04 mars 2013

Une caricature négationniste pour illustrer un débat sur le sionisme à Molenbeek le CCLJ dénonce

Une caricature négationniste pour illustrer un débat sur le sionisme à Molenbeek

Le CCLJ dénonce

959191151_B97205086Z.1_20130304162736_000_G6IIV05U.1-0.jpg

La Capitale, le 04 mars 2013

Le CCLJ, le Centre communautaire laïc juif, dénonce l’illustration utilisée pour faire la promotion d’un débat organisé à Molenbeek et intitulé «Et si on parlait librement et sereinement du sionisme». Pour le centre, le dessin est celui d’une caricature négationniste.

Le débat aura lieu le 19 mars à 19 h (rue des Quatre Vents, 10) et est organisé par le PS de Molenbeek. Sont invités à débattre, Philippe Moureaux (PS) et Yves Goldstein (PS), juif laïque, conseiller communal à Schaerbeek et chef de cabinet de la ministre fédérale Laurette Onkelinx.

«Pourquoi la section PS de Molenbeek a-t-elle donc choisi un Zéon, un «artiste» néofasciste et négationniste pour illustrer un débat supposé serein sur le thème du sionisme ? Faut-il y voir sinon un signe ou simplement un manque total de culture politique ? Total en effet, car, au-delà de la personnalité sulfureuse de son auteur, le dessin en soi transpire la haine du Juif en tant que tel», écrit Nicolas Zomerstaijn, rédacteur en chef de Regards, la revue du CCLJ.

«Que nous montre, en effet, la caricature de Zéon ? Le fameux «deux poids, deux mesures» à travers un Juif (sioniste ?) sorti tout droit du mensuel nazi Stürmer qui joue, ni plus ni moins, de la Shoah pour exercer sa domination sur le monde. Il paraît difficile d’interpréter autrement la production de cet émule de Dieudonné. Si tel est le message que veut donner la section socialiste de Molenbeek, il eut mieux fallu inviter directement Alain Soral, cet ancien militant communiste, reconverti désormais dans la droite radicale et qui n’est autre que le maître à penser de notre caricaturiste.»

Et d’jaouter : «Au-delà de ce dérapage, il est évident que l’on ne peut parler aujourd’hui du sionisme et d’Israël sans verser, précisément, dans la caricature. Il suffit de songer au nouveau maître à «panser» d’Ecolo, Henri Goldman, pour s’en convaincre. Peu nous chaut qu’il soit antisioniste, mais qu’il en vienne à comparer Shimon Peres à Ahmadinejad, pour mieux souligner la supériorité du président iranien qui, lui, n’aurait pas de sang sur les mains, témoigne d’un aveuglement qui tient de la névrose, sinon de la psychose.»

Le rédacteur en chef espère en tous les cas que le débat restera «serein» et «historique». «Il serait bon que soit rappelé, à toutes fins utiles, qu’Israël n’est pas né à cause mais malgré la Shoah. Israël était destiné à accueillir la masse des Juifs pauvres d’Europe centrale et orientale, ceux-là même qui furent assassinés durant la nuit du judéocide.»

Commentaires

Molenbeek: Rekik demande au magazine juif Regards de retirer un article le concernant
Rédaction en ligne

La Capitale, le 05 octobre 2012

Candidat à la 16e position sur la Liste du bourgmestre PS Philippe Moureaux à Molenbeek, Nader Rekik avait déjà fait parler de lui dans les rues de Molenbeek.

Des photos en compagnie du président israéliens Shimon Peres et de soldats de Tsahal circulaient sur internet et semblaient lui porter préjudice dans sa campagne, comme nous le révélions il y a peu.

Dans la continuité, il a demandé le mois dernier au magazine juif bruxellois “ Regards ” de retirer de son site internet un article qui lui était consacré en 2011. “ Pour qu’il puisse continuer sa campagne sereinement, il nous demande avec insistance de retirer de notre site www.cclj.be l’article que “ Regards ” lui a consacré, quitte à le remettre en ligne au lendemain des élections ”, écrit Nicolas Zomersztajn, rédacteur en chef, dans son éditorial titré “ Communautarisme électoral ”. “ Qu’il se rassure, nous avons retiré cet article du site, mais nous avons par la même occasion effacé son nom de notre mémoire. En nous adressant une pareille requête, il a trahi ses engagements et renié les principes humanistes sur lesquels reposent les projets éducatifs pour lesquels il s’est fait connaître ”, poursuit Nicolas Zomersztajn.

