24 avril 2012

Procès terrorisme: 8 et 10 ans de prison requis contre les principaux prévenus

Procès terrorisme

8 et 10 ans de prison requis contre les principaux prévenus

Télé Bruxelles, le 23 avril 2012

Sept musulmans fondamentalistes sont poursuivis devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour participation à des activités terroristes. Il leur est reproché d'avoir recruté ou d'avoir été recrutés pour le Djihad armé en Irak et en Afghanistan. Ils sont aussi suspectés d'avoir projeté des attentats sur le sol belge. Ce lundi, le procureur fédéral a notamment requis 8 ans de prison contre Abdel Rahman Ayachi et 10 ans contre Ali Tabich, les deux principaux prévenus.

Le procureur fédéral, Jean-Marc Trigaux, a requis une première peine de 7 ans de prison à l'encontre d'Ali Tabich. Selon l'accusation, ce dernier a joué, en Belgique, un rôle de recruteur de combattants potentiels pour le Djihad armé en Irak et en Afghanistan. Ali Tabich avait effectué lui-même un séjour en 2005 en Syrie d'où, selon le procureur, il était probablement passé en Irak pour rejoindre le Djihad armé. C'est donc à lui que d'autres dirigeants d'une filière terroriste en Belgique avaient fait appel pour convaincre des musulmans de suivre la même voie, selon le procureur fédéral.

Jean-Marc Trigaux a également requis une peine supplémentaire de 3 ans de prison à l'encontre de ce prévenu pour tentative de braquage à main armée. Le butin devait servir au financement des activités terroristes, selon le procureur. Ce dernier a également requis 8 ans d'emprisonnement contre Abdel Rahman Ayachi, fils du cheikh Bassam Ayachi, ancien imam du CIB (Centre Islamique Belge), détenu en Italie pour des faits de terrorisme. Abdel Rahman Ayachi avait été l'un des concepteurs du site "Ribad.org" qui véhiculait des messages antisémites et xénophobes. Le site appelait aussi de jeunes musulmans influençables à prendre les armes pour une lutte contre les "ennemis de l'Islam", selon le ministère public. 

Toujours ce lundi, le ministère public a encore requis 5 ans de prison à l'encontre d'Olivier Dassy. Il tentait, dans le cadre d'activités religieuses, de convaincre de jeunes musulmans de partir se battre, selon l'accusation. Le procureur fédéral a aussi requis 3 ans de prison avec sursis éventuel contre Samer Azouagh qui aurait été recruté par Ali Tabich. Il a requis, de plus, un an de prison avec sursis contre le prévenu pour tentative de braquage à main armée avec Ali Tabich. Le ministère public a enfin requis 18 mois de prison avec sursis éventuel contre Abdelfettah Tabich; 3 ans de prison avec sursis partiel éventuel contre Jamal Ech-Charqy et 30 mois de prison ferme contre Abdel Ouahed Omghar, absent au procès. Le procès se poursuivra mardi, mercredi et jeudi.

A relire également l'article paru en ouverture de procès dans La Libre Belgique, dans lequel les faits et intentions reprochés aux prévenus sont présentés différemment  : Une cellule d’al Qaeda jugée à Bruxelles

08:40 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13 avril 2012

L'imam mis en cause dans Questions à la Une n'officiera plus à Anderlecht

L'imam mis en cause dans Questions à la Une n'officiera plus à Anderlecht

RTBF, le 13 avril 2012

Dans un reportage diffusé dans l'émission "Questions à la Une" mercredi dernier, on voyait une séquence dans laquelle un imam de la nouvelle mosquée d'Anderlecht critiquait ouvertement la journée de la femme. Les réactions ont été vives. L'imam mis en cause n'officiera plus à la mosquée Al Amal, ont fait savoir les administrateurs de l'ASBL qui gère la mosquée.

L'émission "Questions à la Une" diffusée ce mercredi soir se posait cette question : "Faut-il craindre l'Islam ?". Dans ce cadre, une équipe de la RTBF a discrètement enregistré ce qui se disait lors des prêches dans la nouvelle mosquée d'Anderlecht. Cet enregistrement du discours de l'imam s'était fait en caméra cachée, le 9 mars dernier, au lendemain de la journée internationale des femmes. L'émission est disponible ci-contre.

"Ce qu'ils appellent la fête de la femme est devenue une fête. C'est la fête POURIM dont l'origine est juive et qui date de 480 avant Jésus-Christ", prêche, de manière erronée, l'imam. "C'est encore une juive, Clara Zetkin, qui a relancé cette fête au 20è siècle. Écoute, femme musulmane, en célébrant cette fête, tu imites la femme juive dans un comportement qui est loin d'être divin", explique-t-il.

"Que des ignares pour respecter la fête de la femme"

Cette journée, reconnue par les Nations unies, prône l'égalité entre hommes et femmes. Des valeurs qui ne sont visiblement pas du goût de l'imam : "Il ne faut pas suivre ce que ces ingrats, ces vulgaires, ont créé comme fête qui n'appartient pas à la culture musulmane", poursuit l'imam.

"On ne trouve que des ignares pour respecter cette fête, ou bien des hommes politiques partisans qui veulent désorienter les gens de la voie divine. Craignez Dieu ! Il faut suivre la Sunnah. Il faut fuir les cultures innovatrices, qui ne font pas partie de l'Islam". Des propos interpellant qui ne prônent pas vraiment la tolérance.

