07 février 2013

Conseil de Défense de la Révolution Tunisienne (section BeLux)

Conseil de Défense de la Révolution Tunisienne (section BeLux)

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le 06 février 2013

Nous apprenons avec une profonde tristesse et une grande colère l’assassinat d’une grande figure de la gauche tunisienne, d’un militant politique et de la société civile et de la lutte contre la dictature, Chokri BELAID.

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses camarades et frères de lutte et à tout notre peuple.

Nous dénonçons avec énergie et avec la plus grande fermeté cet acte criminel et toutes les formes de violences qui veulent déstabiliser notre pays et semer la division dans les rangs de notre peuple.

Nous imputons la responsabilité politique de l’ampleur de cette violence au gouvernement et plus particulièrement au Ministre de l’Intérieur qui a la sécurité du pays et des citoyens dans ses attributions, et pour cette raison, nous exigeons sa démission immédiate.

Nous appelons toutes les forces démocratiques et patriotiques et les composantes de la société civile et au peuple tunisien à la plus grande vigilance et à la nécessité de demeurer unis face aux périls qui guettent notre société.

Nous devons par cette unité barrer la route à tous ceux qui essayent d’entraver le processus démocratique et la réalisation des objectifs de la révolution tunisienne

12:44 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Processus électoraux, révolutions et transitions en Égypte et en Tunisie

Par Pierre-Noël Denieuil, le 24 janvier 2013

(…)

1. Le cheminement politique de la révolution aux élections. Les participants ont entériné l'idée, sans charge religieuse dans les deux cas, d'une révolte puis d'une révolution populaires, parties du centre du pays pour la Tunisie, et beaucoup plus localisées au Caire pour l'Égypte. Elles ont été suivies d'une restauration autoritaire appuyée par l'armée en Égypte, et d'une rupture constitutionnelle en Tunisie. Deux clivages politiques majeurs y ont structuré les mouvements sociaux : l'ordre de la dictature comme « rempart » contre l'islamisme ; l'opposition à la dictature et l'alliance ou non des « démocrates » avec les islamistes.

Si en Égypte les premiers résultats électoraux ont vite campé un paysage majoritaire pour les islamistes (60 % dont 24 % salafistes), l'itinéraire tunisien a été jalonné par des gouvernements de transition et des institutions de régulation (Haute Instance, ISIE) chargées de déterminer notamment le mode de scrutin proportionnel, et les lois de parité des candidats, dans la recherche d'un compromis jusqu'au passage aux urnes.

Dans les deux cas, le vote a exprimé une sanction face aux régimes et partis dominants (NDP en Égypte, RCD en Tunisie). Il s'est toutefois agi en Tunisie d'un vote de sanction du passé, de rupture avec l'ancien système et d'identification à ses victimes. Le vote des Égyptiens était plus tourné vers un élan de sympathie avec les futurs dirigeants, leurs idées et leurs valeurs religieuses, pour un nouveau projet de société. Si, en Égypte, le score des partis civils (le « civil » entendu non comme une séparation mais comme une forme de dialogue entre l'État et la religion) a été plutôt faible (11 %), en Tunisie, un débat demeure autour de l'identité tunisienne entre acquis modernistes, islam modéré et Salafisme, dans un contexte de voisinage privilégiant, jusqu'à présent, davantage l'Europe à l'Arabie saoudite ou aux pays du Golfe.

2. La mobilisation de tous les acteurs. La joie et l'enthousiasme de tous et de chacun, pour aller voter, ont bien été signalés. Les participants se sont interrogés sur le « sens » du vote : un projet politique ou des intérêts d'affaires ? Sarah Ben Néfissa (coordinatrice des rencontres) a bien illustré, à ce titre, comment l'électeur est le produit de logiques d'intérêts sociaux et économiques, de dépendances multiples, de luttes et de conflits communautaires exercés sur lui par les institutions et acteurs locaux. Les votes, et ce fut le cas dans les deux pays, y ont toujours été travaillés par des phénomènes de clientélisme administratif, auxquels pourraient aujourd'hui se substituer les réponses des partis islamiques aux besoins de proximité, d'assistance et de service social des populations. Il a été montré que les femmes (45 % des inscrits volontaires), bien qu'ayant obtenu la parité en Tunisie, à laquelle avait aisément souscrit le parti Ennahdha, y étaient rarement têtes de listes et toujours en position de rendre des comptes quand à la légitimité de leur présence.

