04 février 2013

La franc-maçonnerie Secrets, symboles et influence actuelle

La franc-maçonnerie

Secrets, symboles et influence actuelle

"L’idée qu’on formerait un lobby est fausse"

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Dorian de Meeûs, le 17 novembre 2012

Comment la franc-maçonnerie a-t-elle évolué face aux catholiques ? Comment se positionne-t-elle face aux débats de société d’aujourd’hui ? Quelle est son influence réelle sur la politique et la magistrature ? Qui sont ses membres ? Mystères et idées reçues sur ses rites et symboles… Jef Asselbergh, Grand Maître du Grand Orient de Belgique (GOB), est "l’Invité du samedi" de LaLibre.be

Vous êtes le Président ou Grand Maître, dit aussi "Sérénissime", de l’Obédience du Grand Orient de Belgique. Ceci dit, vous n’êtes ni le chef, ni le porte-parole de ces maçons adogmatiques belges...

Je suis le représentant du GOB, mais surtout le gestionnaire administratif au quotidien de cette fédération de loges. Il y a aussi le Grand Collège des vénérables maîtres, qui réunit les présidents des 111 loges adogmatiques. Celui-ci régit l’ordre du jour de l’Assemblée générale, l’organe suprême et législatif du GOB, qui compte quelques 10.000 membres sur les 20 à 25.000 francs-maçons de Belgique. (NDLR : chaque frère est libre des ses opinions politiques et religieuses. Si le GOB est adogmatique, dans d’autres obédiences ou pays (G-B), la croyance en un Dieu unique/Grand Architecte est la règle.)

Les loges se réunissent à quelle fréquence ?

Une fois par semaine. D’autres, 2 fois par mois. Disons que tous les jours de semaine, des milliers de francs-maçons se réunissent dans leurs loges. C’est une activité très intense.

Et coûteuse ?

La cotisation annuelle varie entre 150 et 250 euros par an. Elle permet de financer les locaux, temples, le chauffage, les réunions hebdomadaires, le fonctionnement de l’Obédience,…

Vos loges (asbl) recrutent-elles intensivement ?

Non, on privilégie la qualité du travail à la quantité des membres. On ne fait pas de prosélytisme, mais du recrutement tout de même. Certains candidats frappent eux-mêmes à notre porte. La procédure de sélection est importante. La loge qui reçoit un candidat fait un premier examen et test de fiabilité. Ensuite, tout franc-maçon belge aura connaissance de cette candidature et pourra – si nécessaire – partager une information à son sujet. Exemple, un Anversois qui viendrait se présenter à Bruxelles car il a des choses à se reprocher… cela ne passerait pas. Ce serait trop simple ! On communique les noms entre loges et en discutons ensuite oralement au sein de celles-ci.

Si j’étais maçon, vous le sauriez, contrairement à mon entourage direct. Pourquoi un tel secret autour de l’identité des membres ?

Il y a 2 raisons à cette discrétion. Tout d’abord, vu que c’est un laboratoire de pensée, l’interdiction de rapporter ce qui se dit en loge permet cette liberté d’échange et d’expression. Un politicien ne parlerait pas s’il craignait qu’un journaliste de la même loge reprenne ses propos. Ensuite, nous traînons derrière nous un passé marqué par les persécutions nazies. D’autres croient encore aujourd’hui en un soi-disant complot judéo-maçonnique.

Le secret suscite le fantasme du gros complot ou de la recherche du Graal. Les romans surfent sur ces thèses.

On a découvert très récemment que la première chose que les nazis aient faite en occupant les villes occidentales, c’était de mettre la main sur nos archives. Tenez-vous bien, ils croyaient que dans le Savoir maçonnique figurait le secret du Graal et de l’alchimie. Celui qui pouvait mettre la main dessus deviendrait le Maître du Monde. Ils étaient fort déçus, car il n’y a rien de tout cela. On y trouve juste qu’à telle date, un Frère a planché sur tel sujet dans sa loge, etc. (rires)

Ca vous amuse quelque part…

Non, cela aurait pu nous amuser, si cela n’avait pas coûté des vies.

Quel est l’intérêt pour un homme d’être franc-maçon ?

Celui de participer et s’enrichir à travers un échange d’idées. Il peut poser des questions et surtout écouter les autres et se remettre en question. Chacun fait ce qu’il veut de ce qu’il aura entendu. En clair, «corrigez-vous vous-même et la société sera meilleure !». Il s’engage ainsi dans des valeurs humanistes et universalistes.

