23 février 2013

Algérie Quel leader pour l'opposition ?

Algérie

Quel leader pour l'opposition ?

Par Cherif Ouazani et Karim Djaad, le 19 février 2013

Cette instabilité ne concerne pas uniquement les formations de la majorité. Les partis de l'opposition sont également frappés par le syndrome du «redressement», terme générique désignant les coups d'État scientifiques, ou vivent une succession agitée. Ce n'est pas le cas du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui a connu une passation apaisée. Après vingt ans de présidence, son fondateur, Saïd Sadi, a passé le témoin lors du congrès de février 2012. Mais son successeur, Mohsin Bellabes, manque manifestement de charisme, et le RCD a sombré dans l'anonymat. En revanche, le retrait de Hocine Aït Ahmed, personnalité historique du mouvement national et fondateur du Front des forces socialistes (FFS), doyen de l'opposition (il a été créé en 1963), a provoqué un véritable séisme dans les structures du parti. Aucune personnalité parmi l'élite du FFS ne fait consensus. Résultat : des rivalités haineuses, des ambitions qui se heurtent violemment et des déchirures.

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Peu contestée, la trotskiste Louisa Hanoune, à la tête du Parti des travailleurs (PT), première force d'opposition dans le Parlement depuis la création du parti, en 1990, devrait elle aussi passer la main. Même les micropartis n'ayant que quelques mois d'existence sont touchés par le syndrome de la contestation interne. Autant le système cherche une alternative à Bouteflika en 2014, autant l'opposition manque de leader charismatique.

16:51 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Algérie : silence, on recompose

Par Cherif Ouazani? le 14 février 2013

Les réformes lancées par Abdelaziz Bouteflika et les multiples scrutins de 2012 ont bouleversé l'échiquier. Mais les vrais gagnants des élections ne sont pas forcément les vainqueurs.

Avec des législatives le 10 mai, des municipales et des régionales le 29 novembre, et enfin des sénatoriales le 29 décembre, 2012 - année du cinquantenaire de l'indépendance - aura également été marquée par un marathon électoral sur fond de réformes politiques, introduites par le président Abdelaziz Bouteflika au lendemain de ce qui est communément appelé le Printemps arabe. Quarante nouveaux partis sont venus grossir la classe politique. La loi sur la représentation de la femme dans les assemblées élues a fortement contribué à féminiser l'hémicycle avec 146 députées sur les 462 que compte l'Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du Parlement) et près de 8 000 élues locales dans les assemblées populaires communales (APC, municipalités) et les assemblées populaires de wilaya (APW, parlements régionaux).

Le résultat est spectaculaire certes, mais l'essentiel est ailleurs. Le principal enseignement que l'on peut tirer de ce marathon électoral est lié à une profonde recomposition de l'échiquier politique.

Déroute islamiste. En premier lieu, la déroute des partis islamistes. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas d'obédience Frères musulmans) constituait, pendant la première décennie du millénaire, la troisième force politique du pays. Laminé lors des dernières élections, englué dans une alliance islamiste peu performante et, transhumance politique oblige, dépouillé de ses forces vives par de nouveaux partis issus de la génération post-réformes, le MSP ne dispose plus de suffisamment de députés pour constituer son groupe parlementaire à l'APN. C'est dire sa perte d'influence. L'extinction des voix islamistes dans les institutions de la République est due à l'émiettement de la représentation de ce courant idéologique - qui demeure cependant une réalité sociologique en Algérie. Près d'une trentaine de partis se réclament de l'islamisme ou du nationalisme religieux. S'agissant des micropartis, sans réel ancrage populaire, leur participation aux élections ampute les organisations islamistes traditionnelles de plusieurs milliers de suffrages. La nouvelle loi électorale disqualifiant les formations ayant obtenu moins de 7 % des voix et la disposition imposant des femmes sur les listes ont pénalisé le courant islamiste.

Destitution

La réorganisation du champ politique n'a pas épargné les grands vainqueurs des scrutins de 2012 : les frères jumeaux du courant nationaliste, le Front de libération nationale (FLN, ancien parti unique) et le Rassemblement national démocratique (RND). Respectivement première et ­deuxième forces politiques du pays, FLN et RND ont consolidé leurs positions après un véritable triomphe électoral.

