15 mars 2013

Deux ambassadeurs marocains en Europe menacés d'expulsion ?

Deux ambassadeurs marocains en Europe menacés d'expulsion ?

Par Ristel Edimo, le 14 mars 2013

Choqués d’avoir été refoulés du Maroc, quatre eurodéputés auraient réclamé l’expulsion de deux ambassadeurs marocains en Europe et estimeraient leur réaction adéquate à l’action de Rabat. Mais, jusqu'à présent, aucune dcélaration officielle du gouvernement marocain n'a été communiquée à ce sujet.

Après le refoulement le 6 mars dernier de quatre eurodéputés, l’on s’attendait bien à de nouveaux rebondissements. Ces députés auraient réclamé l’expulsion de l’ambassadeur du Maroc à Bruxelles, Samir Addahre, «ou au moins son interdiction d’accéder à tous les sites des institutions de l’Union européenne». C'est en tout cas ce que rapporte le site d'information Panoramaroc à partir d'un article du journal arabophone Assabah. Ils s’en seraient également pris au représentant du royaume auprès de l’UE, Alem Mnaouar, demandant qu’il soit déclaré persona non grata au parlement européen.

Réaction adéquate?

Pour rappel, les eurodéputés en question sont membres de l’«Intergroupe sur le Sahara occidental». Il s’agit de deux élus espagnols, dont l’un, Willy Meyer, est connu pour son soutien actif au Polisario, d’une Suédoise et d’un député slovène, Ico Vajgl, ancien ministre des Affaires étrangères de son pays. Ensemble, ils souhaitaient se rendre au Sahara dans le cadre d’une mission d’enquête sur la situation des droits de l’Homme. A leur arrivée à l’aéroport de Casablanca, ils ont été obligés de retourner en Europe.

Pourquoi s’en prennent-ils uniquement à Samir Adher et Alem Mnaouar ? En effet, c’est M. Addahre qui avait annoncé aux élus européens qu’ils n’étaient pas les bienvenus sur le sol marocain. Mais selon un élu espagnol, l’information leur est parvenue alors qu’ils étaient déjà dans l’avion. D'après Panoramaroc.ma, les quatre eurodéputés estimeraient que l’expulsion des deux diplomates marocains est «adéquate» à l’interdiction qui leur a été faite par le Maroc.

Silence radio du côté de Rabat

Pour Rabat, cette décision est «souveraine», avait fait savoir le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Mustapha El Khalfi. Jusqu’à présent, l’on ne sait à quel niveau se situe l’affaire. Il n’y a eu aucune déclaration officielle, tant du côté de l’ONU que des autorités marocaines. Jeudi après-midi, les éléments du ministère des Affaires étrangères ont refusé de se prononcer sur le sujet.

Néanmoins, le ministre des Affaires étrangères, Saad Dine El Othmani a reçu une autre demande pour une visite au Sahara. Cette fois, ce sont des membres du groupe de l'alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen qui veulent une enquête sur les droits de l’Homme. Mais Alem Mnaouar a pris les devants en leur signalant qu’ils ne sont pas les bienvenus.

Le gouvernement marocain souhaite que les visites des eurodéputés au Sahara soient effectuées par une délégation équilibrée du Parlement européen. C’est pour cette raison qu’il veut confier cette mission au groupe d’amitié parlementaire Maroc-UE.

Commentaires

Deux ambassadeurs marocains en poste en Europe menacés d’expulsion

PanororaMaroc, le 13 mars 2013

Les quatre députés européens qui avaient été interdits d’entrée sur le territoire marocain pour y mener une visite de provocation eu égard à leur proximité avec les thèses séparatistes du Polisario ont demandé l’expulsion de l’ambassadeur du Maroc à Bruxelles, Samir Adher, ou au moins son interdiction d’accéder à tous les sites des institutions de l’Union européenne. Cette réaction se veut une suite à la décision des autorités marocaines de leur interdire l’entrée dans le territoire. L’un des élus européens a même expliqué que « le Maroc joue avec le parlement européen, faisant les yeux doux à ses partisans parmi les députés de Strasbourg, et leur réservant un traitement privilégié ; mais, en revanche, il expulse et traite avec mépris tous ceux qui sont favorables aux thèses du Polisario ».

Les députés ont choisi d’adopter une position d’escalade, estimant que la réaction adéquate à l’interdiction qui leur a été faite par l’ambassadeur est d’empêcher ce dernier d’entrer à son tour au parlement de l’Europe. Les députés s’attaquent au diplomate car c’est lui qui leur a signifié la décision de Rabat de leur interdire l’accès à son territoire. L’ambassadeur avait expliqué cette décision des autorités marocaines par le fait que les députés n’avaient pas respecté la procédure en pareils cas et pour pareilles visites ; en effet, l’usage veut que ce soit la présidence du parlement européen qui se charge de la procédure administrative, ce qui a par ailleurs été reconnu par un député espagnol qui a affirmé que « le Maroc les avait avisés de sa décision une fois que les élus étaient déjà dans l’avion, et pas avant ». C’est pour cela que les députés ont demandé que le représentant du Maroc auprès de l’Union européenne, Alem Mnaouar, soit déclaré persona non grata au parlement européen.

Les élus ont donc augmenté la pression, à Bruxelles, contre l’ambassadeur marocain, afin d’amener le parlement à suivre leur ligne de conduite et leurs pairs à se joindre à leurs rangs. Les quatre députés européens se sont donc vu signifier leur expulsion dans leur avion même, à l’aéroport Mohammed V de Casablanca ; il s’agit de deux élus espagnols, dont l’un est connu pour son soutien actif et militant au Polisario, d’une Suédoise et d’un député slovène, ancien ministre des Affaires étrangères de son pays.

Pour leur part, les autorités marocaines ont considéré leur décision comme « souveraine », rappelant qu’il existe des procédures diplomatiques entre Rabat et Bruxelles pour organiser de telles visites. Les Européens ont donc été avisés à Casablanca, avant même de prendre leur avion pour Laâyoune, les autorités les ayant en conséquence empêchés de quitter l’enceinte de l’aérogare.

Selon des sources informées, les quatre députés, et en dépit du fait qu’ils avaient été prévenus de l’interdiction qui leur avait été faite de se rendre à Laâyoune, avant de prendre leur vol pour Casablanca, ont quand même pris l’avion pour Casablanca, ce qui montre bien leurs intentions douteuses, toujours selon les mêmes sources, surtout que tout cela se produit à l’approche de la date d’une nouvelle résolution de l’ONU concernant l’affaire du Sahara.

Écrit par : Rachid Z | 15 mars 2013

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