13 avril 2013

Il y a 20 ans, c’était des flamands d’extrême droite qui partaient se battre en Yougoslavie !

Il y a 20 ans, c’était des flamands d’extrême droite qui partaient se battre en Yougoslavie !

Page de suie, le 13 avril 2013

Une certaine presse nous bassine avec quatre pelés – forcément «musulmans»qui vont combattre en Syrie au côté d’un peuple qui se bat contre un dictateur… ouais je sais, c’est plutôt dans les rangs des extrémistes religieux – selon la version des merdias mainstream – qu’on les retrouve, bon. Mais saviez-vous qu’il y a 20 ans c’était des compagnies entières de fascistes et néo-nazis européens qui rejoignaient les rangs de ce qu’ils prenaient – ces cons – pour les dignes descendants des Oustachis (fascistes catholiques), qui combattaient au côté des nazis pendant la deuxième guerre mondiale, contre les résistants Tchetniks (nationalistes orthodoxes) et l’armée nationale yougoslave de Tito (communistes).

Si aujourd’hui, ce sont quelques dizaines de jeunes Belges – parmi lesquels certains musulmans radicaux – qui se battent en Syrie, il y a vingt ans, il s’agissait de jeunes flamands et néerlandais de l'extrême droite qui partaient combattre aux côtés des Croates durant la guerre en Yougoslavie. A l’époque, ce n’était pas Fouad Belkacem de Sharia4Belgium qui recrutait dans la jeunesse, mais bien le Vlaams Blok et le mouvement d’extrême-droite «Voorpost».

Avril 1992. Les hautes sphères anversoises du Vlaams Belang, encore dénommé Vlaams Blok à l’époque, organisent une soirée spéciale «Croatie». Le parti d’extrême-droite flamand s’affiche alors comme l’organisateur de l’évènement, jusqu’à ce que le quotidien Het Nieuwsblad ne l’épingle et le pousse à faire marche arrière. C’est au Voorpost, organisation d’extrême-droite flamande et néerlandaise bâtie sur les cendres de la structure paramilitaire VMO interdite par la loi, d’en reprendre les rennes.

Karl Van den Broeck, journaliste, y était. Il suivait à l’époque le Vlaams Blok pour le journal De Morgen:

«Filip Dewinter et le sénateur Vlaams Blok de l’époque Wim Verreycken y étaient. Durant la soirée, un certain Douwe van de Bos, un militant du Voorpost, a diffusé une vidéo dans laquelle on le voyait en action, accompagné de ses mercenaires. Une fiche de présences circulait dans la salle. Les personnes pouvaient s’y inscrire afin de recevoir de plus amples informations. Deux jours plus tard, le même Douwe van der Bos était invité au quartier général anversois du Vlaams Blok.»

Parvenir à savoir si le Vlaams Blok a effectivement recruté des mercenaires, tout en apportant un soutien militaire aux troupes de combattants volontaires croates, demeure une question très sensible.

Pourtant, dans les pages du Morgen de l’époque, le président des jeunes du Vlaams Blok (VBJ) affirmait que pour autant qu’il sache: «des jeunes flamands étaient partis en Croatie pour prendre les armes». Une déclaration qu’il ravala quelque temps plus tard face au journal Het Nieuwsblad, se mettant ainsi au diapason des déclarations de Filip Dewinter niant la présence en Croatie de mercenaires recrutés par le parti.

Pour comprendre comment la Croatie a été un pôle d’attraction pour des néonazis d’Europe, il faut remonter à la Seconde Guerre mondiale.

Par contre, ce qui apparaît comme certain, c’est que le Vlaams Blok a bien soutenu la lutte croate, notamment en descendant régulièrement jusque Zagreb. Jan Huybrechts, ancien président des VBJ, a voyagé à plusieurs reprises jusqu’en Croatie. Et il existe également cette photo où Filip Dewinter, Francis van den Eynde et le sénateur Wim Verreycken posent fièrement devant un tank Croate. Sans oublier les récoltes de fonds et de matériel organisées par le Voorpost et Volk In Nood, à destination des combattants croates.

Douwe Van der Bos

Il existe peu de documents en Belgique concernant ces jeunes partis se battre en Croatie. A l’inverse des Pays-Bas, où Douwe Van der Bos de la «soirée Croatie», est allé jusqu’à acheter des espaces publicitaires dans le journal De Telegraaf afin de recruter de nouveaux compagnons de lutte.

Van der Bos a toujours évolué dans ces milieux de la droite extrême: ancienne tête de liste du «Centre des démocrates néerlandais» (CD) et ancien membre du conseil d’administration du «Parti du centre», deux partis d’extrême-droite avec lesquels le Vlaams Blok a entretenu de bonnes relations. Sans oublier ses activités dans la sphère du Voorpost.

Les faits veulent que Van der Bos ait combattu aux côtés des célèbres Forces de défense croates (HOS), le bras armé du très radical «Parti croate des droits» (HSP).

