12 mars 2013

La double allégeance

La double allégeance

Chiourim, le 27 janvier 2011

La double allégeance a toujours été comme une épée de Damoclès sur la tète des personnalités juives de la Diaspora. Leur amour d’Israël peut-il être plus fort que leur loyauté envers leur patrie ?

La Yeshiva University de New-York vient d’envoyer 40 de ses étudiants en Israël pour une mission d’une semaine. Le but : rencontrer des personnalités de tous les milieux, religieux ou non, hommes politiques, nouveaux émigrants etc… pour comprendre comment les juifs de la Diaspora appréhendent la dualité de leur attachement à Israël et à leur «ancienne» patrie.

Ces futurs cadres d’organisations juives et leaders de leur communauté, se doivent de comprendre comment on peut s’intégrer en Israël, accepter un autre mode de vie voire de penser. Rav Kenneth Brander, doyen du Centre pour le Futur Juif, responsable du programme, pense que cette expérience est importante pour les étudiants qui doivent apprendre à construire un lien fort avec Israël. Cela devrait leur permettre de mieux appréhender certains problèmes aux quels ils devront faire face comme par exemple celui de la tolérance entre religieux et non religieux ou encore les écarts existants entre les lois juives et les valeurs démocratiques. Tout cela devra les aider à mieux guider leur future communauté.

D’autres missions sont prévues tout au long de l’année en Israël et dans le reste du monde afin de parfaire l’éducation de ces futurs leaders du monde juif.

Commentaires

L’ami juif, chronique de Drieu Godefridi

Philosémitisme, le 05 mars 2013

"Notre solidarité légale et morale avec les Juifs d’Europe doit être sans faille. Non pas en raison d’une prédilection subjective, d’une dette historique ou de je ne sais quel autre motif sentimental, mais par considération des exigences élémentaires de l’Etat de droit, l’un de nos derniers biens communs. Toute autre politique que la tolérance zéro, dans le domaine des agressions antisémites, quels que soient les cache-sexe absurdes qu’on prend de moins en moins la peine de leur donner, aurait à terme des effets délétères. Je suis Juif."

Cette chronique de Drieu Godefridi parue dans La Libre Belgique qui défend les Juifs européens est extrêmement rare en Belgique francophone. Elle est donc d'autant plus remarquable.

Qu’un consultant belge se fasse traiter d’"ordure sioniste" ("La Libre", 14 février) au prétexte d’une critique, plutôt grossière et maladroite, de la situation en Egypte n’étonne plus personne. Que son contempteur soit un député du Parlement bruxellois, à peine davantage. Tout cela est monnaie courante. L’information réside dans l’impunité dont jouit, au sein de son parti [Parti socialiste belge francophone], ce député, qui ne cesse de se féliciter publiquement de la justesse de son combat contre l’ordure sioniste. Quelle ironie que ce député soit l’un des héritiers politiques de Philippe Moureaux, "père" de la loi belge contre le racisme [1].

La probabilité pour un Juif, en France, de faire l’objet d’une agression physique à caractère raciste est deux cents fois supérieure à la probabilité qu’un musulman ne soit victime d’un acte comparable. Ces chiffres sont ceux du ministère français de l’Intérieur pour 2012, pondérés des volumes de populations estimés. En données brutes, pour 2012 : 175 agressions racistes contre des Juifs, 9 (neuf) agressions racistes contre des musulmans (source : Europe1, 20 février 2013).

Le cas Mohamed Merah n’est que la version paroxystique d’un phénomène qui, en Europe, monte en gamme. En doutez-vous ? Entrez "juif" sur le réseau social Twitter, et bienvenue dans la réalité. La plupart de ces agressions ne s’embarrassent d’aucun motif: le Juif est agressé parce qu’il est juif, et cette circonstance se suffit à elle-même.

Lorsque des "arguments" sont avancés, ils s’articulent au poncif de la "double allégeance" supposée de tout Juif. La double allégeance est l’idée qu’un Juif peut être citoyen d’un Etat x ou y mais que, toujours, il reste viscéralement solidaire d’un autre État : Israël. La double allégeance relève du concept de responsabilité collective qui dénote, comme le notait Sartre dans ses "Réflexions sur la question juive", un sens primitif des responsabilités. Ainsi la double allégeance permet-elle de traiter un Européen juif comme un soldat de Tsahal (l’armée d’Israël), en tout cas un complice. L’abattre devient légitime, mieux : son humiliation est une revanche sur les souffrances du peuple palestinien.