Visiblement, Rekik souhaite effacer de son histoire tout ce qui ne pourrait pas lui rapporter les votes des électeurs molenbeekois.

Écrit par : Rachid Z | 04 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Le PS, de Nader Rekik à Yves Goldstein, erreurs de casting ?

Pierre-Yves Lambert, le 17 septembre 2012

Encore une conséquence du racolage électoral ethnique effréné et indiscriminé, les exemples se multiplient au fil de cette campagne électorale communale belge. Quel est le degré de conscience politique de ce "militant PS" maroco-belge qui affiche fièrement sur sa page facebook une photo décontractée avec deux soldats de l'armée d'occupation de l'entité sioniste en Cisjordanie ?

Il est par contre peu probable que l'objectif ait été, comme le prétendent ses détracteurs, de "ramasser des voix auprès des sionistes de Belgique", il ne s'agit après tout que d'élections communales, dans la commune bruxelloise de Molenbeek qui plus est, où on voit mal qui seraient ces masses d'"électeurs sionistes" prêtes à reporter leurs voix du MR, de l'Open VLD et de la N-VA vers un candidat PS juste parce qu'il a posé sur une photo avec deux soldats de "Tsahal" et sur une autre en train de serrer la main à l'ex-"socialiste" Shimon Peres.

A l'époque où j'ai milité au MJS belge, en 1989-1991, cette organisation, alors sous la présidence d'un certain Rudy Demotte, avait totalement coupé les ponts avec son homologue du Parti travailliste israélien, ne conservant des relations qu'avec la jeunesse du Mapam (un parti sioniste socialiste entretemps fusionné au sein de Meretz), Hachomer Hatzaïr, le mouvement dont un autre candidat PS à ces élections de 2012, Yves Goldstein (n°2 à Schaerbeek), était un des dirigeants, "un mouvement de jeunesse sioniste et socialiste, duquel j'ai été membre ainsi que dirigeant depuis mes 7 ans jusqu'à mes...23 ans".

En 2003, une étudiante en sciences politiques de l'ULB écrivait à propos de la campagne de Goldstein pour les élections législatives "A la vue des faits, il est évident qu'Yves Goldstein a fait campagne au sein de la communauté juive. Mais nous devons remarquer que si Yves Goldstein a souvent mis en avant son identité juive, s'est-il dit fréquemment que son engagement socialiste lui vient du judaïsme, il n'a abordé que rarement des thématiques spécifiques à la communauté. Portant un programme généraliste, sa campagne fut communautaire par ses méthodes mais par sur ses axes de combat." (Marie Thibaut de Maisières, Les élections législatives de mai 2003 et la communauté juive de Bruxelles, Mémoire de licence présenté en vue de l'obtention du diplôme de Sciences Politiques, Section Relations Internationales, 2003).

En 2012, cet affichage ethnique a disparu, d'ailleurs le candidat PS Goldstein n'ose carrément pas du tout s'afficher sur les balcons et les vitrines schaerbeekoises (voir sur la Tractothèque), officiellement "pour éviter toute pollution visuelle". Mais quel autre candidat de la liste PS menée par la ministre Laurette Onkelinx accepterait-il de s'afficher aux côtés d'un ancien (2001-2010) membre du Comité directeur du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) dont l'article 3 proclame "L'association a pour objet de lutter (...) pour le soutien par tous les moyens appropriés à l'Etat d'Israël, centre spirituel du judaïsme et havre pour les communautés juives menacées." ? Yves Goldstein, socialiste et sioniste, a probablement préféré s'éviter l'humiliation de refus de la part de colleurs d'affiches, d'habitants et de commerçants schaerbeekois, mais aussi de colistiers ayant plus de jugeote (à défaut de conscience) politique que leur camarade molenbeekois Nader Rekik...

Écrit par : Rachid Z | 04 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.