27 février 2013

«L’Abandon De l’Intérêt Général»

 «L’Abandon De l’Intérêt Général»

Par Sébastien Fontenelle, le  26 février 2013

Il faudrait remonter loin dans le temps, sans doute à l’époque où les organisations syndicales et politiques n’étaient pas encore formées, pour trouver un État aussi complaisant aux riches et aux puissants, aussi dur aux faibles et aux isolés.

(…) Dans sa quête du «marché parfait», le libéralisme économique présuppose que le seul moteur de la vie économique et sociale demeure le profit; ce qui est bon pour l’entreprise serait nécessairement bénéfique pour la société.

Dans cet univers, la reconnaissance du droit à la différence n’est plus que la reconnaissance des différences fondées sur l’argent; le système est fondé sur quelques idées simples: les plus riches sont les plus dynamiques; la puissance revient aux plus habiles; les inégalités sociales résultant du profit sont légitimes.

Un tel retour au capitalisme sauvage et à l’individualisme bourgeois se traduit, dans la politique gouvernementale, par la réduction du rôle protecteur et redistributeur de l’État et des institutions collectives.

Dans les administrations, le critère de «rentabilité» remplace celui de «service public».

Elles-mêmes sont de moins en moins au service du citoyen: elles deviennent une entité économique pourvoyeuse de services rentables, au détriment des plus démunis.

Le détournement de leur rôle entraine de graves conséquences économiques et sociales pour la collectivité nationale.

(…) L’intérêt général (…) est à son tour battu en brèche.

(…) L’Histoire nous enseigne qu’il n’est d’acquis démocratique que ceux qui fortifient une dynamique sociale et des institutions légitimes.

(…) De plus en plus, les intérêts particuliers interviennent et se substituent à ceux de l’État par la participation de capitaux privés aux entreprises nationales.

La recherche scientifique s’oriente vers des objectifs exploitables par l’industrie privée.

On néglige la recherche dite fondamentale, pourtant indispensable à l’avenir de la collectivité nationale.

La politique économique de l’État devrait être offensive et active ; elle n’est que passive et timorée.

Des secteurs entiers de l’économie sont sacrifiés pour satisfaire aux lois de la division internationale du travail, voulue par le capitalisme multinational.

Cette politique de renoncement et d’insertion accélérée dans le capitalisme mondial accroît la dépendance du pays à l’égard de l’étranger sans garantir l’apport d’une plus grande richesse pour tous.

L’abandon de l’intérêt général caractérise également le nouveau cours de la planification et de l’aménagement du territoire.

(…) La spéculation foncière l’emporte sur la volonté d’un développement équilibré et harmonieux dans diverses régions.

Le déclin de l’État républicain favorise le reflux de la solidarité nationale et l’abandon des hautes ambitions collectives.

L’État, instrument de la bourgeoisie d’affaires et facteur d’inégalités, asservit les Français qui ne peuvent vivre sans un dessein à la mesure de leur passé et riche d’espoirs pour l’avenir.

Ce constat – en forme d’avertissement – fortifie notre volonté d’emprunter un autre cours – celui de l’autogestion – et de le mener à son terme.

03:42 Écrit par Rachid Z dans Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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