08 février 2013

Rassemblement de protestation devant l’Ambassade de Tunisie à Bruxelles

Rassemblement de protestation devant l’Ambassade de Tunisie à Bruxelles

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Nous apprenons avec une profonde tristesse et une grande colère l’assassinat d’une grande figure de la gauche tunisienne, d’un militant politique et de la société civile et de la lutte contre la dictature, Chokri BELAID.

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses camarades et frères de lutte et à tout notre peuple.

Nous dénonçons avec énergie et avec la plus grande fermeté cet acte criminel et toutes les formes de violences qui veulent déstabiliser notre pays et semer la division dans les rangs de notre peuple.

Nous imputons la responsabilité politique de l’ampleur de cette violence au gouvernement et plus particulièrement au Ministre de l’Intérieur qui a la sécurité du pays et des citoyens dans ses attributions, et pour cette raison, nous exigeons sa démission immédiate.

Nous appelons toutes les forces démocratiques et patriotiques et les composantes de la société civile et au peuple tunisien à la plus grande vigilance et à la nécessité de demeurer unis face aux périls qui guettent notre société.

Nous devons par cette unité barrer la route à tous ceux qui essayent d’entraver le processus démocratique et la réalisation des objectifs de la révolution tunisienne.

Nous appelons la communauté tunisienne, les composantes de la société civile et tous les amis de notre pays de se rassembler

Ce samedi 9 février 2013 à 12h00 devant l’Ambassade de Tunisie à Bruxelles, Av. de Tervuren, 278 1150 Bruxelles.

Non à la violence politique et non à l’impunité

Pour la poursuite de toutes les forces impliquées directement dans les atteintes à la liberté d’expression, d’organisation la vie des militants

LES PREMIERS SIGNATAIRES :

Conseil de défense de la révolution tunisienne

Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie

Association des Démocrates tunisiens au Benelux

23:25 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Ambassadeur de Tunisie en France : "La situation est critique et complexe"

Propos recueillis par SIHEM SOUID, le 08 février 2013

Comment analysez-vous la situation de la Tunisie après l'assassinat de Chokri Belaïd ?

Adel Fekih : Nous sommes dans une situation critique et complexe. L'Assemblée constituante, élue par le peuple, est seule légitime aujourd'hui. Elle devait parvenir à établir une nouvelle Constitution au mois d'avril. Je pense que les délais ne seront pas respectés étant donné l'évolution critique à laquelle nous devons faire face. Il faut espérer que les partis politiques prendront des mesures courageuses. Ils doivent faire des concessions, et notamment le parti majoritaire Ennahda. Il porte une grande responsabilité sur l'évolution en cours. Son comportement peut faire basculer la transition démocratique vers le succès ou l'échec.

Le gouvernement semble totalement bloqué ?

La coalition gouvernementale ne paraît plus être à la hauteur des enjeux et se doit de se renouveler, comme le propose d'ailleurs Hamadi Jebali. Il est clair que les intérêts sont divergents au sein de la coalition entre Ennahda et les partis laïques. Chacun devrait avoir comme objectif le bien de la population, et non pas les intérêts partisans de sa propre formation. Pour rassurer une large majorité, Ennahda ne devrait plus être aux commandes des ministères régaliens comme l'Intérieur, la Justice ou les Affaires étrangères. Le parti majoritaire devrait accepter que des personnalités indépendantes soient nommées à ces fonctions, comme le réclame l'opinion publique tunisienne depuis des mois.

Comment répondre à la violence politique ?

La réponse est sécuritaire en partie. Contrairement à ce que l'on entend ici ou là, les effectifs de la police et de l'armée ont été renforcés. Les Ligues de protection de la révolution sont parfois à l'origine d'actes de violence, elles devraient être dissoutes, comme le demandent plusieurs partis politiques.

Il faut distinguer deux aspects dans l'assassinat de Chokri Belaïd. L'enquête déterminera les responsabilités matérielles. Ensuite, l'opinion publique se pose légitimement la question des responsabilités politiques. Et là, Ennahda est visé. Ce parti est accusé de faire obstacle à une justice transitionnelle indépendante, et le remaniement ministériel prévu depuis plus de six mois a été bloqué à cause du refus d'Ennahda d'accepter cette demande de ses partenaires de la coalition. Il y a aussi des discours de violence dans certaines mosquées avec des imams dont le prêche est très virulent et politisé. Ils appellent à tuer certaines personnalités. Je ne comprends pas pourquoi on n'arrive pas à les neutraliser. Un appel à la violence doit être condamné fermement judiciairement et institutionnellement.

Quelle solution politique faut-il envisager pour faire reculer la violence ?