"Si c'est vrai, il doit prendre la porte"

Même s'il s'agit d'un cas isolé, le bourgmestre d'Anderlecht a été directement mis au courant de la teneur de ces propos. Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) est abasourdi. S'il voyait d'un très bon oeil l'ouverture de cette nouvelle mosquée, il se sent aujourd'hui piégé. Les propos tenus sont "inacceptables", selon lui. Toujours dans le reportage de "Questions à la Une", le député sp.a bruxellois d'origine marocaine Fouad Ahidar se montre furieux à l'égard de l'imam: "Si c'est vrai qu'il a tenu de tels propos, il doit prendre la porte", dit-il à notre journaliste, Frédéric Deborsu.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L'imam mis en cause dans "Questions à la Une" n'officiera plus à la mosquée Al Amal d'Anderlecht. C'est la décision prise par les admninistrateurs de l'ASBL qui gère la mosquée. Il ne s'agissait pas de l'imam officiel de la mosquée, préviennent-ils: il ne sera donc tout simplement plus invité à venir prêcher à Anderlecht.

Le CCOJB félicite l'Exécutif des Musulmans

À travers un communiqué, le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) félicite l'Exécutif des Musulmans de Belgique "pour sa rapide et ferme réaction à l'encontre de l'imam mis en cause lors de l'émission de la RTBF 'Questions à la Une'". En renvoyant le prêcheur, "l'Exécutif condamne les dérives islamistes contraires aux valeurs de l'Islam et qui ne souffre que trop (...) des manques de respect de la Femme et de l'antisémitisme".

20 mars 2012

Napoleon : un ex rappeur reconverti à l'Islam

Napoleon

Un ex rappeur reconverti à l'Islam

Ceci est l'histoire de Mutah Wassin Shabazz Beale, plus connu sous son nom de scène Napoléon.

Mutah a grandi dans une famille musulmane de mère portoricaine et de père Afro-américain.

Agé de trois ans, lui et ses frères ont assisté au meurtre de ses parents par des amis de la famille, qui faisaient parties de l'association "Nation of Islam".

Suite à cette douloureuse expérience, il a déménagé avec ses frères dans le New Jersey à Irvington chez ses grands-parents.

En 1994, il a fréquenté un jeune nommé Yafeu "Kadafi" Fula qui était le fieul de Tupac Shakur.

La mère de Kadafi a raconté l'histoire de Mutah à Tupac et ce dernier a alors décidé de lui donner une chance.

Mutah intégra alors le groupe Dramacydal sous son propre nom.

En 1995 Mutah fit une apparition sur le titre "Outlaw" du célèbre opus de Tupac "Me against the world".

Ils (Hussein, Kadafi, Kastro, E.D.I. and Makaveli (Tupac)) fondirent le groupe Outlaws et c'est à cette occasion que Tupac donna un nom de scène à chacun des artistes. Ces noms étaient basés sur des personnages historiques, ennemis des Etats-Unis. Et c'est ainsi que Mutah pris le surnom de Napoléon faisant référence à l'empereur Napoléon Bonaparte.

En 1996 Mutah (aka Napoleon) fit d'autres featuring avec Tupac sur son double album "All eyez on me".

Et cette aventure prit fin lors de l'assassinat de Tupac le 7 septembre 1996.

En 1997 le groupe déménagea en Californie pour donner un second souffle à leur carrière.

Ils signèrent avec Death Row Records (album "Still I rise") pour ensuite fonder leur propre maison de disque avec laquelle ils sortirent deux albums (Ride Wit Us Or Collide Wit Us et Novakane).

En 2005 il sorti son album solo sans réel succès et finit par complètement quitter le monde du hip hop entre autre parce que le mode de vie de l'artiste était incompatible avec celui d'un musulman tel qu'il était devenu.

N'oubliez pas la conférence avec la venue de l'ex rappeur US Napoleon, ex-membre du groupe Outlawz de Tupac. Belgo Da3wa en collaboration avec le Centre Islamique et Culturel de Belgique l'ont invité pour une conférence intitulée «De 2pac à l'Islam et son impact» le 24 mars 2012 à 19h00.

Centre Islamique et Culturel de Belgique

Parc du Cinquantenaire 14 - 1000 Bruxelles

Rejoignez Belgo Da3wa sur Facebook :

http://www.facebook.com/belgoda3wa

16 mars 2012

Saint-Josse : Les mosquées s’associent au deuil des familles des victimes de Sierre

Saint-Josse

Les mosquées s’associent au deuil des familles des victimes de Sierre

Les communautés musulmanes de Saint-Josse s’associent au deuil des familles et amis des victimes de l’accident d’autocar de Sierre. En concertation avec l’échevinat des Cultes à Saint-Josse, les responsables de trois mosquées de la commune (Al-Azhar - «Nouhi» - «Saint-Josse») ont tenu à faire savoir que tous les musulmans de la commune compatissent à la douleur des familles des victimes de ce dramatique accident, c’est d’ailleurs pourquoi ce vendredi 16 mars, lors de la prière de Dohr (vers 13h00), il est prévu que les imams qui y officient en fassent référence dans leurs prêches.

 

13 mars 2012

Fracture sunnites-chiites : Attention danger !

Attention danger !

Fracture sunnites-chiites

Tareq Ramadan le 02 mars 2012 à Lille

«L’un des grands dangers qui, aujourd’hui, menace la conscience musulmane contemporaine, c’est la fracture sunnites-chiites. Et, je peux vous dire que ça fait peur ! Cela fait peur parce que lorsque vous entendez des intellectuels laïques, des personnes que je respecte, des savants indépendants auprès desquels j’ai pu étudier, que j’ai lu et de les voir aussi rapidement tomber dans le piège sunnites contre chiites, qui prennent le côté de l’un comme le côté de l’autre, on ne peut que se dire : là on est tous en danger parce que cette fracture-là va être utilisée dans un sens ou dans l’autre.