Ces victoires n'ont pas pour autant ramené la sérénité au sein de leurs structures. Le 5 janvier, une semaine après un raz-de-marée électoral qui a permis au RND de devenir, pour la première fois de son histoire, majoritaire au Conseil de la nation (Sénat, chambre haute du Parlement), le secrétaire général du parti, l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, est contraint de jeter l'éponge, emporté par un mouvement de dissidence conduit par plusieurs ministres du gouvernement d'Abdelmalek Sellal. Présenté comme un sérieux favori à la succession d'Abdelaziz Bouteflika (dans le cas où ce dernier ne briguerait pas un quatrième mandat en avril 2014), Ahmed Ouyahia a préféré s'effacer et renoncer à ses ambitions présidentielles pour « préserver l'unité du parti », dit-il dans la lettre de démission qu'il a adressée aux 100 000 militants du RND. Son successeur devrait être désigné par un congrès ordinaire, prévu en 2014. D'ici là, le Conseil national, comité central du RND, devra nommer le 20 janvier un secrétaire général intérimaire pour gérer les affaires courantes du parti.

Première force politique - il revendique 400 000 militants -, le FLN, malgré les millions de suffrages conquis en 2012, n'a pas échappé à la crise. À commencer par Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général de l'ancien parti unique depuis 2005, qui vient d'être destitué de ses fonctions. En cause : ses ambitions présidentielles. Lui reprochant ses penchants islamistes (il incarne ce que l'on appelle « les barbeffelènes »), certains des membres du Comité central affichaient depuis quelque temps leur détermination à l'évincer. Puis la liste des frondeurs a gagné le bureau politique du FLN et des membres du gouvernement ont joint leurs voix à la dissidence. Résultat, le 31 janvier, le comité central du FLN a voté contre son maintien à la tête du parti, à une très courte majorité de 160 voix (sur 318 membres appelés à voter).

Succession délicate

La restructuration ne touche pas uniquement les acteurs de la majorité présidentielle. Doyen des partis de l'opposition, le Front des forces socialistes (FFS), né dans la clandestinité en 1963, s'apprête à vivre une succession délicate avec le départ annoncé de son président-fondateur, Hocine Aït Ahmed, 86 ans, grande figure du mouvement national. En annonçant son retrait de la vie publique, le vieux leader plonge ses dizaines de milliers de partisans dans le désarroi. Et pour cause : aucune personnalité dirigeante du FFS n'est en mesure de fédérer les suffrages des militants autour de son nom. La guerre de succession a fait de l'ombre aux performances électorales du FFS, performances qui lui ont permis de disposer d'un groupe parlementaire à l'APN et de faire une entrée modeste (deux sénateurs) mais remarquée au sein du Conseil de la nation.

Les autres partis de l'opposition semblent également avoir laissé des plumes dans les élections de 2012. Les trotskistes du Parti des travailleurs (PT) enregistrent un léger recul et devraient vivre à leur tour un problème de succession. Louisa Hanoune, la secrétaire générale du PT, est à la tête de ce dernier depuis sa création, il y a près de vingt-quatre ans. Toutefois, le PT semble à l'abri d'une telle crise, Louisa Hanoune faisant consensus auprès des militants et sympathisants.

Les malheurs des partis traditionnels profitent à deux nouvelles formations : le Mouvement populaire algérien (MPA, d'Amara Benyounes), devenu la troisième force politique du pays, et le Tajamou Amal el-Jazaïr, - ou Rassemblement Espoir de l'Algérie, dont l'acronyme arabe est TAJ (« couronne ») - du transfuge du MSP, Amar Ghoul, inamovible ministre des Travaux publics de Bouteflika. Sans même participer aux scrutins de 2012, TAJ s'impose grâce à la transhumance politique (il a recruté aussi bien chez les islamistes que chez les nationalistes) comme la quatrième force politique du pays. Une reconfiguration de l'échiquier qui brouille davantage encore le paysage avant la présidentielle de 2014.

Écrit par : Rachid Z | 23 février 2013

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L'Algérie refuse son agrément à un parti salafiste

Par Walid Ramzi, le 19 février 2013

Le ministère algérien de l'Intérieur a refusé son agrément au premier parti salafiste dans le pays.

Le Front de l'Eveil Libre avait programmé la tenue de son assemblée générale fondatrice le samedi 16 février. Le ministère de l'Intérieur a officiellement notifié aux responsables de ce groupe, par le biais du wali d'Alger, que leur demande de convention avait été rejetée.

Le ministère de l'Intérieur n'a donné aucune explication concernant cette décision.

"Nous avons été surpris de ce rejet, parce que notre dossier répondait à toutes les exigences légales", a déclaré aux journalistes Abdelfattah Zeraoui Hamadache, dirigeant de ce parti salafiste. "Nous pensons qu'il s'agit là d'une démarche illégale de la part des autorités chargées de la sécurité."

"Nous avons tenté d'obtenir des explications de la part des officiels de la wilaya d'Alger sur les raisons justifiant ce rejet, mais ils ont affirmé ne rien savoir et ne pouvoir faire de commentaires à ce sujet", a-t-il expliqué.

Hamadache a annoncé que son groupe "organisera un sit-in devant les bureaux de la wilaya d'Alger et devant le ministère de l'Intérieur pour réclamer notre droit à nous engager en politique", si les officiels devaient refuser de rencontrer les responsables du parti.