Nous devons effectivement trouver des réponses politiques. Le climat politique doit être apaisé. Il faut gouverner de manière plus consensuelle. Il doit y avoir une unité nationale. Toutes les forces politiques doivent regarder dans la même direction. La classe politique doit être plus responsable. Elle doit voir l'intérêt des Tunisiens avant leur intérêt partisan. Nous sommes dans une situation de transition, donc de fragilité. Dans l'histoire, des alliances politiques "contre nature" ont pu fonctionner, par exemple en France après la Seconde Guerre mondiale, entre gaullistes et communistes. C'est donc possible en Tunisie.

Se dirige-t-on vers une situation comme l'a connue l'Algérie après 1992 et l'interruption du processus démocratique ?

J'espère que non. Il faut tout faire pour l'empêcher. Nous n'avons pas la même histoire que l'Algérie et le contexte du changement après la chute de la dictature de Ben Ali n'est pas le même que celui où une armée interrompt des élections, sans porter de jugement sur cette période complexe vécue par les Algériens. En revanche, on doit s'inquiéter de la montée de la violence. Les partis politiques doivent prendre leurs responsabilités. Ils doivent acquérir la confiance des Tunisiens.

Écrit par : Rachid Z | 08 février 2013

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L’Islam tunisien se rebiffe face au wahabisme

Par Hatem Bourial le 08 février 2013

La déclaration de Othman Battikh, mufti de la République tunisienne a retenu l'attention aussi bien de l'opinion locale que des médias internationaux qui y voient non seulement un sens humaniste mais aussi une réaction renaissante de l'Islam tunisien historiquement pétri de la tolérance caractéristique de la pensée malékite.

En substance, après le meurtre de Chokri Belaid, le mufti Battikh a déclaré que tuer un être humain est proscrit par toutes les religions. Cette déclaration trouve toute sa mesure dans notre environnement actuel marqué par des imams autoproclamés qui délivrent des fatwas meurtrières et d'autres teintées du sceau du fanatisme le plus primaire.

Plus largement, les propos du cheikh Battikh peuvent être considérés comme un retour de flamme de l'Islam malékite qui reprend vigueur et devrait s'opposer au radicalisme wahabite qui déferle sur le Maghreb, fort d'un trésor de guerre en pétrodollars et d'une nomenklatura locale acquise à ses vues.

Cette déclaration augure-t-elle d'une reprise en main des mosquées tunisiennes ? Les prochains jours devraient en tous cas confirmer le retour à la responsabilité de la part de pouvoirs publics qui ont toléré l'anomalie jusqu'à l'irrémédiable meurtre d'un leader politique sur fond d'agressions généralisées au nom de la religion telle qu'elle est comprise par les fondamentalistes d'un Islam qui n'a jamais été et ne sera jamais le notre.

Écrit par : Rachid Z | 09 février 2013

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A qui profite le crime ?

Par Salah Oueslati, le 8 février 2013

Alors que l'enterrement de Chokri Belaïd a lieu ce vendredi 8 février, l'heure est au bilan et à la recherche des responsables de la mort de cet opposant laïc assassiné le 6 février.

Pourquoi assassiner Chokri Belaïd, alors qu'a priori son parti ne constitue nullement un concurrent électoral de premier plan à Ennahda [parti islamiste au pouvoir] ? Les raisons sont simples. Belaïd est l'un des rares hommes politiques qui a fait une lecture pertinente de la stratégie du parti islamiste et qui n'a pas hésité à révéler à maintes reprises son plan d'assassinat de ses opposants politiques, et à dénoncer le noyautage de l'armée et de l'appareil de l'Etat par Ennahda et les liens obscurs que ce parti entretient avec des parties étrangères.

Fidèle à leur habitude, Ennahda et ses sympathisants se sont empressés d'utiliser la théorie du complot sur les réseaux sociaux pour donner leur version des faits et reprendre en chœur le mot d'ordre de leur chef Rached Ghannouchi : "A qui profite le crime ?". Une façon de convaincre les esprits simples qu'ils sont non seulement étrangers à cet acte inqualifiable, mais qu'ils en sont l'une des victimes.

Si Ennahda n'est pas le commanditaire direct de cet assassinat, et l'enquête policière le dira peut-être un jour, le gouvernement issu de ce parti et des autre membres de la Troïka [coalition au pouvoir], est au moins responsable du climat d'impunité qui règne dans le pays et qui a conduit à l'assassinat non seulement de Chokri Belaïd, mais aussi de Lotfi Nagdh [représentant du parti d'opposition Nida Tounés (l'appel de la Tunisie) mort le 18 octobre 2012, lors d'une marche organisée à Tataouine, suite à un affrontement avec les partisans d'Ennahda].