L'accent a aussi été mis sur le foisonnement des partis politiques. Avant leurs révolutions, Égypte et Tunisie souffraient d'un discrédit des formes partisanes et d'une crise de la représentation politique. Durant la transition la demande d'accréditation de partis a été pléthorique (autour de 120 en Tunisie). En Égypte, les Frères musulmans, suivis des Salafistes, qui en tant qu'organisations de prédication refusaient les partis politiques, ont été les premiers à en créer un. De leur côté les notables locaux, auparavant présentés comme indépendants, ont eux aussi cherché l'investiture des partis et se sont réclamés de la proportionnelle. Les résultats ont toutefois récusé cette explosion : en Tunisie par exemple, près de 35 % des Tunisiens, ayant voté pour des petites listes indépendantes, n'ont aucune représentation à la Constituante.

3. L'interprétation du vote et le sens des élections. Il a été montré que le principe démocratique « un homme = une voix » remet en question l'idée que le choix électoral serait socialement construit, la fraude apparaissant comme une digression face à la symbolique de la solitude de l'isoloir et de l'urne transparente. En matière de comptage de l'électorat, la seule source fiable aujourd'hui en Tunisie s'avère être celle des inscrits volontaires, à l'été 2011, au nombre de 4 098 888 et dont 86,1 % ont voté. Les 3 470 936 inscrits dits automatiques, sur la base du fichier peu fiable (décès non enregistrés) des Cartes nationales d'identité, ont voté à 16,2 %.

(...)

Écrit par : Rachid Z | 07 février 2013

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Analyse du paysage tunisien : épisode 1 – Politique

Par Oualid Hamdi, le 20 juin 2012

Neuf mois après les élections du 23 Octobre, j’essaierai dans cette série d’articles d’analyser la situation actuelle en Tunisie en se basant sur les positions des partis majeurs de la scène politique sur les questions clef de leurs programmes électoraux qu’ils ont confié au réseau des compétences tunisiennes en Allemagne (Tunicomp) pour le développement de TuniVote. Durant cette analyse, je donnerai quelques commentaires tout en étant le plus objectif possible.

Ce premier épisode analyse le systéme politique. Nous irons point par point et analyserons la scène actuelle: positions des partis ainsi que les compromis atteints dans les coulisses.

1) Etes-vous pour que l’Islam soit la source principale de la politique tunisienne ?

Sur cette question, l’image est claire: mise à part la Nahdha, les autres partis sont tous contre. Si on assume que la Chariaa a été désignée par le mot “Islam”, alors il est clair que, où la Nahdha a été contrainte de faire un pas en arrière et de faire le compromis de garder le premier article de la consitution de 1959, ou alors elle a fait une manoeuvre géniale comme quoi, c’est elle le seul garant d’un compromis entre les intégristes qui demandent que la chariaa soit appliquée et ceux qui veulent que la Tunisie garde son modèle de société. La réponse de la Nahdha est cependant claire : OUI, on veut que l’ Islam soit la source principale de la politique tunisienne, d’où les rumeurs sur des differents entre des leaders du parti …

2) Etes-vous pour que les RCDistes soient integrés dans la vie politique ?

La question se posait alors qu’on la débattait au sein de la CISROR (l’instance de Ben Achour). Il est clair que Al Moubadara (l’Initiative) de Kamel Morjane réponde par oui, par contre, le OUI du PDP, le premier wagon du nouveau parti républicain, pose des questions: est-ce que le parti républicain fera prochainement partie de “L’appel de la Tunisie” de M. Beji Kaid Sebsi qui a affirmé que les anciens RCDistes sont les bienvenus tant qu’il n’y a pas eu de procès a leur encontre ? Il n’est pas à ignorer que M. Kaid Sebsi jouit d’une bonne image chez beaucoup de tunisiens quelque soit son passé, et avec une force majeure sur la scène politique- comme l’ex PDP- qui s’est divisé après les différents qui se sont produits entre ses leaders en formant le parti républicain, il y a une grande chance que durant les prochaines élections, ce parti sera LE contrepoids à la Nahdha. Il est clair qu’ on tomberait donc dans le scénario Egyptien: Ikhwan VS. Ex-régime… On aura au moins une référence ;-)

3) Etes-vous pour l’application du vote par la voie réferendaire pour certaines lois ?

