06 mars 2013

La seconde vie du Thé au harem

La seconde vie du Thé au harem

St-Josse Créer du lien, chaussée de Louvain

KRISHAN CHEYENNE, le 5 mars 2013

Le festival Tok Toc Knock de Saint-Josse s’est clôturé dimanche. Le défi relevé par le théâtre du Koninklijke Vlaamse Schouwburg (KVS) était de s’investir dans la petite commune bigarrée pendant deux semaines. «Pour que la culture fasse l’objet d’une discussion partagée entre tous», expliquait le coordinateur du festival, Willy Thomas, lors d’une conférence de presse.

Didier De Neck, directeur du théâtre de la Galafronie situé à Saint-Josse, était présent aux premières heures de la création du festival. Il a décidé de poursuivre cette mission de «tout mélanger» dans le café qu’il a ouvert il y a trois mois et qui a servi de quartier général au Tok Toc Knock : Le thé au harem d’Archi Ahmed. Le sexagénaire aux allures de professeur pirate veut «créer à Saint-Josse un lieu où l’on refait le lien entre le culturel et le social». Mais les heures du café sont comptées : s’il ne trouve pas de financements d’ici à la fin du mois de mars, il devra mettre la clé sous le paillasson…

L’objectif de De Neck est de créer un endroit dans la tradition des maisons du peuple d’antan, mais sans appartenance politique. Pour ce faire, ils ont décidé de réouvrir un café fermé depuis 2010 : Le thé au Harem d’Archi Ahmed. Un nom emprunté au film culte de Mehdi Cherif qui fit entrer la banlieue métissée dans le cinéma français. La salle à l’ambiance aérienne est abritée dans un bâtiment 1900 au début de la chaussée de Louvain.

De Neck a conclu un accord avec la propriétaire des lieux qui lui permet d’ouvrir le café pendant quatre mois. «Je voulais un centre où tu vas dire bonjour, tu restes manger et tu finis par chanter avec les gens présents. Un lieu d’échanges où l’on s’enrichit les uns les autres, où les 150 tribus de Saint-Josse apprennent à se connaître. Tu peux venir même si tu n’as que quelques euros pour prendre une soupe, participer à des débats, jouer de la musique.» Dans le café, pas de fond sonore mais quelques instruments qui attendent preneurs. Deux jeunes du groupe The Muzicien(ne)s s’y essayent, ils sont accompagnés à la voix par Sisca, rencontrée sur place.

De Neck finance le projet lui-même, il ne voulait pas attendre de trouver des fonds. Pour la suite, il a fait une demande d’aide, en attente de réponse, à la commune de Saint-Josse. «Il y a aussi des gens qui ont proposé de payer une petite somme tous les mois. L’idéal serait d’avoir un financement mixte, poursuit-il. Je voulais le faire maintenant car on traverse une période où l’on vit des choses dures, il faut créer des liens de solidarité entre les gens. Des liens que l’on a peut-être perdus au cours de ces dernières années “confort”, et qui existent toujours dans les pays où il n’y a pas l’aide sociale.»

Chaussée de Louvain, 52.

23:18 Écrit par Rachid Z dans Saint-Josse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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