15 mars 2013

«L’honneur et la gloire du sionisme» Emile Vandervelde. (1866-1938)

«L’honneur et la gloire du sionisme»

Emile Vandervelde (PS) (1866-1938)

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Arnold Lagémi, le 11 mars 2013

Homme politique Belge. Député socialiste (1894) Président de la II Internationale 1900. Il fut notamment Ministre des Affaires Etrangères (1925-1927) et signa le Pacte de Locarno (1925).

«Ce que je veux souligner en ce moment, et ceci s'applique à toutes les colonies, c'est l'effort prodigieux accompli en quelques années, par ces hommes, qui étaient presque tous des citadins, dont beaucoup étaient des intellectuels,- avocats, médecins, professeurs,- pour se recréer une patrie en s'astreignant aux travaux les plus durs, en s'exposant aux risques d'un climat insalubre, en organisant le retour à la terre de travailleurs qui semblaient aussi peu faits que possible pour être des agriculteurs...

Pour des raisons diverses, qui seraient trop longues à dire, il serait incontestablement plus aisé, du point de vue économique, d'établir les Juifs de l'Europe Orientale en Argentine ou au Katanga.

Pour choisir la Palestine, il faut que des facteurs moraux interviennent. Mais, c'est l'honneur, et je le crois fermement, ce sera, un jour, la gloire du sionisme d'avoir compté sur ces facteurs moraux et de s'en être servi pour faire de grandes choses.»

A cette époque le Socialisme Européen était cet humanisme qui laisse encore ce goût de miel. Emile Vandervelde en faisait partie. Ce politicien Belge s'émerveille de la rapidité avec laquelle des citadins sont devenus des agriculteurs.

Le jeune Etat Juif avait-il le temps de négocier avec la réussite ? Soit, il réussissait en tout domaine ; soit l'insuffisance d'une seule pièce du puzzle précipitait tout l'édifice dans le Néant. La nécessité fait souvent loi ! Et là cette sagesse s'impose !

Toutefois, on ne pourra s'empêcher de se demander d'où cette génération puisait-elle la force ?

Car, cette même génération a connu la Nuit de Cristal, les humiliations, les arrestations, les déportations, les fours, le gaz. Elle témoigne que les Nations l'ont abandonnée et renvoyée à Hambourg sur l'Exodus ! Qu'en 1948, elle dut faire face à la coalition Arabe, sans l'aide de quiconque. Alors devenir agriculteur, quand on était citadin !

Que de pareils prodiges puissent impressionner, jusqu'à susciter envies et jalousie se comprend. Quand on n'a pas le choix, on surmonte ou l'on meurt !

Et le choix n'a pas, souvent, été proposé aux Juifs !!!

Commentaires

JUDAÏSME et SIONISME

Xavier F, le 14 mars 2013

«C'est le devoir des leaders israéliens d'expliquer à l'opinion publique, clairement et courageusement, un certain nombre de faits qui ont été oubliés avec le temps. Le premier est qu'il n'y a pas de sionisme, de colonisation ou d'État Juif sans l'éviction des Arabes et l'expropriation de leurs terres.» Yoram Bar Porath. Yediot Aharanot, 14 juillet 1972.

«Les accords d'Oslo sont très importants pour les Palestiniens puisque que c'est le seul document d'accord officiel qu'ils possèdent. Nous avons un autre document, un document beaucoup plus ancien... la Bible.» Ariel Sharon parlant lors une conférence à Washington, le 8 mai 1998.

NAISSANCE ET DU DEVELOPPEMENT DU SIONISME

On peut noter que tout particulièrement à ses débuts vers la fin du 19ème siècle Théodor Herzl, écrivain hongrois, auteur d’un livre " L’Etat Juif" fondateur du sionisme rasait les mûrs face aux communautés religieuses juives d’Europe centrale, qui si elles pouvaient psalmodier dans certaines de leurs imprécations « Demain à Jérusalem » trouvaient que les idées propagées par les sionistes étaient des idées « folles » et mêmes dangereuses pour les communautés juives dans la mesure où les peuples arabes risquaient de se révolter contre sa réalisation. Cette injonction avait pris avec le temps une dimension « spirituelle », eschatologique. En tout état de cause, il ne pouvait être question d’accomplir ce « Retour » par la violence et par l’expulsion des arabes habitant sur la terre de Palestine….

La très grande majorité des Juifs, surtout les Juifs croyants et pratiquants estimaient que les sionistes faisaient dela Torahune interprétation simpliste, littérale dangereuse pour l’avenir du judaïsme en tant que modèle moral et religieux pour les nations de la terre. Ils étaient bien conscients que le sionisme risquait d’entraîner les juifs dans une aventure comparable à celle des chrétiens dans les croisades dont eux et les arabes ont été les victimes. ..

