21 avril 2010

Madrid : Port du voile : exclusion maintenue de Najwa

Madrid

Port du voile : exclusion maintenue de Najwa

Par Frederic Schmachtel,

Contrairement à ce que laissait entendre son directeur, le conseil du lycée Camilo José Cela de Pozuelo (région de Madrid) a voté, mardi, en faveur de l'actuel règlement intérieur interdisant de se couvrir la tête au sein de l'établissement. L'école propose à Najwa, la lycéenne exclue de cours pour port de hijab, de changer d'école.

 

A 500 mètres de l'actuel lycée, le lycée San Juan de la Cruz de Pozuela accepterait les élèves portant le voile, comme 60% des lycées de Madrid. D'ailleurs, une lycéenne de cet établissement commentait dans les pages d'El País que ca lui paraissait «un peu absurde qu'on veuille interdire le voile.»

Le directeur de l'institut s'était exprimé dans le même sens, vendredi, quand il disait que le l'interdiction de se couvrir la tête était destinée aux casquettes, pas au port du hijab. Nombre d'associations et d'organisations islamiques ont aussi critiqué cette décision, et à travers la médiatisation de cette affaire, les plus hauts niveaux politiques ont pris position. Les ministres espagnols de l'Education nationale et de la Justice, Ángel Gabilondo et Francisco Caamaño ont condamnés cette exclusion. Le droit à l'éducation et la liberté religieuse seraient au dessus de cette polémique, et l'Espagne devait faire preuve de tolérance.

Mais pourtant, hier, le conseil du lycée, composé de professeurs, de parents, d'élèves, du personnel non enseignant et de représentants de la commune, à statué à 15 voix contre 2 que l'interdiction de se couvrir la tête dans l'établissement serait maintenue. L'école se devrait de maintenir sa laïcité, et le conseil de l'école aurait considéré que le règlement intérieur ne pouvait pas être changé «pour une personne, encore moins sous pression», indique un communiqué de la MAP. Esperanza Aguirre, présidente de la communauté de Madrid et membre du Parti Populaire (PP), soutenait, dans une interview à la RTVCM, cette décision, autant du point de vue formel que sur le contenu. Elle «respectait l'autonomie des lycées en la matière», mais penserait «qu'on ne doit pas se couvrir la tête à l'école» - comme l'a décidé le conseil.

Dès lors, Najwa pourra soit continuer de passer les heures de cours dans la salle de visites, à l'écart de ses camarades, soit enlever son voile à l'école, soit changer de lycée. Ultime possibilité : un recours contre cette décision devant les autorités éducatives de la Communauté de Madrid, recours qui pourrait finir devant les tribunaux. Parcours long et difficile pour Najwa, qui n'est plus allée en cours depuis lundi et souffrirait beaucoup de cette situation, selon son père et ses proches. Mais une de ses amies maintient également que «Najwa continuera de lutter, elle n'enlèvera pas le voile». En signe de soutien, trois de ses amies mettent le voile à l'entrée et à la sortie des classes.

Yabiladi , le 21 avril 2010

07 avril 2010

Maroc : Expulsés pour prosélytisme

Maroc

Expulsés pour prosélytisme

Par Isabelle Mandraud,

Ce soir-là, mardi 30 mars, les fidèles réunis à l'église Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca, pour la messe chrismale d'avant Pâques, ont sans doute tendu l'oreille plus qu'à l'accoutumée. Pour la première fois, un responsable de l'Eglise catholique évoquait, publiquement, les expulsions de chrétiens au Maroc, nombreuses depuis le début du mois.

Dans son homélie, le nonce apostolique Mgr Antonio Sozzo a insisté sur la ligne de conduite tenue et à tenir. L'Eglise, a-t-il souligné, ne fait pas de prosélytisme. Mais devant l'assistance médusée, l'ambassadeur du Vatican a dû également reconnaître qu'il n'avait obtenu aucune explication des autorités marocaines au sujet de l'expulsion du prêtre Rami Zaki, le 8 mars, en même temps que 15 autres missionnaires, évangéliques pour la plupart.

Tous sont soupçonnés d'

"ébranler la foi des musulmans", un délit de prosélytisme inscrit dans la loi marocaine et puni de six mois à trois ans de prison. Comme les autres, le Père franciscain Zaki, qui officiait à Larache, dans la région de Tanger, n'a donc eu que quelques heures pour faire ses bagages.

Une première. Hispanophone, d'origine égyptienne, il a été renvoyé par avion au Caire, où il est resté sept heures en garde à vue sans pouvoir expliquer les raisons de son départ forcé. Et sans motif clair, pas de recours possible. "Est-ce une erreur ? A-t-il commis une faute ? Nul ne le sait", soupire le Père Daniel Nourissat, chargé de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca.

En l'espace de quelques semaines, ce sont ainsi une trentaine de religieux, Américains, Coréens, Néerlandais... qui ont été priés de quitter sans délai le territoire marocain. Du jamais-vu. Seize de ces personnes travaillaient dans le Village de l'espérance, un orphelinat situé à Aïn Leuh, (province d'Ifrane) dans l'Atlas. Depuis plusieurs années, le centre s'occupait d'enfants défavorisés ou orphelins, et avait même obtenu les agréments officiels pour cela.

Pour une raison ignorée, les autorités marocaines, encouragées par les discours outranciers de l'imam local, ont décidé, le 8 mars, qu'il ne respectait pas la kafala ("procédure d'adoption"). Les seize personnes, parmi lesquelles figuraient des éducateurs, des administratifs, ont eu deux heures pour rassembler leurs affaires. Avant cela, il y a eu l'expulsion d'un Américain - installé au Maroc depuis vingt-deux ans ! - à Amizmiz, au pied du Haut Atlas. Après, il y a eu les refoulés, ceux qui, de retour de congés, n'ont même pas pu sortir de l'aéroport. C'est le cas notamment d'un pasteur sud-africain de Fès. Ou bien du président de l'organisme qui chapeaute l'école américaine George-Washington.

L'activisme d'évangéliques, pour certains affiliés à la droite américaine la plus conservatrice, ne fait guère de doute et selon plusieurs sources, religieuses et étatiques, le Maroc compterait aujourd'hui plus de 500 missionnaires. Mais nul ne peut justifier le choix des personnes visées ces dernières semaines, et nul ne peut expliquer, pas plus que les motifs exacts, les dates de cette vague d'expulsions - qui a curieusement coïncidé avec le premier sommet entre l'Union européenne et le Maroc sur le statut avancé de ce dernier, qui en fait un partenaire -privilégié.

D'autres incidents se sont produits au cours de la même période. Pour la première fois, des policiers marocains ont pénétré dans l'enceinte d'un temple protestant à Marrakech pour y arrêter deux hommes, un Congolais et un Tchadien. "Le motif était qu'ils auraient été vus en compagnie de chrétiens marocains, puis la police a reconnu son erreur et s'est excusée", soupire Jean-Luc Blanc, président de l'Eglise évangélique au Maroc. Depuis neuf ans sur place, ce pasteur ne défend aucunement les fondamentalistes évangéliques. Mais, ajoute-t-il, "il y a quand même un durcissement" des autorités marocaines. "C'est un climat bizarre", acquiesce le Père Nourissat.

L'inquiétude grandit dans la communauté chrétienne, essentiellement étrangère. Car, contrairement aux campagnes dont s'est faite l'écho une partie de la presse, proche du palais pour une part, le nombre de chrétiens marocains ne dépasse pas 1 000 à 2 000 personnes, contre 30 000 chrétiens étrangers. Les conversions sont rarissimes, et pour cause. Les chrétiens marocains sont tout juste tolérés, à la condition qu'ils pratiquent de façon quasi souterraine leur foi et s'ils ne se réunissent pas à plus de vingt personnes.

