13 février 2013

Domination raciste: Des colonies aux quartiers

Domination raciste

Des colonies aux quartiers

Anarkismo, le 12 février 2013

L’héritage colonial des politiques sécuritaires menées aujourd’hui dans les quartiers populaires se manifeste dans les stratégies de maintien de l’ordre, avec la réactivation de la figure de l’«ennemi intérieur».

De nombreux éléments sécuritaires issus de l’héritage colonial sont parfaitement appliqués et transposés sur le territoire national, plus spécifiquement dans les quartiers dits populaires (QP). Il s’agit de faire peser sur ces quartiers une surveillance policière de tous les instants, à travers un quadrillage serré et une multiplication des contrôles. Cette répression est directement inspirée du modèle colonial. Aujourd’hui, comme au temps des colonies, il s’agit de pacifier, de reconquérir des territoires, d’éduquer des sauvageons ou des barbares, de les adapter à nos dispositifs forcément «civilisés».

La guerre coloniale comme référence

Les pratiques politiques, policières, voire législatives font clairement référence au contexte colonial, dans une perspective de guerre préventive : contrôles au faciès répétés, couvre-feu, interdiction des rassemblements dans les halls d’immeubles, pénalisation et sanctions financières pour les parents de jeunes considérés comme «déviants». Toute contestation des habitantes et habitants des quartiers est aussitôt dépolitisée, racisée et criminalisée.

Il s’agit bien là d’une législation d’exception. La pensée sécuritaire a été alimentée à partir de la reformulation de dispositifs de contrôle conçus pour la guerre coloniale. La construction de l’immigration et des quartiers populaires comme un danger participe de la représentation d’une menace globale, autorisant la promotion d’un contrôle sécuritaire et militarisé total. Mathieu Rigouste démontre comment les discours et les termes de la guerre coloniale sont utilisés comme référent technique de la pensée sécuritaire, entre reconduction pure, reformulations et réagencements [Mathieu Rigouste, "La domination policière, une violence industrielle"].

Les modèles actuels de politiques d’intervention (jusqu’aux pratiques de guerre psychologique) trouvent par exemple leurs racines dans la bataille d’Alger. Le fantasme de nouvelles menaces légitime des dispositifs de surveillance extrêmes, en terrorisant la population, la faisant vivre sous pression constante. Les institutions (école, medias…) viennent appuyer ces derniers en pratiquant un conditionnement psychologique visant à préparer les mentalités, à leur faire accepter un esprit de défense contre des menaces fabriquées.

Cette reproduction et la restructuration des mécanismes coloniaux de maintien de l’ordre servent à affirmer la domination policière sur une population en situation d’apartheid social.

S’organiser face à la violence d’État

Une mémoire des luttes s’est construite à travers les confrontations avec la police. Les trente dernières années sont marquées par l’embrasement récurrent des QP, des «rodéos des Minguettes» en 1981 jusqu’aux émeutes de novembre 2005. Ces mouvements de révolte ont mis en évidence le recours systématique et disproportionné à la fermeté et au contrôle. Le renforcement du dispositif sécuritaire et du pouvoir des policiers, conforté par dix ans de sarkozysme, nous appelle à nous positionner contre la gestion colonialiste des quartiers. Il s’agit de manifester notre solidarité avec les victimes de violences policières, celles et ceux qui subissent la répression, et de soutenir toutes les victimes de discriminations. Ce que nous révèle le traitement des QP, c’est la nature profondément raciste de l’État français, de droite ou de gauche.

Commentaires

BELGIQUE : STOP aux violences policières : 2ed. Manifestation contre les brutalités policières

STOP aux violences policières

Dans le cadre de la Journée Internationale contre les brutalités policières, la Campagne Stop Répression de la JOC appelle à une manifestation unitaire contre les violences policières. Cette manifestation fera écho aux nombreuses mobilisations en Belgique, en Europe et dans le monde contre la répression et la brutalité policière.

Les gouvernements répondent à la crise par toujours plus d’austérité. Le désespoir et la peur servent à leur tour à justifier toujours plus de police, plus armée et donc plus de violence. Avec les outils de surveillance et de contrôle, la répression permet de criminaliser les mouvements sociaux. L’austérité et le tout sécuritaire alimentent donc un cycle de violence sans fin.