En France, on dit qu’aucune décision politique importante ne peut être prise sans la bénédiction des francs-maçons

C’est excessif ! J’imagine mal que quelqu’un comme Sarkozy ait régulièrement contacté les obédiences pour savoir ce qu’il devait ou pas faire. Il faut toujours voir et comprendre les loges à partir de la société dans laquelle elle vit. Mais surtout, la France n’est pas la Belgique ! Ca se ressent dans la franc-maçonnerie française qui, traditionnellement, prend régulièrement des positionnements politiques ou sociétaux. (NDLR : l’initiation présumée de Nicolas Sarkozy à la franc-maçonnerie n’a jamais été confirmée, mais des rumeurs circulent car il signait «avec 3 points» certains documents)

Selon certains, nos lois sur l’avortement et l’euthanasie avaient été décidées «en loge».

Concrètement, je ne conteste pas qu’on ait eu de nombreuses discussions sur ces thématiques sociétales. C’est même normal, car c’est un fait de société. Puis, certains ont exporté ce sujet en dehors de la loge… mais à titre individuel uniquement! Donc, je conteste que ce débat ait été imposé aux politiques par les maçons. L’idée qu’on formerait un lobby commun est fausse. Je peux être ‘pour’ et mon voisin de loge ‘contre’. De plus, il n’y a pas de vote de résolution, ni recherche de consensus, ni prise de position,… Nous n’avons pas ce pouvoir ou cette intention.

En tant que profanes (non-initiés), on peut s’étonner que des hommes d’un tel niveau se réunissent chaque semaine… sans avoir le moindre objectif d’influencer quelque chose sur le plan politique, judiciaire ou économique.

C’est justement ça qui est compliqué à comprendre. Nous ne nous réunissons pas dans un objectif d’entente ou de consensus. On y trouve des opinions très différentes : socialistes, libérales,… Si vous rassemblez 10.000 personnes, vous avez un échantillon de la société belge, soit avec ses idées différentes et opposées. On ne sort pas du temple en disant «Ca, c’est notre position !» Je dirais que les Cercles d’anciens étudiants ont encore plus d’influence que nous, car leurs membres sont homogènes.

Les francs-maçons ne sont pas surreprésentés au sein des conseils des ministres, des palais de justice et des hôpitaux ?

Non, ce sont les plus visibles. Vous ignorez une telle appartenance pour un professeur, un employé, un chauffeur de bus, un coiffeur,… Vous ne vous posez même pas la question. Ensuite, ils ne viennent pas en loge pour des préoccupations professionnelles, mais pour développer le fait qu’ils sont humains.

Votre Bible, si je peux me permettre l’expression, ce sont les Constitutions d’Anderson. Or, il y est écrit «Dans des conditions identiques, donne la préférence à un Frère pauvre… avant toute autre personne dans le besoin.»

Cette règle est dépassée !

Cela tend à confirmer que les maçons s’entraident… et qu’il faut en être pour réussir parmi eux.

Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas de favoritisme, car je ne peux pas parler pour les autres Frères. Celui qui ferait ça se trompe et le regrettera vite. Faut remettre cette phrase dans son contexte historique, car il y est aussi dit qu’on doit protéger et aider un Frère qui serait impliqué dans un complot contre le gouvernement. A l’époque, il y avait des complots. Ce problème est résolu depuis la mi-18ème siècle. Cela n’a rien à voir avec les francs-maçons actuels.

Depuis plusieurs années, la franc-maçonnerie se dévoile davantage. Est-ce un processus difficile pour les Frères ?

Oui, c’est une démarche encore assez difficile, car il n’est pas évident pour encore beaucoup de croyants d’accepter le fait maçonnique… même si depuis plus d’un siècle, la franc-maçonnerie belge ne joue plus aucun rôle politique. Ici, on peut avoir une croyance, mais on la laisse au vestiaire.

Le Vatican interdit aux catholiques de s’inscrire dans une loge maçonnique. C’est même considéré comme unpéché grave’ (Congr. De la Doctrine de la Foi, Cardinal Ratzinger, Rome le 26 novembre 1983).

Je pense qu’il y a relativement peu de croyants au GOB. Il y a des juifs, des musulmans, des protestants,… et cela ne m’étonnerait pas qu’il y ait quelque part l’un ou l’autre catholique. L’essentiel, c’est d’être adogmatique et d’accepter une opinion opposée à la sienne.

Selon vous, pourquoi les relations avec l’Eglise catholique sont-elles si compliquées ?

