB, incapables de s’entendre sur une formule de renouvellement crédible et sur l’indépendance des ambassades. Il va aussi réduire de moitié le financement (actuellement 450.000 euros) de cet EMB fantôme.

08 avril 2011

(Im)partialité de l’État

(Im)partialité de l’État

Selon les irrespectueux, méprisants et officiels représentants (CAL) d’une minorité laïque

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Les laïques intégristes, (im)partials donc, dans nos écoles publiques 

11 février 2011

Le futur EMB va-t-il être livré aux autorités étrangères ?

Le futur EMB va-t-il être livré aux autorités étrangères ?

L'Exécutif des Musulmans de Belgique s'apprête à remettre un dossier illégitime de renouvellement de l'EMB à Mr Stefaan de Clerck, Ministre de la Justice.

Les modalités futures, imposées sans concertation à toutes les composantes de la communauté musulmane, font la part belle à des associations dépendantes des pays d'origine.

 

En réaction à ce diktat, l'Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique* a élaboré un projet de renouvellement alternatif, démocratique, transparent, et qui vise à affranchir les musulmans de Belgique de la tutelle des pays d'origine en matière de gestion du temporel du culte.

 

Pour en savoir plus, l'ADMB vous invite à la présentation de son projet lors de la conférence de presse sur le thème : «Le futur EMB va-t-il être livré aux autorités étrangères ?»

Quand ?

le lundi 14 février 2011 de 11h à 12h (accueil dès 10h30)

Où ?

Résidence Palace, salle Passage (Centre de Presse International)

Rue de la Loi 155 à 1040 Bruxelles (Métro Schuman).

Contact :

Isabelle PRAILE

Membre de l'ADMB

Vice-Présidente de l'EMB

0486/96.61.14.

isasoum@hotmail.com

*Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique (ADMB) est une plate-forme qui regroupe les forces vives de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnie, de genre, ni d’écoles juridiques…L’ADMB a pour vocation de promouvoir un Organe Chef de Culte des Musulmans de Belgique représentatif, démocratique et indépendant de toute forme d’ingérence.

26 janvier 2011

Exécutif des musulmans : Tensions et nouvel agenda remis début février

Exécutif des musulmans

Tensions et nouvel agenda remis début février

Le Vif, le 24 janvier 2011

Un nouveau calendrier concernant le renouvellement de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) sera soumis au ministre de la Justice début février, a indiqué le président de l'EMB, Ugurlu Semsettin, à l'agence BELGA.

Ce calendrier fait suite au projet de renouvellement qui a été remis le 20 mai dernier à Stefaan De Clerck mais qui avait été jugé insuffisamment détaillé par ce dernier. "Notre projet ne sera pas approuvé par le gouvernement en affaires courantes mais par le prochain gouvernement formé. En attendant, le fonctionnement de l'Exécutif a été prolongé jusqu'au 31 mars 2011" et devrait l'être encore tant qu'aucun gouvernement n'aura été formé, afin d'"assurer la continuité", commente le président.

Le consensus qui a été trouvé au mois de mai, selon lequel les structures se baseront sur les lieux de cultes et non sur les différentes nationalités existantes au sein de la communauté musulmane, a été approuvé par les membres de l'Exécutif à la suite d'un vote, assure le président. Cependant la vice-présidente de l'EMB, Isabelle Praille, estime ne pas avoir été concertée. "Le dossier a été approuvé par le président mais n'a pas été soumis à l'approbation de l'assemblée générale ni par les membres de l'Exécutif, au nombre de 15 actuellement", lance-t-elle. "Ce projet est basé uniquement sur certaines mosquées et porté par des structures excluant la majeure partie des musulmans de Belgique", accuse-t-elle sur le blog de l'Alternative démocratique des musulmans de Belgique. Elle appelle à plus de transparence et à solliciter l'avis de toute la communauté musulmane pour plus de démocratie.

15:26 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Cultes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10 novembre 2010

La laïcité a-t-elle tué l’athéisme ?

La laïcité a-t-elle tué l’athéisme ?

 

Par Louise Mailloux, le 09 novembre 2010

Le siècle des Lumières fut sans contredit l’âge d’or de la critique antireligieuse et il nous a aussi donné un bien curieux mélange. Alors qu’une gauche matérialiste et radicalement athée, avec d’Holbach, a précipité la mort de Dieu et prédit la disparition des religions, une droite, anticléricale certes, mais déiste avec en tête Locke et Voltaire nous a donné la laïcité, la condamnation de l’athéisme et le respect des religions.

De cette laïcité issue des Lumières, nous en avons retenu l’idée de tolérance, oubliant qu’à l’origine, celle-ci ne tolérait que les religions. Pour John Locke, théoricien de la tolérance, les athées n’étaient pas des gens dignes et fiables avec lesquels on pouvait bâtir une société. Cet argument sera repris à nouveau par Voltaire qui jugeait qu’une société d’athées est impossible puisqu’il n’y aurait plus aucun frein moral à transgresser les lois humaines.

En proposant la séparation de l’Église et de l’État, les philosophes déistes ont combattu le cléricalisme et pris la place des curés pour bannir l’athéisme, ne protégeant alors que la liberté religieuse. Mais aujourd’hui, dira-t-on, l’État laïque garantit la liberté de conscience assurant le respect et l’égalité des croyants comme des athées.

Et cette égalité politique des croyances religieuses et de l’athéisme a des répercussions insoupçonnées sur le plan épistémologique. Parce que mettre sur le même plan la religion et l’athéisme, c’est mettre à égalité la foi et la raison, mettre à égalité la superstition et la science.

L’embêtant, c’est qu’un tel relativisme présente l’athéisme comme une croyance parmi d’autres et met dans la même assiette le créationnisme et le darwinisme. Autant dire alors que la science ne vaut pas mieux que la religion. D’Holbach pourtant affirmait que l’athéisme n’est justement pas une attitude religieuse mais bien une attitude scientifique vis-à-vis l’univers.

En présentant l’athéisme comme un choix possible parmi d’autres, la laïcité l’a dissocié de la science et occulté cette distinction fondamentale entre le vrai et le faux, minant ainsi la supériorité de la science sur la religion et faisant perdre à l’athéisme son assise et sa force subversive si nécessaire à la critique des religions.

Ce relativisme rendra aussi plus difficile la critique des religions qui s’efface derrière le respect de celles-ci, craignant d’être accusé d’un manque de respect envers les croyants, de porter atteinte à leur liberté de conscience ou pire encore de blasphémer.

Ce respect excessif dont jouissent les religions auquel Richard Dawkins fait allusion prend sa source chez les penseurs déistes des Lumières. On le retrouve même dans le rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements (au Québec) où il est dit que quiconque affirme que les religions sont dépassées porte atteinte à la liberté de conscience.

Outre la laïcité, un autre événement majeur est survenu à l’époque des Lumières, qui a affaibli l’athéisme, et c’est celui du criticisme kantien. Dans son texte Le conflit des facultés (1798), Kant va rompre avec des siècles de philosophie thomiste dans laquelle la science était fondamentalement liée à la religion et la philosophie à la théologie. Kant va en quelque sorte laïciser la raison en la séparant de la foi, expliquant que raison et foi sont deux magistères radicalement différents qu’il faut éviter de confondre. Ainsi la science et la philosophie peuvent dorénavant affirmer leur autonomie par rapport à la théologie.

Le hic, c’est qu’en affranchissant la raison, Kant en a fixé les bornes et limité les prétentions. Désormais, la science ne peut plus rien dire à propos de Dieu simplement parce que cela ne relève pas de son champ de compétences. Les athées se retrouvent donc ici dans l’incapacité théorique d’affirmer rationnellement que Dieu n’existe pas. Le chrétien Kant, en plus d’avoir mis l’idée de Dieu à l’abri des critiques de la science, a du même coup forcé les athées à se replier dans une position rationnelle plus faible qui est celle de l’agnosticisme et réduit leur athéisme à n’être plus qu’une posture affective et irrationnelle en face de l’existence.