C’est vrai que les pétromonarchies sont du côté de l’opposition à la Syrie parce que c’est d’une avant-garde sunnite qu’elles veulent. C’est vrai que le roi d’Arabie Saoudite a demandé aux États-Unis de couper la tête du serpent iranien. Et, il est vrai, en même temps, qu’en Iran, aujourd’hui, vous avez une réelle campagne de propagande pro-chiite.

Nous sommes dans l’obligation de faire un pas en arrière et de ne pas tomber dans ce piège. Il faut être du côté de la justice, du côté des peuples pour justement savoir déterminer qui est l’oppresseur…»

28 février 2012

Islam turc en Belgique

Islam turc en Belgique

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Le mouvement Süleymanci

Concurrent de toujours à la fois de Milli Görüs et de la Diyanet, le mouvement Süleymanci est apparu en Europe en 1973. Il s'agit d'une mouvance millénariste et antikémaliste. Son origine remonte aux années '40, au départ du fondateur, Süleyman Hilmi Tunahan (1888-1959), de la confrérie Naksibendi.

Le mouvement Süleymanci regroupe des mosquées et des écoles coraniques portant le nom de Centre culturel islamique (Islam Kültür Merkezi). Les Süleymanci ont toujours affirmé représenter la majorité de l'islam organisé par les immigrés en Allemagne, sans que cela puisse être démontré dans les faits.

Bien que présents partout en Europe, leur influence paraît sensiblement moindre que celle de Milli Görüs. En 1992, on estimait l'audience du mouvement en Allemagne à 20.000 membres. La sécurité allemande dénombrait 270 centres culturels Süleymanci en Allemagne. A l'heure actuelle, il en existe probablement une vingtaine aux Pays-Bas, 13 en Belgique et 11 en Suède. Dans ce dernier pays, ils bénéficient d'une reconnaissance officielle exceptionnelle, au même titre que les mosquées de la Diyanet. La Suède est le seul pays où les Süleymanci sont mieux établis que le mouvement Milli Görüs.

L'organisation est également présente, mais plus symboliquement, en Suisse, en France, en Autriche et au Danemark. Il s'agit d'un groupe fortement hiérarchisé et discret, qui n'affectionne pas particulièrement la publicité. Des documents émanant des Süleymanci sont rares. Le mouvement entretient également certains contacts avec des églises en Allemagne. Idéologiquement, le mouvement est proche de l'extrême droite turque. Mais il n'a jamais négligé ses contacts avec le Parti de la Juste Voie de T. Çiller. Il arrive que des parlementaires de ce parti visitent, en Europe, les centres culturels des Süleymanci.

Source : Extrait de U. MANÇO (1997), "Des organisations socio-politiques comme solidarités islamiques dans l'immigration turque en Europe", Les Annales de l'Autre Islam, Institut national des Langues et des Civilisations orientales, n° 4, pp. 97-133

15:56 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Saint-Josse aura bientôt une nouvelle mosquée

Saint-Josse aura bientôt une nouvelle mosquée

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Par Barbara Boulet, le 27 février 2021

Une nouvelle mosquée va voir le jour à Saint-Josse à deux pas de la chaussée de Louvain, dans la rue Saint-Josse. Ce qui portera à deux le nombre de mosquées dans cette commune bruxelloise. Cette mosquée va remplacer un autre lieu de culte, qui était devenu avec le temps non conforme aux normes de sécurité. Le nouveau bâtiment offrira des salles de prières plus grandes afin de répondre à la demande. Le début des travaux est prévu pour ce dimanche 4 mars.

Une large façade, à l'aspect à la fois occidental contemporain et oriental. Un minaret moderne... Le nouveau bâtiment a avant tout cherché à s'intégrer dans le style du quartier. La mosquée abritera des salles de prière pour hommes et pour femmes, mais aussi un centre éducatif, une sorte d'école des devoirs. L'architecte du bureau Vizzion explique : «Il y aura la possibilité d’accueillir entre 300 et 600 personnes pour la prière. Et suivant la période de la journée, une centaine d’étudiants pourront également venir étudier. Une salle de banquet de 200 personnes est également prévue.»

Cette nouvelle mosquée va coûter trois millions et demi d'euros à l'Union des centres culturels islamiques de Belgique. C'est cette association islamique turque qui lance et donc finance entièrement le projet. Un budget conséquent pour un lieu de culte qui sera plus grand que le précédent. Mehmet Kart, Manager du projet de la Mosquée Selimiye, souligne : «C’est arrivé qu’à deux reprises, il faille exceptionnellement ériger une petite tente de 100 mètres carré sur le trottoir pour pouvoir recevoir les personnes afin qu’elles ne restent pas sur la rue comme ça se passe souvent malheureusement.»

Contrairement aux Églises, les mosquées bruxelloises ne connaissent pas la désertion. Selon une récente étude, le nombre de musulmans à Bruxelles s'élève à plus de 250 mille.