Il n’est pas jusqu’au royaume des lettres qui ne voit se lever une légion d’intellectuels ne faisant guère mystère de l’hostilité que leur inspirent les "sionistes" en général et les intellectuels juifs français en particulier. Qu’un intellectuel juif se hasarde à évoquer les intérêts légitimes d’Israël, et son horizon se barre, sur les réseaux sociaux, d’un tsunami de messages haineux dénonçant, au mieux, sa double allégeance.

Il n’aura échappé à personne que cette pensée est celle de la guerre civile. S’en prendre à des innocents - souvent des enfants, des adolescents - au prétexte allégeance supposée, est une pensée de l’ennemi objectif, de type schmittien, qui est de nature à menacer la stabilité de tout Etat démocratique. Car, tôt au tard, l’agressé devient agresseur - les Juifs sont assez nombreux, notamment en France, pour ne pas se résoudre à l’agression sans broncher -, et s’enclenche une mécanique démoniaque.

Notre solidarité légale et morale avec les Juifs d’Europe doit être sans faille. Non pas en raison d’une prédilection subjective, d’une dette historique ou de je ne sais quel autre motif sentimental, mais par considération des exigences élémentaires de l’Etat de droit, l’un de nos derniers biens communs. Toute autre politique que la tolérance zéro, dans le domaine des agressions antisémites, quels que soient les cache-sexe absurdes qu’on prend de moins en moins la peine de leur donner, aurait à terme des effets délétères. Je suis Juif.

[1] Philippe Moureaux, avait déclaré en 2009: ‏"A 20 ans, quand j'étais marxiste, je n'étais pas un grand partisan du droit à la différence. J'ai évolué. Et ce qui m'a fait basculer, ce sont précisément les conversations que j'ai eues avec des représentants de la communauté juive. Cela m'attriste, aujourd'hui, de les [les Juifs] voir refuser ce droit à la différence pour les musulmans."

Écrit par : Rachid Z | 12 mars 2013

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Non, non et non! Pas de récompense pour les traîtres !

Dora Marrache, le 03 décembre 2012

C’est le 10 décembre prochain que le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault remettra, lors d’une cérémonie, le « Prix des Droits de l’Homme de la République Française ».

Ce prix, assorti d’une récompense de 75 000 euros, est décerné par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), organisme relié au Premier ministre .

Il sera remis à 5 organisations, et est destiné à « récompenser des actions individuelles ou collectives de terrain sans considération de frontières ou de nationalité, menées en France ou à l’étranger » sur les thèmes de « la lutte contre l’impunité » ou les « droits économiques, sociaux et développement durable ».

Même si le choix des 5 lauréats n’est pas encore définitif, même si officiellement le nom des lauréats n’a pas été dévoilé, on sait d’ores et déjà que l’un d’eux fait polémique : il s’agit de l’AIC (Centre d’Information alternative), un organisme binational israélo-palestinien, fondée en 84 et basé en Cisjordanie et à Jérusalem. C’est en réalité à son cofondateur, Michel Warschawski, que revient le prix.

Qui est cet homme ?

Né à Strasbourg en 49, il est le fils de Max Warschawski, Grand Rabbin du Bas-Rhin, et d’une femme appartenant à une vieille famille judéo-alsacienne. Amoureux inconditionnel d’Israël et de son peuple, son père a milité longtemps en faveur des droits de l’homme.

Arrivé en Israël en 65 pour des études talmudiques, le fils rejoint en 67 le Matzpen, une organisation communiste-trotskyste israélienne qui rejette l’État juif et le sionisme, prône un État binational et lutte pour la libération de la « Palestine » en apportant son soutien au FPLP.

Depuis, Warschawski, tout comme son épouse Leah Tsemel, spécialiste de la défense des prisonniers palestiniens, peut être considéré comme le collaborateur juif idéal pour défendre la cause palestinienne.

