15 mars 2013

Ni antisionisme, ni antisémitisme

Ni antisionisme, ni antisémitisme

(Édito sionisite!) (Rachid Z)

Marc FEMSOHN, le 15 mars 2013

Qui doit s’inquiéter pour l’autre ? Le Juif de diaspora pour l’Israélien ou l’Israélien pour le Juif de diaspora ?

Personnellement, je ne suis pas inquiet pour nous, les Israéliens.

Nous avons une armée, nous votons, nous sommes maîtres de notre destin et nous assumons nos risques.

Il est à mon avis, et sans être parano, beaucoup plus difficile et dangereux d’être juif en France et en Belgique, par exemple que de vivre en Israël.

Il ne se passe rien à Neuilly ou à Levallois, à Uccle ou à Ixelles (et encore…) me direz-vous, mais qui pouvait penser qu’il se passerait quelque chose à Toulouse.

Il ne se passe rien, non, il n’y a pas d’antisémitisme, juste parfois un peu d’antisionisme.

On laisse faire, on est apathique, on ne veut pas savoir, on travaille, on fait de l’argent, on fait carrière jusqu’au moment où…. jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’il ne soit trop tard.

Non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas d’antisémitisme en Europe, il y a éventuellement de l’antisionisme, mais le sionisme est un crime contre l’humanité.

C’est certainement vrai puisque c’est le Premier ministre turc Erdogan qui l’affirmé devant le secrétaire-général de l’Onu Ban Ki-moon qui n’a pas bronché. Il est donc légitime de combattre cette idéologie raciste et fasciste par tous les moyens possibles.

Israël est le valet de l’impérialisme américain pour les pauvres chavistes orphelins de Caracas, le petit Satan pour les ayatollahs de Téhéran, un état terroriste et génocidaire pour le reste du monde arabo-musulman, un pays belliqueux où règne l’apartheid, menaçant l’équilibre du Moyen-Orient et la paix mondiale pour une grosse partie des populations européennes et tout cela à la fois pour ceux qui tressent des lauriers à l’indigné auquel a été rendu un vibrant hommage national la semaine dernière dans la Cour des Invalides à Paris.

Pourtant, me direz-vous, le président Shimon Pérès a prononcé cette semaine un discours devant le Parlement européen à l’issue duquel il a reçu une «standing ovation». C’est vrai, mais en Occident on ne touche pas aux géants, témoins et acteurs de l’Histoire.

Pérès est le dernier symbole vivant de cet Israël post-Shoah qui a prévalu jusqu’en 1967, un Israël qui, tel un frêle moineau, avait besoin d’être aidé, protégé, fortifié, réconforté par cet Occident traversé par un très éphémère sentiment de culpabilité à l’égard des Juifs après Auschwitz.

Shimon Pérès, sans aucun doute le meilleur de tous les présidents de l’Etat d’Israël, profite de son charisme et de son aura, pour faire passer les messages d’Israël qu’on n’accepterait pas de Netanyahou ni d’aucun autre dirigeant politique de la nouvelle génération israélienne.

Les politiciens européens aiment Pérès, ce qui leur permet de balayer toute accusation d’antisionisme et, à fortiori, d’antisémitisme pour certains.

Chaque antisémite a son bon Juif, c’était le cas pendant la période de la Shoah, mais cela n’a pas changé puisqu’il y a des Juifs au Front national, tout comme à la gauche de la gauche. Chaque antisioniste a son bon Israélien, ceux que l’on invite lors de conférences ou sur les plateaux de télé comme Rony Brauman, Michel Warschawski, Shlomo Sand, Gilad Atzmon, Eyal Sivan, Gideon Levy, etc…

Les Juifs sont paranoïaques, c’est bien connu.

Il n’y a pas d’antisémitisme en France.

Toulouse, le tueur fou au scooter? Il avait plein de problèmes le pauvre, j’ai failli pleurer en entendant la mère et la soeur de Merah dans le documentaire diffusé par France 3 la semaine dernière où la famille du terroriste avait la part belle. Mais je suis rassuré quant à l’esprit démocratique qui règne à la télévision publique française : on y applique à la lettre la théorie du réalisateur Jean-Luc Godard pour lequel la véritable démocratie consiste à accorder 15 minutes d’antenne aux Juifs et 15 minutes à Hitler

Remarquez, pour leur bonne conscience, les pouvoirs publics organisent une commémoration avec de beaux discours.

Les oraisons funèbres à la mémoire des Juifs sont une mécanique bien huilée, pas vrai Ilan Halimi?

Il n’a pas d’antisémitisme à Bezons où la municipalité du Front de Gauche (ils ont si honte qu’ils ont retiré le mot communiste) a élevé cette semaine au rang de citoyen d’honneur Majdi Irhima Rimawi, un terroriste palestinien condamné à la prison à perpétuité en Israël pour avoir envoyé le commando ayant assassiné Rehavam Zeevi (Gandhi), le ministre du Tourisme du criminel Ariel Sharon. Un argument de plus pour justifier les actes du prochain «tueur fou».

Il n’y a pas d’antisémitisme à Lyon où on a découvert cette semaine une bombe factice devant un bâtiment culturel juif.

Il n’y a pas d’antisémitisme en Belgique.

La semaine dernière était organisé par la section du parti socialiste de Molenbeek (Bruxelles-Capitale) un débat intitulé : «Et si on parlait librement et sereinement du sionisme?» illustré par une affiche du caricaturiste négationniste Zéon dont vous pouvez «admirer» deux de ses «oeuvres sereines» accompagnant cet édito. Sans commentaire…

Il n’y a pas d’antisémitisme en Allemagne.

