23 janvier 2013

Djemila Benhabib Prix de l’islamophobie ou de la laïcité 2012

Djemila Benhabib

Une chienne de garde de la laïcité

Prix de l’islamophobie 2012

Commentaires

Bonjour,

Je ne comprends pas la haine que madame Benhabib porte à ce qui touche à l'Islam de prés ou de loin. Comparer l'histoire de l'Islam et des musulmans a la gestion de Hitler ou Mussolini!! il faut le faire.
Qu'une partie des musulmans se comporte mal, ne justifier pas cette avalanche de haine contre la nation musulmane.
Même le vocabulaire de "nation" à eu son lot de critique et de stigmatisation .
Il me semble que madame Benhabib ne défend pas une cause féminine, ou la prospérité des femmes dans le monde arabe et occidental, mais elle défend une position et un engagement politique.
j'airai aimé que le discoure de madame Benhabib soit orienté à la consolidation du rôle que les enfants des musulmans jouent dans la société occidentale (leurs pays) et non pas à dénigré le foulard ou la pensée musulmane.
Je ne peux qu’être attristé par cette allocution.
c'est vraiment le prix d'Islamophobie et non de la laïcité (à la quelle j’adhère).

Lamri Boulassel
Enseignant et chercheur
universitaire
Faculté de philo.

Écrit par : Boulassel | 25 janvier 2013

Répondre à ce commentaire

Une putain soumise à la xénophobe et islamophobe de la république de Sarko, une raciste : une dégoûtante femme, voilà ce que représente cette Benhabib pour la majorité des musulmans de la république et d'Europe. Une détestable représentante du racisme laïque de France !

Écrit par : Rachid Z | 25 janvier 2013

Répondre à ce commentaire

Près de trois Français sur quatre rejetteraient l'islam

Belga, le 24 janvier 2013

Près de trois Français sur quatre estiment que l'islam n'est pas compatible avec les valeurs républicaines, selon un sondage Ipsos réalisé pour Le Monde dans le cadre d'une enquête sur le populisme.

Selon ce sondage, publié dans l'édition de vendredi, 74% des personnes interrogées estiment que l'islam est une religion "intolérante", incompatible avec les valeurs de la société française.

Chiffre plus radical encore, souligne le quotidien, "8 Français sur 10 jugent que la religion musulmane cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres. Enfin, plus de la moitié pensent que les musulmans sont 'en majorité' (10%) ou 'en partie' (44%) intégristes, sans que l'on sache ce que recouvre ce qualificatif".

Interrogées sur la tolérance des religions en France, 24% des personnes sondées estiment que la religion catholique est "tout à fait tolérante", contre 13% pour la religion juive et seulement 3% pour la religion musulmane.

A l'inverse, 7% jugent la religion catholique "plutôt pas tolérante du tout", contre 10% pour la religion juive et 39% pour la religion musulmane.

Quand à la compatibilité des religions avec les valeurs de la société française, 89% des personnes interrogées mettent en premier le catholicisme, contre 75 % pour le judaïsme et 26% pour l'islam.

(L'enquête Ipsos/Le monde, intitulée "France 2013: les nouvelles fractures", a été réalisée par Internet, du 9 au 15 janvier, auprès de 1.015 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas).

Écrit par : Rachid Z | 25 janvier 2013

Répondre à ce commentaire

Bonjour Belga,

Je me permets d’attirer votre attention sur les sondages effectués par les grandes institutions.
il me semble qu'il faut bien prendre en compte lors de la réalisation de l’enquête l’environnement médiatique et géopolitique national et international.
Ainsi, si vous réalisez une enquête pendant un conflit majeur (comme la 2èm guerre mondiale par exemple), voulez retrouver dans les sondages que les Allemands sont tous des sanguinaires et des terroristes.
si vous réalisez un sondage après un drame émotionnel nation dans une école par exemple, vous allez retrouver dans les sondages une condamnation quasi totale des responsable sécuritaires et élus locaux.
Or, ce n'est pas la réalité et c'est totalement faux.
c'est pour cela, il faut bien mettre les sondages dans leurs contexte, et les prendre avec précaution.

Lamri Boulassel

Écrit par : Boulassel | 28 janvier 2013

Répondre à ce commentaire

Bonjour,
En tant que Femme Algérienne laïque, je suis outrée par des commentaires comme celui de Rachid Z, il est représentatif de ce que Djemila Benhabib veut dénoncer, ce sont des énergumènes comme lui qu'elle veut éradiquer. Loin d' être islamophobe, c'est une femme qui a vécu cette frénésie qui a mis chaos une Algérie déjà musulmane. Il y a urgence à ce que les signes religieux disparaissent des institutions publiques, c'est comme cela que l'Algerie s'est retrouvée au fond du gouffre, on commence par voiler les femmes puis les humilier pour enfin les taire et les réduire à rien. L'Occident ne mesure pas la menace qui plane sur son sol. Cette femme est tout sauf une putain que tu n'aura jamais mon pauvre Rachid Z.

