28 février 2013

Il existe un lien entre le racisme et la stagnation de la créativité

Il existe un lien entre le racisme et la stagnation de la créativité

François Heilbronn, le 28 février 2013

Une étude réalisée dans le cadre de la Faculté de Gestion de l'université de Tel-Aviv montre que les stéréotypes raciaux et la stagnation de la créativité découlent d'un même mode de raisonnement : la pensée catégorique.

D’après une étude réalisée par le Dr Carmit Tadmor, spécialiste de l’étude du comportement organisationnel au Département d’Administration des Affaires, et ses collègues, la pensée stéréotypée et la stagnation de la créativité possèdent un dénominateur commun : le raisonnement catégorique. «Bien que les deux processus aboutissent à des résultats différents, tout deux se déroulent lorsque les individus se fixent sur des modèles d’information connus et des tournures d’esprit conventionnelles» expliquent les chercheurs.

Partant d’une hypothèse de base selon laquelle la mise en marche d’un mode de pensée essentialiste provoque une limitation de la réflexion sur les éventuels points de vue alternatifs et un rétrécissement du champ général du raisonnement, les chercheurs ont examiné s’il existait une relation de cause à effet entre «l’essentialisme racial», conception selon laquelle les personnes appartenant à une race spécifique possèdent par nature une essence comprenant des caractéristiques et des capacités données et immuables, et la créativité.

La pensée catégorique porte atteinte à la créativité

Pour se faire, ils ont divisé les participants en trois groupes. Le premier groupe a lu un article sur une étude fictive confortant des idées reçues essentialistes sur la race, le deuxième une recherche également fictive défendant des croyances sur les caractéristiques raciales non essentialistes, c’est-à-dire transformables, et le troisième une étude portant sur les propriétés scientifiques de l’eau.

Les participants ont ensuite été soumis à un test de créativité basé sur un processus d’association (identification d’un mot cible faisant la jonction entre trois mots distincts). Les individus qui ont été exposés à une conception du monde raciste essentialiste (le premier groupe) ont obtenus des résultats nettement inférieurs à ceux des participants des deux autres groupes.

Quand la «boite se ferme»

Les résultats d’une étude consécutive montrent que le lien entre le racisme essentialiste et la baisse de la créativité peut s’expliquer, au moins en partie, par l’immobilisme de la pensée. D’après le Dr Tadmor «les personnes possédant cette conception divisent le monde en catégories hermétiques et pensent que les choses ne peuvent pas se mélanger, passer d’une boite à l’autre. La créativité implique par définition de forcer les barrières entre les catégories et de «penser en dehors de la boite». L’expérience souligne de plus que la seule l’exposition à des opinions fixes et racistes influence la manière de penser et réduit la créativité.

Du racisme à la tolérance

L’étude suggère cependant que les opinions essentialistes sont assez malléables. Bien que de nombreux aspects doivent encore être explorés, Carmit Tadmor et son groupe pensent qu’il est possible d’utiliser ces résultats pour mettre au point un programme d’intervention qui réduirait les croyances raciales essentialistes et conduirait les participants, non seulement à développer une plus grande tolérance sociale, mais aussi à libérer leur potentiel de créativité par le même processus.

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