Militant antisioniste radical, journaliste et écrivain, il considère qu’il est un des rares en France à se mériter le titre d’intellectuel, car il a choisi la dissidence et le combat, contrairement à BHL et à André Gluscksmann qui, à ses yeux, n’ont jamais fait preuve d’une idée nouvelle et qui ne méritent nullement ce titre.

Il revendique haut et fort son identité juive, identité sans laquelle bien évidemment on ne prêterait pas l’oreille aux propos et aux déclarations qu’il tient, on l’accuserait d’antisémitisme.

Mais il est sans l’ombre d’un doute assez intelligent pour se rendre compte qu’il est l’idiot utile de toutes les organisations antisionistes et des Arabes qui le présentent comme un militant israélien pacifiste antisioniste, un homme qui se bat « pour la paix et pour l’honneur ».

Quand un Arabe a le malheur de prendre position en faveur d’Israël, ou a tout le moins de dire tout haut certaines vérités, il est qualifié de traître, il court le risque de voir sa tête mise à prix, voire d’être lapidé… Quand un Juif prend fait et cause pour les Palestiniens et qu’il se comporte en détracteur d’Israël, il est considéré comme un militant pacifiste, un homme intelligent, lucide, humain, etc., bref, les épithètes les plus positives sont accolées à son nom.
Or il n’échappe à personne que le futur récipiendaire du Prix des Droits de l’homme ne se bat que pour lui, qu’il est assoiffé d’honneurs et que, comme son alter ego Stéphane Hessel, il n’est qu’un opportuniste, un renégat qui fait du tort à sa famille, à son peuple, à son pays.

Mais on ne pourra pas accuser la France d’antisémitisme, elle a choisi d’honorer un Juif ! Il faut dire qu’il n’est ni le premier ni le dernier juif antijuif a être hissé au rang d’icône : avant lui, nous avons eu Shlomo Sand et Hessel, pour ne citer que ces deux noms.

Pourquoi ce choix ? Qu’a donc fait Michel Warschawski pour mériter ce prix ?

Disons d’ores et déjà que si le cofondateur de l’AIC n’avait pas été juif, il est fort à parier que ce prix ne lui aurait jamais été attribué, qu’il n’aurait eu aucune chance de voir son nom figurer sur la liste des lauréats.

Oui, mais voilà, il s’appelle Michael Warschawski, surnommé Mikado. Il est juif et, de surcroît, israélien. Et c’est en Israël qu’il vit, c’est dans ce pays qu’il abhorre qu’il gagne sa vie ! Et oui, c’est ce qu’on appelle la liberté d’expression, une liberté dont il use et abuse, et qui lui permet non seulement de s’enrichir, mais aussi d’être adoré de tous les ennemis d’Israël. Honni de son peuple, il est adoré de ceux qui veulent la fin de l’État juif, car il partage aveuglément toutes leurs idées.

Comme le Prix des Droits de l’homme est censé récompenser ceux qui se sont distingués entre autres par leur « lutte contre l’impunité », on pourrait penser qu’on songe à le lui remettre pour son implication dans la lutte contre le régime syrien, ou encore pour sa défense des droits de l’homme en Iran, ou encore pour sa lutte contre les dictateurs, contre les terroristes et les pays qui les hébergent.

Nenni, point du tout !

D’ailleurs à ceux qui se posent des questions sur l’Iran, Michel nous fournit la réponse la plus “censée” qui soit : selon lui, l’Iran ne se bat pas contre Israël, « ce n’est pas du tout son objectif. Mahmoud Ahmadinejad veut assoir la place de l’Iran comme puissance incontournable dans la région ». N’est-ce donc pas tout à son honneur?

Selon Warschawski, Israël n’a rien à craindre du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Il ne représente nullement un danger pour Israël, et ses déclarations ne sont rien d’autre que des « fanfaronnades, des déclarations parfois stupides » qu’on aurait tort de prendre pour monnaie comptant.

Le danger, pour Warschawski, ce n’est pas l’Iran : le danger au Moyen-Orient, c’est Israël! Et ce contre quoi lutte ce fervent détracteur de l’État juif – son pays- c’est l’impunité d’Israël.

On comprend dès lors qu’il faille le récompenser pour sa contribution à la cause palestinienne qui se traduit par sa lutte contre l’impunité dont jouit Israël!

- La raison officielle pour ce prix ?