Le parti salafiste "n'a pas fait de destruction, n'a pas jeté de pierres, n'a pas attaqué de routes, n'a pas semé le chaos, et n'a pas sapé la sécurité et la stabilité du pays", a ajouté Hamadache.

Certaines indications avaient pourtant suggéré que les autorités algériennes se refuseraient à donner un agrément au parti.

Le ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, avait récemment accusé le mouvement salafiste en Algérie de vouloir se saisir du pouvoir. Au cours d'un séminaire portant sur la marji'ya religieuse algérienne, le 12 février à Dar al-Imam, Ghlamallah avait déclaré ne jamais avoir eu peur de ceux qui se réclamaient du salafisme.

"Que veulent donc ces individus ?" s'était-il interrogé. "Est-ce qu'ils veulent un Islam correct, ou prendre le pouvoir ?"

Ghlamallah avait ajouté que, conformément à la loi, le ministère de l'Intérieur n'autoriserait pas les partis créés sur la base de la religion.

La version modifiée de la loi relative aux partis politiques, émise au mois d'août dernier, refuse l'agrément aux partis religieux. Elle exclut également le retour dans la politique de tout individu lié par son histoire à la Décennie noire.

"Les partis islamiques qui déclarent une affiliation à un système autre que républicain et démocratique ne peuvent pas être autorisés", indique Nourredine Lajal, professeur en sciences politiques.

"Le gouvernement ne lâchera rien là-dessus, indépendamment des pressions que certains partis tentent d'exercer en profitant des évènements du Printemps arabe qui ont amené les islamistes au pouvoir [dans le Maghreb]," ajoute Lajal.

Kamal Hadef, journaliste spécialisé dans les affaires de sécurité, affirme que "l'agitation vécue dans certains pays à la suite de l'arrivée au pouvoir des islamistes, comme l'Egypte et la Tunisie, sert l'intérêt du gouvernement algérien".

Hadef remarque que les partis islamistes sont véritablement présents et politiquement actifs sur la scène. Mais ils n'ont pas été en mesure de construire une base populaire qui leur permettrait de remporter les élections et de se saisir de la tête de l'état, ajoute-t-il.

"Ces partis ont compris les règles de la démocratie et refusent d'utiliser la violence en tant que moyen pour prendre le pouvoir", poursuit Hadef. "Ils ne veulent pas refaire la même erreur que le Front Islamique du Salut (FIS) qui a été dissous."

Le nouveau groupe salafiste n'a pas reçu beaucoup de soutien de la part des jeunes religieux, certains affirmant même que la formation de partis est "facteur de division et donc en contradiction avec la Charia".

"Certains d'entre eux pensent qu'ils ne devraient pas entrer en politique et s'en tenir au prêche, tandis que d'autres ont la conviction qu'ils devraient saisir leur chance et avancer politiquement pour réformer les conditions existantes", explique Mohamed Ramadhani, professeur en Charia.

"Récemment, la popularité des partis islamiques en Algérie a d'une certaine façon chuté, contrairement à d'autres pays où les islamistes ont enregistré un succès remarquable", ajoute Ramadhani.

"Les Algériens ont pu être hantés par les craintes du retour des troubles connus dans les années 1990, qui ont laissé derrière eux un bilan lourd de morts, de déplacés et de portés-disparus", suggère-t-il.

Écrit par : Rachid Z | 23 février 2013

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L’islam d’Algérie disputé

Par Yacine Chabi, le 6 février 2013

Depuis l’annonce par l’association salafiste Essahwa de son intention d’investir le champ politique par la création d’un parti, les langues se délient dans la sphère religieuse en Algérie.

L’islam algérien se décline désormais sous plusieurs formes. Il y a l’islam «officiel», malkite et sunnite, revendiqué par le ministère des Affaires religieuses et qui est présenté comme «majoritaire». Mais ce constat n’est pas partagé par tous. En effet, chaque «groupe» ou «rite» revendique sa «singularité» et son existence. Des revendications qui se limitent, pour l’instant, à l’aspect confessionnel. De son côté, le ministère de tutelle tolère certains rites, comme l’Ibadhisme et ne voit pas en l’islam soufi ou celui des zaouïas un «danger». Par contre, le discours du ministre lui-même est plus radical à l’évocation du chiisme. Hier, il a accusé les réfugiés syriens de vouloir répandre le chiisme en Algérie. La semaine dernière, les médias nationaux ont rapporté le gros coup de filet des services de sécurité qui avaient démantelé un réseau chiite au sein des Scouts musulmans algériens. De l’aveu même du chef des scouts, des cadres de cette association seraient les «têtes pensantes» de cette mouvance «étrangère et nocive». Du côté de l’Association des oulémas, le président Abderrezek Guessoum voit en le salafisme un «danger immédiat». Pire, il considère que les Algériens «ont du mal à comprendre correctement la religion, ce qui les pousse à chercher d’autres formes de religiosité, y compris du côté d’autres rites considérés comme hérétiques». Pour lui, le salafisme est synonyme d’intégrisme.

