11 mars 2013

Les brigades internationales du Djihad

Les brigades internationales du Djihad

CA9799F895179BF1C4205EC2CABC_h498_w598_m2.jpg

Dominique Jamet, le 10 mars 2013

«Grosse outre de vin ! Gueule de chien ! Cœur de lièvre !» Grecs ou Troyens, les héros de l’Iliade, avant d’affronter et, si possible, avec l’aide des Dieux, de terrasser l’ennemi, ne manquent pas de lui envoyer à la figure des injures homériques. C’est de bonne guerre, et c’est vieux comme la guerre. Il s’agit clairement, pour se donner courage et bonne conscience, de diminuer, de caricaturer, de traîner dans la boue, dans un premier temps métaphoriquement, celui dont, après l’avoir vaincu, on attachera le cadavre à son char. Ainsi en usera Achille avec Hector…

Faut-il, parce que l’on appartient à deux camps opposés, se mépriser et se méconnaître ? Ne pas se tromper d’adversaire est une chose, ne pas se tromper sur l’adversaire en est une autre. Il n’y a pas de honte à faire preuve de lucidité. On ne s’affaiblit pas en cherchant à comprendre ce que sont les raisons d’un engagement, les enjeux d’un conflit, à savoir pourquoi et contre qui l’on combat.

Il y a soixante-dix-sept ans, venus de tous les coins de la terre, quelques dizaines de milliers de volontaires s’enrôlèrent aux côtés de l’Espagne républicaine. Polonais, anglais, américains, français, les membres des Brigades internationales n’étaient ni des voyous ni des mercenaires. Ils pensaient défendre la cause de la légalité, de la justice, de la liberté. Ceux d’entre eux, heimatlos allemands ou italiens, dont la présence symbolisait la rupture radicale avec leur pays d’origine, avaient troqué le drapeau national pour le drapeau rouge. La patrie pour laquelle ils avaient opté était la Révolution, telle qu’ils croyaient qu’elle s’incarnait dans l’Union soviétique. Le choix du cœur plutôt que le droit du sol. Les malheureux ! S’ils avaient su ce qu’ils faisaient, qui les manipulait et où cela les mènerait

Libyens, égyptiens, tunisiens, algériens, syriens, saoudiens, des milliers, peut-être des dizaines de milliers de volontaires combattent aujourd’hui sous les drapeaux verts et noirs de l’islam et du salafisme. Certains membres de ces nouvelles Brigades internationales sont porteurs de papiers d’identité qui attestent de leur nationalité officielle, britannique, allemande ou française. Leur engagement et leur comportement prouvent qu’à leurs yeux, cette nationalité n’est qu’un chiffon de papier et que leur seule allégeance, ignorant et transcendant les frontières, va à leur religion, ou plus précisément à l’idée qu’ils s’en font. Des fanatiques, des tueurs ? Tant qu’on voudra, mais prêts aussi bien à mourir qu’à tuer : ni des fous ni des lâches.

Le choix qu’ils ont fait les désigne comme les ennemis irréconciliables de tout ce en quoi nous croyons, de tout ce que nous avons bâti, de tout ce que nous sommes, et cela seul justifie que nous leur fassions une guerre sans merci, et pas seulement sur le théâtre des opérations mais sur tous les terrains, jusqu’à la victoire finale. Pour autant, nous ne perdrons rien à connaître et à reconnaître leurs motivations ni à leur accorder le respect auquel ont droit ceux qui mettent leur peau au bout de leurs idées.

Les commentaires sont fermés.