Il a fondé l’AIC, le Centre d’information alternative, une organisation israélienne communiste trotskyste, à laquelle adhèrent des mouvements israéliens dits « pacifistes », ainsi que des organisations palestiniennes.
D’ailleurs, le prix est censé reconnaître l’action de l’AIC visant à «montrer l’impunité israélienne dans les territoires dits palestiniens et à promouvoir la responsabilisation de l’armée israélienne et la violence des israéliens habitant la Judée-Samarie ».

En honorant le fondateur de cet organisme, un antisioniste notoire, la France, une fois de plus montre son vrai visage : elle prend fait et cause pour les Palestiniens et, par conséquent, elle soutient le terrorisme. Comme le dit Warschawski, même si l’AIC «n’a jamais mené son action dans le but de recevoir des prix », avec « cette reconnaissance institutionnelle prestigieuse de l’action de l’AIC (…), la France fait preuve d’une compréhension de la nécessité de mettre fin à l’occupation par Israël du territoire palestinien, conformément au droit international ».

À moins qu’elle ne l’ait choisi précisément parce qu’il lui a reproché son « manque de volonté politique, de collusion avec Israël ». Heureusement qu’il y a collusion avec l’État juif ! Que serait-ce alors dans le cas contraire ?

À partir du rôle qu’est censé jouer l’AIC, on peut déduire les vraies raisons de ce choix.

- Les vraies raisons ?

Elles sont dans choix de son sujet d’indignation, dans la conception qu’il se fait du sionisme, dans sa vision du conflit israélo-palestinien et dans les solutions qu’il suggère.

1. Le choix de son sujet d’indignation : le sort des Palestiniens, un choix qui lui vaut évidemment la sympathie du monde. Cet homme, qui se réclame de Stéphane Hessel, prend fait et cause pour les Palestiniens, il a même apporté son soutien au Front populaire de libération de la Palestine -un mouvement terroriste pour lequel il a imprimé des tracts – ce qui lui a valu 30 mois de prison en 89 pour « prestation de services à des organisations palestiniennes illégales ». Et parallèlement, il lutte avec acharnement contre son propre pays. Il pourrait reprendre à son compte la déclaration de Hessel « Aujourd’hui ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Ce conflit est la source même d’une indignation.”

N’est-il donc pas dès lors tout à fait normal que la France, le Pays des Droits de l’homme, ait choisi d’honorer un homme qui, comme le désormais très célèbre Stéphane Hessel, a fait de la cause palestinienne son cheval de bataille ?

- Le corollaire de ce choix : un antisionisme porté à son paroxysme et d’une virulence que doivent lui envier même les plus antisionistes de la planète. Car en matière d’antisionisme, je doute qu’on puisse faire mieux que certains juifs.
Ainsi, il multiplie les déclarations scandaleuses pour attaquer du mieux qu’il peut sa patrie, des déclarations du type : « Israël a besoin d’un ennemi. Il doit être en état de guerre permanent. Sans beaucoup d’exagération, Israël n’existe que par la guerre. Israël n’est soutenu par les États-Unis (3,5 milliards $ par an) que parce qu’il joue un rôle militaire dans la région. La pire catastrophe qui puisse arriver à Israël, c’est qu’il n’y ait pas de guerre, qu’il n’y ait pas d’ennemi, pas de menace. Il s’agit donc toujours d’identifier une nouvelle menace. »

Cette déclaration, qui aurait dû suffire à l’éliminer de la liste des lauréats potentiels, lui vaut au contraire la sympathie et les éloges de tous les antijuifs.

Qui oserait contester le choix de ce monsieur pour le Prix des Droits de l’homme de la République ? Il mérite bien ce prix, ne fût-ce que pour sa définition du sionisme dont je veux reproduire ici quelques extraits, et qui lui vaut, cela va de soi, les éloges de tous les anti-juifs de la terre.

2. Sa définition du sionisme « Comme tout autre mouvement colonial, le sionisme est, dans sa nature même, unilatéral : le sort et les droits des autochtones n’ont aucune importance dans la réalisation du projet colonial. En tant que projet visant à la création d’un Etat juif – dans le sens démographique du concept, c’est-à-dire composé, autant que possible seulement de juifs – le sionisme combine des dimensions de nettoyage ethnique et d’apartheid ».

