12 mars 2013

David Pujadas, pourfendeur d’un «islam» imaginaire

David Pujadas, pourfendeur d’un «islam» imaginaire

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Par Thomas Deltombe, le 12 mars 2013

«La presse écrite se prête plus facilement aux bidonnages. Le système des citations anonymes rend le mensonge ou le petit arrangement difficile à déceler. C’est plus rare à la télévision.» David PUJADAS, 2009.

David Pujadas, présentateur depuis 2001 du journal de 20 heures de France 2, a publié en février 2013 un nouveau livre : Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Islam et République. Il s’agit d’un livre d’entretien avec l’«imam» Hassan Chalghoumi, particulièrement choyé par les élites françaises. La quatrième de couverture mérite son pesant de clichés sensationnalistes :

«Il aura fallu les évènements tragiques du printemps 2012 de Montauban et Toulouse et l’arrestation récente d’un groupe d’islamistes prêts à mener des actions terroristes pour que les responsables politiques, les médias et l’opinion publique prennent conscience de la dérive criminelle et suicidaire de jeunes musulmans - parfois des convertis - qui les mènent de la délinquance à l’exaltation religieuse et au crime gratuit. Pourtant, les avertissements n’ont pas manqué et, depuis des années, l’imam de Drancy, Hassan Chalghoumi, avertit des dangers de la montée des communautarismes, de l’intégrisme musulman, de l’influence des fanatiques. Est-il déjà trop tard ? Comment éviter, par exemple, la prise en otage des consciences des prisonniers musulmans par des faux imams ? Dans ce dialogue sans concession avec David Pujadas, ce qui est prôné, c’est avant tout le retour aux valeurs d’une République laïque

À regarder les choses naïvement, on pourrait croire à la fable : un grand journaliste se met, humblement, au service d’un petit imam de banlieue pour l’aider à porter, seul contre tous, la voix de la résistance depuis l’«intérieur de l’islam» contre les dangereux islamistes. En réalité, c’est tout l’inverse : le grand journaliste se sert du petit imam comme d’un marchepied pour poursuivre, de concert avec l’ensemble des autres barons médiatiques et sur le mode désormais classique du déni préventif («Je ne suis pas islamophobe, j’ai un ami musulman»), l’interminable croisade que nos élites médiatiques et politiques mènent depuis plus de deux décennies contre un «islam imaginaire», à la fois fantasmé et manichéen.

Car en la matière, David Pujadas n’en est pas à son coup d’essai, ni à son premier livre. Il y a dix-huit déjà, il publiait un ouvrage, La Tentation du jihad, dans lequel il racontait avec son co-auteur «Ahmed Salam» (pseudonyme d’Amirouche Laïdi, dont on reparlera plus loin) à peu près la même chose, «avant qu’il ne soit trop tard» : que la France était gangrenée par l’«islam radical» des banlieues, que les valeurs de la République étaient en danger, qu’il fallait construire d’urgence un «islam de France» compatible avec les valeurs de la République, etc. Si ce livre, publié juste après les attentats en France revendiqués par les groupes islamiques armés (GIA) algériens, est alors passé inaperçu - Pujadas n’étant encore qu’un modeste présentateur de télévision -, il apparaît a posteriori comme un des éléments d’une entreprise inaugurale de désinformation sur l’islam conduite par TF1 entre 1993 et 1995, main dans la main avec le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua. Un des principaux vecteurs de ce travail d’intoxication, car on peut difficilement le qualifier autrement, était la très influente émission «Le Droit de savoir», alors pilotée par Charles Villeneuve…

La suite : Les Indigènes de la République

12:31 Écrit par Rachid Z dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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