21 février 2013

Migration par mariage des Turcs en Belgique

Migration par mariage des Turcs en Belgique

Marie Damman, le 20 février 2013

La Fondation Roi Baudouin publie son rapport sur l'état de la migration par mariage vers la Belgique de la population venant de la région d'Emirdag, en Turquie.

Le mariage semble être le moyen principal pour émigrer légalement depuis que la migration par la travail a été interdit en 1974. Entre 2008 et 2011, Emirdag était la deuxième région où une partie de sa population s'expatrie par le mariage. Pour contrer ce phénomène, la Belgique avait durci ses lois d'immigration (le demandeur doit avoir plus de 21 ans, bénéficier du revenu d'intégration sociale,...).

Les émigrés interrogés sont principalement des jeunes mariés, en attente de leur départ, des parents qui voulaient rejoindre leurs enfants mariés en Belgique et des jeunes qui s'inscrivent à l'université. Dans les cinq communes bruxelloises (Saint-Josse-Ten-Noode, Scherbeek, Bruxelles, Anderlecht et Molenbeek-Saint-Jean) où vit une importante population turque, les émigrés viennent principalement de la région d'Emirdag. Des discussions ont également eu lieu avec des animateurs qui travaillent avec cette partie de la population, à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre, ainsi qu'avec des Turcs vivant en Belgique.

Sur le long terme, l'étude montre plutôt une régression du phénomène de migration par mariage. Ce serait dû au fait que la Turquie se développe économiquement alors que l'Europe, elle, régresse. Néanmoins, la pratique reste commune. La Belgique est imaginée comme un eldorado pour les Turcs. Ils voient leurs compatriotes rentrer chaque été au pays, apportant des objets de valeurs, conduisant une voiture de luxe...Ce phénomène les incite à faire de même.

Les Turcs de Bruxelles vivent en communauté dans certains quartiers de la capitale. Il est ainsi plus facile d'unir des Turcs de Belgique avec ceux restés au pays et de faire ensuite une demande de regroupement familial.

Notons néanmoins que grâce aux nouvelles technologies, les jeunes ont aujourd'hui plus de chances de pouvoir effectuer un choix personnel en ce qui concerne leur futur partenaire. En effet, ils peuvent désormais faire connaissance sur les réseaux sociaux avant de se rencontrer physiquement. Une évolution qui se couple également à une prise de conscience des risques qui attendent les nouveaux arrivants dans leur pays d'accueil : divorces, problèmes économiques, intégration difficile,...

Malgré ça, les candidats restent mal informés avant leur départ et considèrent toujours la Belgique comme un eldorado. Les migrants ne se rendent compte de la réalité qu'une fois sur place. Des solutions ont évidemment été proposées, comme le fait d'organiser des vacances en Belgique, des programmes d'échanges entre les deux pays pour que les jeunes puissent voir de leur propres yeux les difficultés rencontrées par leurs pairs en Belgique. Une meilleur communication doit également être établie entre les deux pays : informer sur le marché du travail, sur le système d'éducation et santé et aider à l'apprentissage du français avant leur départ. Pour favoriser l'information, des activités concrètes pourraient voir le jour: débat, films, théâtre... La culture belge devra se trouver une place en Turquie.

En général, les mariages se concrétisent après cinq mois, ce qui laisse peu de place à l'éducation au pays d'accueil. Inciter les Turcs à la réflexion pourrait dès lors leur permettre de réfléchir sur la migration par mariage. Ceux qui ont déjà concrétisé leur départ regrettent en effet de ne pas avoir pu être préparés à la vie sur place.

13:09 Écrit par Rachid Z dans Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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