C’est donc à un homme connu pour ses prises de position farouchement antisionistes que sera remis ce prix tant convoité.

3. Sa vision du conflit israélo-palestinien : Dans sa lutte contre l’impunité d’Israël, Warschawski ose innocenter les Palestiniens et affirmer haut et fort que ce sont les bombardements quotidiens de son peuple sur Gaza qui sont la cause de l’Opération « Plomb durci » ! « Ce sont les bombardements quotidiens de l’artillerie israélienne et les dizaines de morts palestiniens, dont une majorité de civils et de nombreux enfants, qui ont poussé ces militants palestiniens à rompre la trêve déclarée par les principales organisations palestiniennes et scrupuleusement respectée par ces dernières depuis plus d’un an ».

Et pour faire entendre sa voix, il ne cesse de crier son horreur, son indignation devant les bombardements sur Gaza. Il parle du « déchaînement de violence mise en œuvre dans la Bande de Gaza », de « L’attaque spectaculaire contre Gaza », du « Massacre à Gaza », de « bombardements systématiques d’Israël, d’ « une guerre globale de recolonisation », etc.
Mais jamais un mot sur les bombardements en Syrie. S’il est très critique vis-à-vis du gouvernement israélien, si pour lui tout est noir, en revanche c’est avec des lunettes roses que Warschawski voit le Hamas et les Palestiniens.

S’il veut bien admettre à la rigueur que « toutes les guerres sont barbares », il reste que la guerre d’Israël contre les Palestiniens est, à ses yeux, ce que l’on fait de mieux en termes de barbarie : « la guerre israélienne dans les Territoires palestiniens occupés (et son contexte plus large, la guerre préventive sans fin contre le terrorisme) représente, dit-il, une nouvelle étape de la barbarie moderne. »

Et il n’hésite pas à employer des termes que ne lui pardonneront certainement pas tous les survivants de l’Holocauste : « Bien que le terme de « génocide » ne soit pas approprié, écrit-il, on peut adopter celui de « sociocide » du professeur Salah Abdel Jawad, de l’université Bir Zeid, ou le concept de « politicide » d’un sociologue israélien ».

Palestiniens et Israéliens sont, à ses yeux, dans un rapport dominant/dominé. Les premiers sont les « colonisés », les agressés, les « dominés », alors qu’ils n’aspirent qu’à « à la coexistence qui (leur) permettrait d’être chez eux dans l’ensemble de leur patrie historique… », (c’est nous qui soulignons) ; les seconds, les colonisateurs, les dominateurs, les agresseurs.

Et si certains se posent des questions quant à la vraie raison de ce conflit, qu’ils sachent donc que, selon Michael Warschawski le problème n’en est pas un de coexistence, de voisinage, encore moins de haine. Non ! La raison de ce conflit, elle est toute simple, elle est dans ce propos délirant qu’il a tenu : il s’agirait, pour les Israéliens, « de punir les Palestiniens du seul fait qu’ils continuent à exister ».

Alors, comment ne pas remettre un prix à cet idiot utile qui se démène pour imposer une vision du conflit très éloignée de la réalité, mais ô combien satisfaisante pour tous les anti-juifs ?

Comment ne pas honorer un Juif israélien qui se pose en ennemi de « la barbarie » israélienne ?

4. La solution ? Punir Israël ! Warschawski se dit révolté de constater que l’État juif peut être coupable de crimes contre l’humanité et rester impuni. « Inutile de dire que tous ces crimes, dont certains sont qualifiés de crimes contre l’humanité par Human Rights Watch, ne provoquent aucune sanction, ni même protestation par la prétendue communauté internationale. L’impunité pour les barbares est la nouvelle norme, de l’Iraq jusqu’à Gaza ».

Il considère que l’Union européenne rend ainsi un très mauvais service à Israël, il lui reproche d’être non seulement complaisante vis-à-vis d’Israël, « malgré les massacres, malgré la colonisation, malgré le refus de négocier quoi que ce soit », mais aussi reconnaissante puisqu’elle a rehaussé le statut d’Israël dans les institutions européennes : « Non seulement, il n’y a pas de sanctions, mais on donne une reconnaissance, un bonus à Israël. ». Permettons-nous de répliquer : Que serait-ce alors si elle ne l’était pas ?