Cela dit, les salafistes du mouvement Essahwa considèrent Abdelhamid Ben-Badis comme un «salafiste nationaliste», et le président de la Ligue nationale des zaouïas s’approprie l’héritage de Ben-Badis en affirmant publiquement qu’il était un adepte de la Rahmania. Bien que le débat se limite actuellement à la sphère médiatique, il risque de prendre des proportions politiques. Hier, le président du Sénat et actuel secrétaire général du RND s’est exprimé sur le sujet. Pour Abdelkader Bensalah, les réformes doivent concerner aussi la religion. Dans son allocution prononcée au nom du président de la République, à l’occasion de l’ouverture de la quatorzième semaine du Coran, il affirme que «l’émergence de nouveaux groupes ou rites religieux n’est due qu’à de simples divergences dans l’interprétation des textes», appelant les imams à renouveler ou à «moderniser» le discours des prêches en faisant la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la tolérance. Les lois algériennes consacrent le droit à la liberté de culte. Cependant, ces lois concernent la pratique d’une religion autre que l’islam. Il est peut-être temps d’élargir le débat religieux et d’adopter un islam pour tous, au risque de voir se propager le communautarisme religieux avec des conséquences sur la cohésion sociale.

Écrit par : Rachid Z | 23 février 2013

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«Certains oulémas sont au service de l'ingérence étrangère»

Le Temps d'Algérie, le 09 février 2013

«Il y a deux écoles d'oulémas (savants en religion musulmane) qui s'affrontent. L'école des oulémas qui servent les intérêts politiques de pays qui leur commandent des fetwas sur mesure, et l'école des oulémas qui ne se réfèrent qu'à leur conscience et au Coran», nous a déclaré le professeur Menas Mesbah, enseignant en sciences politiques et relations internationales.

Le professeur cite le cas de la Libye et de la Syrie. «Je cite l'exemple d'El Karadaoui qui avait émis une fetwa en direct sur la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, déclarant licite l'assassinat de Mouammar El Kadhafi. C'était un appel au meurtre. Une fetwa très dangereuse qui a créé une grande fitna en Libye.

C'est ça l'école des oulémas qui servent des intérêts politiques et qui émettent des fetwas sur commande», selon le professeur Menas Mesbah. «Il y a utilisation de l'islam, surtout de la part de la chaîne de télévision satellitaire qatarie Al Jazeera», a-t-il ajouté. «Il est vrai que Mouammar El Kadhafi a commis la faute de ne pas avoir institué un Etat répondant à la définition d'Etat, et ce n'est pas pour le défendre que je dis que l'islam politique est utilisé pour servir des positions politiques et des agendas», explique-t-il.

«Ce qui s'est passé en Libye se déroule actuellement en Syrie et là également, ce n'est pas pour défendre Bachar El Assad que je dis que c'est la même utilisation de l'Islam qui se produit. Un Islam politique caractérisé par des fetwas dangereuses émises par des oulémas au service de pouvoirs politiques», dénonce-t-il.

«A mon avis, les problèmes qui existaient en Syrie ne justifient pas ce qui se passe dans ce pays et les graves dérapages de certains oulémas, plutôt présentés comme prétextes pour arriver à des buts. C'est une ingérence dans les affaires internes des pays. Une ingérence à laquelle participent, sur commande, les oulémas au service de pouvoirs politiques à travers des fetwas qui créent une fitna dans ces nations», d'après le professeur Menas Mesbah.

«Nous assistons donc actuellement à une utilisation de la religion par certains pays à travers certains médias, dont la chaîne de télévision satellitaire qatarie Al Jazeera, pour servir des agendas dont l'ingérence dans les affaires internes des pays ciblés.

L'exemple de cette manipulation nous vient d'El Karadaoui, et la situation en Libye et en Syrie est la conséquence de fetwas dangereuses émises par ces oulémas», selon le professeur Menas Mesbah. «Il y a interférence d'intérêts et des oulémas y sont impliqués par certains pays», ajoute-t-il. «C'est très dangereux quand des oulémas font des fetwas autorisant une intervention militaire étrangère dans tel ou tel pays, comme cela a eu lieu en Libye», lance-t-il.