"En ce moment, ils ne se montrent pas en compagnie de chrétiens étrangers car ils ont peur, mais de convertis, je n'en connais personnellement pas de nouveaux", souligne le pasteur Jean-Luc Blanc. Contacté, l'un d'eux finira par annuler une rencontre, même avec la garantie de l'anonymat. "Plus tard peut-être, mais pas en ce moment, c'est trop sensible", s'excuse-t-il.

Pour contrer l'émoi provoqué à l'extérieur du Maroc par les expulsions de chrétiens - en France, la Fédération protestante s'est émue -, le gouvernement a réuni l'ensemble des représentants religieux et exigé des églises chrétiennes officielles une réaction. "Le ministre de l'intérieur m'a demandé un communiqué de presse", reconnaît Jean-Luc Blanc.

Le pasteur et l'archevêque Mgr Vincent Landel ont donc rédigé, le 10 mars, un texte dans lequel ils évoquent les expulsions de chrétiens étrangers "sous l'accusation de prosélytisme, ou d'autres motifs que nous ignorons". Le texte ayant été en partie tronqué par les médias officiels, l'Eglise catholique, furieuse, l'a reproduit in extenso sur son site. A chaque expulsion, tout se passe très vite, oralement.

Une méthode que Khalil Naciri, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement marocain justifie tout en reconnaissant 27 expulsions, "seize à Aïn Leuh et onze autres éparpillés dans le pays". "La procédure juridique a été écartée, déclare-t-il au Monde, car nous voulions que cela se fasse de la façon la plus "soft" possible : un procès aurait immanquablement débouché sur des emprisonnements."

Pour le ministre, "si cela se produit maintenant, c'est qu'il a fallu faire des enquêtes pour être sûr des faits : nous disposons de CD, de livres, de cassettes, cela devenait du catéchisme. Pour le reste, le Maroc n'a pas changé de cap, les églises ont toujours pignon sur rue." Les autorités marocaines affichent d'autant mieux leur fermeté qu'elles ont, au nom d'un islam "modéré" que le royaume entend promouvoir, durement réprimé des musulmans extrémistes.

Des centaines d'écoles coraniques auraient été ainsi fermées. "Nous avons été très sévères contre eux, contre les chiites, plaide M. Naciri, et il y a moins d'un an, nous avons fermé l'école irakienne de Rabat." Le porte-parole du gouvernement ajoute : "Les pouvoirs publics ont le devoir de rester en phase avec leur opinion publique. Nous ne pouvons pas nous permettre de jouer avec le feu."

Autrement dit, les récentes expulsions de chrétiens seraient le fruit d'un équilibre... A l'appui de cette thèse, que bon nombre d'observateurs et de responsables chrétiens avancent, certains datent le début de la vague répressive au mois de décembre 2009, quand une famille suisse, un ingénieur prothésiste, sa femme et leurs enfants, installés depuis plusieurs années à Oujda, près de la frontière algérienne, ont dû quitter par la contrainte le Maroc en laissant tout derrière eux. C'était une semaine après le vote interdisant la construction de minarets en Suisse.

Désormais, le ministre de l'intérieur a promis de nommer bientôt un wali ("préfet") avec pour mission de devenir un interlocuteur des chrétiens.

Le Monde, le 05 avril 2010

25 mars 2010

Laïcité et droits fondamentaux

Laïcité et droits fondamentaux

Une déclaration teintée d'insouciance

Par Pierre Anctil, professeur au Département d'histoire de l'Université d'Ottawa,

Le Devoir, le 25 mars 2010

La déclaration des Intellectuels pour la laïcité semble faire bien peu de cas de certains éléments importants du débat dans lequel la société québécoise est engagée et qui comptent beaucoup dans la manière dont nous tentons d'aborder la question. Il est vrai que la laïcité de l'État apparaît comme une condition préalable du vouloir-vivre pluraliste dans notre société, car elle balise sur un plan sociologique la manière dont les lois sont appliquées et protège dans un sens général les multiples formes que prend l'identité québécoise.

L'État et ses représentants ont le devoir de prendre une position de retrait en ce qui a trait à l'affirmation d'une croyance religieuse ou d'une pratique en lien avec une doctrine liée à la foi. L'attitude des employés de l'État doit toutefois en être une de neutralité et de bienveillance quant à d'autres formes de pensée que celle issue de la laïcité dans le sens moderne du terme. Cependant, l'État n'a pas à militer pour la laïcité, pas plus qu'il ne doit chercher à brimer les croyants ou à se situer d'une manière contraignante concernant la religion, comme un individu est libre de le faire par exemple. Les citoyens pris un à un ne sont pas tenus à la laïcité et ils peuvent s'en détacher dans leur vie personnelle, voire rejeter ce discours sans courir le risque de pénalités, de vexations ou d'hostilité manifeste en public.

Négation des droits

Les pouvoirs de l'État sont très étendus et il est de notre responsabilité à tous de nous opposer ouvertement aux abus, même théoriquement, qui pourraient en découler, y compris dans la sphère de l'affirmation des croyances religieuses. L'histoire du XXe siècle compte suffisamment d'exemples de déni de droits, entre autres sur le plan de l'identité culturelle et de la religion, pour nous tenir sur nos gardes à cet effet.

Bannir la croyance religieuse de l'espace public québécois, et les diverses formes d'expression qui l'entourent, même seulement à l'intérieur du cadre gouvernemental, même par une simple déclaration écrite, reste une forme de déni des libertés fondamentales inscrites à l'article 3 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, dont la liberté de conscience, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association. Certes, l'État a tout avantage à rester laïque, mais la solution proposée par les Intellectuels pour la laïcité débouche sur un risque de négation des droits fondamentaux qui soulève en moi une forte émotion.

Insouciance

Comment le refus de reconnaître une liberté essentielle de notre démocratie pourrait-il susciter une plus grande tolérance de la diversité culturelle ? Ne sommes-nous pas tenus de chérir et de protéger avant tout les droits fondamentaux, à consentir tous les efforts pour s'assurer de leur application et de leur épanouissement, même si cela signifie se pencher avec un peu plus de patience et de détachement sur certains cas particuliers, comme celui d'une jeune femme portant le niqab dans une salle de cours où l'on fait l'apprentissage de notre langue commune.

Sur ce plan, la déclaration des Intellectuels pour la laïcité, qui part de principes et d'idées élevées sur le plan abstrait et général, aboutit avec trop d'insouciance à un point de rupture sérieux avec les grands principes de notre démocratie. Cela est vrai aussi sous un angle purement historique. On ne peut nier par exemple que les Patriotes de 1837-38 avaient embrassé avec beaucoup d'enthousiasme les idéaux de la Révolution française et surtout ceux de la Révolution américaine qui venait d'avoir lieu à quelques centaines de kilomètres de leur pays.

Ces mêmes individus, Papineau en tête, n'en avaient pas moins appuyé en 1832 l'obtention par les Juifs des pleins droits, parce qu'ils croyaient que la tolérance et le respect pour les minorités religieuses venues s'établir au Bas-Canada était une garantie quant à leurs propres libertés politiques et culturelles. Ces droits, les Juifs de Montréal et d'ailleurs au Québec avaient pu en jouir plus d'une génération avant leurs coreligionnaires vivant en Grande-Bretagne et ailleurs dans l'Empire. Le principe de la reconnaissance d'une laïcité ouverte et généreuse n'a donc pas attendu notre époque pour se manifester de manière éclatante.

Identité culturelle

Il semble tout à fait raisonnable d'exiger des représentants de l'État qu'ils se gardent d'afficher leurs croyances religieuses à des fins de militantisme, de prosélytisme ou dans le but de tenter de convaincre leurs concitoyens de la justesse de leurs prises de position. Par contre, exclure de ces responsabilités les personnes qui portent un signe extérieur de leur foi de façon constante, sous la protection universelle de la Charte québécoise, équivaut à priver de manière injuste ces individus de l'accès à l'État et à la fonction publique, même à titre de simple bénéficiaire.