Le projet comprend également un centre éducatif

Mehmet Kart, le directeur du projet, s’en félicite : «Nous avons profité de l’occasion pour adjoindre aux fondations un centre culturel, dans le but d’aider la jeunesse qui est en difficulté dans ces quartiers et pour pallier le manque de locaux. La communauté française va soutenir le projet de ce centre qui sera une espèce d’école de devoirs avec des cours de français, des cours de mathématiques et des cours de néerlandais. C’est donc un soutien pédagogique. Il y aura également des cours de foi islamique et des cours d’arabe mais à raison de 10 – 15 % seulement. Notre priorité, c’est vraiment d’apporter un soutien et on insiste sur le fait que la mosquée et le centre éducatif ont deux fonctions totalement indépendantes

(Il s’agit en fait d’une mosquée se reconnaissant dans les enseignements de la confrérie conservatrice des Süleymanci, c’est-à-dire se référant au guide spirituel Süleyman Hilmi Tunahan. Mais qu’appelle-t-on une mosquée ? Un lieu de culte reconnu sur base d’un arrêté royal ? Car si l’on considère les nombreuses associations cultuelles, ces populaires débits de prières re-connus par les musulmans puisqu'ils s'y rendent en masse, surtout les vendredis, essentiellement pour y effectuer un devoir religieux, qui ne dispose pas ou pas encore d’une telle royale reconnaissance, contrairement à ce qu’indique l’auteure de l’article, sur son km², la commune de Saint-Josse (la plus musulmane, la plus jeune et la plus pauvre de Belgiquecompte au moins cinq mosquées et non deux !) (Rachid Z)

23 février 2012

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans démissionne

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans démissionne

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7sur7, le 23 février 2012

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), Mohamed Adahchour, qui occupe ce poste depuis 2005, a présenté sa démission mercredi soir. Il souhaite cependant rester membre de l'assemblée générale de l'ASBL Collège de l'Exécutif des Musulmans de Belgique.

Passer le flambeau

"Après cette période relativement longue au cours de laquelle j'ai pu oeuvrer avec grand enthousiasme, j'estime qu'il est à présent judicieux de transmettre le flambeau à d'autres gens afin de leur permettre à leur tour d'apporter un nouveau souffle à notre institution", a-t-il indiqué dans sa lettre transmise au président de l'EMB et au président de l'ASBL Collège de l'EMB.

L'Exécutif connaît depuis un temps quelques tensions entre ses membres "conservateurs" et "réformateurs", rassemblés au sein de l'Alternative démocratique des musulmans de Belgique (ADMB).

La raison de la démission du vice-président ne se trouverait néanmoins pas là, a estimé le président de l'EMB, Ugurlu Semsettin, dont le mandat a été prolongé à la mi-janvier ainsi que les mandats des huit autres membres composant l'Exécutif, dont Mohamed Adahchour.

Contraintes personnelles

"Je viens de recevoir sa lettre. Il s'agit d'une décision tout à fait libre et je suis en train de lui demander de revoir celle-ci. Nous connaissons actuellement des difficultés budgétaires en raison des subsides que l'Etat nous a attribués mais ne nous a jusqu'à présent pas encore versés. Cela prend du temps. Je ne connais pas la raison de cette démission mais il y a sûrement plusieurs éléments qui ont joué", a expliqué jeudi Ugurlu Semsettin.

"Cette décision, qui fait suite à certaines contraintes personnelles, a été mûrement réfléchie", concluait dans sa lettre Mohamed Adahchour.

15:35 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Cultes, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20 février 2012

Une conférence du Hizb ut Tahrir interdite

Une conférence du Hizb ut Tahrir interdite

La conférence qui devait se tenir le 4 mars dans la ville de Hasselt a été annulée par le bourgmestre Hilde Claes sur la recommandation de la police et du ministère de l'Intérieur suite à des pressions du parti Vlaams Belang. Le Hizb ut Tahrir est une organisation qui milite pour l'instauration d'un califat mondial régi par la charia. Voir le reportage (en néerlandais) sur l'annulation de l'évènement…

18:35 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'Islam placé sous contrôle ?

L'Islam placé sous contrôle ?

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La Libre Belgique, le 02 septembre 2002

JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDALLAH ABU ABDULAZIZ, Président du Mouvement des jeunes musulmans

Monsieur le ministre, les `Jeunes musulmans´, qui jouent sans tricher le jeu de la démocratie libérale et parlementaire ne rejettent pas, par principe, un contrôle par le ministre de l'Éducation des cours de religion islamique, d'autant que ses professeurs ont été préalablement contrôlés, déjà, et de façon particulièrement soignée, par les ministres de l'Intérieur et de la Justice !

Bien qu'il le déplore, MJM, le `Mouvement jeunes musulmans´, récemment constitué en parti politique, comprend parfaitement (dans le contexte actuel, surtout) les raisons qui vous amènent, Monsieur le ministre, à vouloir placer `sous surveillance´ les cours de religion islamique.

Vous ne faites, en somme, que traduire (à votre insu?) un phantasme généralisé et particulièrement bien entretenu, celui de voir un `islamisme vindicatif´, comme disent vos collègues du Renseignement (Enseignement-Renseignement, le rapprochement, amer, n'est pas fortuit!), surgir de toutes parts pour égorger la démocratie sur l'autel du terrorisme international ! Vous êtes tout naturellement saisi par la hantise de voir cet `islamisme intégriste et extrémiste´ se propager dans nos écoles, être inculqué sournoisement dans les cerveaux si fragiles de nos chères petites têtes blondes (pardon, noires... !) par des fanatiques sanguinaires déguisés en de paisibles et innocents professeurs de religion !

MJM comprend vos inquiétudes, Monsieur le ministre. Il imagine aisément les cauchemars qui vous hantent ! Il conçoit sans peine les obsessions qui vous assaillent et qui alimentent inévitablement vos décisions, pas toujours heureuses, forcément, de veiller de près à ce que soit enseigné dans les écoles du royaume, par des professeurs dûment contrôlés, un islam-euphorisant totalement conforme à vos très légitimes aspirations à retrouver pour vous et la majorité de nos concitoyens, le sommeil.