Pratiquement tous les partis sont d’accord : OUI. Cependant, il est peu probable qu’on y revienne vu la loi interne de l’ANC qui dit que la constitution sera votée par les 2/3 des députés, qu’elle sera revotée pour les 2/3 en cas d’échec avant de la poser au référendum. Vu qu’ on est arrivé à un compromis en ce qui concerne l’article 1, la prochaine grande discussion sera le systéme politique. De là à en venir à un referendeum, je n’y crois pas. La position d’Ettakatol reste mystérieuse puisque il est neutre sur le vote de lois qui seront surements très controversées.

4) Etes-vous pour le maintien du ministère de la femme ?

Un neutre de la Nahdha laisse penser à deux choses: où ce thème n’est pas intéréssant et qu’ils sont neutres quand à un tel ministère, ou alors qu’ils accepteront ce que la scène politique imposerait. Vu les résultats du ministère de la femme depuis les élections du 23 Octobre, je crois qu’ils ont bien fait de voter “neutre”. Mieux encore, je crois que Afek a eu la meilleure réponse avec le refus de garder ce ministère puisque il n’y a simplement AUCUNE visibilité de ce ministère: aucune réforme, aucun grand projet. Juste des photos de Mme la ministre circulant sur facebook.

5) Etes-vous pour la dissolution de l’ANC aussitôt la constitution approuvée ?

Y’ a pas photo .. Tout le monde est pour sauf le CPR. Une réponse qui me laisse perplexe. Je suppose que le responsable qui a répondu a pensé que la dissolution ferait mieux d’avoir lieu après les prochaines élections, une position assez logique. La grande question que je me pose est: c’est pour quand la fin de la constitution ? On est à neuf mois après les élections du 23 octobre et la seule chose qui a été faite est le préambule. Le CPR, aurait-il raison d’avoir pensé à une ANC de 3 ans? Ca lui convient de toutes les manières puisque M. le président n’est autre que son ex-Secrétaire général.

6) Etes-vous pour que le chef de l’Etat renonce à son appartenance à tout parti politique ?

Un grand différent .. Vu l’état actuel du CPR, qui s’est divisé en deux et où le départ de Marzouki a eu l’effet d’une bombe, la réponse du CPR me semble très compréhensible. Il est évident que c’est un parti qu’ il a fondé, et qui sera toujours lié à lui.
D’une part: un parti qui n’investit pas (pas forcément de l’argent) pour établir une organisation, une institution à part entière, se voit voué à la dissolution dès que la personne clef quitte son poste. D’autre part: un parti qui regroupe des gens historiquement liés à des idéologies très différentes est aussi voué à la dissolution. Ceci est une lecon aux autres partis et aux nouveaux partis. J’exclue la Nahdha qui peut tranquillement répondre par un oui, puisque qu’on le veuille ou pas, c’est un parti qui a bati ses piliers pendant presque 30 ans.

7) Etes-vous pour la création de parlements régionaux ?

le PCOT :-) un classique .. Et là, back to the roots .. L’Etat doit avoir le contrôle de tout: une instance centrale qui commande ce qui en même temps élimine un peu les discussion parfois inutiles. Mais, vu l’état actuel du pays et les problèmes énormes que l’ANC et le gouvernement ont pour communiquer avec les régions, je crois sincèrement que ce n’est pas une si mauvaise idée. Il faudra par ailleurs repenser un peu à la définition de “région”, un peu à la manière de Ettakatol, qui pose dans son programme la création de cinque régions au lieu des gouvernorats actuels. Logique puisque une région qui n’a aucun moyen ne l’aura pas en ayant son propre parlement régional. A mon avis, pour créer un équilibre régional, la principale raison de la révolution, il faut repenser entièrement le système de nos gouvernorats de façon à assembler des régions complémentaires à l’exemple de Sidi Bouzid (pôle agriculture), Sfax (pôle indutriel) et Kasserine (pôle de neo-tourimse) ou à l’exemple de Gafsa (pôle de phosphate), Gabes (pôle indutriel) et Tozeur (pôle touristique).

8) Etes-vous pour la séparation entre les élections présidentielles et législatives ?