«L'Islam politique est apparu avant le printemps arabe»

«Il y a le rôle de la Turquie, du Qatar et de l'Arabie saoudite dans ce sens», selon le professeur Menas Mesbah. «Certes, il y avait des problèmes en Libye du temps de Mouammar El Kadhafi et il y a des problèmes en Syrie, mais ces problèmes ne devraient pas être réglés en armant l'opposition syrienne. Contrairement à ce que rapportent des médias occidentaux et autres, il n'y a pas de conflit entre les alaouites et les sunnites en Syrie.

Le président Bachar El Assad bénéficie toujours de la popularité de la majorité du peuple syrien. Des sondages ont fait ressortir qu'il bénéficie du soutien de 60% du peuple syrien», lance-t-il. Il ajoute d'autre part que «l'Islam politique est apparu avant le printemps arabe, comme en témoignent les cas soudanais et iranien. Les salafistes, eux, préfèrent retourner en arrière dans le temps au lieu de vivre leur époque.

Le printemps arabe a été dévié et les oulémas participant à la déstabilisation de pays peuvent être considérés comme agents au service de pouvoirs politiques qui leur commandent des fetwas servant leurs intérêts», selon le professeur Menas Mesbah. Ce dernier cite l'intervention de l'Otan dans le conflit armé en Libye.

«L'Otan devait cesser d'exister dès la fin de la guerre froide, et pourtant elle est toujours là», selon le professeur Menas Mesbah. Pour la revendication de la démocratie au cours de ce qui est qualifié de printemps arabe, il ajoute qu'«il ne faut pas faire dans l'imitation», expliquant que «la culture de la démocratie se bâtit en plusieurs siècles et non en quelques années». «Nous avons les exemples de l'Angleterre et de la France qui n'ont pas bâti une culture démocratique par hasard. Ces deux pays ont bâti cette culture sur plusieurs siècles», dira-t-il.

Écrit par : Rachid Z | 23 février 2013

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Ulémas : Construction historique et modes de recomposition de la citoyenneté

REPOTERS dz? le 09 février 2013

A la veille du Mouloud, au moment où les rues algéroises retentissaient de pétards bruyants pour marquer l’anniversaire du Prophète, se tenait non loin de la Place Addis-Abeba, plus exactement au centre d’études diocésain, rue des Glycines, une conférence sur un thème qui tombe à propos, mais, qui touche néanmoins un public averti et très restreint : «Construction historique et modes de recomposition de la citoyenneté en Algérie».

Ce travail de réflexion sur la citoyenneté est le fait de Mohamed Brahim Salhi, professeur en sociologie et anthropologie à l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Le Pr Salhi est docteur d’Etat ès lettres et sciences humaines (Sorbonne Nouvelle, 2004) et chercheur associé au CRASC (Oran). Il est l’auteur notamment d’«Algérie, citoyenneté et identité» (éditions Achab, 2010). Quelques idées clés structurent l’exposé : la notion de citoyenneté est une construction politico-culturelle qui se soucie de trancher la question de l’appartenance.

L’Etat définit l’appartenance

En plus d’avoir des droits et des obligations, on ne se conçoit pour ainsi dire citoyen que lorsqu’on appartient à une aire culturelle dûment identifiée et reconnue. On est donc citoyen parce qu’on se sent partie prenante du monde musulman, ou européen, du monde hispanique ou américain, etc. En réalité, les choses ne sont pas aussi simples. L’autre idée qui transparaît met en exergue le fait que l’appartenance est définie par des mécanismes politiques liés à l’Etat. «On ne peut séparer la construction de l’acception de la notion de citoyenneté du type de construction politique qui lui donne son socle et qui la porte. Il est principalement l’articulation avec la figure de l’Etat-providence», note le conférencier. Mais sous la stabilité apparente de l’Etat se cache la dynamique sociale qui est propre à remettre en cause le consensus sur la citoyenneté. «Cette notion n’est pas une notion statique, loin s’en faut, c’est une construction et une production historique qui varie d’un moment à un autre». Et d’ajouter «au sein même d’un ensemble national, à un moment donné, on peut avoir des mouvements contraires».

Les conflits redéfinissent la citoyenneté

Alors même que nous avons réalisé des avancées, on peut avoir des choses qui tirent en sens contraire et qui construisent une espèce d’antidote de la citoyenneté. Mohamed Brahim Salhi avance cette autre idée : la notion de citoyenneté peut connaître une mutation profonde dans les moments de conflits «qu’ils soient de type identitaire ou de type politique». «C’est à ce moment-là, ajoute-t-il, que l’on peut constater comment dans une société à un moment donné, on répond à des questions essentielles ayant trait à la construction de la notion de citoyenneté». Et Salhi de soutenir que c’est dans les moments de crise qu’on répond à des questions comme «qu’est-ce qu’être soi ?», «comment tenir ensemble dans la diversité ?», «comment ne pas tenir ensemble et agir d’une manière exclusive ?».