MJM ne veut pas entrer dans la polémique pour savoir s'il y a lieu ou non de placer `sous surveillance´ les cours de religion islamique, mais il veut savoir si ce sont les musulmans (les enseignants) qui sont surveillés, ou bien l'islam (la religion qui est enseignée par eux aux élèves) ! MJM ne s'oppose pas aux lois. Il accepte toute forme de surveillance conforme à la législation belge. Mais il y a contrôle d'exécutant et contrôle d'exécution ! Il accepte le premier, qui procède d'un jeu démocratique (même s'il est fortement teinté de paranoïa psychotique), il refuse catégoriquement le second, qui est scandaleusement directif, anti-démocratique et dictatorial! On peut contrôler des professeurs de physique ou de religion, mais pas la physique, ni la religion : on est en Belgique, pas au Turkménistan !

Mais le problème n'est pas là. MJM, qui dénonce avec vigueur toute dénaturation de l'islam (ou de toute autre idéologie, d'ailleurs), n'a jamais été très enthousiaste à l'idée parfaitement saugrenue, selon lui, d'enseigner un islam laïcisé, par des professeurs laïcisés (ou contraints de se présenter comme tels), à des élèves pareillement laïcisés, dans une école laïque !

MJM vous avoue, Monsieur le ministre, que si la finalité des contrôles annoncés était l'enseignement d'un islam volontairement controuvé, il préférerait, et de loin, que vous supprimiez les cours de religion islamique, comme vous le voudriez tant, à vrai dire, au profit de ces fameux cours de philosophie, dont on peut se demander, au reste, si l'on considère les difficultés notoires d'expression discursive du Belge moyen, pour quelles raisons ils n'ont jamais, jusqu'ici, figuré dans les programmes scolaires belges !

Voyez-vous, Monsieur le ministre, plutôt que de laisser inculquer à leurs enfants des mensonges ou des contre-vérités manifestes sur un islam qui n'existe pas, les parents musulmans soucieux de leur religion préféreraient en confier l'enseignement là où il doit normalement et tout naturellement se faire, c'est-à-dire, dans les familles, dans les mosquées, dans les (futures) écoles islamiques, et autres associations soucieuses d'une expression authentique de l'islam.

Quant aux cours de philo, puisqu'il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur, MJM est persuadé qu'ils éveilleront bien mieux les jeunes esprits à la réflexion que ces fades et anesthésiques leçons sur une religion rendue sciemment méconnaissable... ! Ils les amèneront, pense-t-il, de par l'entraînement de la simple raison raisonnante, à choisir et à exiger, avec plus de bonheur encore, un islam qui ne soit pas falsifié, un islam contraire à toute raison, un islam contraire à sa propre raison !

18 février 2012

Belgique : un séminaire chrétien pour apprendre à convertir les musulmans

Un séminaire chrétien pour apprendre à convertir les musulmans

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Ajib, le 06 décembre 2011

L’institut Biblique Belge organisait ce samedi à Bruxelles un séminaire autour du thème «Comment évangéliser un musulman ?». Conseils et méthodologie y ont été transmis pour tenter de convertir les musulmans au christianisme.

Apprendre l’islam pour convertir les musulmans au christianisme

Cette formation, dont la cible est les musulmans, apporte les outils et la méthode nécessaires aux prêcheurs en herbe afin de contrer les arguments des musulmans. En d’autres termes, se pencher sur tout ce qu’un musulman pourrait rétorquer, construire un raisonnement pour déstabiliser et ensuite inviter la personne à s’ouvrir au christianisme. Un dialogue de ce fait faussé, l’un ayant en tête tout un argumentaire bâti, l’autre étant prit souvent sur le fait. Cette évangélisation semble s’appuyer sur cette faiblesse, accoster les musulmans par surprise, dans la rue, sur le palier de leur porte, utiliser tous les moyens possibles et leur marteler une nouvelle façon de croire.

Cette formation s’adressait à chaque personne fréquentant régulièrement une église évangélique, et pas seulement aux futurs pasteurs. «Dans ces Églises, chacun a le devoir, c’est un peu le devoir de chrétien converti, de ramener toujours plus d’âmes dans les églises», explique Maïté Maskens, sociologue et chercheuse dans ce domaine. Leur «arme fatale» ? Hicham EL Mostain, un ancien musulman devenu chrétien, ayant traversé la Manche pour apporter des outils clés, des références indispensables à tous ces futurs «convertisseurs évangélistes».

«Ces gens s’appuient sur une lecture littérale de la Bible, où ils lisent que l’Islam est une fausse religion», explique Maïté Maskens. «Il faudrait donc en sauver les fidèles. C’est l’idée d’un combat spirituel: tout ce qui ne suit pas les pas du Christ est automatiquement du domaine de Satan.» Pour ces évangélistes les musulmans ne suivraient donc pas les enseignements de Jésus (‘Issa, ‘alayhi salam). Malgré ces grossièretés, ce «projet» est malgré tout déstabilisant pour les musulmans les moins pratiquants, les moins informés. Avoir devant soit un «commercial» de l’évangélisme peut être perturbant et peut aboutir à une conversion lorsqu’on manque de sciences, d’entourage et que la foi est faible.

La dévotion des musulmans attire les convoitises

Les musulmans ne sont pas uniquement la cible de ces évangélistes en manque de fidèles. Les témoins de Jéhovah, une autre secte chrétienne, sont à l’affut de chaque âme perdue, de chaque âme hésitante et faible. Ils éditent même certains de leurs livres en arabe afin de toucher la population maghrébine de France. Porte à porte pour les plus acharnés, distribution de tracts, de magazines dans les marchés, les parcs.  Qui n’a jamais tendu la main pour attraper leurs prospectus sans savoir ce qu’il était en train de prendre ? La séduction est leur fort quitte à aguicher avec des jeunes femmes, ramener de nouveaux fidèles leur objectif premier.