Il ne faut pas oublier qu’au 18ème siècle la franc-maçonnerie est la première association de la société civile à avoir vu le jour en dehors des structures ecclésiastiques et sociales (Gildes,…). Cette libre association, qui s’intéresse à la philosophie et aux sujets de société, ne réjouit pas l’Eglise qui avait à ce moment-là le monopole de ces débats. Tout commence là. Nous n’avons jamais exclu la religion… c’est elle qui s’est opposée à la franc-maçonnerie. En Belgique, l’Eglise catholique a dit en 1839 que ses fidèles ne pouvaient pas être franc-maçon. Ce n’est pas nous qui avons dit cela… Il s’est fait que des curés et des évêques nous ont quittés. Aujourd’hui, on se parle, mais on ne s’entendra pas forcément et ne sera pas d’accord.

Les francs-maçons ont-ils évolué avec leur temps ?

L’obédience et ses membres évoluent avec la société : aristocratique au 18ème, bourgeoise au 19ème et davantage démocratique au 20ème siècle. Nous avons maintenant aussi quelques immigrés dans nos loges. (NDLR : Parmi les Frères, on citera Léopold Ier, Mozart, G. Washington, Voltaire, Pinochet, J. Edgar Hoover (FBI) ou encore Victor Horta)

J’aimerais connaître l’opinion des francs-maçons sur la laïcité face à l’islamisation, les négociations budgétaires et l’avenir de la Belgique, mais vous n’avez pas de mandat pour être ce porte-parole. Cela dit, vous évoquez beaucoup ces sujets en loge ?

Oui, l’Islam comme phénomène sociétal fait régulièrement l’objet de réunions. Le contraire serait honteux. Après, quelle position adopter ? La plus simple ou simpliste est de dire qu’on ne va quand même pas accorder à cette religion des droits qu’on a réduits aux catholiques. Mais, comme la société, on doit apprendre à comprendre l’Islam et son rôle dans la société, qui n’est pas comparable à celle de l’Eglise.

Les francs-maçons ont-ils des œuvres caritatives pour aider les victimes de la crise, comme l’Eglise catholique ?

Oui, la solidarité et la charité sont des clés de voûte de notre fonctionnement. Bien sûr, avec 25.000 membres, les ressources ne sont pas énormes. On soutient des projets pour sans-abri, handicapés,… mais il est essentiel pour nous que cette charité se fasse de manière discrète. Pour nous protéger, mais aussi protéger celui qui reçoit les dons, car il n’en est pas forcément fier.

Les symboles utilisés par la franc-maçonnerie participent pleinement à alimenter le mystère et les fantasmes. L’expression «plancher sur un sujet» en vient.

En fait, le jargon maçonnique est essentiellement emprunté à la construction, comme celui de «tailler sa pierre», de «grand architecte»,… Ici, on mettait sur une «planche» le sujet à l’ordre du jour de la loge. Si vous lisez le traité d’architecture du Romain Vitruve (1 siècle av J.C.), vous reconnaîtrez de nombreux termes maçonniques, car ce livre a inspiré les fondateurs! C’est par exemple Vitruve qui indique que l’autel se situe à l’Est, soit à l’Orient. C’est lui aussi qui explique que l’architecte est là pour mettre de l’ordre dans le monde matériel. Il explique que l’architecte doit avoir les qualités de force, de sagesse et de beauté s’il veut accomplir du beau travail.

On retrouve le symbole des 2 colonnes dans les loges.

Dans la Bible, à propos de la construction du Temple de Salomon, il est question de 2 colonnes sur le parvis, décorées de grenades. On retrouve ici l’origine chrétienne des fondateurs. Le sol en damier noir et blanc fait référence aux oppositions qui existent en tout: bien-mal, lumière-obscurité,... A chaque opinion ou thèse, il est donc possible d'opposer son contraire.

Puis les incontournables équerres, compas, «G»… et triangles, qu’on retrouve aussi dans la structure du Parc royal ou à l’ULB (logo et certains bâtiments)

L’interprétation la plus courante est la Géométrie. Ces symboles classiques sont des outils dans notre réflexion et rituel. Il ne faudrait pas non plus croire qu’un maçon se cache dans le coin de chaque triangle. Pour le Parc royal, je crois que c’est une légende. L’Esprit saint est aussi représenté par un triangle chez les Chrétiens. Pareil pour l’œil dans le triangle, il était présent en Egypte et dans le symbolisme chrétien. Ces symboles sont des outils, pas un but.

Pas un but ? Pourtant, le franc-maçon signe avec «3 points» pour être identifié. Vous le faites ?

Bien sûr que non. Les 3 points, c’était pour se faire connaître, mais cela ne se fait presque plus à cause des ordinateurs… ou alors dans notre communication interne.

Le cas échéant, cela pourrait être un moyen de pression sur le destinataire du courrier.