La neutralité de l'État sur le plan religieux et l'aménagement d'un espace laïque, en tant que prise de position éthique, pourrait au contraire parfaitement convenir à ceux qui appartiennent à des minorités religieuses, mais pas au prix d'un abandon de leur part des valeurs qui fondent leur image et leur estime de soi. Dans certains contextes, comme nous l'apprennent l'anthropologie et les sciences sociales, les croyances religieuses et la construction de l'identité culturelle sont indissolublement liées, y compris l'obligation de se conformer à des préceptes basés sur une croyance.

Projet de société

Il serait regrettable et douloureux pour notre démocratie que la laïcité de l'État, principe juste et raisonnable de gouvernance, soit reçue par des segments non négligeables de la population québécoise comme un processus menant à leur marginalisation et à la réduction de leurs droits fondamentaux, comme si l'État se montrait résolument hostile à l'expression légitime et reconnue de leur identité.

Entre ce chemin parsemé d'embûches et porteur de tensions, et la gestion à courte vue de la laïcité par une série d'accommodements alambiqués, il y a une autre voie qui consiste à placer la protection de l'ensemble des droits fondamentaux au coeur de notre démarche collective. Ce projet de société plus harmonieux, qui comprend le principe d'égalité des hommes et des femmes, se construit plus facilement dans une perspective ouverte de respect des libertés que dans un cadre où ces dernières sont assujetties à des conditions inutilement et injustement contraignantes.

24 mars 2010

Exilé en France, Ali Amar va lancer un journal sur internet

Exilé en France, Ali Amar va lancer un journal sur internet

ali

Par Baudouin Loos,

La justice marocaine a saisi ses biens et ses comptes bancaires : le journaliste Ali Amar s’est exilé à Paris. Il est l’auteur d’un livreinterdit au Maroc qui critiquait le roi Mohammed VI l’année dernière. Il annonce son intention de lancer un journal sur internet avec l’appui de RSF.

Il vit à Paris, à l’hôtel. Dépensant les quelques revenus que son livre paru en 2009 sur le roi Mohammed VI lui avait procurés. Un pécule limité, qui lui permettra de tenir un temps limité. Ali Amar, directeur du Journal hebdomadaire à Casablanca, s’est exilé. Il a fui son pays il y a quelques semaines. Mais, dans la capitale française, il a retrouvé le nord et travaille à un projet de média sur internet qui traitera du Maroc. Il vient de recevoir le soutien de Reporters sans frontières (RSF) pour ce projet.

Car au Maroc, son avenir est compromis. Ses biens, dont sa petite entreprise de graphisme, ont été saisis par la justice marocaine, ses comptes ont été gelés. En cause, une sombre affaire de dettes impayées (voir Le Soir du 29 janvier 2010). «La loi prévoit qu’en cas de faillite frauduleuse, comme ils prétendent que c’est le cas, la contrainte par corps est possible, nous dit-il. Il n’y a pas de mandat d’arrêt contre moi, mais c’est une lourde épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus de ma tête. Il y a des éléments peu clairs dans ce dossier judiciaire. Celui-ci concerne la société Mediatrust, éditrice du Journal hebdomadaire, liquidée en 2003 en bonne et due forme ; Trimedia lui avait succédé. La justice ferme le Journal et ne poursuit que les deux journalistes fondateurs. En outre, quand on désigne un liquidateur, ce dernier devrait veiller à gérer au mieux les intérêts de l’entreprise en cause et à préserver les emplois (une trentaine dans ce cas), or ici le liquidateur est arrivé avec les scellés et tout a été terminé en cinq minutes.»

«Pseudo-faillite commerciale»

La réaction d’une partie des confrères atteste du malaise ainsi créé.

«Notre confrère TelQuel, par exemple, a écrit que personne n’était dupe, qu’il s’agissait d’une mise à mort politique sous couvert de pseudo-faillite commerciale. Ils ont même préparé l’opinion publique en publiant avant le jugement dans le journal à grand tirage Al Massae l’argumentaire complet que le dispositif du jugement allait contenir quelques jours plus tard ! D’ailleurs, les problèmes financiers n’épargnent aucun journal marocain, même pas ceux proches du pouvoir, mais nous sommes les seuls à avoir eu droit à ce traitement judiciaire expéditif. Le Journal, il est vrai, avait aussi dû subir une série de procès qui s’étaient soldés par des amendes colossales pour les diffamations alléguées. Et je ne parle pas du boycott de la publicité organisé en haut lieu…»

En réalité, à travers les responsabilités personnelles que le jugement désigne, deux journalistes sont clairement visés.

«C’est évident : les cibles sont Aboubakr Jamaï, l’éditorialiste très critique revenu d’exil il y a quelques mois, et moi-même, auteur d’un livre interdit au Maroc sorti en 2009 sur les dix ans de règne de Mohammed VI (1). Le Journal avait aussi aggravé son cas en révélant comment le Maroc avait cédé dans l’affaire d’Aminatou Haïdar (une militante sahraouie que Rabat avait tenté d’empêcher de rentrer à Layoun), une enquête très mal accueillie en haut lieu.»

«Volonté de faire place nette»

Mais, pour notre confrère, l’élimination du Journal par voie judiciaire fait partie d’un plan plus général de reprise en main par le palais.

«Il y a cette volonté de faire place nette. On le voit en politique avec l’émergence d’un parti proche du palais dirigé par un ami du roi, Fouad Ali al-Himma, la même stratégie se voit dans le secteur économique et, pour le champ médiatique, on constate la prise de contrôle des deux principaux circuits de distribution, le rachat du quotidien Le Soir (de Casablanca) et la volonté de s’attaquer à la seule poche de liberté d’expression à travers certains organes de presse, la prochaine réécriture du code de la presse, etc.»

Ali Amar

(1) Mohammed VI : Le grand malentendu, chez Calmann-Lévy.

, désormais, espère voir sa galère se terminer : «J’avais d’abord échoué en Espagne en février avec un visa de quatre jours qui a été prolongé, je bénéficie désormais d’un visa Schengen de six mois accordé par la France. Maintenant, j’espère recevoir une carte de séjour et pouvoir travailler avec RFS à mon projet sur internet».Le Soir, le 24 mars 2010

14 mars 2010

Harcèlement des journalistes et des écrivains, violations des droits des travailleurs, restriction des libertés…

Harcèlement des journalistes et des écrivains, violations des droits des travailleurs, restriction des libertés

Abdelaziz-Bouteflika-1

 

Le Matin.dz , le 14 Mars 2010

 

Détentions préventives, censures, corruption, torture, harcèlements

Le document, rendu public jeudi à Washington, pointe du doigt nombre de manquements aux droits de l'Homme, dont le harcèlement des journalistes et des écrivains, l'incapacité de "jeter la lumière sur le sort des personnes portées disparues durant les années 90 et sur les rapports faisant état d'abus et de torture, d'impunité (...) et de restrictions touchant la liberté d'expression, de la presse et de rassemblement".

S’agissant de la torture, le rapport explique, que bien que les lois algériennes interdisent de recourir systématiquement à cette pratique, celle-ci continue néanmoins d’être utilisée, en vue notamment d’obtenir des informations d’ordre sécuritaire ou stratégique de la part des terroristes capturés. Il signale en revanche que des policiers ont été condamnés à de lourdes peines, allant jusqu’à 12 ans de prison par le tribunal de Blida, pour avoir usé de la torture à l’égard de citoyens à l’aide d’un instrument électrique «Taser» pour leur faire avouer leur implication dans le vol d’un car. Le rapport consacre également une large place à la situation de la presse en Algérie.

Tout en soulignant encore une fois l’inféodation des médias publics au pouvoir politique (Comme dans notre royaume !) (Rachid Z), il met à nouveau en exergue les pressions auxquelles est soumise la presse privée. Harcèlement judiciaire, condamnations à des peines fermes et payement de fortes amendes financières, tous les moyens sont bons pour faire taire les quelques voix discordantes et contestataires qui restent encore dans le pays, d’après le Département d’Etat.