Entamer une discussion avec eux, à moins d’être assez fort moralement et avoir un bon bagage spirituel ne vous attirerait qu’un bon gros mal de crâne. Ajoutons par ailleurs que tous vos arguments seraient soigneusement notés afin d’être réutilisés pour tenter de convertir une autre personne. Ce sont en effet des compétiteurs dans le domaine, il vaut mieux se préserver et passer votre chemin. Beaucoup de chrétiens sont actifs dans le prêche, de différentes sectes d’ailleurs. Ils ne prêchent malheureusement pas vers le droit chemin. Qu’Allah les guide !

01:29 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11 février 2012

"La compassion, chemin vers l'Amour universel"

"La compassion, chemin vers l'Amour universel"

Par le philosophe genevoisTariq Ramadan

13:19 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07 février 2012

Demande de suspension de la loi du 1er juin 2011

Demande de suspension de la loi du 1er juin 2011

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COUR CONSTITUTIONNELLE - Extrait de l'arrêt n° 179/2011 du 17 novembre 2011 - Numéro du rôle : 5204, publié le 06 février 2012

En cause : la demande de suspension de la loi du 1er juin 2011 visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage, introduite par Elisabeth Cohen.

La Cour constitutionnelle, composée des présidents R. Henneuse et M. Bossuyt, et des juges L. Lavrysen, J.-P. Moerman, E. Derycke, J. Spreutels et P. Nihoul, assistée du greffier P.-Y. Dutilleux, présidée par le président R. Henneuse, après en avoir délibéré, rend l'arrêt suivant :

I. Objet de la demande et procédure

Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 14 septembre 2011 et parvenue au greffe le 15 septembre 2011, une demande de suspension de la loi du 1er juin 2011 visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage (publiée au Moniteur belge du 13 juillet 2011) a été introduite par Elisabeth Cohen, faisant élection de domicile à 1050 Bruxelles, avenue Louise 208.

Par la même requête, la partie requérante demande également l'annulation de la même loi.

Le 21 septembre 2011, en application de l'article 72, alinéa 1er, de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, les juges-rapporteurs J. Spreutels et L. Lavrysen ont informé la Cour qu'ils pourraient être amenés à proposer de rendre un arrêt de réponse immédiate.

II. En droit

B.1.1. L'article 1er de la loi du 1er juin 2011 «visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage» dispose que celle-ci «règle une matière visée à l'article 78 de la Constitution».

L'article 2 de la même loi insère dans le Code pénal un article 563bis, libellé comme suit :

«Seront punis d'une amende de quinze euros à vingt-cinq euros et d'un emprisonnement d'un jour à sept jours ou d'une de ces peines seulement, ceux qui, sauf dispositions légales contraires, se présentent dans les lieux accessibles au public le visage masqué ou dissimulé en tout ou en partie, de manière telle qu'ils ne soient pas identifiables.

Toutefois, ne sont pas visés par l'alinéa 1er, ceux qui circulent dans les lieux accessibles au public le visage masqué ou dissimulé en tout ou en partie de manière telle qu'ils ne soient pas indentifiables et ce, en vertu de règlements de travail ou d'une ordonnance de police à l'occasion de manifestations festives».

L'article 3 de la loi du 1er juin 2011 insère, dans l'article 119bis, § 2, de la Nouvelle Loi communale, une référence à la disposition précitée afin d'habiliter le conseil communal à sanctionner d'une amende administrative toute infraction à cette disposition pénale. Il insère, en outre, deux autres références à la même disposition pénale dans l'article 119bis, §§ 7 et 8, de la Nouvelle Loi communale, relatif à la procédure administrative d'infliction d'une telle amende.

B.1.2. La loi du 1er juin 2011 est entrée en vigueur le dixième jour suivant sa publication, soit le 23 juillet 2011.

B.2. Aux termes de l'article 20, 1°, de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, la suspension d'une disposition législative ne peut être décidée que si des moyens sérieux sont invoqués et si l'application immédiate de cette disposition risque de causer un préjudice grave difficilement réparable.

B.3. La suspension par la Cour d'une disposition législative doit, en effet, permettre d'éviter que son application immédiate cause au requérant un préjudice grave, qui ne pourrait être réparé ou qui ne pourrait l'être que difficilement en cas d'annulation de cette disposition.

Il ressort de l'article 22 de la loi spéciale du 6 janvier 1989 que, pour satisfaire à la deuxième condition de l'article 20, 1°, de cette loi, la requête portant une demande de suspension doit contenir un exposé de faits concrets et précis de nature à établir que l'application immédiate de la disposition attaquée risque de causer un préjudice grave difficilement réparable au requérant. Celui-ci doit notamment faire la démonstration de l'existence du risque de préjudice, de sa gravité et de son lien avec l'application de la disposition attaquée.

B.4.1. En l'espèce, les développements de la requête invitent la Cour à distinguer trois risques de préjudice grave et irréparable.

B.4.2. La requérante soutient, d'abord, que l'application immédiate de la loi du 1er juin 2011 porte atteinte à plusieurs de ses droits et libertés fondamentaux, ainsi qu'à ceux de la société dans laquelle elle vit.

Elle ne fait cependant pas état de faits concrets et précis démontrant à suffisance que l'application de cette loi risque de lui causer un préjudice difficilement réparable.

Au surplus, en ce qu'il concerne la société dans laquelle vit la requérante, le préjudice allégué n'est pas personnel.