Faudrait demander à ceux qui le font… mais personnellement, je ne comprends pas cet argument. Si je reçois une telle lettre ‘en tant que catholique’, cela aura plutôt tendance à desservir celui qui l’envoie. Il croit pouvoir m’impressionner avec ces 3 points ? J’aurais plutôt une attitude de rejet.

15:00 Écrit par Rachid Z dans Cultes, Politique - Actualité | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

La franc-maçonnerie

Ciné Télé Revue, (Le courrier des lecteurs), du 28 mars au 04 avril 2008

Supposons qu’un média annonce un jour que la plupart des ministres de notre gouvernement fédéral sont membres de l’Opus Dei. On imagine le tollé que cela engendrerait et les hurlements que cela déchaînerait dans un tas d’associations prétendument attachées aux principes de laïcité.

Or, tout récemment, un numéro de «Question à la une» a révélé que la moitié de ces ministres fédéraux pourraient appartenir à la franc-maçonnerie. Cela n’a suscité aucune réaction parmi les innombrables groupements disant défendre le démocratie !

Comment, pourtant, ne pas être interpellé par le fait de savoir que nous sommes pratiquement dirigés par des membres d’une même associations secrète, pour ne pas dire une secte, ne représentant qu’une partie infime de la société, aux buts finaux obscurs et, en tous cas, soigneusement cachés sous une façade de pseudo-libre pensée…

Écrit par : Rachid Z | 04 février 2013

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Belgique : Une conspiration franc-maçonne pour épargner Wagner

RTL Info , le 14 octobre 2008

Des amis de l'industriel Robert Wagner voulaient lui trouver des magistrats franc-maçons pour plus de clémence lors de son procès

Le procureur du roi de Charleroi, Christian De Valkeneer, a joint au dossier de Robert Wagner une lettre faisant état d'une tentative de conspiration visant à ce que M. Wagner soit jugé par des juges franc-maçons comme lui, affirme mardi la RTBF Radio.

L'industriel Robert Wagner est poursuivi pour faux et usage de faux, corruption et détournement de subside dans le dossier "Charleroi Découpe". Son procès s'ouvre mercredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi. M. De Valkeneer a déposé au dossier, à titre d'information, une lettre saisie en septembre dans une maison de Wagner à la Côte d'Azur. Dans cette lettre, un franc-maçon y écrit à un autre franc-maçon, ami de Wagner.

Il y dit avoir appris d'un juge, également franc-maçon, que Robert Wagner risque gros en justice et que cela irait mieux si les juges étaient également franc-maçons. Il y est question de tout organiser pour que tous les juges soient des franc-maçons. Les deux franc-maçons ont été entendus par le procureur du roi. Ils lui ont donné des noms de magistrats franc-maçons qu'ils connaissaient. Ils ont affirmé qu'il n'y a rien de répréhensible.

Cette lettre manuscrite pourrait déboucher sur des demandes de renvoi du procès dans les ressorts de Liège ou de Bruxelles pour cause de suspicion légitime car elle jette un doute sur la probité de certains magistrats.

Écrit par : Rachid Z | 04 février 2013

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La chasse aux francs-maçons : Un nouveau dossier sur la franc-maçonnerie, ses membres, ses rites

La DH, le 28 septembre 2003

Un nouveau dossier sur la franc-maçonnerie, ses membres, ses rites

BRUXELLES Dangereux groupe de pression pour les uns, association nostalgique des Templiers et des Rose-Croix pour les autres, réunion folklorique d'amateurs d'ésotérisme pour ceux-ci, secte gnostique pour ceux-là, la franc-maçonnerie véhiculent les clichés les plus variés et continuent à... intriguer.

Sous le titre tapageur «les patrons francs-maçons se dévoilent», le dernier numéro de l'hebdomadaire économique Trends donne la parole à trois big boss: Jean Thomas (Immobel) et Rik Van Aerschot (AIB-Vinçotte), tous deux de la Grande Loge de Belgique, et Pierre Klees (BIAC, aéroport de Bruxelles) du Grand Orient de Belgique.

Ils parlent de leur engagement et de son influence sur leur vie professionnelle. Sans plus... Que pourraient-ils d'ailleurs dire d'autre? Pour le reste, le dossier du périodique s'étend longuement sur le mystérieux rite initiatique avec photographie de crâne et de fémurs éclairés par une pâle bougie comme il se doit. Bref, ce que tout bon internaute pourra découvrir, s'il désire percer le secret de ce psychodrame.

