11 mars 2013

Massacres en Syrie : Huda TV

Massacres en Syrie

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Le mufti Hassoun : La Syrie va à la victoire… L'armée syrienne est responsable de la protection de la patrie

SANA, le 10 mars 2013

Le mufti de la République Ahmad Badreddine Hassoun, a affirmé que la Syrie est menacée aujourd'hui par les pays qui ont plus de technologie à travers le monde, les cousins et les parents proches qui éprouvent de la jalousie et de la haine à son encontre, car elle constitue l'exemple qui reste pour la nation civilisée qui fait de la diversité une richesse et du pluralisme une force, affirmant que la Syrie va à la victoire pour devenir un exemple à suivre par le monde arabe et musulman et un modèle parmi ses fils dans l'affection, la diversité et le bien.

Dans une interview à la télévision syrienne faite la nuit dernière, le mufti Hassoun a indiqué que l'offensive contre la Syrie vise son histoire religieuse et son identité.

Hassoun a ajouté que la Syrie est caractérisée par la racine historique et religieuse qui comprenait toute racine religieuse dans le monde caractérisée par la compréhension de l'universalité de la religion et non pas de son confessionnalisme, soulignant que les médias soi-disant religieux cherchent à semer la discorde et le sectarisme religieux en Syrie.

Le mufti Hassoun a souligné que l'armée arabe syrienne est l'armée de la nation et qu'elle est chargée de protéger la patrie et défendre les deux nations arabe et islamique et non pas une armée qui appartient à une personne, à un parti ou à une secte comme propagé par des chaînes tendancieuses partenaires de l'effusion du sang syrien.

Hassoun a appelé toutes les mères et les pères dans la patrie à inciter leurs fils pour rejoindre les rangs de l'armée arabe syrienne afin de protéger et de défendre la Syrie face à la conspiration universelle qui vise sa terre, son peuple et ses institutions.

Le Mufti de la république: Le rôle des jeunes est essentiel dans l'édification de la Syrie civile et la non exploitation de la religion à des fins politiques

Sur un autre plan, le Mufti Hassoun a mis l'accent sur l'importance du rôle des jeunes dans l'édification de la Syrie civile et sur la nécessité de ne pas se servir de la religion à des fins politiques.

Rencontrant les volontaires participant à l'atelier de formation sociale, organisé par l'union nationale des étudiants de Syrie, Dr Hassoun a invité les jeunes à défendre, côte à côte avec l'armée arabe syrienne, la souveraineté et l'indépendance de la patrie, affirmant que ce qui se passe, actuellement, en Syrie est un suivi du projet sioniste commencé en 1948 (occupation de Palestine), et indiqué que le plus grand bénéficiaire de cette conspiration est l'entité sioniste.

Dr Hassoun a indiqué que le ciblage de la Syrie, terre des messages célestes, est un ciblage des deux nations arabe et islamique, assurant que par la foi et la cohésion de son peuple, la Syrie continuera à porter la bannière de la nation et de la civilisation humaine.

A noter que cet atelier avait commencé le 23 février et se poursuivra jusqu'au 12 du mois courant.

Écrit par : Rachid Z | 11 mars 2013

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Chroniques du délitement : Bachar Al Assad en appelle au jihad

Le Monde, le 13 mars 2013

Quoi qu'en dise Bachar Al Assad, les choses peu à peu se gâtent pour lui. Pour reculer l’échéance et prévenir la débandade, il veille à dissimuler les failles et les faiblesses de son régime. Ce sont elles qui font l'objet de ces chroniques. Elles sont destinées à soutenir ceux qui souffrent et perdent patience et à montrer que leur victoire est inéluctable. Le chef de l'Etat continuera à manoeuvrer, à mentir et à tuer, puisque c'est ce qu'il sait faire. Mais il ne pourra rétablir avec l'ensemble des Syriens les relations qu'il n'aurait jamais perdues s'il avait accepté d'entendre les cris des jeunes, des femmes et des hommes, qui sont sortis dans les rues, en mars 2011, pour réclamer le respect, la justice et la liberté auxquels ils avaient droit, mais dont ils avaient été privés par son père et lui-même durant près de 50 ans.