B.4.3. La requérante affirme, ensuite, que l'application immédiate de la loi du 1er juin 2011 l'expose à une sanction pénale ou administrative si un fonctionnaire compétent pour le constat de l'infraction instaurée par l'article 563bis du Code pénal estime qu'elle n'est pas identifiable en raison de la manière dont elle dissimulerait son visage dans un lieu accessible au public. Elle ajoute que cette loi permet aux autorités ou à d'autres tiers ayant recours à des caméras de surveillance disposées dans l'espace public de rassembler, de traiter, de conserver et d'utiliser des images d'elle, contenant des informations personnelles étrangères à toute infraction.

Toutefois, la requérante n'expose pas ce qui l'obligerait, avant que la Cour ne statue sur son recours en annulation, à dissimuler son visage de manière incompatible avec le prescrit de l'article 563bis du Code pénal et, par conséquent, de s'exposer à une sanction.

La requérante n'indique pas davantage en quoi l'application des dispositions attaquées permettrait que soit un usage de caméras de surveillance conforme à la réglementation existante visant à protéger la vie privée, soit des contrôles d'identité par la police lui causent un grave préjudice.

B.4.4. La requérante soutient, enfin, que l'application immédiate de la loi du 1er juin 2011 remet en cause la liberté de religion, qui constitue l'un des fondements d'une société démocratique, ce qui lui causerait un préjudice irrémédiable en tant que citoyenne athée d'une société démocratique et respectueuse des droits de l'homme. Elle souligne que, selon la Cour européenne des droits de l'homme, la liberté de religion constitue aussi un «bien précieux» pour les athées.

 A supposer qu'il existe, le préjudice allégué n'est pas personnel, puisqu'il ne se distingue pas de celui que subirait toute autre personne soucieuse du respect de cette liberté. Il n'est, de plus, pas difficilement réparable, puisqu'il disparaîtrait si, au terme de l'examen du recours en annulation, la Cour décidait d'annuler la disposition attaquée.

B.5. Il ressort de ce qui précède que la requérante ne prouve pas à suffisance que l'application immédiate de la loi du 1er juin 2011 risque de lui causer un préjudice grave difficilement réparable, de sorte qu'il n'est pas satisfait à l'une des conditions requises par l'article 20, 1°, de la loi spéciale du 6 janvier 1989.

Par ces motifs, la Cour rejette la demande de suspension.

Ainsi prononcé en langue française et en langue néerlandaise, conformément à l'article 65 de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, à l'audience publique du 17 novembre 2011.

Le greffier, P.-Y. Dutilleux.

Le président, R. Henneuse.

Quelle égalité dans le financement de l'Islam ?

Quelle égalité dans le financement de l'Islam ?

Par Nicolas Bossut, le 6 février 2012

Selon une étude du sociologue Jan Hertogen, 623.000 Belges seraient musulmans, soit 5,8% de la population. Pourtant, les musulmans ne reçoivent que 2,1 % des fonds publics attribués aux cultes. Comment expliquer une si grande disparité ?

La loi sur le financement des cultes remonte en Belgique à l’indépendance. En 1830, seuls trois cultes étaient alors reconnus par l’Etat : le culte catholique dans lequel se reconnaissait alors plus de 90% de la population, le culte protestant et le culte israélite.

Implications d’une reconnaissance

La reconnaissance d’un culte a plusieurs conséquences. Tout d’abord, l’Etat paie les traitements et les pensions des ministres du culte. C’est d’ailleurs pour lui une obligation constitutionnelle. En contrepartie, il exige une tutelle sur la comptabilité des organes représentatifs des cultes reconnus.

Les autorités religieuses ont par ailleurs l’opportunité, si elles le désirent, de proposer au gouvernement de reconnaître des communautés religieuses locales. Cette reconnaissance est officialisée par un arrêté royal qui fixe le nombre de ministres du culte attaché à chacune de ces communautés. Elle implique la mise en place pour chacune d’entre elles d’un établissement public de culte, appelé ‘Fabrique d’Eglise’ chez les catholiques, chargé de la gestion temporelle des biens de la communauté. En outre, les communes ou les provinces sont tenues de mettre à disposition de ces ministres du culte un logement ou, le cas échéant, une indemnité de logement.

Toutes ces mesures ont été décidées, à l’époque, en raison du service social prodigué aux fidèles et, pour l’Eglise catholique, à titre de compensation suite aux confiscations qu’elle avait dû subir à l’occasion de la Révolution française. Elle font partie de l’héritage belge du Concordat signé en 1801 par Napoléon.

Ce n’est qu’en 1959, avec la signature du Pacte scolaire, que l’organisation de l’enseignement des religions dans le réseau scolaire officiel, primaire et secondaire, sera fixée. Les cultes reconnus et la morale laïque pourront désormais faire enseigner leur doctrine ou leur philosophie par des enseignants qu’ils auront désignés par eux-mêmes et qui seront financés par l’Etat.

Les implications, notamment financières, sont donc nombreuses et justifient que nous nous y attardions.

Reconnaissance des cultes

Les évolutions que connaîtra notre pays vont l’amener progressivement à étoffer la liste des bénéficiaires de la loi sur le financement des cultes. Tous seront soumis aux mêmes conditions. Ils doivent pouvoir revendiquer un nombre suffisamment élevé d’adhérents, être établi dans le pays depuis un certain temps, présenter un intérêt social pour la collectivité, n’avoir aucune activité contraire à l’ordre public et être structuré, de manière à avoir un organe représentatif auprès de l’autorité civile.

Les anglicans entrent dans la danse les premiers, en 1870. Leur reconnaissance ne donne lieu à aucun débat particulier à l’époque. Il est vrai que le nombre d’anglicans présents en Belgique était déjà très limité.