Warschawski demande donc que des sanctions soient prises contre Israël : « Je crois que les sanctions, cela permet parfois d’ouvrir les yeux et de réaliser que nous sommes dans le gouffre. »

Certes, il y a le mouvement BDS, un mouvement qu’il soutient bien que celui-ci soit interdit par la loi française !
Et il n’est pas le seul, d’autres citoyens juifs (l’historien israélien Neve Gordon, le docteur Ilan Pappe exilé en Israël, Avraham Burg, Naomi Klein, Yael Lerer, etc.), mais aussi des associations juives, en font autant, sans parler de la gauche et des syndicats de tous les pays.

Mais pour Warschawski, le BDS est une sanction qu’il juge insuffisante. La véritable sanction, celle qu’il souhaite voir adoptée par la communauté internationale : la délégitimation de l’État juif.

En fait, indépendamment de la raison officielle, je suis portée à croire que la vraie raison de ce « couronnement » n’est nulle autre que la remise en question de l’État juif. Remise en question qu’il n’a pas hésité à faire dès 67 : « Il n’était pas question alors de créer deux États mais de former une Palestine où cohabiteraient deux communautés, deux groupes nationaux égaux ».

Et aujourd’hui, ses prises de position, loin de s’assouplir, ont gagné en violence, et il est plus que jamais opposé à l’idée de deux États.

Il considère toujours que la solution passe par la création d’un seul État : « Je dirais presque qu’il faut agir avec la même logique que Matzpen il y a 40 ou 50 ans. Et d’abord lutter contre la philosophie de la séparation ».

Qui plus est, dans cet État qu’il veut binational, le Droit au retour des Palestiniens s’appliquera avec pour conséquence, même si Warschawski ne le dit pas ouvertement, l’éradication pure et simple de l’État juif : « Je ne vois pas aujourd’hui quel leader palestinien pourrait faire accepter un compromis aussi douloureux, faire abandonner le droit des réfugiés à rentrer vivre dans leur pays. C’est la clef du problème, je pense qu’on est très loin d’une solution ».

Et il passe sous silence les 900 000 Juifs qui, persécutés dans les pays arabes, sont partis en abandonnant tout derrière eux.

Alors, rien d’étonnant si le pays dit des Droits de l’Homme envisage d’honorer l’homme pour qui Israël est une « anomalie de l’Histoire ».

Conclusion

Une première constatation s’impose : la guerre contre Israël prend effectivement différents visages dont certains ne sont pas toujours évidents. Le terrorisme est évidemment la forme de guerre qui n’échappe à personne. Mais le boycott est assurément une arme puissante, tout comme les manifestations contre l’État juif aussitôt que celui-ci « se permet » de recourir à l’auto-défense. Et bien sûr, des actions comme celle que la France va poser le 10 décembre font partie de l’arsenal de guerre contre Israël.

Car honorer Warschawski, c’est honorer un terroriste dont les armes sont les mots. Et les mots ont un pouvoir infiniment plus destructeur que les armes. C’est à se demander si ce prix n’est pas attribué à celui qui ose afficher le degré de haine le plus élevé pour l’État juif ! En honorant un Juif israélien qui prône la haine d’Israël, le gouvernement français encourage la propagation de cette haine.

En même temps, force est de constater que si, comme on le dit, « Les renégats sont également méprisés dans les deux partis », ce n’est pas le cas des renégats israéliens qui sont portés aux nues, hissés au rang d’idole, accueillis en héros par les ennemis de leur pays. Peut-être sont-ils l’exception qui confirme la règle.

Une autre constatation : l’incohérence du gouvernement français. D’une part, il dit vouloir faire du combat contre l’antisémitisme une cause nationale et, d’autre part, du même souffle, il choisit de récompenser une organisation d’obédience communiste, donc il va sans dire anti-israélienne, pour ne pas dire une organisation terroriste dans la mesure où elle prône l’État unique, donc la fin de l’État juif. Et dire que la France se veut par essence le pays des droits de l’homme !