Il faut aussi rappeler que la grande majorité des sionistes étaient à l’origine des juifs non croyants et non pratiquants, même agnostiques et communistes, ce qui ne faisaient qu’accentuer la méfiance de la communauté juive à leur égard. Mais ces « Pionniers » étaient bien conscients des intérêts que pouvaient représenter pour les juifs ce « Retour », en mobilisant, dans la bonne tradition coloniale du début du vingtième siècle, les juifs « pauvres » en vue de la réalisation de leur projet qui serait comme une revanche des persécutions dont les juifs ont été les victimes

Pour la plupart des Communautés juives, il était exclu que les Juifs aillent à la reconquête dela Terre Sainte », en se référant àla Bibledont les rabbins avaient fait, comme les théologiens chrétiens une interprétation herméneutique, c’est à dire une interprétation qui s’attache à la signification symbolique plus qu’à une interprétation littérale des textes sacrés.

Face à cette opposition formelle de la majorité des Communautés juives, au Congrès sioniste de Bâle en 1897 Théodor Herzl se contenta de parler de la création d’un « Foyer National Juif » et d’une « occupation pacifique » par le rachat de terres à de grands propriétaires arabes, rachats financés par le Fonds International mis en place ultérieurement…

Entre 1920 et 1936 l’immigration juive , quelques dizaines de milliers , s’est trouvée confrontée à une double résistance, bien sûr à celle des Palestiniens qui étaient chassés de leurs terres , dont ils étaient les métayers, vendues par des propriétaires arabes non résidents, mais aussi à celles de communautés juive de Palestine qui s’inquiétaient, à juste titre, des troubles causés par ces immigrants juifs qui érigeaient leurs kibboutzim en les entourant de fil barbelés et labouraient leurs terres le fusil sur l’épaule.

Avec l’a montée du nazisme, entre 1936 et 1945, quelques deux cents ou trois cents mille juifs se sont installés en Palestine d’une façon un peu moins agressive que les premiers colons et ont pu se caser en tant que réfugiés sans que cela pose trop de problèmes

A la fin de la guerre, le mouvement sioniste a mis le paquet pour réaliser son projet qui se résume en deux termes :

CONSTRUCTION DU GRAND ISRAËL dans ses frontières « bibliques », TRANSFERT ET EXPULSION DES ARABES dans la tradition biblique énoncé dans le Deutéronome

Aspects essentiels du projet sioniste

Aujourd’hui, quand certains « belles âmes » , nous font l’éloge du sionisme « primitif » , plus particulièrement de Ben Gourion et tombent à bras raccourcis sur les dirigeants actuels en les accusant d’avoir trahi l’idéal sioniste, ils se trompent ou nous trompent sur la finalité du projet sioniste qui est l’établissement d’un Etat juif sur l’ensemble dela Palestine

A tout seigneur tout honneur, Ben Gourion, le fondateur de l'Etat d'Israël écrivait, dans une lettre à son fils en 1936 : "Un Etat juif partiel n'est pas une fin, mais seulement un commencement. Je suis convaincu que l'on ne peut nous empêcher de nous établir dans les autres parties du pays et de la région." Et de préciser sa pensée au Conseil de Paalei Zion, futur Parti Travailliste, à Tel-Aviv en 1938 : "Les frontières des aspirations sionistes, incluent le Liban Sud, le sud de la Syrie, la Jordanie d'aujourd'hui, toute la Cisjordanie, et le Sinaï." Il importe de rappeler que après le vote du Plan de Partage par l’ONU, Ben Gourion a engagé Israël dans la guerre avec les pays arabes dans le but agrandir substantiellement l’Etat hébreu et d’en chasser les palestiniens conformément au projet sioniste tel qu’il est, on ne peut plus clairement exprimé Yosef Weitz, et il a, logiquement refusé en 1949 de céder une quelconque parcelle des territoires conquis par Israël en échange de la paix avec les pays arabes.

La guerre des « Six Jours » en 1967 devait être l’ultime étape du « Grand Israël » à laquelle, les dirigeants israéliens de Lévi Eshkol à Sharon se sont attelés avec constance et obstination dès les années 67 jusqu’à nos jours, et dont Yosef Weitz, « prophète sioniste » avait tracé les contours.

Yosef Weitz, chef du Service de colonisation de l'Agence juive, qui déclarait en 1940 : « Entre nous, il doit être bien clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce petit pays. Si les Arabes s’en vont, il sera libre et ouvert pour nous. Si les Arabes restent, le pays restera étriqué et misérable. Quand la guerre sera finie et que les Anglais l’auront, quand les juges siégeront sur le trône de la Loi, notre peuple doit présenter ses besoins et ses droits, et la seule solution est la Terre d’Israël, ou au moins la partie occidentale de la Terre d’Israël (c’est à dire la Palestine) sans les Arabes. Il n’y a pas de compromis possible sur ce point. Jusqu’ici l’entreprise sioniste a fait du bon travail en préparant la création de l’État hébreu. Jusqu’ici on pouvait se contenter « d’acquérir » des terres, mais ce n’est pas cela qui fondera l’État d’Israël. Cela doit se faire d’un seul coup comme la Rédemption.(c’est le secret de l’idée messianique) Et il n’y a pas d’autre moyen que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins… Nous n'atteindrons pas notre but s'il y a des Arabes dans ce petit pays. Il n'y a pas d'autre issue que de transférer les Palestiniens d'ici dans les pays avoisinants, de les transférer tous. Il ne doit pas rester un seul village, une seule tribu. Et il n’y a pas d’autre moyen que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins ; à l’exception peut-être de Bethléem, Nazareth et la vieille ville de Jérusalem, nous ne devons pas tolérer un seul village une seule tribu….La terre d’Israël n’est pas du tout petite, si seulement on la vide des Arabes et si on élargit un peu les frontières, au nord jusqu’au Litani, à l’est jusqu’aux hauteurs du Golan» ".