Environ 22.000 en Belgique

Dans son enquête «au coeur des loges belges», Trends nous apprend encore que les «francs-maçons belges seraient environ 22.000» en Belgique, nombre légèrement revu à la hausse par rapport à celui qui figure sur le site relatant la «petite histoire de la franc-maçonnerie belge».

Pour le reste, on retiendra que «certains maçons voudraient simplifier les rituels», que l'un d'eux à attraper des «fous rires inextinguibles en loge», qu'il lui est arrivé de «s'ennuyer ferme à certaines planches» (présentation d'un rapport ou d'un travail philosophique).

Un Frère confie que la maçonnerie coûte cher (de 200 ou 900 euros par an), tandis qu'un autre estime que, dans sa tenue de Grand Maître, il ressemble à un Gilles de Binche. On ne sait pour qui ce costume est le moins flatteur...

Apparue en Belgique en 1721 - la première loge La Parfaite Union fut fondée à Mons - la franc-maçonnerie belge se veut «discrète» et évite des apparitions tapageuses comme elles se produisent, par exemple, chez nos voisins français. Exerce-t-elle un pouvoir occulte sur nos institutions, sur la justice notamment ?

Comme tous les groupes de pression, qu'ils soient simples associations de parents d'élèves ou mouvements plus structurés (syndicats, concentration autour d'une idée ou d'une religion), les francs-maçons sont présents quand il s'agit d'influencer l'évolution de notre société.

La fondation de l'Université Libre de Bruxelles (1834), la laïcisation progressive du pays (notamment de son enseignement) sont l'oeuvre de loges mues par le progrès, la solidarité et le refus des dogmes.

Périodiquement, la franc-maçonnerie n'évitera pas les dossiers qui, prétendument, la «dévoilent».

Pour certains, savoir qui est franc-maçon et comment se déroulent les rites initiatiques s'apparente à la chasse au dahu. Et le dahu est toujours vivant.

Écrit par : Rachid Z | 04 février 2013

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FRANC-MACONNERIE: LE POURQUOI DU SECRET DE LA FRANC-MACONNERIE
Ou comment le bon sens éclaire la réalité

François Montlosier, le 10 mars 2006

Pour le citoyen lambda, l'influence de la franc-maçonnerie est réelle depuis longtemps, mais elle est rangée au même rang que celle des groupes de pression, aussi puissants soient-ils.

La franc-maçonnerie est une société secrète dont la philosophie affichée ne peut plus cacher les véritables mécanismes. Ce que les obédiences nomment dérives est en fait ce qui volontairement ou involontairement ne peut ou ne veut être caché.

Le bon sens incline à constater que si la philosophie maçonnique est véritablement axée sur une réflexion visant l'humanité entière, elle ne peut rester secrète et doit être au minimum ouverte. A quoi serviraient donc les "lumières" de quelques hommes réfléchissant à l'humanité si elle ne doit pas y participer ? Considérer que quelques hommes choisis sont aptes à la réflexion, c'est disqualifier la notion même d'égalité si chère à la philosophie maçonnique.

Concrètement et sérieusement, quelle que soit la philosophie, la franc-maçonnerie fonctionne sur deux principes de base: la fraternité entre les membres (quels qu'ils soient) et le secret de cette fraternité.

Ces deux obligations ont pour effet grégaire l'entraide entre les membres. Cet ensemble leur confère une puissance collective et individuelle. C'est, concrètement, leur seul secret initiatique.

ENTRAIDE

Basée sur la fraternité, la franc-maçonnerie crée entre ses membres des liens dont la motivation pratique individuelle est l'entraide. Donner "un coup de main" s'entend pour tout un chacun comme un acte de solidarité conscient et une démarche individuelle. L'initiative est personnelle, elle résulte d'un constat qui entraîne une réaction consciente positive en opposition à une situation négative. Plus qu'à la morale, l'entraide fait appel à la conscience humaine qui rejette le malheur, l'injustice et l'exclusion.

Si cette entraide est parfaitement concevable, elle n'est plus limitée par la conscience individuelle dès lors que la fraternité est secrète. Elle oblige à se porter en aide exclusivement à tout membre qui en fait la demande. Cette aide ne répond plus au discernement mais à l'appartenance de l'autre à la même société secrète. Ce n'est plus l'initiative individuelle qui préside à l'acte d'aide mais l'appel quels qu'en soient les motifs. Ainsi la demande d'aide n'est pas, hormis probablement quelques cas infinitésimaux, un appel à défendre justement, mais à agir délibérément et aveuglément dans l'intérêt exclusif d'un autre frère.