Des syndicalistes poursuivis au jeune brutalisé à Montgomery, en passant par les anti fascistes tabassés à Trône, les cas de violences et les abus se sont multipliés l’année dernière.L’impunité de la police reste totale. Malgré les enquêtes annoncées à grand coups de conférences de presse, les victimes se voient privées de la vérité et de la justice qui leur reviennent de droit.

Souvent, elles se retrouvent elles-mêmes criminalisées et poursuivies. De l’accusation de rébellion à l’amende administrative, les outils répressifs de l’Etat se multiplient et avec eux l’arbitraire et la violence. Et la police qui devait protéger le citoyen devient un outil de peur dont chacun se méfie.

De Bruxelles, à Londres en passant par Athènes, de l’Indonésie au Canada, partout les gens résistent et amènent des revendications de respect, de justice et de vérité. Parce que chaque violence est un abus.

La Journée Internationale contre les brutalités policières est née en 1997 à l’initiative du COPB (Collectif Opposé à la Brutalité Policière), un collectif basé à Montréal, au Canada. En 2012, elle fut l’occasion d’une première manifestation qui a rassemblé plus de 500 personnes à Bruxelles. La campagne « Stop Répression » de la JOC et les organisations signataires de cet appel manifesteront le vendredi 15 mars 2013 à 18h à contre la brutalité policière et toutes les répressions, ici et ailleurs !

Pour toutes les organisations qui veulent être signataires avant début février :

Thomas Englert - jocbruxelles@joc.be - 0479/329541 ou stop.repression.be@gmail.com

Manifestation à l’initiative de la JOC

Avec le Soutien de :

Ligue des Droits de l’Homme
Jeunes CSC Bruxelles
Equipes Populaires (EP)
Metallurgistes Wallonie Bruxelles (MWB)
Ecoloj
Jeunes FGTB
Etudiants FGTB
Vonk/Revolution
Parti Socialiste de Lutte –Linkse Socialistische Partie (PSL-LSP)
Etudiants de Gauche Actifs- Actief Linkse Studenten (EGA-ALS)
ASBL Égalité Sans Guillemets (ESG)
FGTB Charleroi Sud Hainaut
FEWLA (soutien actif à la lutte du peuple Mapuche)
Ligue Communiste Révolutionnaire – Socialistische ArbeidersPartij (LCR-SAP)
ProJeuneS
Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS)
Centre d’Education Populaire André Genot (CEPAG)
Comité Action contre l’austérité Européenne (CAE)
Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM)
MIR IRG/ AGIR pour la paix
CJC
Jeunes Anti Capitalistes (JAC)
Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD)
Jeunes CSC Brabant Wallon
Initiative de solidarité avec la grèce qui résiste
Arlac ASBL
JOCf
Comac
Ligue Communiste des Travailleurs (LCT)
Parti du Travail de Belgique (PTB)

Écrit par : Rachid Z | 13 février 2013

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Les enseignant-e-s gazé-e-s à la manifestation pour l’école ! C’est inacceptable !

SUD Education, le 13 février 2013

Le 12 février, la grève contre le projet de loi d’orientation sur l’école, pour l’abrogation du décret « rythme scolaire » et pour une école émancipatrice a été massivement suivie partout en France. Comme le 22 janvier, la mobilisation régionale a atteint des chiffres records à Paris. Plus de 10.000 personnes ont notamment manifesté leur opposition au décret sur les rythmes scolaires.

En fin de parcours, le cortège pacifique réunissant enseignants, parents et enfants a été dispersé à l’aide de gaz lacrymogènes !

Pour SUD éducation, comme pour toutes les personnes présentes hier, c’est l’incompréhension et la stupeur !

Alors que les manifestantes déterminées scandaient des slogans dans une ambiance pacifique, ils ont été victimes d’une inqualifiable agression de la part des forces de l’ordre.

Le matin même, lors d’une manifestation de travailleurs de Goodyear contre les licenciements, le gouvernement a envoyé 600 CRS qui ont aussi utilisé les gaz lacrymogènes.

Est-ce la conception que le gouvernement a des négociations et du dialogue social ?

La Fédération SUD éducation est scandalisée par ces méthodes indignes, elle condamne le recours aux méthodes de répression et demande au gouvernement de s’expliquer publiquement.

Écrit par : Rachid Z | 13 février 2013

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