Le rapport évoque aussi des difficultés que rencontrent les associations de la société civile pour s’exprimer, notamment dans un climat où l’état d’urgence est toujours en vigueur.

Le rapport du Département d’Etat relève également les conditions de détention qui «ne répondent pas aux normes internationales». Il qualifie le surpeuplement des prisons de «problème préoccupant». S’il note le recul de l’arrestation et de la détention arbitraire, le rapport fait état de l’abus dans l’application de la détention préventive. Une pratique courante qui «ternit l’image du système judiciaire». Cette mesure exceptionnelle, comme souligne le rapport, s’abat sur les personnes soupçonnées d’être impliquées dans des affaires liées au terrorisme. En 2008, indique le rapport, 13% des prisonniers étaient en détention provisoire.

En termes de liberté d’écriture, le rapport relève la censure de plusieurs livres, notamment lors du Salon du livre d’Alger de 2009, tels que Le Village de l’Allemand, de Boualem Sansal et Poutakhine de Mehdi El Djezaïri. Aussi, il est souligné que le gouvernement a poursuivi les restrictions de la couverture des médias internationaux des questions relatives à la sécurité nationale et le terrorisme. Si l’accès à Internet est «généralement libre», le rapport relève des restrictions exercées sur certains programmes et forums ainsi que la surveillance stricte des e-mail. Il rappelle dans ce sens l’adoption d’une nouvelle loi sur la cybercriminalité qui établit des procédures contraignantes pour les utilisateurs des données électroniques. Si la Constitution la garantit, la liberté de réunion et d’association est «strictement limitée».

«La Constitution prévoit le droit de réunion, mais le décret d’urgence et de la pratique du gouvernement ont continué à restreindre ce droit»

Le rapport fait état également des restrictions exercées sur la liberté de culte autre que musulman. Les conditions peu transparentes dans lesquelles s’est déroulée la dernière élection présidentielle de 2009 ont été également soulevées dans le rapport qui évoque les contradictions entre les déclarations officielles et celles des partis de l’opposition dénonçant les «pratiques frauduleuses» toujours en vigueur. La question du refus de donner l’agrément à certaines formations politiques a été évoquée.

Concernant la lutte contre la corruption, le rapport relève l’étendue du phénomène qui touche plusieurs grandes opérations d’octroi de marchés publics. «Pour les appels d’offres publics, précise le rapport, les évaluations n’ont pas été remises aux entreprises participantes et les méthodes et techniques d’évaluation ne sont pas clairement définies.» Parmi les affaires de corruption évoquées dans le rapport, il y a celle concernant l’autoroute Est-Ouest. Ce même rapport dénonce l’absence de l’accès libre à l’information concernant les dossiers de corruption.

, est-il souligné. Le rapport dénonce également l’interdiction de sortie des élus locaux et régionaux sans autorisation du ministère de l’Intérieur. Sur le plan des libertés syndicales, le rapport n’est pas moins critique, faisant référence à l’empêchement de sit-in organisés par des enseignants contractuels à Alger.
: le rapport annuel du Département d'Etat US sur la situation des droits de l'homme dans le monde, au titre de l'année 2009, est très sévère envers l'Algérie reléguée au rang d'Etat bananier répressif.

11 mars 2010

Le Maroc est "sévère contre ceux qui se jouent des valeurs religieuses"

Le Maroc est "sévère contre ceux qui se jouent des valeurs religieuses"

 

 

 

La Croix  , le 11 mars 2010

Le Maroc est "sévère contre tous ceux qui se jouent des valeurs religieuses", a déclaré jeudi le ministre marocain de la Communication Khalid Naciri, en évoquant l'expulsion mardi d'une vingtaine de missionnaires étrangers accusés de prosélytisme.

Cette sévérité "a été aussi confirmée contre des musulmans de la Salafia Jihadia (mouvement islamique radical), du chiisme (ndlr: l'islam marocain pratique le rite sunnite malékite) ou des 137 maisons d'enseignement coranique qui se déployaient au Maroc contre la pratique musulmane dominante", a affirmé à l'AFP Khalid Naciri, également porte-parole du gouvernement.

M. Naciri réagissait aux critiques formulées par Open Doors, une ONG internationale d'obédience protestante évangélique qui s'est déclarée mardi inquiète au sujet d'expulsions du Maroc de missionnaires accusés de prosélytisme.

Selon Open Doors, une vingtaine de personnes -dont des couples néerlandais et britanniques ayant adopté des enfants- ont été expulsés.

L'ONG s'est demandée dans un communiqué si "le Maroc serait en train de faire marche arrière dans sa volonté d'ouverture et de respect des droits de l'Homme".

Selon Khalid Naciri, "cette analyse est une analyse de petite semaine parce que ceux qui ont des yeux pour voir et un cerveau pour réfléchir savent que le Maroc a toujours été et demeure une terre d'ouverture et de tolérance".

"Toutes les églises ont pignon sur rue au Maroc et les chrétiens excercent librement leurs cultes", a poursuivi le ministre, soulignant que "les rares cas d'expulsions sont liés non pas à l'exercice du culte chrétien mais à des actes de prosélytisme".

Les personnes expulsés, selon Rabat, "mettaient à profit l'indigence de quelques familles et ciblaient leurs enfants mineurs qu'ils prenaient en charge, en violation des procédures en vigueur en matière de kafala (adoption) des enfants abandonnés ou orphelins".

Le prosélytisme consistant à forcer des personnes vulnérables à changer de religion est un "acte condamnable", a pour sa part affirmé mercredi l'archevêque de Rabat Vincent Landel. Dans une déclaration commune à l'agence marocaine MAP avec le président de l'Eglise évangélique au Maroc, le pasteur Jean-Luc Blanc, Mgr Landel a souligné que les personnes expulsées "n'agissent pas selon la loi de l'église catholique". "Ces évangélistes n'ont strictement rien à voir avec l'archevêché catholique", a-t-il dit.

"Notre seul but est de participer à la construction d'un Maroc où des musulmans, des juifs et des chrétiens soient heureux de partager leur responsabilité pour la construction d'un pays où puissent se vivre la justice, la paix et la réconciliation", a ajouté Vincent Landel.

"Le Maroc est un pays de tolérance, a renchéri le rabin Joseph Israël, président de la chambre rabbinique au tribunal de première instance de Casablanca. On y pratique toutes les religions -musulmane, juive et chrétienne- sans contraintes, ni limites". "Il n'y a pas de place pour la pratique du prosélytisme", a-t-il indiqué à la MAP.

26 février 2010

Benoît Hamon : «Pas de signes religieux ostentatoires dans l’espace républicain»

Benoît Hamon

«Pas de signes religieux ostentatoires dans l’espace républicain»

benoit-hamon

Affaire Soumaré, voile au NPA, Quick halal, fiscalité, associations, ambitions : le porte-parole du Parti socialiste répond aux questions du Bondy Blog

Propos recueillis par Sarah Battikh et Latifa Zahi, le 26 février 2010

Pensez-vous avoir sauvé le soldat Ali Soumaré ?

Le sort politique d’Ali Soumaré dépendait en quelque sorte du traitement médiatique réservé à cette affaire. Il se trouve que les médias ont plutôt pris la défense de la tête de liste PS du Val-d’Oise. De notre côté, il fallait faire comprendre que l’affaire avait un objectif politique. Elle n'est pas sortie par hasard. Il se dit même que «l’opération Soumaré» était prête à être déclenchée depuis décembre. Il y avait bien là une stratégie de la part de l'UMP, une campagne politique visant l'ensemble des populations qui vivent dans les quartiers. C’est la droite qui, aujourd’hui, assume seule le poids de ces caricatures.

Où le PS en est-il de la représentation en son sein de la diversité des origines ?