Mais que peut la raison sans la foi ? Saint Paul ne disait-il pas dans sa deuxième épître aux Corinthiens : «Pour l’homme qui n’est pas empli de l’Esprit, les choses du monde spirituel sont absurdes et ne peuvent être comprises.» N’est-ce pas de cela dont les deux derniers Papes ont essayé de nous convaincre ? Que la raison sans la foi s’égare et se dessèche ? Dans son encyclique Fides et ratio (1998), Jean-Paul II a reconnu la nécessité de la raison, mais en insistant sur l’importance de s’ouvrir à nouveau à la foi puisqu’ultimement toute vérité vient de Dieu. Qu’il faut donc rétablir le dialogue puisque, selon lui, il n’y a pas d’incompatibilité entre la foi et la raison. Et n’était-ce pas aussi cela qui était au cœur du discours de Ratisbonne de Benoît XVI, en 2006, lorsqu’il disait que le criticisme kantien a éloigné la raison de la foi en lui donnant un caractère purement instrumental, rendant ainsi la raison inapte à répondre aux questions existentielles que l’homme se pose ? Bref que les sciences ont besoin des lumières de la théologie et qu’il faut donc réconcilier ce que Kant avait séparé.

Bien concrètement, cela signifie financer largement partout à travers le monde des intellectuels de haut calibre, des scientifiques réputés dont l’astrophysicien Hubert Reeves, dans le but de réfléchir aux implications métaphysiques des découvertes scientifiques afin de réconcilier les sciences avec la religion. Ces intellectuels, fort du respect dont ils jouissent, en profitent pour diffuser une vision spiritualiste des sciences, tout comme l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP) dont une des sources importantes de financement est la fondation américaine John Templeton, bien connue pour subventionner et récompenser d’un Nobel et demi, ceux qui sont gentils avec les religions.

Est-il besoin de rappeler que Charles Taylor, philosophe catholique, fut récipiendaire de ce prestigieux prix l’année même qu’il présida la fameuse Commission qui a recommandé sans surprise pour le Québec une laïcité ouverte aux religions ?

Le début de ce siècle connaît un regain de ferveur religieuse sans précédent et il ne faudrait surtout pas sous-estimer les moyens financiers, les organisations et les réseaux éducatifs et communicationnels dont disposent les croyants, les sites Web attrayants qui pullulent sur la toile, leur capacité d’offrir une vie sociale et communautaire aux plus démunis, celle de mobiliser et d’encadrer les jeunes, d’investir l’école laïque pour promouvoir le créationnisme, de recruter des gens de tous les milieux, de s’engager en politique et d’infiltrer les partis pour faire avancer leur agenda politico-religieux.

L’offensive se fait principalement sur deux fronts ; d’une part, celui du politique avec cette trompeuse laïcité «ouverte» qui essaie de délaïciser l’espace public, de remettre en question le statut des femmes, de contester les droits des homosexuels, et d’autre part, celui des idées avec cette volonté de revenir à un monde pré-kantien, où la foi viendrait compléter ce qui échappe apparemment à la raison.

Dieu ne mourra pas, et il devient urgent d’en prendre toute la mesure, urgent que les athées fassent bien davantage que «de ne pas croire». L’athéisme n’est pas une foi et nous devons retrouver notre assurance, notre intelligence, notre mordant et nous manifester politiquement et intellectuellement. Nous devons quitter la réserve dans laquelle la posture laïque nous a cantonné-es pour redevenir à nouveau pertinent-es. Ainsi, la laïcité, les droits des femmes et les sciences, qui sont de fabuleux acquis de la modernité, n’en seront que mieux protégés.

16:13 Écrit par Rachid Z dans Cultes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |