15 juin 2013

Chalghoumi à Bruxelles

Chalghoumi à Bruxelles

Invité le 10 juin dernier par le fils Ducarme (député MR) à la Maison des Parlementaires, en présence de Vincent De Wolf (bourgmestre-député MR à Etterbeek) - Fouad Benyakhlef (Musulmans Progressistes asbl) – Nadia Geerts (activiste laïciste) – Viviane Teitelbaum (activiste sioniste et députée-échevine MR)- Latifa Aït Baala (activiste makhzenienne et candidate MR non élue lors des communales 2012 à Schaerbeek) – Sellam El Ktibi (candidat SP.A non élu lors des communales 2012 à Jette) - Karim Geirnaert (Président d'EuroHalal) – Miriam Bajat (candidate non élue MR lors des communales 2012) - Imad El-Zein (candidat MR non élu lors des communales 2012) - Karim Amezian (Repères asbl)

11:57 Écrit par Rachid Z dans Belgique, Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

"Si vous êtes pour la charia, partez !"

Interview de Dorian de Meeûs, le 07 juin 2013

L’appel lancé par l’imam de la mosquée de Drancy, en France, ne lui vaut pas que des amis

DRANCY “Agissons avant qu’il ne soit trop tard.” Tel est l’appel lancé par Hassem Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy, en France. Celui qui est aussi le président de la Conférence des imams de France prône une offensive contre les intégristes islamistes et un dialogue interreligieux entre musulmans et juifs.Interview > Dorian de Meeûs

LaLibre.be s’est entretenue avec celui qui fait l’objet de menaces de mort et de nombreuses critiques au sein de sa propre communauté. Lisez l’interview intégrale sur lalibre.be.

Votre livre d’entretien avec David Pujadas s’intitule Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Trop tard pour quoi ?
“Trop tard pour Merah. Trop tard pour les attaques sur des militaires à Londres et Paris. Trop tard face à la montée des intégristes. Trop tard pour nos jeunes Belges et Français qui apprennent à manier des armes et à se battre avec les intégristes en Syrie. Trop tard pour ceux qui se battent contre l’armée française au Mali,… On commence à en voir 100, 200, 300,… Je crains que, demain, ils ne soient 100.000 !”

Votre discours appelant à s’opposer aux intégrismes musulmans est considéré comme courageux par de nombreuses personnalités françaises et internationales.

“Je ne pense pas que ce soit du courage. Le contexte actuel et la réalité de terrain exigent que l’on fasse cela. Il y a beaucoup trop d’amalgames entre islam et intégrisme. D’ailleurs, je comprends très bien que les Européens, Français et Belges ne comprennent pas pourquoi l’on ne réagit pas, pourquoi la majorité silencieuse ne s’exprime pas. Ce n’est plus une question de courage, mais un devoir de protection de notre avenir et de nos enfants.”

Les musulmans modérés ou progressistes se sentent menacés ?

“Oui et je le comprends. J’ai été agressé physiquement et menacé de mort plusieurs fois. Les fanatiques sont entrés chez moi et ont tout cassé, entrent dans ma mosquée, appellent au meurtre sur Internet,… Mais c’est le prix à payer pour s’opposer à cette minorité. Les musulmans modérés sont trop discrets. Ils veulent même éviter d’en parler. Ils en font un sujet tabou. Moi, je leur dis que la menace du rejet et du racisme est aussi réelle que celle de l’intégrisme. Il faut donc oser parler sans langue de bois et n’avoir peur que de Dieu.”

Comment vivez-vous le fait d’être musulman et menacé par des intégristes de votre communauté religieuse ?

“Je suis évidemment déçu. En vérité, jamais dans ma vie je n’avais imaginé que je courrais autant de risques pour avoir simplement tendu la main aux juifs. Pour moi, l’Europe, c’est justement pouvoir exprimer ses pensées sans prendre de risques. Sur le terrain, ce n’est pas la réalité. Dans certains quartiers, il y a un décalage énorme entre valeurs européennes et réalité. Ces jeunes sont ignorants et donc facilement récupérables par des discours ou des sites Internet. Mais dans l’histoire de l’Islam, on a déjà eu des musulmans modérés assassinés par d’autres musulmans. Ce n’est pas nouveau.”

Au sein des imams de France, vous ne vous sentez pas un peu seul à tenir un tel discours fort ?

“Non, j’ai créé la Conférence des imams de France qui compte environ 130 imams. Nombreux sont ceux qui sont venus avec moi en Israël ou se sont prononcés contre le voile intégral. Mais tous n’ont pas les mêmes capacités de résistance à tant d’attaques et de menaces. Même s’ils sont courageux, ils ne veulent pas tous d’une protection policière 24 heures sur 24.”