OBLIGATION D'ACTION

De plus, les deux principes réunis (fraternité et secret) créent l'obligation d'action. Il n'est pas envisageable de refuser, en conscience, une action demandée par un frère socialement secret car ce refus s'apparente à la négation de son propre engagement vis à vis de la communauté occulte. La notion de fraternité, dès lors qu'elle est secrète, implique l'obligation de servir le frère et d'être servi par lui. Cette obligation s'étend logiquement au frère retiré organiquement des structures actives de la franc-maçonnerie.

Les règles de la mafia sont un exemple de cette obligation stricte. De nombreux petits mafieux ont fini leurs jours dans un caniveau quand ils ont joué l'indépendance ou pire le non-respect de la fraternité. On ne sort donc jamais d'une société secrète.

OBEISSANCE

Le ciment de toute société secrète et la condition de sa pérennité tient dans son organisation. Le secret ne suffit pas. Il faut un but et des moyens. Le but est individuel, les moyens sont collectifs.

L'homme qui entre en franc-maçonnerie poursuit concrètement un but qui n'est pas philosophique mais pratique. Le "recrutement" par parrainage le lui confirme dans les arguments qui lui sont donnés.

Il lui confirme également que, plus qu'une hiérarchie, la société secrète présente des degrés de filiation. Comme la famille ancestrale, l'évolution de l'individu est calquée d'abord sur son obéissance absolue aux anciens (la symbolique du silence), puis sur son "éducation" (la symbolique de l'initiation), ensuite sur ses actes d'allégeance (les services qui lui sont demandés en même temps que ceux qu'il peut rendre, anodins d'abord puis plus impliquant).

La franc-maçonnerie devient donc naturellement, inconsciemment, un substitut familial qui prend la place de la famille naturelle et en tout cas fonctionne comme la famille ancestrale sur la base de l'obéissance aux anciens. La confusion entre sagesse et obéissance fait partie de la mystification.

Mais l'obéissance, ciment de la société ancestrale lorsqu'elle se réfère à la sagesse, peut également conduire à l'allégeance obligée par le fait même de l'adhésion secrète. Ce qui est secret n'est, par définition, pas communicable mais seulement connu de ceux qui partagent le secret. La trahison implique la sanction et ôte toute envie de quitter le groupe car la connaissance des pratiques liée au secret reste. La perception du risque, non de la révélation des pratiques, mais de la reprise de la liberté de conscience individuelle, exclu l'individu non seulement du groupe secret, mais de la société entière.

L'obéissance à une structure ne suffit pas pour la pérenniser il faut qu'elle procure des moyens conséquents, efficaces et utiles à ses membres en respectant les degrés d'implication de chacun. Il faut donc un échange qui bénéficie à l'individu et simultanément au groupe. C'est le principe des obligés.

Or ces moyens ne sont efficaces qu'à la condition qu'ils soient tissés lentement, sûrement et dans l'ombre, mais surtout qu'ils présentent un intérêt réel et pratique pour le membre.

Quelle que soit la communication officielle des obédiences, l'homme de la rue dit que la franc-maçonnerie est le véritable pouvoir, simplement par la perception de bon sens qu'il a sur des constatations bien réelles éclairant son vécu quotidien par les "affaires" révélées, les hommes qui y participent et les méthodes récurrentes. Il a aussi l'écho grandissant du flot des victimes dont certaines sont inévitablement dans son entourage.

L'homme de la rue, même s'il n'a pas les moyens directs d'informations sait repérer les incohérences et les comportements. Il n'a pas confiance dans les institutions et dans le respect des lois (pas seulement juridiques, mais économiques et sociales) car il perçoit les effets, parfois grossiers, des réseaux d'influence et de pouvoir dans son quotidien.

MOYENS

Il est donc incontestable que la franc-maçonnerie, plus qu'un réseau d'influence spécifique qui n'a d'existence qu'en fonction de l'intérêt du moment (lobbing), est en fait une société de l'ombre, un double agissant sur des règles propres et secrètes.

En effet, les puissants réseaux maçonniques possèdent des membres dans tous les rouages de la société si bien que par l'effet de la cooptation et de l'entraide, ils finissent par capter la République entière pour s'en servir et asservir sa substance. C'est un constat et non une conclusion. Pour chaque membre, ils représentent à la fois un moyen d'action et une protection optimale. Ces deux raisons qui font appel aux bas instincts de l'homme finissent par devenir une raison de vivre et une reconnaissance de ses choix.

De nombreuses affaires, liées à la politique (financements occultes, copinages, maversations, etc...), à l'économie (tribunaux de commerce, mandataires judiciaires) et à la justice (magistrats, avocats, huissiers, notaires) trouvent leurs génèse, leurs explications, leurs mécanismes et leur existence même dans l'action de ces réseaux.