Écrit par : Ghadia | 31 janvier 2013

"Eradiquer le pauvre Rachid Z" : Comme les nazis tentèrent d'éradiquer les "nuisibles" juifs ou comme les sionistes tentent d'éradiquer les "terroristes" palestiniens ? Faut m'exterminer : au Ziklon B ou au Phosphore blanc ?!

Écrit par : Rachid Z | 31 janvier 2013

Répondre à ce commentaire

(Voici une "saine" et "salvatrice" réaction de parents racistes qui ferait plaisir à l'islamophobe 2012 et à sa fan Ghadia)

Menacée après un cours sur l’islam

Par Nicolas GALMICHE, le 31 janvier 2013

La directrice d’une école privée de Saint-Mihiel (Meuse) a déposé plainte pour diffamation contre une publication radicale prônant l’islamophobie.

"Tout ça pour une leçon d’histoire…" Au bout du fil, la directrice de l’école primaire Notre-Dame, à Saint-Mihiel, dans la Meuse, est indignée. Consternée et surtout apeurée après la publication, mardi sur un site internet très «bleu-blanc-rouge» et dont les articles prônent ouvertement l’islamophobie, d’un papier dénonçant le fait que «des enfants de CM1» aient été «punis» parce que leurs parents avaient «refusé qu’ils apprennent une sourate (un chapitre) du Coran» dans son établissement.

Et l’auteur du pamphlet de tirer à boulets rouges, à coup de pédagogie très douteuse, sur l’équipe enseignante de l’école qui, «en parfaits petits soldats du système», est-il écrit, «obligent des petits à ingurgiter des versets coraniques, à se familiariser à une idéologie qui n’a rien à envier au nazisme».

Directrice depuis trois ans et enseignante dans cette école privée catholique depuis sept ans, Christelle Lainet tient à «démentir tout ce qui est écrit, des propos qui relèvent de la pure imagination» dans une affaire ultrasensible qui a aussitôt été portée, en toute discrétion, à la connaissance du rectorat de Nancy-Metz et du ministère de tutelle.

Entre mauvais rêve et réalité

La vérité, elle la livre sans fard : «Tout part d’une leçon d’histoire sur l’islam donnée avant les vacances de Noël par une enseignante dans le cadre du programme de l’Éducation nationale. Il s’agit d’une leçon qui porte la référence H6 dans le manuel d’histoire, qui décrit l’arrivée de l’islam, comme on le fait pour le judaïsme et le christianisme», avance-t-elle.

En guise de leçon, l’enseignante distribue à ses élèves un polycopié sans référence qui comporte un encadré, lequel renferme, à titre d’illustration, un verset du Coran.

La directrice reçoit peu après une lettre d’un parent qui trouve inadmissible cette leçon au sein de l’école. «Je lui ai répondu par écrit qu’il s’agissait d’un cours d’histoire comme un autre». Mais le 9 janvier, la mère de l’élève attend la directrice dans la cour pour un échange houleux émaillé de «propos très racistes tenus par la maman». Sans la moindre excuse de sa part.

Le 11 janvier, c’est le père de l’enfant qui entre à l’improviste dans le bureau de la directrice, «très calme» et en exprimant «sa façon de penser», très extrémiste. «Il m’a demandé que son enfant quitte le cours d’histoire et ne participe pas à l’évaluation, sans sanction de ma part. Ce que j’ai accepté», confie Christelle Lainet.

Depuis cette rencontre fortuite, tout se passait bien jusqu’à mardi et le coup de fil d’un journaliste pour l’avertir de la parution de l’article qui mentionne l’adresse de l’école, son numéro de téléphone et son courriel. Un aller simple pour l’enfer : «Je reçois des coups de téléphone très menaçants de personnes qui me traitent plus bas que terre et ma boîte mail est saturée par trois cents lettres d’insultes et de menaces personnelles», souffre Christelle Lainet, soutenue par sa hiérarchie et le rectorat.

Entre «mauvais rêve ou réalité», la directrice n’a pas honte de dire qu’elle a peur aujourd’hui, avec une forte appréhension pour la reprise des cours ce matin. Elle a en tout cas décidé de riposter en déposant plainte pour diffamation, dès mardi, auprès du procureur de la République de Bar-le-Duc, qui décidera des suites judiciaires à donner ou non à cette affaire aux relents détestables et nauséabonds.