Les sites intégristes vous accusent de ne pas être l’imam de Drancy et de ne pas être légitime pour les représenter.

“Je leur réponds qu’en effet je ne suis pas l’imam qui prêche leurs paroles. Si j’appelais au djihad, au meurtre, à la haine, à la destruction de nos valeurs, à s’opposer les uns aux autres, alors là je serais le meilleur imam au monde à leurs yeux. Vu que je ne prêche pas la haine, effectivement je ne suis pas leur imam. Je suis l’imam des modérés et de la majorité qui n’a rien à voir avec ces intégristes. Mais ces sites Internet de désinformation recrutent énormément de jeunes… C’est une catastrophe !”

Qui peut éviter que cette catastrophe se poursuive ?

“Je renvoie la responsabilité vers nos politiques, nos dirigeants européens et notre président. Pourquoi bougent-ils pour sauver Benghazi, le Mali, les civils syriens,… alors que nous, citoyens européens, sommes menacés par ces sites Internet ? Ils doivent faire le nécessaire pour nous protéger, fermer ces sites, chercher et poursuivre ces intégristes qui sont en train de recruter et créer des Merah.”

Vous êtes invité lundi au Parlement belge par le député Denis Ducarme (MR), mais comment les non-musulmans peuvent-ils vous épauler dans votre démarche ?

“Je rencontre cette semaine aussi le pape François pour lui dire que l’Europe est une terre chrétienne et qu’il faut nous protéger en tant que citoyens, voisins et amis face à l’intégrisme. Le racisme se nourrit de l’intégrisme. C’est une réalité, on ne peut les dissocier. Il faut donc rejeter l’intégrisme et soutenir les modérés.”

Vous dites : les fanatiques doivent rentrer chez eux, mais il y a de plus en plus de convertis belges et français…

“Si vous êtes pour la charia et contre nos valeurs, partez ! Allez trouver des compagnons de votre idéologie ailleurs. Allez ailleurs ! Allez ailleurs et ne détruisez pas notre vivre ensemble. Ne gâchez pas notre bonheur ! Le phénomène des convertis est très grave, ils basculent très souvent à l’extrême. Ils ne recherchent pas la religion par amour, mais pour la haine et la vengeance de l’autre. Ils ne se convertissent pas en réalité. Les responsables musulmans de chaque pays doivent suivre chaque converti de près, c’est primordial si l’on veut éviter qu’il tombe entre les mains de ceux qui prêchent la haine et la barbarie.”

Que dites-vous à ceux qui ne font pas la différence entre musulmans et pointent du doigt la violence qui serait, disent-ils, inhérente au Coran ?

“Je dis NON ! Ne luttons pas contre l’extrême avec l’extrême. Le Coran, on le traduit comme on veut et à sa manière. On peut dire la même chose de la Torah et de la Bible. Ce sont des textes à interpréter dans la foi, l’humanisme et le respect de l’autre. Certains les traduiront avec un dictionnaire de haine et de combat. Le mot djihad, cela ne signifie pas le combat mais l’effort et l’amour. Je peux vous montrer les versets qui indiquent cela. C’est pour éviter cette dérive que je demande aux politiques d’avoir et de développer un islam européen avec la formation d’imams européens qui auront un respect des valeurs qui sont les nôtres : la patrie, l’amitié et le respect des autres. Pourquoi accepte-t-on l’ingérence étrangère du Qatar ? À un moment donné, on paiera tous le prix de ce vide et de cette absence de prise en main par nos politiques.”

Écrit par : Rachid Z | 15 juin 2013

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Que les faux-frères déguerpissent !

Par Fouad Benyekhlef,le 15 mai 2012

De l’ingérence dans les affaires internes de la communauté musulmane de Belgique, certains groupes ont fait leur cheval de bataille. Que ce soit dans les domaines religieux, citoyen ou encore social, nombre de démarches ont été tentées dans l’espoir de manipuler, diviser ou encore avoir une mainmise normative sur les citoyens belges musulmans et plus précisément sur certains de leurs cadres.

Effectivement, c’est à travers lesdits cadres que le changement peut véritablement s’opérer mais pas de n’importe quelle manière et encore moins stimulé par des éléments exogènes à cette communauté lesquelles ne souhaitant en vérité que lui imposer une certaine vision des choses qui généralement est contraire à ses principes propres et légitimes. Il est vrai que nous n’avons pas encore d’équivalents belges du pitre Hassen Chalghoumi qui nous bassinerait avec un « islam di bilgik » ou encore de la vulgaire Fadela Amara avec un discours biaisé de victimisation des « beurettes ». Il n’en reste pas moins que des tentatives sont régulièrement entreprises dans ce sens et dans différents domaines.

Ces effets « Chalghoumi » ou « Amara » sont tellement flagrants et stratégiquement puérils qu’ils nous amènent à une réflexion en intracommunautaire sur ces problématiques d’ingérences stériles afin de stimuler l’émergence de cadres émanant réellement de la communauté musulmane qui ont pour sincère objectif d’apporter une vision réformiste et défendre l’intérêt général de la communauté ainsi que de la société globale loin des opportunistes désirant mener une carrière, ou de victimes désirant régler des comptes personnels avec une religion à la suite d’une histoire douloureuse avec des fidèles de cette dernière ou enfin des marionnettes qui pensent tromper mais qui ne font que sourire par leur incompétence.

Que les citoyens musulmans se rassurent, la communauté est organisée et elle est capable de faire émerger elle-même ses propres cadres sans qu’on ne lui en impose. De plus, lorsque ceux-ci ne répondent pas aux demandes et ne la défendent pas, ils sont généralement relayés au placard de l’histoire et se retrouvent populairement déchus de cette responsabilité. Assurément, les citoyens musulmans n’ont que faire des judas ou des tartuffes se revendiquant être porte-parole d’un pan de la communauté mais ne s’efforçant en vérité qu’à dire du mal de leurs coreligionnaires devenant le plus souvent de véritable colonisés d’esprit d’une laïcité dont la définition a été malhonnêtement usurpée et transformée.

Laïcité, voilà bien un principe avec lequel les citoyens musulmans sont d’ores et déjà les plus en accord. Et ils n’ont surtout pas de leçon à recevoir des autres communautés religieuses ou convictionnelles en Belgique. Bien au contraire ! Que de terminologies et de débats tronqués au nom de ce noble principe ayant pour visées simples la volonté de complexer davantage le citoyen musulman et de le culpabiliser pour le simple tort qu’il soit musulman et qu’il l’assume. En gros, ledit citoyen musulman devra se justifier sur son islamité jusqu’à ce qu’il n’en laisse rien paraître extérieurement, si ce n’est qu’une spiritualité invisible bien cachée chez lui.

Baliverne tout cela ! Que les musulmans se sentent libres, émancipés et fiers de ce qu’ils sont et de leur pluralité de pensées, ethnies et classes sociales. Et que soient gênés et discrédités ces moralisateurs iniques autoproclamés cadres communautaires qui n’ont de cesse de montrer à l’establishment leur « beniouiouisme » bienveillant tout en oubliant qu’ils ne militent plus ou pas pour leur communauté mais plutôt en faveur d’une autre. Ces derniers excluent de leur esprit cette réalité et refuse de regarder les choses en face, même quand la vérité est en pleine lumière, tellement le lavage de cerveau qu’ils ont subi fut virulent ou qu’ils ne soient simplement pas assez humbles pour réviser certaines de leurs positions.

On ne change pas une société de même qu’on ne prétend pas au titre de cadre communautaire minoritaire lorsque l’on est soi-même complexé par les dominants ou les majoritaires au point de vouloir leur ressembler à tout prix intérieurement et extérieurement. Et encore moins quand on arrive à penser que la soumission de toute sa propre communauté, à travers un discours d’effacement des différences physiques, culturelles ou confessionnelles est une solution afin d’éviter les prétendus problèmes récurrents. Le fait d’exclure ces visibilités, ce n’est en vérité que militer contre les libertés individuelles et contre l’émancipation des minorités.

Il faudrait plutôt instiller dans l’esprit des citoyens musulmans le principe d’égalité qu’ils doivent porter, l’enjeu ainsi que le rapport de force qu’ils représentent. Il est temps de cesser de donner du crédit ou de prêter attention à ces « faux-frères » dont l’objectif est de montrer à leur « maître » qu’ils sont là pour condamner ce qui pourrait offenser ce même maître tout en contribuant à complexer les citoyens musulmans et en les alertant sur qui sont les « bons » ou les « mauvais » musulmans. Ces mêmes « faux-frères » ne dénoncent généralement que des thématiques qui engendrent dans la société générale une peur voire une phobie de la communauté musulmane.

Sans s’en rendre compte, ils créent de l’islamophobie dont ils seront eux-mêmes victimes lorsque celle-ci deviendra ingérable. L’Histoire nous a démontré que quand la haine à l’encontre d’une minorité se déchaîne, elle embarque avec elle tout les membres de cette même communauté en ce compris ces « faux-frères » qui n’arriveront plus à éteindre ce feu qu’ils auront tellement travaillé à attiser. Pour l’intérêt de la communauté musulmane et pour la société dans sa pluralité, des cadres avec une vision saine et une volonté sincère doivent émerger et couper court avec ces « esclaves domestiques » qui ont tant mangé dans la main du maître qu’ils ne sauraient produire quelque chose de bénéfique pour la collectivité.

Écrit par : Rachid Z | 16 juin 2013

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