On ne peut que constater que les membres de ces réseaux secrets répondent à une logique de dépendance dont le service rendu cimente les liens et endort le scrupule. Les intérêts personnels, qui bien souvent transgressent les règles naturelles de la vie en société, rencontrent d'autres intérêts personnels et cette somme constitue un ciment fondamental à la reconnaissance, à la cooptation et au partage d'une démarche identique.

Le bon sens incline à constater que cette dépendance ressemble également en tous points au système mafieux. Pour obtenir dans la société un bienfait individuel, il faut qu'il soit implicitement mérité et reconnu, donc légitime. Si ce n'est pas le cas, il faut l'obtenir directement de celui qui le détient. L'obtention ainsi acquise est opposable à la société entière qui ne peut en contester la validité sauf à renier le principe même de la légitimité de son organisation et de ses "valeurs".

LE SECRET, CIMENT DE LA REUSSITE

Ce système ne fonctionne qu'à la condition qu'il soit secret (prestation de serment), qu'il oblige à un engagement actif qui fait passer de la liberté à l'asservissement consenti et qu'il corresponde à une vision sélective et grégaire du pouvoir sur la société et ses rapports humains. Le tout pour assurer au membre de la société secrète une existence formelle.

Dès lors, le mensonge, la dissimulation, la diffamation, la tentation de la forme à la place du fond, les faiblesses, le vice parfois, la perversité, sont les dérives obligatoires d'une société secrète dont les membres répondent à un idéal individuel qui n'a rien de philosophique mais qui, en fait vise à bénéficier et utiliser le patrimoine commun au détriment de la société tout entière.

Le secret des liens entre membres est la condition de la dépendance en ce qu'il crée un pacte ou la corruption est une preuve de fraternité et d'engagement inaliénable à ses frères, eux aussi secrets.

Les effets sont destructeurs: utilisation de la justice, du pouvoir financier, des institutions collectives, des médias, pour atteindre ses objectifs.

La prestation de serment au service de la République pour un magistrat, un avocat, un notaire, un huissier est un engagement écrasant, une responsabilité d'homme ou de femmes libres, possédant une très haute conscience, non d'eux-mêmes à travers la fonction, mais de la fonction en propre. A ce titre, ils sont responsables de l'équilibre de la société, de sa cohésion et de son existence face aux autres citoyens.

Or si ce serment fait devant la collectivité entière engage au respect absolu de la philosophie des Lumières et de ce qui préside à notre démocratie péniblement acquise, il ne peut se satisfaire pour ces charges d'un autre serment, qui plus est occulte et opposé dans son principe au respect absolu des principes fondateurs de la démocratie, de la République et de la condition humaine.

Quelles que soient les motivations de l'individu, la fonction qu'il occupe dans et pour la société ne lui appartient pas et ne peut être qu'au service de la collectivité. Il ne peut y avoir deux "règles du jeu" dans un même jeu, surtout lorsque celle qui est connue n'est pas celle qui s'applique effectivement mais sert à masquer la seconde.

Dès l'instant ou l'idée même d'user de la fonction, par le pouvoir et l'aura qu'elle impose aux autres, germe dans l'esprit du responsable, elle aboutit à la perte, même momentanée, de l'engagement initial et à la déchéance de légitimité au regard de la collectivité et des motifs de la charge. Lorsque cette charge est obtenue par cooptation, parrainage ou par la capacité de l'individu à ne pas être totalement libre de lui-même, et en fait, dépendant du secret d'une communauté parasite, c'est le procès de Kafka qui se substitue à la réalité.

On ne peut servir deux maîtres à la fois. Les francs-maçons sont tenus de servir en premier lieu la franc-maçonnerie qui leur procure, à titre individuel, bien plus de satisfactions que les contraintes de l'équité, de la justice, de l'honneur, de la vérité et de l'égalité.

Il y a mystification de la société dans l'engagement individuel d'un franc-maçon. S'il est indéniable que des individus aient des affinités entre eux, des intérêts communs et des objectifs grégaires, il n'est pas concevable qu'ils se servent de la conscience collective partagée (principe démocratique, égalité, lois) pour s'affranchir de la sanction ou pire l'utiliser à des fins personnelles.

La franc-maçonnerie utilise tous les rouages du régime dans l'intérêt propre de ses membres. Elle n'existe que parce que les liens qui unissent ses membres sont secrets et qu'un régime lui sert de nid. De même, il n'existe pas de francs-maçons "affairistes", il existe que des francs-maçons qui se rendent service.