Pourtant, il y est aujourd’hui aussi fort qu’à l’époque de Hitler, selon Tuvia Tenenbom dont le livre, Allein unter Deutschen («seul parmi les Allemands»), suscite un vif débat. Il note l’antisémitisme primaire des Allemands d’origine turque et l’obsession des Allemands de souche pour lesquels 70% de l’argent dans le monde se trouve dans les mains des Juifs qui contrôlent Obama (si seulement c’était vrai !!!).

Il n’y a pas d’antisémitisme en Espagne où un étudiant sur deux refuse de s’assoir à côté d’un Juif.

Il n’y a pas d’antisémitisme aux Pays-Bas où pourtant de nombreux observateurs constatent que la haine des Juifs au pays d’Anne Frank a atteint le niveau qui était le sien avant la Shoah.

Il n’y a pas d’antisémitisme en Autriche où, 75 ans après l’Anschluss (12 mars 1938), 42% des Autrichiens sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle la vie «n’était pas si mal que ça sous les Nazis».

Il n’y a pas d’antisémtisme en Grèce bien que le parti Aube Dorée, dont le sigle directement inspiré de la croix gammée nazie, soit représenté au parlement où ses députés prononcent impunément des discours antisémites promettant «d’ouvrir les fours» et transformer les étrangers en abat-jours.

Bien sûr, il n’y a pas d’antisémitisme en Pologne, Hongrie et Roumanie…

Si la résurgence de l’antisémitisme et sa banalisation sous couvert d’antisionisme sont des phénomènes effectivement inquiétants, l’apathie des Juifs de la Diaspora et l’avenir qu’ils infligent à leurs enfants en faisant l’autruche, les rendent seuls responsables des risques qu’ils prennent en n’aboutissant pas à la seule conclusion qui s’impose : le retour à Sion.

Même le prétexte de la vie professionnelle ne tient plus. Grâce aux nouvelles technologies, on peut continuer sa carrière professionnelle tout en étant établi en Israël.

Cela me fait penser à ceux qui ont un patronyme d’origine juive et qui ne le sont pas. Les pauvres, souffrir d’antisémitisme alors qu’on n’est pas juif, c’est vraiment pas de chance.

Mais subir tous les aléas de la détestation d’Israël alors qu’on n’est «que juif», tant qu’à faire, vaut mieux habiter en Israël et profiter de tous les avantages de cet Etat où personne ne vous dira que vous n’êtes pas chez vous ou vous traitera de «sale Juif».

A moins de compter sur François (non, pas le successeur de Nicolas, mais l’autre avec la kippa blanche depuis mercredi soir) dont on nous dit qu’il est proche des Juifs…

Il est quatre choses que Dieu regrette d’avoir créées : l’une d’entre elles est l’exil (Soucca 52b).

A bon entendeur salut.

Commentaires

L’immigration juive en "Israël" en constante diminution

ABNA, le 15 mars 2013

Le bureau central israélien des statistiques vient de publier un rapport sur l’immigration "juive" en "Israël". Il confirme la réalité amère pour l’entité sioniste : l’immigration en "Israël" est toujours dans sa courbe descendante. Le nombre de ces immigrés est de 16,5 mille juifs, pour l’année 2012. Ce nombre contredit celui avancé par l’Agence juive sioniste : plus de 19,5 mille personnes.

Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis sept ans, les juifs viennent de moins en moins s’installer en "Israël", contrairement aux années quatre-vingt-dix. En ces années-là, la moyenne de cette immigration était quasiment de cent mille immigrants annuellement.

Le bureau a parlé du mouvement migratoire vers "Israël", mais il ne parle pas de ces juifs qui quittent "Israël". Leur nombre est estimé à 22 mille par an. La moitié de ce nombre retourne dans l’entité sioniste ; l’autre moitié n’y retourne pas, elle reste inscrite dans les dossiers des habitants.

Les listes de ceux qui ont le droit de voter en "Israël", pour les élections de janvier de cette année en cours, ont montré que 620 mille personnes, 11% du nombre total, sont des immigrés. En 2009, le taux était de 10%, ce qui montre que le mouvement migratoire est en baisse.

Les juifs venant s’installer en "Israël" vont souvent, souligne le rapport, habiter dans les villes riches ayant un niveau de vie élevé. Peu, surtout les immigrants venant des Etats-Unis, vont vivre dans la ville occupée d'Al-Quds (Jérusalem) et dans les colonies sionistes.

Le rapport ajoute que 7285 personnes, 44% des immigrants, en 2012, sont venues de l’ancienne Union Soviétique. 25% sont venus des Etats-Unis, 18,5% d’Ethiopie.

Le rapport montre aussi que 78% des immigrants ont plus de 18 ans et que la moyenne d’âge est de plus de 29 ans.

D’autres rapports publiés par des instituts sionistes confirment le problème auquel "Israël" fait face : 90% des juifs du monde préfèrent vivre dans leur pays où le niveau de vie est supérieur à celui d’"Israël".

Remarquons enfin qu’un expert croit que l’avenir est sombre pour "Israël", surtout lorsque les crises économiques seront résolues. Ceux qui y habitent le quittent, et ne viennent pas y habiter les juifs de l’extérieur.

Rapport publié par le bureau israélien des statistiques, le 4 mars 2013.

Écrit par : Rachid Z | 15 mars 2013

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