Le Haut Conseil de l’Ifta’ de la République arabe syrienne a diffusé, lundi 11 mars, une fatwa adressée aux "enfants de la glorieuse Syrie, aux arabes et aux musulmans". Il affirme dans cet avis juridique que "la Syrie est actuellement le théâtre d’une guerre, menée contre elle par des Etats désireux de briser la nation arabe et islamique et de porter atteinte aux positions de la Syrie. Attachée à la liberté de décision nationale, à la dignité humaine et à la résistance, celle-ci fait face avec sa fierté séculaire à l’agression et aux politiques expansionnistes du sionisme. Porter atteinte au peuple syrien et à la courageuse armée syrienne revient à s’en prendre à la fermeté et à la résistance. Le peuple syrien fait don aujourd’hui de la vie de ses meilleurs enfants pour protéger le pays et sa population contre l’arrogance, l’humiliation, la dépendance et le morcellement de la région, objectifs de ceux qui veulent dépecer la Syrie comme ils l’ont déjà fait avec nombre d’autres Etats".

Le Haut Conseil de l’Ifta’ appelle donc le peuple arabe syrien à répondre à ce que lui dicte la loi islamique :
- la défense de la Syrie unie et du peuple syrien est un devoir qui incombe individuellement à tous les Syriens ;
- il incombe également à tous les Etats arabes et musulmans ;
- le peuple syrien doit apporter un soutien unanime à l'armée et aux forces armées ;
- les Syriens doivent faire leur devoir en rejoignant l’armée et défendre leur patrie ;
- ceux qui luttent contre l’armée sont des traitres, car ils portent ainsi atteinte à la force préparée, hier et aujourd'hui, dans la perspective du combat décisif contre le sionisme ;
- les militaires doivent épargner le sang des innocents et protéger la richesse humaine, économique, culturelle et historique de la Syrie.

Les questions religieuses sont à ce point sensibles pour le régime syrien qu'il est hors de question, pour ceux qui contrôlent le fonctionnement des mosquées, des églises et autres lieux de culte et qui tiennent à l'oeil l'ensemble des personnels qui leur sont attachés, de laisser à personne d'autre qu'eux le soin d'y décider. Surtout quand elles concernent la communauté sunnite majoritaire, comme c'est le cas avec le Haut Conseil de l'Ifta', dont les membres ne peuvent être désignés qu'avec l'aval des services de renseignements, et dont le président actuel, le Mufti général de la République Ahmed Badreddin Hassoun, a été imposé par eux, en septembre 2005, au terme d'une valse-hésitation de plus de dix mois.

Il n’est pas dans les prérogatives du Haut Conseil de se saisir d’une question, surtout lorsqu’elle est brûlante, sans y avoir été invité par qui de droit. Et il n'est pas dans les habitudes de ses membres de contribuer à y répondre sans s'être enquis au préalable, chacun auprès du service de renseignements qui a favorisé son accession à cette haute instance, de ce qu'on attend d'eux.

Il est cocasse de constater que Bachar Al Assad, président de "l’unique Etat laïc de la région", ne trouve pas d’autre solution, pour se tirer de l’impasse dans laquelle il s’est fourvoyé par le recours à la violence, que de faire appel à des hommes de religion. Il est tout aussi cocasse de relever que, dans l'espoir de réduire les jihadistes dont il a lui-même favorisé l'apparition en Syrie, il en soit réduit à déclarer le jihad.

Il est comique de relever que les spécialistes auxquels il s'adresse, habilités à délivrer des avis juridiques, s'expriment de la même manière, avec le même vocabulaire et en recourant aux mêmes poncifs que n'importe quel apparatchik du Parti Baath. En revanche, il apparaît singulièrement déplacé de la part de ces personnalités religieuses, qui assistent sans mot dire depuis deux ans aux exactions commises par l'armée contre le peuple syrien et qui savent ce que veut dire al-sâket 'an al-haqq chaytân akhras, de ne sortir de leur silence que pour en faire la louange et reprendre le refrain éculé de la résistance et du défi.