On peut toujours mieux faire. Concernant Ali Soumaré, ce qu'il vient de vivre équivaut à un bon passage à tabac médiatique. Son nom est associé aux mots «quartiers», «Villiers-le-Bel», «délinquance». Et ce sont des clichés dont il lui sera difficile de se débarrasser. Il a subi une exposition excessive. Mais il ne peut pas être que le jeune des quartiers. Il sortira grandi de cette épreuve, qui lui confère une valeur d’exemple : ce n’est pas parce qu'il a fait des «conneries» qu’il est perdu. La politique est une seconde chance pour lui.

Et hormis Ali Soumaré ?

Le PS présente une autre tête de liste issue de la diversité, Abdelhak Kachouri, tête de liste en Seine-Saint-Denis, maire adjoint à Saint-Ouen. En accompagnant ces candidats sur le terrain, j'ai pu me rendre compte qu'ils apportent une dynamique dans la campagne, qu'ils arrivent à mobiliser davantage les militants. La diversité est un combat légitime, mais au bout du compte, on entre dans une logique implicite de quotas totalement hypocrite. Il faut que la diversité cesse d'être un sujet à part.

L’Ile-de-France est une des régions les moins fiscalisées de France. Pour ne citer que ces quelques exemples : la taxe professionnelle est de 1,72% en IDF contre 2,75% dans le reste de la France, la taxe foncière des propriétés bâties est de 1,27% contre 2,61%, et la taxe foncière des propriétés non bâties est de 2,2% contre 6,29%. Une redistribution des richesses manifestement aussi inégalitaire n’est-elle pas incohérente.

La région Ile-de-France, tenue par la gauche, ne soutient-elle pas implicitement les plus riches ?

Oui, bien sûr, on est connu pour être le parti des plus riches, du 16e arrondissement ! (Rires). Non, plus sérieusement, on a déjà augmenté la fiscalité sur cette dernière période. Elle représente environ 1 euro de plus par an et par habitant. Ce n’est pas considérable, mais c’est ce qui est supportable. D’autre part, les impôts qui pèsent sur les ménages ne sont pas du ressort de la région. La fiscalité n’est qu’une portion infime de la question. Aujourd’hui, il faut se concentrer sur les enjeux essentiels. On propose par exemple la mise en place gratuite de terrains pour construire du logement social. C’est notre engagement. Malgré cela, les leviers que l’on détient restent insuffisants. Il faudrait une loi derrière qui multiplie, comme nous le proposons, les pénalités par cinq pour les communes qui refusent d’augmenter leur taux de logement social. Nous avons par ailleurs créé le pacte des maires bâtisseurs : chaque fois qu’il y a création de logements sociaux, nous proposons une aide au financement des équipements publics. C'est une sorte de deal. Donc, pour répondre à la question, il n'y aura pas d’augmentations d’impôts.

Les régionales ne sont elles pas, pour vous, un lot de consolation après votre défaite aux élections européennes, en juin 2009 ?

Non, mais défaite aux élections européennes, m’a amené à tout remettre à plat. De plus, j'ai choisi de m'implanter à Trappes, dans les Yvelines, quand le maire de Trappes me l'a proposé.

Vous vous préparez à la députation dans la circonscription de Trappes, tenue par l’UMP Jean-Michel Fourgous. Ne pensez-vous pas que c’est là prendre la place d'une personne, issue de la diversité par exemple, et déjà résident à Trappes ?

Je vis à Trappes, j'y ai pris immédiatement un appartement. Mais non, je ne pense pas prendre la place de quelqu'un car il faudrait d'abord qu'il y ait un candidat sur place qui veuille se présenter. De plus, ce n’est pas prouvé que les gens issus de la diversité rapportent plus de voix que les autres (aux dernières législatives, la socialiste Safia Otokoré, candidate de la diversité parachutée dans cette circonscription, avait été battue, ndlr).

Si, en 2012, vous êtes élu député, resterez-vous conseiller régional, mandat qui vous est acquis en tant que tête de liste PS en Seine-et-Marne ?

Je serai alors député et conseiller régional.

C’est du cumul.

Ce n'est pas énorme et c'est compatible. Je reconnais qu'être député et maire d'une grande ville n'est pas possible. Mais il faut maintenir le lien avec le terrain. Pour éviter les cumuls, il faut revaloriser le statut d'élu local, c’est une réforme que les différents gouvernements se refusent d'engager.

Le poste de Martine Aubry, premier secrétaire du PS, vous intéresse-t-il dans le cas sa titulaire accédait à d’autres fonctions ?

Je me suis déjà présenté et j'ai perdu. Mais j'ai fais un bon score pour quelqu'un qu'on n'attendait pas. Pour l’avenir, je ne m'interdis rien.

Le NPA d’Olivier Besancenot présente une candidate musulmane voilée sur une liste dans la région PACA. Le PS pourrait-il faire de même ?

Non. J’estime que le voile, c’est la religion. Et la religion dans l’espace public, au sens politique et administratif du terme, est aujourd’hui exclue. D’autant le voile marque une distinction entre les femmes et les hommes. C’est là sa signification. Il y a certes une différence entre la burqa, le voile, le demi-voile, etc., mais ces signes restent des symboles de la séparation des sexes. Moi, je pense qu’il faut privilégier l’égalité hommes-femmes. Aujourd’hui, dans un pays où les violences faites aux femmes augmentent, il faut rejeter fermement les signes de distinctions dans l’espace public. Je ne refuse pas le débat, et j’accepte les convictions d’une femme voilée. C’est simplement une ligne directive qui est respectée par tout le parti. On ne veut pas de signe religieux ostentatoire dans l’espace républicain.

Pourtant, aujourd’hui, dans certains conseils municipaux de gauche, notamment à Sarcelles, certains siègent avec la kippa, qui est un signe religieux ostentatoire. Alors, deux poids-deux mesures ?

Non, c’est une grave erreur, également condamnable. Tout signe ostentatoire est malsain. Mais il existe toutefois une différence entre la kippa et le voile, puisqu’encore une fois, le voile induit un enfermement de la femme. Toute forme de démonstration religieuse dans l’engagement politique n’est pas l’idée que nous nous faisons, nous, de la laïcité. Ce qui n’empêche pas chacun de croire ce qu’il veut. Quand une décision est prise, je ne veux pas qu’on puisse penser qu’elle l’a été par certains en fonction d’une croyance ou d’une foi. C’est l’intérêt général qui doit porter la décision politique. Cela ne veut pas dire que les gens qui portent une kippa ou un voile ne sont pas mus par l’intérêt général, mais au regard des autres, en quelque sorte, ils ne le sont pas. Aujourd’hui, nous sommes dans une atmosphère de tensions. Auparavant, reporter un conseil en raison d’une fête religieuse ne posait pas de problème, car le contexte était plus apaisé. C’est loin d’être le cas actuellement.

Bon, et un Quick halal, ça vous dit ou pas ?

Franchement, est-ce que j’ai le choix ? Sur cette affaire, ma position est claire. Première chose : ce n’est que du business. Les dirigeants derrière cette opération se foutent du halal. Deuxièmement, la logique serait d’avoir le choix. Aujourd’hui, si je vais dans ces fast-food halal, je suis obligé de manger halal. Si ça se trouve, McDo va créer un hamburger laïcAu fond, il faut juste pouvoir décider. Le halal, en soi, ne me dérange pas. Mais c’est stigmatisant pour les quartiers qu’à tel endroit, tout le monde mange halal. Je suis du côté des citoyens, pas de celui des commerçants qui font de l’argent. Pour bien vivre, il faut avoir le choix. C’est ma seule préoccupation.

Dans cette affaire, n’êtes-vous pas en train de faire de la surenchère par rapport au Front national ?