A titre de plaisanterie, je dirais que la réponse de la Nahdha (neutre) montre qu’ils “s’en foutent pas mal” puisqu’ils gagneront les deux dans tous les cas :-))) Retour au sérieux: comme le systéme politique de la nouvelle Tunisie n’est pas encore défini, il est difficile de débattre sur cette question puisqu’elle peut être carrément obsolète en cas d’un système parlementaire. Cependant, la réponse de tous les partis à l’exception de la Nahdha montre que déjà, c’est vers un système semi-présidentiel, semi-parlementaire qu’on se dirige. Le “non” du parti Afek me semble un peu bizarre puisque d’un point de vue logistique, il est vraiment extrêmement difficile de faire les deux élections à la fois.

Voilà, c’était une petite analyse du système politique. Le prochain épisode portera sur le thème de l’économie.

Écrit par : Rachid Z | 07 février 2013

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“Ridha Belhaj-Hizb Ettahrir condamne l'assassinat de Chokri Belaïd

Tunivision, le 06 février 2013

Le porte-parole du parti ''Hizb Ettahrir'', Ridha Belhaj, a condamné l'assassinat de Chokri Belaïd, en soulignant que son parti refuse toute forme de violences, notamment les assassinats, précisant que ce crime fait partie d'un plan bien défini.

Par ailleurs, Ridha Belhaj a déclaré qu'il ne peut accuser aucune partie, mais qu'il pense qu'il s'agit d'une exécution bien organisiée pour être perpétrée à ce moment précis.”

Écrit par : Rachid Z | 07 février 2013

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Hizb Ettahrir manifeste vendredi pour l'inscription de la chariâ dans la constitution

Kapitalis, le 9 janvier 2013

Le parti islamiste radical Hizb Ettahrir revient à la charge pour exiger l'inscription de la chariâ dans le texte de la constitution tunisienne, en cours de rédaction au sein de l'Assemblée nationale constituante (Anc).

Hizb Ettahrir, dirigé par Ridha Belhaj, allié du parti islamiste Ennahdha dominant l'Anc et le gouvernement de coalition, a collé aujourd'hui, dans les stations de métro léger de Tunis, des affichettes appelant à un rassemblement populaire devant l'Anc, ce vendredi, après la grande prière hebdomadaire, pour demander l'introduction de la charia dans la constitution.

Cette action intervient au moment où une première mouture de la constitution est en train d'être débattue avec les Tunisiens, dans le cadre de rencontres organisées avec la société civile.

Écrit par : Rachid Z | 07 février 2013

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Un leader de la gauche révolutionnaire assassiné en Tunisie

FETCA, le 6 février 2013

M. Chokri Belaid, secrétaire général du parti Watad et leader du Front Populaire, a été abattu de plusieurs balles ce mercredi matin 6 février 2013 devant son domicile.

Nous sommes indignés et choqués face à cet assassinat politique sans précédent en Tunisie depuis le 14 janvier 2011. Nous présentons nos sincères condoléances les plus attristées à la famille de Mr Chokri Belaid ainsi que ses proches. Nous appelons le peuple Tunisiens à s'unir contre la violence et à rejeter toute tentative de semer le chaos et de pousser le pays vers le terrorisme et l'intimidation des citoyens libres.

Le processus démocratique en Tunisie reste fragile et délicat et le sentiment d'insécurité auprès des citoyens Tunisiens ne cesse de grandir face à la culture de l’impunité commençant à s'installer dans le pays. Le gouvernement actuel ne montre aucune volonté sérieuse de combattre la corruption et les criminels et ne se montre pas décidé à tenir compte des aspirations révolutionnaires du peuple tunisien.

La justice Tunisienne reste toujours otage du pouvoir exécutif et sous emprise du politique. Nous appelons les responsables au gouvernement à faire toute la lumière et la vérité sur l’assassinat de Chokri Belaid.

Tout nous pousse à croire que ce crime a été commandité. C’est pour cette raison que l’État Tunisien doit agir rapidement et faciliter le travail de la justice en toute indépendance pour démasquer les assassins. Les vrais responsables doivent répondre de leurs actes.

Nous restons attachés au respect des droits et libertés des citoyens Tunisiens.

La révolution tunisienne continue et l'instauration d'un état de droit demeure notre combat. Travail, liberté, dignité nationale.

Vive la Tunisie libre, plurielle et indépendante.

> Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active (Belgique)

> Uni*T - Union pour la Tunisie (France)

> Collectif Tunisien au Canada (Canada)

FETCA asbl BE0500.764.577

Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active

Écrit par : Rachid Z | 07 février 2013

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