Alors que des dizaines de milliers de soldats et d'officiers syriens appartenant à toutes les communautés ont déserté au fil des mois les rangs de l'armée, parce qu'ils ne supportaient plus d'assassiner sur ordre leurs compatriotes, il était plus que temps que le Haut Conseil de l'Ifta' rappelle aux militaires qu'il est de leur devoir "d'épargner le sang"... et pas uniquement celui des Israéliens en interdisant, du côté syrien si ce n'est libanais, tout accès au Golan et aux frontières de l'Etat hébreu.

Le régime n'aurait pas eu besoin de la fatwa du Haut Conseil s'il était encore en mesure de mobiliser des soutiens dans les rangs de ses partisans. L'appel lancé en direction des pays arabes et musulmans montre que Bachar Al Assad n'est plus en mesure de trouver en Syrie, ni dans sa communauté d'origine, ni parmi les autres communautés minoritaires, ni même au sein de ses affidés de la communauté majoritaire, des jeunes et des moins jeunes disposés à mourir pour lui permettre de rester en place. Le recours à une fatwa aurait d'ailleurs été décidé après des heurts, dans le village de Qardaha, berceau de la famille présidentielle, entre des réfractaires et la police militaire qui venait leur remettre en mains propres l’invitation à rejoindre les rangs de l’armée. Dès la publication de l'avis du Haut Conseil, la "Coalition de la Jeunesse alaouite contre le régime de la famille Al Assad" a indiqué, sur sa page Facebook ouverte dès le 24 avril 2011, qu'elle aiderait à passer en Turquie tous les membres de la communauté qui refuseraient de répondre à cette mobilisation générale.

Le chef de l’Etat dispose désormais du texte qui donne une légitimité religieuse à la présence en Syrie de militaires Iraniens, de combattants du Hizbollah et de milices chiites irakiennes, dont il a désespérément besoin pour repousser une déchéance annoncée. Mais son calcul apparaît aussi inconsidéré que dangereux. Les Israéliens ne pourront tolérer l’arrivée en Syrie d’un contingent supplémentaire de soldats iraniens, qui représenteraient, même sans atteindre le chiffre de 500 000 évoqué par un agent libanais du régime syrien, une menace directe et immédiate pour leur sécurité. En appelant à l'aide les Iraniens, dont ses compatriotes réprouvent depuis longtemps l'omniprésence et l'influence dans leur pays, Bachar Al Assad ne peut que relancer une forme de chou’oubiya et inciter davantage de Syriens à s’éloigner de lui pour rejoindre l’opposition. Quant aux pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, ils s’estimeront obligés de répondre avec un peu plus d’empressement aux appels à l’aide des révolutionnaires et, surtout, d'exercer des pressions sur les Etats-Unis pour qu’ils sortent enfin de leur immobilisme… s’ils n’y pensent pas tous seuls

Les fatwas n’engagent que ceux qui reconnaissent la légitimité de ceux qui les énoncent. Or cela n’a rien à voir avec la nationalité des uns et des autres. Les Syriens pourraient donc être nombreux à adopter la contre-fatwa que d’autres autorités religieuses de la oumma pourraient rendre publique bientôt pour interdire aux arabes et aux musulmans de répondre aux appels au secours de Bachar Al Assad, si ce n'est pour les inviter à soutenir plutôt la lutte légitime du peuple syrien contre son bourreau.

En attendant, la Ligue des Oulémas Syriens a déclaré, mardi 12 mars, que la fatwa émise par le Haut Conseil est nulle et non avenue. Il s’agit d’un véritable appel à la guerre confessionnelle. Apporter son soutien à une armée qui tue le peuple qu’elle a pour mission de défendre constitue une haute trahison. Les peuples arabes et musulmans doivent plutôt se mobiliser pour aider les Syriens à débarrasser leur pays du régime en place.

Écrit par : Rachid Z | 14 mars 2013

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