Donc, on estime qu’un socialiste n’a pas à se préoccuper de ces questions-là. Je trouve ce raisonnement dommageable. La réponse du PS, c’est simplement que Quick doit respecter le choix de chacun. Quitte à créer deux Quick si les viandes halal et classiques ne peuvent cohabiter.

N’assiste-t-on pas, à travers toutes ces questions – le voile de la candidate NPA, le Quick halal de Roubaix, sans oublier le débat sur l’identité nationale – à un dénigrement général de l’islam ?

Le problème c’est qu’aujourd’hui, deux extrêmes s’alimentent. On a d’une part une surenchère du côté religieux, et d’autre part, une surenchère dans le rejet de l’autre. On ne sort plus de la caricature. Le débat sur l’identité national a fait tomber les masques.

En Languedoc-Roussillon, les masques tombent aussi. Frêche, alors

C’est important de rappeler que Georges Frêche est suspendu du PS depuis quelques années. A mon initiative, d’ailleurs. Nous lui avons reproché des propos stigmatisant et non antisémites à l’égard de Laurent Fabius. Il est vrai que c’est un nouveau dérapage sur lequel nous avons réagi trop tard. Il faut être attentif et vigilant par rapport à nos élus, qui sont la vitrine du parti. Nous avons déjà fait un grand tri, 59 exclus hier (mardi, ndlr). Mais nous ne voulons pas liquider le PS. Il y a beaucoup de personnes légitimement ancrées et installées qui ont été sanctionnées pour leur soutien à la liste de Georges Frêche, opposée celle d’Hélène Mandroux, qui représente le PS...

29 janvier 2010

Châlons-sur-Saône : Pour l’annulation d’un concert Maghreb United

Châlons-sur-Saône

Pour l’annulation d’un concert Maghreb United

Par

Le 6 février 2010 est prévu à Chalons-sur-Saône un concert du collectif de rappeur «Maghreb United». Il se caractérise par des «chansons» aux paroles violentes et obscènes, avec une bonne dose de racisme anti-Blancs et anti-français.

les jeunes nationalistes autonomes de la région chalonnaise ont décidé de faire tout ce qui est en leur pouvoir afin d’obtenir l’annulation de ce concert scandaleux.

En tant que citoyen français soucieux de combattre toutes les formes de racisme, nous avons le devoir de nous opposer à ce genre de manifestations qui mettent à mal le ciment républicain unissant les différentes cultures sur notre territoire.

Nous ne sommes pas racistes et nous ne luttons nullement contre un groupe musulman ou maghrébin. Faire l’amalgame entre notre action et un quelconque mouvement raciste serait donc complètement faux et intellectuellement hypocrite.

Bien sûr le racisme que nous dénonçons ce n’est pas celui qui fait la une des JT à longueur d’année, ce n’est pas le racisme pour lequel les différentes associations telles SOS Racisme intentent des procès, ce n’est pas ce racisme qu’on nous rabâche midi matin et soir.

Au contraire c’est le racisme que subissent au quotidien et en silence des dizaines de milliers de français qui ont le malheur de vivre dans des zones à majorité étrangère où l’ordre et la justice républicaine ne s’appliquent plus, c’est le racisme dont sont victimes nos sœurs et nos filles dans la rue, c’est le racisme qu’endurent nos petits frères et nos fils dans les cours de récréations. C’est le racisme qui s’exprime librement à la radio et dans des chansons de rap que certains intellectuels osent appeler «musique» ou «culture».

Ce racisme, c’est le racisme anti Blancs, et il est d’autant plus inacceptable que les français forment l’un des peuples les plus ouverts, les plus tolérants et les plus généreux qu’il existe. (Osent-ils nous vomir !) (Rachid Z)

Les concerts de ce collectif de rappeur ont déjà été interdits dans les villes suivantes : - A Bordeaux le 6 novembre 2009 - A Lyon le 26 novembre - A Seyssins (banlieue de Grenoble) le 27 novembre - Et enfin à Marseille le 12 décembre.

La seule façon de faire annuler ce concert est de faire pression sur les autorités compétentes.

NP Info Bourgogne, le 29 janvier 2010

28 janvier 2010

Loi sur la burqa : une bombe à retardement ?

 

Loi sur la burqa

Une bombe à retardement ?

De la résolution à la loi d'interdiction

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Propos recueillis par Leïla Belghiti,

Le très controversé voile intégral a enfin reçu son (premier) verdict. Boycotté par le PS et rechigné par certains UMP, le rapport Gerin, remis mardi 26 janvier au président de la République, a été de justesse adopté par les membres de la mission sur le port de la burqa. Et c'est donc pour une interdiction dans les services publics que la mission parlementaire s'est prononcée. Si la majorité des parlementaires est favorable à une loi d'interdiction étendue à tout le territoire, beaucoup ont été freinés par sa légitimité constitutionnelle improbable.

Pour la juriste Lila Charef, chargée du pôle juridique du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France), le choix des parlementaires de recourir à une résolution, par définition non contraignante, accompagnée de dispositions législatives (interdictions dans les services publics, les transports et tous les lieux accueillant du public) favoriserait la transition vers une loi d'interdiction globale, «à la méthode française». 

Saphirnews : Loi ou résolution ? Pourquoi une résolution ?

Lila Charef : Les partisans de la loi contre le voile intégral se sont rendu compte qu'une interdiction totale de cette étendue serait difficile à valider. La meilleure solution restait donc la résolution parlementaire. Cela leur laissera évidemment plus de temps pour réfléchir à la définition des contours d'une interdiction législative, dans l'attente également de l'avis du Conseil d'État.

Une loi interdisant le voile intégral dans l'espace public, c'est faisable ?

L. Ch. : En droit français, vous ne pouvez pas émettre d'interdiction aussi large et visant une communauté précise. Le principe est la liberté. Lorsqu'il y a restriction, il doit y avoir des circonstances très strictes qui la valident. Le champ d'application de l'interdiction est donc très restreint ; le risque d'inconstitutionnalité et condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme est très élevé.

Évoquer une menace à la «sécurité publique», n'est-ce pas légitime ?

L. Ch. : Ce débat est un faux débat : ses fondements étaient dès le départ erronés. La première excuse avancée était la sécurité publique. Or, nous disposons déjà d'un cadre législatif, de textes de loi qui réglementent les devoirs en matière de sécurité, comme celui d'être identifiable lors d'un contrôle de police, etc. Il suffit de les mettre en œuvre.

Deuxièmement, on crie à l'égalité des sexes et à la liberté de disposer de son corps. La liberté, c'est justement de pouvoir s'habiller comme on veut, dans le cadre de la loi, comme le prévoit la législation actuelle. C'est assez risible d'entendre certains parler de l'égalité des sexes, comme Elisabeth Badinter, présidente de Publicis, régulièrement condamnée pour ses affiches sexistes. Sans parler de l'égalité salariale, de la parité au Parlement ! Quand on sait que l'UMP préfère payer des amendes plutôt que de respecter cette parité, il y a de quoi rire... Nos donneurs de leçons ne sont pas crédibles.

Quant à la possibilité d'une loi interdisant le voile intégral, vous savez, il y a un grand décalage entre la théorie et la pratique, et c'est une méthode très franco-française : on use d'artifices juridiques pour légaliser des dispositions. Si la loi sur le foulard à l'école est passée, c'est parce qu'elle fait semblant de viser toutes les confessions, sans en cibler aucune de particulière.

Une commission «Stasi bis» ?

L. Ch. : C'est le prolongement de la commission Stasi. C'en est l'épisode 2, contre une autre expression religieuse. Le chiffre extravagant avancé de 1 900 femmes qui le porteraient est très au dessus de la réalité. C'est une pratique très minoritaire, et il y a des sujets beaucoup plus importants et urgents à traiter. Ce faux débat est un stratagème pour réduire la liberté d'une partie de la population.