D’autres néerlandais ont combattu à l’époque aux côtés des Croates, comme le montre le documentaire «Soldaat in den vreemde» – «Soldat à l’étranger». Également dans «Dutch volonteersin Croatia 1991». Ces documents suivent essentiellement le parcours de Johan Tilder, qui se serait rendu coupable de nettoyage ethnique, assassinats et actes de torture. Finalement rattrapé par les Serbes, il a été abattu lors d’une tentative d’évasion.

Néonazis européens en Croatie

Le fait que la Croatie ait été un pôle d’attraction pour un nombre assez important de néonazis de Flandre et des Pays-Bas n’a en réalité rien d’étonnant. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Oustachis croates – un mouvement séparatiste, antisémite et fasciste – s’étaient battus aux côtés des Waffen SS d’Hitler. Ils étaient craints pour les atrocités et les massacres qu’ils commettaient.

La guerre en Yougoslavie des années nonante a vu réapparaître la symbolique des Oustachis, inspirant des milices extrémistes aux affinités nazies. Des effigies du mythique chef de file oustachi Ante Pavelic ornait les quartiers généraux de ces milices.

Le reportage «Le combat croate» (vidéo ci-dessus) réalisé par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel montre comment, à l’image de ce qui se passe en Syrie aujourd’hui, certains ont convaincu de jeunes néonazis français, belges, allemands, anglais et autrichiens à aller se battre sur le front en Yougoslavie. Ces séquences donnent à voir une petite armée de mercenaires (non rémunérés), composée de jeunes hommes portant des uniformes nazis faits maison, recourant à l’iconographie nazie et témoignant des raisons de leur présence sur place. Des images qui rappellent celles nous parvenant aujourd’hui de Syrie.

Donc cette presse de droite – et nos couillons politiques – qui nous rabâche les oreilles avec ces quelques belges en Syrie, feraient bien de tourner sept fois leur langue de vipères dans le bidet qui leur sert de bouche avant de l’ouvrir et de se couvrir de ridicule… Mais rassurez-vous Joëlle et son âme damnée d’Anemie vont nous pondre une toute nouvelle loi spécialement pour cet «exode» de belges musulmans vers la Syrie, dans le genre de cette loi  – de 1840 – qui interdisait aux belges de s’engager à la Légion Étrangère pour combattre au Mexique.

Commentaires

Belges en Syrie: D. Reynders veut des sanctions pénales contre les départs

RTBF, le 13 avril 2013

« Si ce qui se passe là-bas permet à certains partis francophones d’enlever leurs œillères, et si désormais cela me permet de ne plus être insulté quand je parle aussi, chez nous, de problèmes d’intégration, tant mieux…« , précise-t-il.

Didier Reynders ne souhaite pas entrer dans la polémique qui oppose certains membres de son parti à la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet sur la gestion du dossier des jeunes Belges partis combattre en Syrie. « Je ne pense pas la polémique très utile sur ce genre de sujet important qui demande surtout de la discrétion dans l’action« , dit-il.

Le ministre des Affaires étrangères affirme que la Belgique entretient des contacts avec des pays de la région autour de la Syrie, les forces de la coalition et des groupes modérés sur place. « Avec eux, on peut essayer d’exfiltrer nos ressortissants du pays » s’ils le souhaitent.

Il se dit par ailleurs favorable à un arrêté royal visant à sanctionner pénalement les personnes qui vont participer à des actions militaires dans des pays tiers. « L’espoir est que cela ait un effet dissuasif au départ. Cela doit dépendre de la Justice et de l’Intérieur.«

Joëlle Milquet pour un arrêté royal interdisant le départ

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (cdH) détaille samedi dans un communiqué quelques unes des propositions complémentaires qu’elle a déposées vendredi à la task force Syrie. Parmi ces propositions figure notamment la question de l’opportunité de la prise d’un arrêté royal interdisant le départ de ressortissants belges pour y combattre.
La note de la ministre Milquet propose également le renforcement de différents dispositifs tant au niveau national qu’international et ce, pour préparer notamment le kern qu’elle a demandé au Premier ministre Elio Di Rupo pour le début de la semaine.

D’autres points devraient être évoqués, notamment la question relative aux cartes d’identité, au renforcement des dispositifs de détection sur internet, du contrôle des frontières et visas en Turquie et autre pays et au renforcement de différents dispositifs des Affaires étrangères, entre autres dans les pays frontaliers de la Syrie, de certaines initiatives en matière européenne et à l’égard de l’opposition syrienne.

La ministre de l’intérieur confirme par ailleurs qu’à sa demande tous les contrôles aux frontières belges, notamment a l’égard des mineurs ont été encore renforcés ces derniers temps.

Enfin, le programme national de prévention du radicalisme prévue dans le plan de lutte contre le radicalisme et préparé ces derniers mois à été inscrit vendredi pour un prochain conseil des ministres, indique encore Joëlle Milquet.

Écrit par : Rachid Z | 13 avril 2013

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