Le conférencier relève le sens largement galvaudé, sous la latitude algérienne, de la notion de citoyenneté, tout en faisant la distinction entre le sens formel et le sens réel auquel elle fait référence. On en déduit de son propos que cette notion est dans le même rapport à la réalité que la notion de «démocratie» avec laquelle elle rentre en résonance. Le sens formel de la citoyenneté, largement répandu du reste, rappelle l’orateur, «est fondé sur un certain nombre de droits civiques, politiques et sociaux». C’est la Révolution française qui a forgé ce principe devenu aujourd’hui basique.

La citoyenneté, legs colonial

Mais, c’est à l’intérieur de la formation coloniale que les élites algériennes découvrent la modernité. Une modernité qui paraît dès le départ piégée, puisque les nouveaux conquérants imposent «une version scandaleuse de la citoyenneté». Pour autant, la version initiale fut élaborée durant la Révolution française. Celle-ci promeut la citoyenneté républicaine en l’adossant à l’Etat, lequel «définit ce qu’est un citoyen, l’appartenance, ainsi que la langue de la nation». Ce type de «citoyenneté fait émerger un individu détaché des liens de types obligatoire et communautaire». Salhi oppose l’approche républicaine de la citoyenneté, qui est celle des Français, à l’approche anglo-saxonne.

L’approche française d’essence jacobine consacre «l’unification d’un peuple autour d’un certain nombre de principes, comme la nation une et indivisible, un peuple un et indivisible, une seule langue». L’approche anglo-saxonne, quant à elle, si elle unifie comme la française, n’en opère pas moins «autour d’un principe qui consiste à laisser la latitude aux particularités de type ethno-religieux de s’exprimer et d’exister telles qu’elles sont, mais sous le chapeau unificateur de l’Etat». Cette conception favorise le fédéralisme que les Anglais ont ancré dans cette partie de l’Afrique qui fut sous leur domination. Cela étant, la version scandaleuse de la modernité s’appuie tout au long du 19e siècle sur des idéaux de la Révolution française, mais «décontextualisés». Son objectif, explique Salhi, est de «déstructurer complètement la société algérienne». La domination française s’installe avec comme «point de mire, le démantèlement des structures religieuses, qui organisaient une grande partie de la société». Les colons soumettent les Algériens à la loi de la «citoyenneté ségrégative, l’Algérien n’étant pas citoyen au sens des droits et des obligations». En revanche «l’Européen est citoyen au sens des droits que l’on donne au citoyen dans la version originale».

Les Ulémas s’approprient le jacobinisme

«C’est l’opposition à la colonisation, dans le cadre du mouvement national, qui va retourner ce schéma». Le processus de réappropriation de la notion de la citoyenneté va poser le postulat du droit des Algériens à faire de la politique, à jouir de leur liberté, à s’organiser comme ils l’entendent et à s’exprimer librement. Salhi souligne la modernité qui caractérise le mouvement des réformistes badissiens. La revendication de la citoyenneté qu’ils vont introduire reposera désormais sur le «contrat politique» en optant pour la constitution d’associations, ce qui traduit une rupture avec l’organisation traditionnelle (tribus, clans). A partir de ce moment, les Algériens vont investir encore d’autres formes d’associations comme les partis et les syndicats. «Les ulémas réformistes sont des modernisateurs», soutient le conférencier. Outre l’association qu’ils adoptent comme principe d’organisation, «leur point fort est incontestablement l’éducation» qu’ils dispenseront sous forme moderne, en «rupture avec les écoles coraniques et leur méthode». On retrouve «l’enseignement de l’histoire et de la géographie, et il faut signaler aussi le fait que les medersas réformistes sont ouvertes aux filles».

Et Sahli d’ajouter : «Les choses vont bouger par la suite, et c’est là que va pointer quelque chose d’important en matière de construction politique, c’est l’aspiration à la construction d’une nation et d’un Etat national souverains». En dépit du fait que cette notion de citoyenneté soit remaniée, «réappropriée, remâchée, retraduite tout au long du mouvement national et après l’indépendance», la version scandaleuse resurgit. Salhi rappelle les «débats houleux et brûlants des années 1990» sur la «modernité et la démocratie», notions dénoncées comme appartenant à «l’étranger et à l’Occident». Pour le conférencier, «le réformisme sera jacobin dans le sens où il a prétendu unifier autour d’une seule langue qui est aussi une langue liturgique, sur le primat du religieux où il n’y a pas de place pour les diversités». A la question du «comment être soi ?» et «qu’est-ce que c’est qu’être soi ?», la réponse des Ulémas fut axée principalement sur une donnée ethno-religieuse : soit être « musulman », soit être «arabe». Pour le professeur, «il est clair qu’il faut remettre cette réaffirmation dans son contexte historique». Il y voit «une façon de réaffirmer sa différence». Néanmoins, le conférencier dit avoir décelé dans la littérature des ulémas quelque chose qui trahit une hésitation quant à la définition de l’identité. Selon lui, «il y a eu des moments de polémique dominés par la prudence où les choses étaient moins incisives et où l’on a soulevé la question de la diversité, à savoir que l’Algérie n’est pas seulement arabe, mais aussi amazighe».