Saphir News

, le

27 janvier 2010

22 novembre 2009

Rassemblement pour dénoncer la violence des policiers

Rassemblement pour dénoncer la violence des policiers

15 novembre 2009

Campagne contre l'interdit professionnel de Luk Vervaet

Campagne contre l'interdit professionnel de Luk Vervaet‏

 

La pétition en ligne sur le site du CLEA a acceuilli plus de 600 signataires en deux semaines

Merci à toutes et à tous, merci de diffuser l'appel parmi vos contacts

 

http://www.leclea.be/petition/index.php?lg=fr  

Une version anglaise et turque est désormais disponible.

 

Une première (petite) brèche dans le mur du silence et de l'arbitraire.

Suite au refus d'accès pour l'intéressé et son avocat à la page 1 à 3 de son dossier personnel pour raisons de "sécurité de l'état, l'ordre public et la défense nationale"

Cette commission vient de décider que les raisons invoquées par le SPF Justice pour ne pas motiver in concreto les raisons de la décision d'exclure Luk Vervaet de toutes les prisons de la Belgique, "n'exempte cependant pas le SPF Justice de communiquer un minimum d'informations démontrant que l'exception à l'obligation de motivation formelle peut en l'occurence être invoquée." (Avis transmis en date du 30 octobre 2009).

 

Nous avons besoin de votre soutien financier pour pouvoir continuer un combat devant la justice

Le numéro est 000-0902356-62 (IBAN: BE51 0000 9023 5662), De Ley Herman, Vosselaredorp 58B3, 9850-Nevele. Mentionner :"soutien Luk Vervaet".

Merci pour votre soutien

Le professeur Herman De Ley (Université Libre de Gand) a ouvert un compte pour aider à payer les frais de justice, avocats, ... de la campagne contre l'interdit professionnel.
, un appel a été introduit auprès de la "Commission d'accès aux et de réutilisation des documents"
:

11 novembre 2009

Nordine Saïdi : Expression censurée

 

Nordine Saïdi

Expression censurée

Nordine-Saïdi

Rachid Z, le 11 novembre 2009

Ce lundi, 09 novembre, lors d’une réunion du Conseil d’administration du MRAX, l’un des membres, Nordine Saïdi, a été exclu du Bureau, qu’il composait aux côtés du président Radouane Bouhlal, du secrétaire Hamel Puissant et de la trésorière Elisabeth Cohen.

Après avoir licencié pour faute grave, c'est à dire s’être livré aux médias, son directeur, Didier Delaveleye, le MRAX pousse vers la sortie le militant pro-palestinien Nordine Saïdi. Refusant de retirer certains articles diffusés sur son blog perso Free Palestine , qui mettent en lumière des faits historiques avérés mais jugés «antisémites» par la clique bien-pensante du MRAX, le CA,

 à l’unanimité, a décidé de se passer des qualités de Nordine, pourtant tant vantées par le contesté président Bouhlal dans l'émission "Controverse" sur RTL.

On se souviendra aussi de cette attitude similaire, portant atteinte à la liberté d’expression, du président et du CA de l’association de Bouhlal, au printemps dernier, lorsque, faisant échos aux gesticulations d’une poignée de sionistes dépourvus du sens de l’humour, il se ridiculisa en se rendant dans une salle à Saint-Josse pour sonder la halalité du spectacle de l’artiste Dieudo

Affaire à suivre...

08 novembre 2009

Voile : Faisons confiance aux enseignants

 

Voile

Faisons confiance aux enseignants

Par Guy Haarscher,

Le Soir, le 06 novembre 2009

Carte blanche Guy Haarscher Professeur à l’ULB et au

Collège d’Europe (Et les mots bleus sont de Rachid Z)

Dans le débat sur le voile à l’école, il existe des protagonistes raisonnables. Ceux-ci défendent des thèses souvent très opposées, mais quoi de plus normal en démocratie ? On les distinguera soigneusement des racistes, qui détestent les musulmans, ainsi que des intégristes, qui n’utilisent le voile que pour affaiblir les institutions démocratiques. Les racistes et les intégristes sont en défaveur ou en faveur du voile pour de détestables raisons. (Mais à qui fait-il allusion, quels sont ces ennemis de la démocratie ? Comment les distingue-t-il ? Sans aucun doute, Guy Haarscher ne se classe dans aucune de ces catégories, il s‘exprime en garant de la démocratie !

)

Je veux débattre ici avec des interlocuteurs que je respecte

. Ce qui nous distingue des racistes et des intégristes, c’est que nous partageons un certain nombre d’idéaux en ce qui concerne les missions de l’école

. (Quelle est cette mission ? Civiliser les races inférieures, comme le déclarait Jules Ferry ?) Nous affirmons que les cours de science doivent pouvoir être donnés sans la moindre interférence d’origine religieuse (Qui dit le contraire ?) ; nous voulons que l’on enseigne à nos enfants le strict respect de l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre hétérosexuels et homosexuels ; nous affirmons que l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, et en particulier la Shoah, doit être expliquée sans pressions ni intimidations, parce qu’elle forme le socle de nos démocraties («plus jamais ça») (Pourquoi se limiter à cet épisode de l’histoire, d’autres drames se perpétuent actuellement sous les yeux des élèves, ne faut-il pas en parler de ces barbaries guerrières, sans pression ni intimidation ?) ; et nous défendons la mixité, le droit des individus des deux sexes de se rencontrer, de travailler ensemble et de s’aimer sans que les familles et la société fassent intrusion dans leur intimité et leurs choix les plus personnels.

(Cette liberté ne vous est pas contestée, que je sache, ce qui dérange, par contre, c’est de présenter la mixité comme un dogme, nous n‘allons quand même pas forcer des jeunes filles à se baigner aux côtés de jeunes garçons juste pour satisfaire à votre idéal sociétal, ce qui apparaît, à mon sens, comme une forme d’intégrisme !)

Ce qui, en revanche, nous divise, c’est ceci : les uns pensent que l’on peut tenir ce cap – vital pour l’avenir de nos enfants – en acceptant le voile à l’école, d’autres considèrent que ce n’est pas possible. Je me range parmi ces derniers pour les raisons suivantes

.

En 1989, quand la querelle du voile a commencé en France, le Conseil d’Etat a considéré que le port du foulard à l’école publique n’était pas en tant que tel contraire à la laïcité. Il était nécessaire que des éléments supplémentaires soient présents (pressions, prosélytisme, refus de suivre certains cours, etc.) pour que les autorités scolaires puissent prendre une mesure d’interdiction. En Belgique, les directions scolaires ont été laissées libres d’autoriser ou d’interdire, en fonction de leurs projets pédagogiques respectifs.

(S’il est vrai que dans certains établissements scolaires, la décision de restreindre arbitrairement les droits fondamentaux des enfants et des parents est laissée à l‘appréciation du chef d‘établissement, la plupart du temps, ce sont les Pouvoirs Organisateurs qui imposent, en parfaite violation du droit public, à travers d’incivils R.O.I. l’interdiction de manifester les opinions religieuses ou idéologiques dans les écoles !)

Une quinzaine d’années plus tard, les enseignants français ont dans leur majorité considéré la situation comme intenable. Le phénomène moderne du foulard

charrie son lot de violences, de pressions et de dégradation du statut de la femme. Certes, chaque jeune fille peut le porter pour des raisons qui lui sont propres, mais le phénomène d’imposition et de pression de conformité est devenu massif. Les directions d’écoles se sont trouvées devant la tâche impossible consistant à devoir trancher entre le

«bon» foulard (les bonnes élèves voilées) et le «mauvais» (la colonisation de l’espace public par des intégristes plus ou moins déguisés). Ces décisions au cas par cas sont ingérables et intrusives. La loi d’interdiction de 2004 fut votée dans un tel contexte.

