26 février 2013

L’islam, "défi pour l’Europe", selon Valls

L’islam, "défi pour l’Europe", selon Valls 

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Christophe Lamfalussy, le 26 février 2013

Manuel Valls voit dans l’islam radical une pensée totalitaire et plaide pour l’ordre.

Homme politique le plus populaire de France, à gauche comme à droite, Manuel Valls, 50 ans, le ministre de l’Intérieur, s’est bâti une réputation de "Sarkozy de gauche", comparaison qui l’amuse. Il était lundi soir l’invité des Grandes Conférences catholiques à Bruxelles. Peu avant, il a accordé cette interview exclusive à "La Libre Belgique".

Le président du parti tunisien d’Ennadha, Rached Ghannouchi, vous reproche d’avoir parlé de “fascisme islamique”…

Je n’ai pas vocation à polémiquer avec le leader d’un parti tunisien. C’est Jean-Pierre Elkabbach qui, le premier, a parlé de fascisme islamique.

Mais vous l’avez repris à votre compte…

Bien sûr, parce qu’il y a des formes de totalitarisme. Quand au nom d’un islam radical dévoyé, on tue des responsables politiques, on nie la condition de la femme, on brûle des mosquées et des livres, comme à Tombouctou c’est une pensée totalitaire. Il ne faut jamais l’oublier : les musulmans sont les premières victimes de ce totalitarisme et de cet obscurantisme. Il faut que l’islam puise dans son histoire, dans ses valeurs, pour combattre ce radicalisme et cette violence qu’une minorité porte.

La France est-elle menacée par ce radicalisme ?

La France, comme l’Europe, ont un défi tout à fait extraordinaire à accomplir. L’islam est devenu en quelques années la deuxième religion de notre pays, avec quatre à six millions de Français ou de citoyens résidant en France de confession musulmane. Nous comptons entre 2 200 et 2 300 lieux de culte. La France et l’Europe doivent faire la démonstration que l’islam est compatible avec la démocratie, les droits de l’homme, la condition de la femme et la séparation de l’Etat avec les Eglises. Il y a très peu d’exemples dans l’histoire de l’humanité où en aussi peu de temps une religion a pris son essor dans un pays. [ ] Il nous faut en peu de temps faire accepter cette religion, combattre les peurs et affirmer des règles pour que l’islam trouve sa place.

Vous faites le pari que l’islam est soluble dans la tradition française ?

Nous devons faire ce pari. Aujourd’hui une majorité de Français doutent.

Comment réussir ?

D’abord, en luttant contre le racisme, les actes envers les musulmans et contre l’antisémitisme. C’est difficile en période de crise économique. Le rôle de l’éducation, la place de l’histoire des religions à l’école sont aussi importants. Il faut aussi que l’islam s’organise. Il faut créer les conditions d’un islam français, que nous formions des imams français qui parlent français dans nos universités, avec une influence de moins en moins étrangère. La question se pose aussi pour les lieux de culte. Je ne cache pas mon inquiétude sur des financements qui viennent du Maghreb et des pays du Golfe. Nous avons intérêt à avoir des financements qui viennent de France, qui gagnent en transparence.

12:30 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

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Milquet et Valls renforcent la police franco-belge: "La version actuelle des patrouilles ne sert à rien"

RTLInfo, le 25 février 2013

Les patrouilles de police mixtes franco-belges disposeront bientôt de pouvoirs accrus pour lutter contre la criminalité transfrontalière, ont convenu lundi les ministres belge et français de l'Intérieur, Joëlle Milquet et Manuel Valls.

Dans le cadre des patrouilles mixtes, les policiers belges et français pourront exercer leurs compétences opérationnelles, y compris leur pouvoir d'arrestation lorsqu'ils sont sur le territoire de l'autre partie, et leur véhicule pourra être utilisé des deux côtés de la frontière. Un accord signé à Tournai en 2001 organise déjà la coopération transfrontalière entre les deux pays. Le 5 septembre 2012, lors d'une visite de Mme Milquet à Paris, les deux ministres ont souhaité renforcer le dispositif.

Vers une meilleure gestion de la criminalité française en Belgique

Depuis plusieurs années, les arrondissements belges qui ont une frontière commune avec la France sont exposés à des infractions commises par des auteurs qui agissent seul ou en bande et traversent la frontière. Les élus, policiers et procureurs des régions frontalières ont attiré l'attention des autorités françaises à ce sujet. "Les autorités belges étaient attentives au problème", a confié M. Valls. Les négociations ont été bouclées en 5 mois et se concrétiseront par une signature à Tournai le 18 mars. "Il y a déjà une bonne coopération qui existe. Il s'agit de la rendre encore plus opérationnelle et plus efficace", a-t-il ajouté.

La mouture actuelle de patrouille mixte "ne sert à rien"

Et d'insister sur l'évolution de la criminalité et son caractère de plus en plus international. "Les Etats doivent être souples et s'adapter". Du côté belge, Mme Milquet n'a pas caché que la mouture actuelle de patrouille mixte "ne servait presqu'à rien". Les pouvoirs accrus et la nouvelle organisation devraient améliorer les choses. "Il y a un territoire homogène en termes de mobilité. Il faut donc avoir une politique la plus intégrée possible", a-t-elle fait remarquer.

Et si un malfrat surpris en flagrant délit passe la frontière?

La Constitution française empêche cependant d'aller plus loin: l'auteur d'une infraction commise en Belgique (ou en France) et surpris en flagrant délit qui aurait franchi la frontière ne pourra pas être arrêté par une patrouille composée uniquement de policiers belges (ou français). La seule exception visera les cas où un policier belge (ou français) surprend en flagrant délit l'auteur d'une infraction en France (ou en Belgique). Dans ce cas, il pourra l'arrêter.

L'accord vaut partout en Belgique

En cas d'urgence ou lors d'accidents graves, la patrouille la plus proche, qu'elle soit belge ou française, pourra fournir les premiers secours et sécuriser les lieux avant l'arrivée de l'unité territorialement compétente. Le champ d'application territorial de l'accord sera étendu. Pour la Belgique, l'accord s'appliquera sur tout le territoire national. Jusqu'à présent, il valait dans les provinces de Flandre occidentale, de Hainaut, de Namur et de Luxembourg. Pour la France, il s'appliquera aux départements de la Marne, du Pas-de-Calais, de la Moselle, de la Somme, du Nord, de l'Aisne, des Ardennes, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle.

Des caméras de reconnaissance de plaques minéralogiques

L'accord veillera aussi à favoriser l'échange de données, notamment en créant un fichier commun de données. Le Centre de coopération policière et douanière de Tournai, qui associe des policiers belges et français, sera chargé de traiter les données. Un recours accru aux caméras de reconnaissance automatique de plaques minéralogiques est également prévu, de même que l'optimalisation du système de communication commun entre les centres d'information et de communication de Flandre et du Hainaut, et de la police et gendarmerie françaises.

Écrit par : Rachid Z | 26 février 2013

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