Un gouvernement laxiste ou complice ? Aucune poursuite judiciaire n'a été engagée contre les imams qui appellent à la haine, à la violence, voire à l'assassinat d'hommes politiques de l'opposition et qui, de surcroît, encouragent nos jeunes à partir au djihad en Syrie et ailleurs au vu et au su de tout le monde. Aujourd'hui une nouvelle étape est franchie: l'élimination physique des opposants politiques ! Même pendant les années sombres de la dictature, la Tunisie n'avait pas connu des assassinats politiques aussi flagrants.

Le piège de la violence

Ennahda a eu le bénéfice du doute, mais le doute n'est plus permis aujourd'hui. Force est de constater que l'aile radicale de ce parti a pris le dessus. Celle-ci n'acceptera jamais de jouer le jeu démocratique. Aujourd'hui plus que jamais, une clarification s'impose : les Nahdhaouis démocrates (s'il en existe, et je pense que oui) épris de justice et de tolérance devraient faire un choix sans équivoque. Ils devraient dénoncer clairement et sans ambiguïté l'aile radicale de leur parti, même si le prix à payer est la scission ou l'implosion d'Ennahda.

Les membres du Congrès pour la République (CpR) et d'Ettakatol [les deux partis laïcs qui partagent le pouvoir avec Ennahda], ou ce qu'il en reste, devraient pour leur part mettre l'intérêt du pays au-dessus de leur ambition personnelle et assumer leur responsabilité devant le peuple tunisien et devant l'Histoire avant qu'il ne soit trop tard.

Mais dans l'immédiat, il est du devoir de la police de déployer tous les moyens nécessaires pour arrêter les assassins de Chokri Belaïd et de les traduire devant la justice car si ce crime reste impuni, il en provoquera d'autres. Quoi qu'il en soit, la situation ne peut plus durer, ce gouvernement n'a plus de légitimité depuis le 23 octobre 2012 [date qui était censée marquer la fin des travaux de l’Assemblée nationale constituante]. Il cherche à gagner du temps pour noyauter tous les appareils de l'Etat y compris la police et l'armée comme l'a fort justement dénoncé feu Chokri Belaïd.

Il appartient à la société civile, aux partis de l'opposition et à tout Tunisien attaché à son pays d'appeler à la démission du gouvernement actuel et à la mise en place d'un gouvernement d'union nationale ou de technocrates, et dont le seul rôle serait d'accélérer la rédaction de la Constitution et la tenue d'élections dans les plus brefs délais. Aucun pays ne peut supporter une si longue période de transition et d'incertitude.

Mais, il faut surtout éviter le piège de la violence car les radicaux d'Ennahda n'attendent qu'une seule chose : profiter du chaos pour prendre le pouvoir par la force.

Écrit par : Rachid Z | 09 février 2013

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FETCA en coordination avec le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie appelle à un rassemblement ce samedi 9/02/2013 à 12h00 devant l’ambassade de Tunisie à Bruxelles, Av. de Tervuren, 278 – 1150 Bruxelles.

L’ANC doit répondre aux attentes du peuple tunisien, le gouvernement doit assumer son échec

Face à la situation urgente et dramatique que vit la Tunisie actuellement, nous exprimons encore une fois notre tristesse et sympathie à la famille du défunt Monsieur Chokri Belaid.

Nous exigeons une enquête indépendante disposant de tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur cet acte ignoble sans précédent en Tunisie depuis le 14 janvier 2011. L’arrestation des criminels et commanditaires de cet assassinat politique lâche qui vise à créer un climat de terreur et de chaos dans le pays doit être une priorité nationale.

Nous appelons le peuple tunisien à ne pas se laisser entrainer dans le cercle vicieux de la violence et du chaos.

Nous devons mettre les intérêts de la Tunisie et protéger le processus de la transition démocratique comme priorité suprême.

Nous exigeons que toutes les forces politiques assument leurs responsabilités pour préserver la stabilité du pays et la sécurité de tous les citoyens ainsi que leurs biens.

Nous appelons à l’instauration d’un gouvernement de technocrates indépendants et libres dévoués à l’avenir de la Tunisie dans le respect des principes fondamentaux de la révolution Tunisienne, et ce jusqu’à la mise en place des prochaines élections.

L’Assemblée constituante, qui a perdu la confiance des citoyens tunisiens, doit s’engager au plus vite à :

- A terminer la Constitution

- Voter la législation relative à la Haute Instance Indépendante de la Magistrature

- A voter la législation relative à l’HAICA (Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle)

- A procéder à la mise en place de l’ISIE afin de lancer au plus vite le nouveau cadre électoral.

La révolution tunisienne continue et l’instauration d’un état de droit demeure notre combat. Travail, liberté, dignité nationale.

Vive la Tunisie libre, plurielle et indépendante.

Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active (Belgique)

Écrit par : Rachid Z | 09 février 2013

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