En Belgique, les directions avaient le choix, mais aujourd’hui,

95% des écoles interdisent le voile, notamment parce que celles qui avaient de bonne foi tenté l’expérience inverse ont, comme en France, été confrontées à des phénomènes d’intégrisme patents. Il faut respecter les enseignants, responsables de nos enfants et souvent si maltraités. (

Pourtant, selon les professionnels de l’Enseignement qui se réfèrent aux droits de l’Enfant, on parle, avant tout, nettement plus d’abus, de violence infligée à l’intégrité morale des enfants par l‘Institution scolaire!) Le Conseil d’enseignement de la Communauté flamande a récemment pris une mesure d’interdiction générale. Je dis simplement à mes interlocuteurs, qui voudraient faire adopter par la Communauté française une législation inspirée de l’ancien avis du Conseil d’Etat français, que l’histoire a montré le caractère ingérable de cette solution.

Dans une

Carte blanche récente du Soir, Fabienne Brion et Philippe Van Parijs prennent une position opposée à la mienne. Mais ils ne respectent pas la distinction que je fais entre interlocuteurs raisonnables et extrémistes. Ils n’hésitent pas à invoquer une prétendue corrélation entre l’opposition au port du voile et la propension aux attitudes racistes. Je trouve cette affirmation insultante pour tous ceux qui, comme moi, tentent de conjuguer le combat antiraciste avec la lutte contre l’intégrisme. (

Pour ce faire, vous devriez, monsieur Guy Haarscher prendre conscience de vos propres sentiments intégristes (donc racistes) et associer également à votre lutte contre le racisme celle contre le phénomène malsain de colonialisation des esprits !) Il ne me viendrait pas à l’esprit d’invoquer à leur propos la «corrélation» entre la défense du voile à l’école et la propension au fondamentalisme religieux.

«

Il nous faut, affirment les auteurs, aujourd’hui apprendre à vivre avec une pluralité nouvelle et irréversible.» Ils ajoutent un peu plus loin qu’il ne faudrait pas «s’accrocher fébrilement à un passé révolu»

J’ai beau retourner l’article de mes collègues dans tous les sens : je n’y trouve pas mention de ce que signifie le voile pour tant de femmes musulmanes : la violence, les pressions, la dégradation de leur statut

. Je pense à toutes ces femmes que la brutalité intégriste n’a plus laissées en paix depuis longtemps, et j’espère que notre société continuera à leur offrir un sanctuaire à l’abri du bruit et de la fureur du monde, pour leur permettre d’accéder à des acquis que nous serions bien téméraires de jeter aux orties au nom d’une «tolérance» et d’un «pluralisme» mal compris.

(En fait, monsieur Guy Haarscher, connaît mieux que ces femmes musulmanes ce qui est bon pour elles, il en est tellement con-vaincu, qu’il ne s’aperçoit même pas du caractère paternaliste, intégriste et subversif de ses propos. Il en oublie le principe constitutionnel, en vigueur en Belgique, garantissant la liberté de manifester des opinions religieuses ou autres aussi bien en public qu’en privé. Par ailleurs, l'institution scolaire qui a pour mission de transmettre des savoirs et former les citoyen(ne)s de demain, des citoyen(ne)s destiné(e)s à construire une société plus respectueuse de l’Autre, pourrait-elle parvenir à ses fins sans y inclure toutes les diversités existentes dans la société ?)

. Je pense tout au contraire qu’il serait déraisonnable de fragiliser nos acquis. (On se demande justement qui les fragilise ces acquis, en permettant aux tenants des établissements scolaires de persécuter, au nom de votre idéal, des élèves qui ne partagent pas vos présupposés idéologiques !) Ne soyons pas honteux de nos réalisations. Les régimes dans lesquels la religion intervient dans la sphère de l’Etat et de l’enseignement ont montré les effets délétères d’une telle confusion des rôles. (Donc, vous seriez pour la déjudaïsation de l’État colonialiste d’Israël ? Peut-on vraiment comparer ces régimes qui mettent en avant, contrairement au principe de neutralité de la Belgique, une religion d’État ? ) Il est probablement plus facile d’être musulman sunnite en Belgique que de l’être dans un pays chiite, et vice versa.

Les auteurs croient que l’on veut

«cacher… cette croyance que l’on ne saurait voir». Je ne voudrais pas réveiller les vieilles querelles entre laïques et catholiques – je suis moi-même tout sauf un «laïcard» dogmatique – mais je pense qu’il y a une place et un moment pour tout. La liberté religieuse et de culte est très bien respectée dans notre pays. Je voudrais que nous soyons assez fiers de nos acquis démocratiques pour les offrir à toutes et à tous sans ouvrir l’école à ce que la Cour suprême des Etats-Unis appelle les «most vocal and powerful orthodoxies», bref les orthodoxies les plus puissantes, et les activistes qui crient le plus fort.

 

 

 

 

 

29 octobre 2009

Maroc : Liberté de la presse en baisse selon RSF

Maroc

Liberté de la presse en baisse selon RSF

caricature Maroc

 

 

Saidia-Colonie-Maroc  , le 28 octobre 2009

Le Maroc occupe la 127ème place dans le dernier rapport publié par Reporters sans frontières (RSF) sur l’indice 2009 de la liberté de la presse

Dans ce rapport, l'Algérie occupe la 141ème place, l'Égypte la 143ème et la Tunisie la 154ème place.

Le Maroc, 127ème sur 175 pays, a perdu 5 places comparativement à 2008.

Le directeur de l’hebomadaire "Al Michaal" Driss Chahtane a été condamné à 1 an de prison et une amende de 10.000 dirhams pour un article sur la santé du Roi Mohammed VI.

Dernièrement,le journal "Akhbar Al Youm" est accusé d’avoir publié une "caricature en relation avec la célébration par la famille royale d’un évènement à caractère strictement privé", qui "constitue manifestement une atteinte au respect dû à un membre de la famille royale". Le verdict sera connu le vendredi 30 octobre.

En août Tel Quel (francophone) et Nichane (arabophone) avaient été saisis pour avoir publié un sondage sur la monarchie.

(Il s'agissait plus précisément d’un sondage portant sur le bilan des 10 années de règne du monarque marocain de droit divin M6 !) (Rachid Z)

 

 

26 septembre 2009

Manif anti foulard

Manif anti foulard

Heureusement que le ridicule ne tue pas

Par

Khalil Zeguendi  , le 26 septembre 2009

Annoncée via un grand tapage médiatique par NPNS et le RAPPEL de Nadia Geerts, la manif anti foulard qui a eu lieu ce matin devant le siège du ministère de l'Enseigenement de la Communauté française, Place Surlet de Choquier près de Madou, a rassemblé à peine une soixantaine de personnes.

Le renfort du CCLJ et des organisations sionistes soutenant l'initiative n'a pas permis de faire sortir ce rassemblement de son caractère numériquement ridicule.

De ce que j'ai pu constater sur place, aucun politique de premier ou de second plan ne s'est joint à cette manifestation qui ressemblait davantage à une réunion entre "amis".

Aucun slogan n'a été entendu et les quelques dizaines de personnes ayant fait le déplacement se demandaient sûrement ce qu'elles étaient venues faire un samedi matin devant des bureaux vides du ministère.

La STIB n'a même pas cru utile de dévier ses lignes de bus 65, 66, 63 et 29 empruntant la place Surlet et aucun retard n'était enregistré chez les conducteurs de ces lignes qui, comme les passagers de ces véhicules, jetaient au passage un regard curieux sur ce groupe de badauds ridicules.

Un mot d'ordre mystérieux émanant d'un groupe non identifié avait appelé la veille à une contre manifestation d'opposants au rassemblement de NPNS. Mais l'appel d'ÉGALITÉ et d'autres associations appelant à s'abstenir de contre manifester pour ne pas donner de la publicité au rassembelement de NPNS a été entendu et nul contre manifestant n'a fait acte de présence ce matin.

Mobiliser les télévisions et les journalistes pour un rassemblement ridicule de cette taille, il n y a que Nadia Geerts qui soit capable d'une telle connerie.