Quant au statut des Arabes restés dans la Terre d’Israël Uri Lubrani, conseiller spécial aux Affaires arabes du Premier ministre israélien David Ben Gourion , déclarait en 1960, reprenant ce qui est écrit dans le Deutéronome : "Nous réduirons la population arabe à une communauté de bûcherons et de serviteurs ».

Pour clore ce tour d’horizon non exhaustif mais bien significatif, Raphaël Eitan, chef d'état-major des Forces armées israéliennes en 1983, pouvait renchérir sans que cela choque beaucoup de monde :

"Nous déclarons ouvertement que les Arabes n'ont aucun droit à s'établir ne serait- ce que sur un centimètre d'Eretz Israël. Nous utiliserons la force extrême jusqu'à ce que les Palestiniens viennent à nos pieds en rampant. "(Gad Becker, " Yediot Aharanot ", 13 Avril 1983, New York Times, 14 Avril 1983)

Le même Eitan clarifia plus tard sa pensée en indiquant : "Lorsque nous aurons pacifié le pays, tout ce que les Arabes pourront faire ce sera de tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille. "

Moralité…..

Les "sionistes politiques" qu’ils soient de droite ou de gauche, possèdent une particularité qu'il y a lieu de bien intégrer dans nos esprits occidentaux : une continuité sans faille dans les discours qui se traduit dans les faits au quotidiens par la poursuite jamais interrompue de la colonisation

En conséquence seule la résistance armée du peuple de Palestine, son insistance à faire respecter le droit international aurait pu mettre un terme au rêve insensé rêve d’un Etat du peuple juif sur l’ensemble de la Palestine. Mais en toute logique politique, le renoncement à toute résistance, la signature des Accords d'Oslo" dans lesquels Israël a imposé ses conditions, ont été non seulement inopérants mais ont permis et permettront encore à Israël d’étendre ses colonies jusqu'à à son terme décidé, par les dirigeants israéliens!

LES ANTISIONISTES, juifs religieux contre la création d’Israël

Jusqu'à la "victoire miraculeuse de la guerre des Six Jours", les juifs antisioniste constituaient une communauté importante qui a fondue comme neige au soleil, mais nous avons quand même pu faire la découverte des juifs résolument antisionistes à travers une revue le TSEDEK, nous nous contenterons de citer cette profession de foi

« La Promesse de la Terre, selon les rabbins, doit s’accomplir par le Messie, miraculeusement et surnaturellement, sans armes et sans guerre, avec l’accord de toutes les nations intéressées. Je veux bien de la Promesse d’une Terre mais non d’une Terre arrosée du sang des pauvres et des innocents …. Je rejette l’Etat d’Israël – la souveraineté des hommes – parce que j’ai choisi la souveraineté de l’Eternel, qui seule est juste et peut être une source de bonheur et de paix pour l’humanité. Car comme l’a dit si bien Nicolas Berdiaeaeff, Dieu est humain, mais l’homme est inhumain ; et tout humanisme athée dégénère toujours et se métamorphose en antihumanisme. Comme nous le disons dans nos prières juives quotidiennes : « Nous n’avons pas d’autre souverain qui délivre et qui sauve que Toi l’Eternel ».L’Etat d’Israël, comme tout Etat, prétend le contraire, il contredit l’Eternel et le nie, c’est pourquoi je ne puis affirmer Dieu et ma foi juive sans lui dire : non… Les Etats Unis sont une nation agressive et exterminatrice de naissance, de nature. Comme Israël, dont les ancêtres ont déjà une première fois exterminé les peuples palestiniens – les cananéens – pour se constituer en nation et en Etat. Comme les Etats Unis nous n’avons acquis le droit à l’existence, que nation souveraine, qu’en supprimant ce droit à d’autres peuples. Après deux mille ans d’exil qui nous avaient purifié de ce crime national…. voici que nous recommençons de plus belle…. Les Palestiniens sont absolument innocents, ils paient les crimes et les fautes des Européens et des Occidentaux. Ils sont crucifiés pour les péchés, dont nous ne sommes pas exempts….» (Emmanuel LEVYNE Revue TSEDEK nov. 68)).

Écrit par : Rachid Z | 15 mars 2013

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