Autre incohérence, et non des moindres: Alors que l’ex-sénatrice, Alima Boumédiene-Thiéry, qui avait invité les clients d’un centre commercial à boycotter les produis israéliens, s’est vu refuser son inscription au barreau du Val d’Oise pour « pour militantisme contraire à l’honneur, à la probité, aux bonnes mœurs », le gouvernement honore un militant antisioniste qui viole la loi française sur le boycott. D’une certaine manière, la France encourage les citoyens à violer les lois. Aujourd’hui, certains lancent des appels à « la discrimination raciale, nationale ou religieuse », même si c’est un crime. Et demain ?

Il faut le dire, cette décision du chef du gouvernement français est on ne peut plus scandaleuse, et tranche nettement avec l’accueil réservé par le président français à Benjamin Netanyahou. Serait-ce que les belles paroles de François Hollande n’étaient que de la poudre aux yeux ?

Que la France veuille honorer un traître, c’est son droit, nous ne saurions le lui contester. En revanche, tout comme le gouvernement israélien ne se mêle jamais des affaires de la France, il serait bon que ce pays veuille bien traiter Israël comme un « pays » à part entière, et non comme une de ses colonies.

Quant à Warschawski, je m’adresse à lui en m’inspirant d’un article qu’il a écrit en 2009 pour lui dire : vous n’avez le droit de parler ni au nom des Israéliens ni au nom des Juifs

« Non, non et non! Pas en leur nom, pas en notre nom ! »

Vous n’êtes pas une « autre voix juive», vous êtes une voix juive traître à son pays, et nous ne vous donnons pas le droit de parler au nom des Juifs ni au nom de vos compatriotes, encore moins au nom de tous les martyrs juifs morts pour que ce peuple errant ait enfin un pays. « Votre voix n’est rien d’autre que les vociférations bestiales millénaires des assassins de nos ancêtres. »

Vous n’avez pas le droit de nous embarquer dans votre entreprise de traîtrise !

Non, Monsieur Warschawski, pas au nom des Israéliens, pas au nom des Juifs.

Incapable de vous hisser au rang de vos coreligionnaires dont les noms brillent dans l’histoire du Nobel, vous avez choisi d’inonder votre pays de propos venimeux.

Combien sont-ils à partager votre point de vue, à briller par leur anti-israélisme ? Une poignée de gauchistes renégats, comme vous en mal de célébrité, et qui, pour se faire un nom, ont choisi d’être solidaires des Palestiniens, donc d’approuver le lancement de roquettes sur les villes du sud d’Israël et l’idée d’un État unique.

Certes, vos déclarations ont beaucoup plus de poids auprès des ennemis d’Israël que celles des antisionistes non-juifs puisque, en tant que Juif, on ne peut vous accuser d’antisémitisme.

Mais un Juif comme vous n’est même pas un « self hating jew », il renie en réalité son identité juive, il est dans l’attente d’en embrasser une autre. Vous n’êtes juif que par le nom que vous portez, votre présence en Israël est purement accidentelle, et je ne comprends pas que vous continuiez à vivre dans ce pays que vous haïssez tant.

Vous demandez des sanctions contre Israël. Je réplique : À quand des sanctions contre les traîtres? Car traître, vous l’êtes, et j’ajouterai dans le sens le plus grave du terme, puisque le traître est celui qui « ne respecte pas ses engagements de loyauté, en général envers le pays dont il détient la citoyenneté ». Vous êtes un « collabo », et vous n’avez même pas l’excuse d’avoir choisi de pactiser avec l’ennemi pour sauver votre vie, comme ce fut le cas de ceux de la Deuxième Guerre. D’autres, dans l’histoire, ont été subi des peines sévères, pourquoi pas vous ?

Vous osez dire que « La pire catastrophe qui puisse arriver à Israël, c’est qu’il n’y ait pas de guerre, qu’il n’y ait pas d’ennemi, pas de menace ».

Permettez-moi de conclure en vous disant que la pire catastrophe qui puisse arriver à Israël serait d’être gouverné par des gauchistes, des traîtres comme vous qui, pour se faire bien voir de la communauté internationale et des Arabes, se plieraient à toutes les exigences des Palestiniens à commencer par celle qui figure dans la Charte du Hamas: l’extermination du peuple juif. Donc de votre peuple ! Mais ce jour n’arrivera jamais, Monsieur Warschawski !

Écrit par : Rachid Z | 12 mars 2013

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