16 février 2013

Les élections italiennes se joueront-elles une fois encore à l’étranger ?

Les élections italiennes se joueront-elles une fois encore à l’étranger ?

Communiqué de presse             

Université de Liège, le 15 février 2013

Lors des élections législatives du 24 et 25 février prochain, 3 millions d’électeurs italiens résidant à l’étranger seront à nouveau invités à élire 6 sénateurs et 12 députés qui, comme eux, sont des Italiens de l’étranger. Ces élus siègeront à Rome aux côtés des autres parlementaires élus par les 45 millions d’électeurs Italiens vivant sur le territoire national. En 2006, la coalition de centre-gauche emmenée par Romano Prodi s’était imposée sur le fil en remportant plus de sièges dans les circonscriptions de l’étranger que la coalition de Silvio Berlusconi. Alors que les sondages annoncent des élections plus serrées que prévu, on ne peut pas écarter la possibilité que les Italiens de l’étranger fassent à nouveau la différence entre les deux grandes coalitions en 2013. Pour cette raison, la campagne italienne bat aussi son plein à l’étranger afin d’attirer, par exemple, les voix des 400.000 Italiens d’Argentine ou des 150.000 électeurs vivant en Belgique.

La participation politique à distance des émigrés italiens pose une série de questions. Est-il acceptable que l’élection italienne soit potentiellement décidée par des électeurs qui ne vivent plus dans le pays ? L’absence de contrôle des campagnes et des opérations électorales à l’étranger n’est-elle pas un danger pour la démocratie italienne ? Ces questions sont au cœur même du projet de recherche de Jean-Michel Lafleur, chercheur qualifié FRS-FNRS et chercheur au CEDEM (Centre d’études de l’ethnicité et des migrations) à l’Université de Liège. Il publie un nouvel ouvrage en anglais aux éditions Routledge intitulé «Transnational politics and the State. The external voting rights of diasporas». (Le transnationalisme politique et l’Etat. Le droit de vote à distance des diasporas).

Dans cet ouvrage, Jean-Michel Lafleur s’intéresse au droit de vote à distance des émigrés et aux raisons qui poussent les Etats d’origine à octroyer ce droit. En juste deux décennies, le vote à distance s’est généralisé au point de devenir un standard adopté par une grande majorité d’Etats dans le monde. En analysant différents cas d’études, il met le doigt sur les risques que présente cette pratique pour le fonctionnement démocratique. Toutefois, l’ouvrage insiste également sur les potentialités qu’elle offre en termes de représentation démocratique et démontre qu’elle peut permettre aux Etats de resserrer les liens avec leur population expatriée. En effet, dans une économie globalisée où il est impératif d’ouvrir des marchés à l’étranger, ces liens transnationaux peuvent s’avérer être un atout économique majeur pour les pays d’origine.

Cet ouvrage démontre par conséquent que la généralisation du droit de vote à distance des émigrés dans différentes parties du monde n’est pas l’effet du hasard. Elle participe d’une volonté des Etats de garder le contact avec leurs expatriés. Cette pratique n’étant pas sans risque, l’ouvrage dresse une série de recommandations afin de préserver le bon fonctionnement démocratique des Etats tout en assurant une réponse appropriée au souhait légitime des émigrés d’être représentés dans leur pays d’origine.

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