Apolitisme des Ulémas

Salhi bat en brèche l’idée selon laquelle il y aurait une continuité entre les réformistes badissiens et les mouvements de l’islam politique apparus dans les années 1980 et 1990. «Je crois que la continuité n’est pas attestée.» «Par contre, a-t-il noté, il y a eu des personnalités, qui, du fait de leur trajectoire, ont pu côtoyer les Frères musulmans en Egypte et qui ont été influencées par leur rigorisme». Pour lui, «cela a existé, mais n’a pas été quelque chose de dominant chez eux». L’orateur souligne que les réformistes se distinguent par «une espèce d’apolitisme». Et de rappeler que «l’association des ulémas réformistes n’a pas présenté de candidats aux élections», ajoutant qu’«elle a pris une distance par rapport à l’action politique proprement dite». Sahli relève «une alliance bien soudée entre l’association des ulémas et l’Union démocratique du manifeste algérien (MTLD) de Ferhat Abbas, qui est en fait l’expression politique dans laquelle se retrouvent les réformistes». Et d’ajouter : «On ne décèle pas chez les ulémas, c’est important de le souligner, sauf dans certaines expressions et au niveau de certaines personnalités, jamais en tant que groupe, de prise de position par rapport à l’Etat», enchaînant qu’à cette période, «on n’a pas évoqué, contrairement à ce que j’ai pu lire, un Etat fondé sur la religion, ce qu’on appelle aujourd’hui l’Etat islamique. Je ne trouve pas, a-t-il ajouté, chez les réformistes de traces textuelles bien qu’ils réaffirment que les valeurs religieuses de l’islam sont un socle important sur lequel repose la société».

Les nationalistes adoptent le point de vue des Ulémas

Le professeur Salhi note que «la notion de l’appartenance a été définie par les ulémas réformistes» et qu’ils «l’ont élaborée, mais aussi imposée dans le champ politique de façon générale». Selon lui, «la majeure partie des élaborations réformistes relatives à l’appartenance va traverser de bout en bout le mouvement national, et ce sont elles qui répondent à la question de : comment être algérien ?’’» Le courant du nationalisme radical incarné par le Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, qui à son tour enfantera le FLN en 1954, reprendra à son compte la définition ulémiste. Le conférencier nuance cependant : «Il n’est pas évident, affirme-t-il, que dans l’approche nationaliste, le référent religieux soit toujours articulé avec la pensée réformiste». Et d’ajouter : «C’est possible, mais en général, les militants nationalistes du fait de leur proximité avec les confréries sont influencés plutôt par l’islam de type confrérique». Salhi cite les cas de Messali Hadji (issu de la darquaouiyya), de Krim Belkacem et de Hocine Aït Ahmed (de la rahmaniyya). Mais note Salhi : «On retrouvera de façon assez significative dans le nationalisme radical la réponse réformiste aux questions ‘’comment être algérien’’ et ‘’qu’est-ce qu’être algérien ?’’». Et de relever, «ça va beaucoup plus loin. Ce qui se dessine dans le projet nationaliste, bien qu’en pointillé, c’est déjà la figure de l’Etat et de l’Etat national». Les nationalistes font tout simplement leurs «l’unification des référents politiques et le refus des diversités politiques», assumant à leur tour une approche assez jacobine de la nation».

Crise berbériste ou le syndrome de la sédition

L’obsession de l’unité qui se développe autour de la définition de l’appartenance et de la citoyenneté aura pour effet, souligne Salhi, d’introduire le syndrome de la sédition. «Ce qu’on a appelé la crise berbériste de 1949 est un point de départ qui révèle cette peur de la sédition et ce besoin à la fois d’unifier autour de soi et d’être exclusif par rapport à d’autres élaborations de la citoyenneté.» Salhi tranche d’une manière péremptoire : «Il n’y a pas eu de crise berbériste, la contestation de 1949 fut menée par des cadres militants du PPA, qui avaient une vision très lucide du contrat politique qui leur est proposé pour l’avenir. Leur plate-forme de contestation est axée justement sur la question de la non centralité du religieux dans la définition de l’appartenance.» Ces contestataires ont défendu, explique le conférencier, «le principe du vivre-ensemble dans la diversité à la fois linguistique et religieuse». Cette contre proposition «sera combattue d’une façon très vigoureuse et stigmatisée comme crise berbériste, parce cela indique bien qu’à ce moment-là, dans la pensée politique des nationalistes, ceux qui se réfèrent à un berbérisme sortent des catégories ethno-religieuses telles qu’elles sont définies à la fois par les nationalistes et les réformistes». Pour Salhi, «la meilleure manière d’évaluer avec précision ce qui s’est passé, c’est de lire tout simplement leur plate-forme politique», en ajoutant qu’«on ne voit pas très bien où est le berbérisme». Pour lui, la création du PPK (parti du peuple kabyle) qu’on avait attribuée à ce mouvement d’opposition à la ligne officielle du PPA n’était qu’une accusation sans fondement.

Une conception hybride de la citoyenneté

Tout compte fait, la conception de la modernité politique dans sa variante nationaliste est une conception «hybride», relève Salhi. Mêlant des facteurs ethno-religieux à un jacobinisme inspiré du modèle républicain, cette approche, affirme le conférencier, ne saurait être «ramenée au modèle anglo-saxon parce que précisément celui-ci ne se construit pas sur le principe de l’unification, mais sur le principe de fédérer des diversités, y compris en termes de territoires et de nation». Aux côtés de ces deux grands courants du mouvement national que furent les nationalistes radicaux et les réformistes, on retrouve un courant perçu par d’aucun comme étant libéral, c’est celui que véhiculent l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas et le Parti communiste algérien (PCA). Ce courant défendra un projet de la citoyenneté également proche du modèle républicain, mais il présente cette caractéristique de «favoriser le vivre-ensemble de toutes les catégories de la population résidant en Algérie, Algériens et Européens ; la cohabitation des religions même s’il réaffirme l’appartenance à l’islam». Salhi relève que le courant de Ferhat Abbas se distingue des autres en ceci qu’il «réaffirme le principe de l’existence d’une différence en reconnaissant les autres diversités qu’elles soient linguistiques, religieuses et ethniques, admettant que les Algériens puissent être Arabes ou Berbères, et cohabiter avec les Européens». Et Salhi d’ajouter : «Il pensait sincèrement que le modèle républicain offrait des outils qui pouvaient permettre d’arriver à une construction politique qui mettrait fin aux inégalités et ségrégation.» Mais l’élaboration de Ferhat Abbas «assez forte» fut mise en échec par la colonisation. Quant au PCA, il représente une autre variante en ce sens qu’il avait regroupé une base militante mixte formée autant de militants européens que d’Algériens», rappelle le conférencier.

La guerre institue le fraternalisme

Pour Salhi, «ce qui se met en place et qui va être institué par la guerre de libération avant d’être formalisé, c’est moins un contrat politique fondé sur un lien citoyen qu’une mobilisation politique de type émotionnel et fusionnel». Il voit dans l’insistance sur la «fraternité» de combat quelque chose qui cache mal une fraternité à connotation religieuse et une fraternité puisée dans le modèle patriarcal et agnatique. «Quand il y a fraternité, il y a frères et sœurs», fait-il observer non sans relever que dans ce cas, «la fraternité gère la loyauté politique, minimise ou marginalise les conflits de loyauté». Et d’ajouter : «Quand on est frère et sœur, l’aîné est le tuteur des petits frères et des petites sœurs. Il y a donc fusion comme dans le modèle familial, ainsi que dans le modèle religieux, lequel réfère à la figure de la nation infinie, la Umma.» D’après le conférencier, la domination coloniale contraint les réformistes à réaffirmer la construction d’un Etat national, dont la vision est habitée par «la Umma, grande nation infinie non territorialisée, très fraternelle, très fusionnelle et très émotionnelle». L’Algérien est défini principalement comme croyant, musulman. Il apparaît baigné dans un univers dominé par une relation fusionnelle et de fraternité et, de ce fait, sa position est forcément celle d’un individu placé sous tutelle, parce que les racines profondes de ce fraternalisme plongent dans le système agnatique et patriarcal. Sur le plan émotionnel, cela renvoie à des racines plutôt religieuses. Et Salhi de noter : «Le premier moment instituant ce modèle coïncide avec la période de la guerre de libération. La guerre va fonctionner comme un principe de l’unification des catégories, de la réactivation du fraternalisme et du syndrome de la sédition.»

Le fraternalisme survivra à la guerre

Salhi relève dans le discours des élites politiques, et ce, jusqu’à 1988, l’utilisation des termes «chers frères, chères sœurs». Selon lui, après 1988 «chers citoyens, chères citoyennes» relègue parfois en seconde position le «chers frères, chères sœurs». A ses yeux, «les luttes pour le droit des femmes dans les années 1990 et la revendication de l’abrogation du Code de la famille ne sont pas un détail», mais c’est quelque chose qui a explosé en pleine figure d’un régime qui se plait dans sa position de gardien de l’ordre patriarcal.

Écrit par : Rachid Z | 23 février 2013

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