LE REMEDE

La fin de la franc-maçonnerie ou de tout groupe sectaire occulte n'est pas liée à la fin d'un régime, quel qu'il soit, mais à la fin du secret d'appartenance de ses membres.

Il est inadmissible que dans une société organisée, certains de ses membres utilisent à titre personnel ou en groupe à visage couvert les institutions qu'ils contrôlent petit à petit. Seule l'existence d'une société secrète en permet la possibilité. La franc-maçonnerie n'est pas la première et ne sera pas la dernière tant que nous n'aurons pas compris son mécanisme fondamental. Elle fait appel aux bas instincts de l'homme qui réduit la vie au paraître, incapable d'accomplir l'être.

Rompre le secret de l'appartenance à la franc-maçonnerie, n'est pas s'attaquer à la philosophie humaniste, c'est lui permettre de se développer, de s'auto-contrôler et de mettre enfin les actes en accord avec les mots pour empêcher toute perversité.

L'interdiction à des membres de sociétés secrètes de l'accès sans identification aux rouages à vocation collectifs, à commencer par la justice, la police ou l'administration est une évidence du fait même de l'existence du serment. Les corps législatifs de certains pays, comme l'Angleterre et l'Italie, se sont résolus à cette disposition, probablement pour conserver un peu du maigre crédit populaire qu'il leur restait.

La laïcité, cheval de bataille symbolique des francs-maçons du siècle dernier, doit être comprise dans son intégralité. Est supérieur à toute démarche individuelle, l'existence des principes de la République et de la Démocratie. Ces dernières garantissent d'ailleurs pleinement l'exercice des convictions pourvu qu'elles ne soient pas en contradiction avec le principe fondateur de la société, résumé dans le triptyque Liberté, Egalité, Fraternité.

Il y aurait donc confirmation du pouvoir occulte et néfaste de la franc-maçonnerie à revendiquer le secret, même individuel, d'appartenance de ses membres.

Malheureusement, il ne peut en être autrement car cette connaissance permettrait de comprendre bien des affaires inexpliquées, bien des injustices qui touchent chaque citoyen honnête ou son voisin, bien des dysfonctionnements dans tous les rouages de pouvoir du pays et bien des violations de lois par ceux qui ont reçu mission de les appliquer.

La seule obligation d'indépendance réduit à néant l'intérêt personnel et rend l'institution elle-même indépendante des individus qui la servent au seul profit de l'ensemble de la communauté dont ils font bien évidemment partie.

Il ne s'agit pas de brimer ou de sélectionner les convictions, bien au contraire, mais de restaurer effectivement le principe premier d'égalité qui a présidé, au moins dans ce qu'il était perçu par le peuple et qui en a permis la concrétisation, au ciment de notre société.

L'absence de liberté d'un franc-maçon en fait obligatoirement une arme dangereuse pour tous les "profanes" dont l'obligation de survie impose le discernement.

Tout ceci relève du bon sens. Dès lors, un des moyens efficaces pour identifier un franc-maçon reste la méfiance qui contribue à affaiblir les mécanismes couramment utilisés par ce groupe, le double-langage, le respect imposé à priori des titres et fonctions sociales, l'utilisation systématique des symboles, l'absence de concrétisation des paroles, etc... Accessoirement cette disposition d'esprit sera de toute façon efficace et salutaire à titre d'antidote envers n'importe quel groupe du même type.

Écrit par : Rachid Z | 04 février 2013

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Dites moi Mr Rachid Z...que signifie l'OEIL qui apparait sur votre page d'accueil..n'est ce pas un signe..ou un cygne??

pourqoui ne changez vous pas cet OEIL maléfique en nez-moustache..il faut du flaire pour faire ce que vous faites..BRAVO

Écrit par : Aboukhrour | 04 février 2013

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comment faire pour être franc maçon je voudrais en faire partie
je suis en Afrique au Cameroun et aimerais faire partie d'une loge
d’après tout ce que j'ai lu de votre j 'aimerais aussi partager
si vous pouvez me mettre en contact avec un franc maçon ici dans mon pays pour qu'il m’initie
bien a vous

Écrit par : silla richard | 04 mai 2013

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Pouve vou me metr en parainage dan mon pays pour me faire initie?cote d'lvoire

Écrit par : kemian joel | 04 janvier 2014

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Je vous vante pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Continuez .

Écrit par : boitakados.fr | 01 août 2014

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Je vous vante pour votre exercice. c'est un vrai charge d'écriture. Poursuivez

Écrit par : serrurier paris 11 | 06 août 2014

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Je vous approuve pour votre paragraphe. c'est un vrai œuvre d'écriture. Développez


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Écrit par : serrurier paris 13 | 06 août 2014

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