Suivent en 1974 les musulmans. Les enjeux sont ici bien différents. La présence musulmane s’est considérablement accrue en Belgique suite à la signature de conventions d’immigration avec la Turquie et le Maroc (1964), la Tunisie (1969), l’Algérie et la Yougoslavie (1970). Alors que l’Islam constitue déjà la seconde religion de Belgique, aucune structure officielle n’existe pour encadrer les croyants. Émue par cet état de fait ou par opportunisme politique, l’Arabie saoudite qui, au contraire d’autres Etats, ne dispose d’aucune diaspora significative,  fait pression sur la Belgique. En 1967, elle obtient du Roi Baudouin la jouissance du pavillon oriental situé dans le Parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Le Centre islamique et culturel de  Belgique s’y installe. Entre 1971 et 1974, plusieurs propositions de reconnaissance du culte islamique furent déposées à la Chambre ou au Sénat. C’est finalement en plein crise pétrolière que les parlementaires acceptèrent finalement de reconnaître le culte islamique.

L’Eglise orthodoxe fut ensuite reconnue à son tour en 1985. Elle fut suivie en 1993 par la laïcité organisée qui exigea elle aussi d’obtenir un financement et obtint pour cela la révision constitutionnelle nécessaire.

La difficile représentation des cultes

Parmi les différentes conditions de reconnaissance de cultes, l’une d’entre elles, l’obligation d’être structurée et de fournir un interlocuteur unique à l’Etat, posa toujours problème aux différents cultes et plus particulièrement aux musulmans. Cette obligation avait été taillée sur mesure pour l’Eglise catholique, fortement hiérarchisée et organisée.

Les musulmans sont par contre, à l’inverse des catholiques et tout comme les juifs et les protestants, divisés en mouvements et confréries entre lesquelles le ressentiment est parfois puissant. L’Etat, en faisant l’impasse sur ces particularismes et en leur imposant de s’unir pour être financé, va à l’encontre de plusieurs siècles de tradition.

De 1978 à 1991, le Centre islamique et culturel de Belgique, contrôlé par l’Arabie saoudite, est l’unique interlocuteur des autorités belges, mais sa légitimité est contestée. Après de nombreux rebondissements, il fut décidé de soumettre au vote des fidèles la nomination d’un Exécutif des musulmans de Belgique. Les élections eurent lieu le 13 décembre 1998. 48.000 électeurs se présentèrent et les résultats furent validés le 6 janvier 1999.

Malheureusement, l’Etat imposa aux candidats un screening opéré par la Sûreté grâce à un tour de passe-passe qui lui permit au prix d’une hypocrisie non feinte de ne pas enfreindre sa propre constitution qui lui impose de ne pas intervenir dans la nomination ou dans l’installation des ministres d’un culte quelconque. Cette injustice provoqua une colère légitime de la part des musulmans. Les dés étaient pipés. Un nombre important de candidats, pourtant élus, furent récusés parce qu’ils n’avaient pas l’heur de plaire à la Sûreté ou au ministre en place.

Toutefois, en février 1999, Tony van Parijs, Ministre de la Justice, présenta les noms des 16 membres du nouvel Exécutif des musulmans. Dès les premiers jours, il fut la cible des critiques des candidats récusés, déclenchant de vives tensions en son sein et le neutralisant.

Injustice dans le financement des cultes

Aujourd’hui, presque 15 ans après l’élection du premier Exécutif des musulmans, ce dernier est toujours dans la tourmente. Pourtant, sans son aide, la nomination des professeurs de religion islamique et des inspecteurs chargés de les contrôler, le paiement des traitements des imams et la reconnaissance de nouvelles mosquées sont quasiment impossibles.

L’inégalité dans le financement des différents cultes ne cesse en conséquence de se creuser. Ainsi, en 2008, les musulmans ne recevaient que 2,1% des montants attribués aux cultes et convictions reconnues alors qu’ils représentaient la même année 12% de la population francophone. Même en imaginant qu’il n’y ait aucun musulman en Flandre, l’injustice est criante.

Connaissant le climat politique actuel marqué par une montée sans précédent d’un populisme anti-musulman, cette situation de blocage à laquelle l’Etat lui-même n’est pas étranger ne doit pas déplaire à tout le monde. Pourtant, cette iniquité risque de coûter cher au vivre-ensemble belge. Annemie Turtelboom, nouvelle ministre en charge des cultes, sera-t-elle capable de rétablir le dialogue ou d’apporter des propositions innovantes pour rattraper ce retard ?

Vers une réforme du système ?

Dans ce contexte, certains, comme Felice Dasseto, n’hésitent pas à remettre en cause l’édifice tout entier du financement des cultes et à avancer l’idée d’un impôt dédicacé. Chaque citoyen aurait la possibilité d’indiquer sur sa feuille d’impôt quel culte ou institution de la laïcité, voire quelle organisation caritative, il aimerait financer. Étant donné l’état actuel de la pratique religieuse, bien éloignée des modèles traditionnels, cette proposition pourrait fondamentalement changer la donne. Le débat reste ouvert.

00:00 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Cultes, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22 janvier 2012

Sharia4Belgium : Abu Imran

Sharia4Belgium

Abu Imran

Abu Imran, représentant du mouvement cosmopolite Sharia4Belgium, expose à l'attention de ses concitoyens belges un projet de société basé sur les principes de la Sharia, un projet révolutionnaire, "bien plus conforme à l'islam que ceux, au service des nations mécréantes, établis dans les États nationalistes musulmans"...

03:28 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |