11 juin 2013

Pas de foulard dans les écoles de la Ville

Pas de foulard dans les écoles de la Ville

2. Faouzia Hariche.JPG

Echevine (PS) algéro-belge et islamophobe de l'Instruction publique

Nathan Gonze, le 11 juin 2013

L’avis du Conseil d’État, autorisant le voile aux professeurs de religion, ne fait pas jurisprudence, estime l’échevine

Les professeurs de religion islamique ont-ils le droit de porter le foulard dans les écoles ? Le 17 avril dernier, le Conseil d’État répondait par la positive à la suite d’un différend entre une prof et la commune de Grâce-Hollogne. Tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures de cours et aux locaux auxquels ils sont affectés, estimait le Conseil d’État dans son arrêt.

Un arrêt qui porte, en théorie, sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles et donc, qui est applicable aux communes de la Région bruxelloise. Mais pour la Ville de Bruxelles, la décision du Conseil d’État ne fait pas jurisprudence : le foulard islamique - comme tous signes religieux ostentatoires - reste interdit aux élèves comme aux professeurs, fussent-ils de religion.

Contrairement au cas de Grâce-Hollogne, nous appliquons les dispositions légales du décret neutralité de 1994 - qui insiste sur le fait de s’abstenir de toutes formes de prosélytisme - et le règlement de travail de la Ville - qui interdit le port de signes philosophiques sur le lieu de travail ”, justifie Faouzia Hariche (PS), échevine de l’Enseignement. Pas de dérogation pour les profs de religion estime donc Mme Hariche car “ce serait créer un traitement discriminatoire entre les enseignants.

Dommage, estime quant à elle Zoubida Jellab (Écolo), qui interpellait hier l’échevine à ce sujet au conseil communal et qui craint que la ville ne s’expose à des recours. La jeune association Muslims Right Belgium – qui recense en ligne les actes antimusulmans - confirme d’ailleurs avoir reçu des plaintes en ce sens à Bruxelles mais que rien d’officiel n’a encore été déposé.

Autre point qui pose question selon la conseillère Écolo, le manque de mixité parmi les professeurs de religion islamique (seulement 1/4 de femmes). C’est l’Exécutif des musulmans de Belgique qui propose les candidats. Dans la majorité des cas, ce sont des hommes. Comme cela, on évite le débat sur le voile, déplore Zoubida Jellab.

Pour l’échevine de l’Enseignement, le débat pose surtout la question de l’opportunité des cours de religion. “Ils séparent les élèves. La société bruxelloise aurait beaucoup plus à gagner d’un cours de civisme et de vivre ensemble, conclut-elle.

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