Lien : http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/01/31/menacee-apres-un-cours-sur-l-islam

Écrit par : Rachid Z | 31 janvier 2013

Répondre à ce commentaire

j'ai beaucoup de mal à ingurgiter votre récit. Vous avez peut etre le don de détourner les attentions mais restons dans cette laïcité et sa lauréate 2012, je présume que vous avez entendu parler des libérateurs de l'Algerie, et par conséquent de Zighout Youcef, de Hassiba et tant d'autres hommes et femmes d'honneur, vous savez ces gens qui ont préféré se pendre pour ne pas divulguer les plans et les secrets de l'FLN, ces femmes qui n'ont en que faire du voil islamique quand il fallait prendre les armes et le maquis. je vous demande seulement si vous aurez autant de courage que ces femmes là a faire changer le sort de votre pays?
pour être franche, cela m'étonnerai que vous puissiez répondre par oui vu que le mot Pute est le seul qui vous vient a l'esprit quand le nom d'une femme arabe vient perturber votre virilité.
Comme beaucoup, je ne souhaiterai aucune violence pour faire évoluer les mentalités mais, j'aimerai que vos futures progénitures sachent comment vous traitez les femmes qui n'ont plus rien a foutre de vos avis de pauvre machoman.

Écrit par : Ghadia | 01 février 2013

Répondre à ce commentaire

N'est-pas au nom de l'islam que les Algériens ont libéré l'Algérie de la mécréante France ?! Depuis, votre "république populaire et démocratique d'Algérie" est une vulgaire dictature soutenue par une raciste France !

Écrit par : Rachid Z | 01 février 2013

Répondre à ce commentaire

dans un ultime post, je tiens a vous rappeler que l'Islam interdit toute forme de vulgarité et de manque de respect envers son prochain, je parle biensur de l'islam au nom duquel la révolution algérienne s'est déclenchée pas au nom de celui qui est mené par des lâches en quête de leur ego, en perdition et qui trouvent dans le meurtre, le viol et le pillage un sens à leur désarroi. Aussi le véritable Islam prône la propreté et la courtoisie, les neomusulmans deviennent un terro oû prospèrent morpions et puanteurs.

Écrit par : Ghadia | 02 février 2013

Répondre à ce commentaire

Désolé, je demeure un éternel pécheur. Mais en aucun cas l'islam n'oblige qui que ce soit à respecter ce qui ne se respecte pas ! Etes-vous seulement respectable, Ghadia ? Et pour votre gouverne, selon les scientifiques, les morpions sont en voie d'extinction !

Écrit par : Rachid Z | 02 février 2013

Répondre à ce commentaire

"La gauche multiculturaliste a trahi la laïcité" 1/2

Propos recueillis par Julien Vallet, le 05.02.2013

Née en 1975 en Ukraine d'une mère chypriote et d'un père algérien, Djemila Benhabib grandit à Oran, dans l'est de l'Algérie. Après que sa famille a été condamnée à mort par les islamistes en 1994, elle trouve refuge en France puis au Québec en 1997, où elle devient fonctionnaire fédéral. En juillet 2012, elle se présente comme candidate péquiste (du Parti québecois, PQ) dans la circonscription de Trois-Rivières, où elle est défaite par la candidate libérale Danielle Saint-Armand.

Trois ans après la sortie en France de son autobiographie, Ma vie à contre-Coran, Djemila Benhabib, écrivaine, journaliste et militante de la laïcité s'attaque dans son nouvel ouvrage, Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident, à l'islam politique. Elle retrace son développement parallèle à celui des mouvements démocratiques dans les pays musulmans et la manière dont il a fini par les supplanter.

Dans ce processus, elle souligne la responsabilité des États-Unis et l'aveuglement, coupable à ses yeux, de l'Occident sur l'islamisation des esprits par voie satellitaire grâce à l'argent saoudien. Elle pointe enfin la « complaisance » avec laquelle, au Québec et dans les pays marqués par la culture anglo-saxonne, les intellectuels de gauche, imprégnés de tradition multiculturaliste, ont toléré, voire appuyé les demandes des mouvements islamistes. Interview : première partie.

Vous aviez déjà publié votre autobiographie, Ma vie à contre-Coran, en 2009. Votre second ouvrage, Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident, est paru en France en octobre 2012. Quel a été le point de départ de ce livre ?

J'ai voulu entamer une réflexion sur l'islam politique aussi bien en Orient qu'en Occident et sur la façon dont il a évolué depuis la création des Frères musulmans en Égypte en 1928. J'ai voulu voir comment on avait progressivement abandonné la rhétorique anxiogène des années trente à cinquante. L'islam politique a désormais un nouveau visage, son marketing s'est rénové. De l'autre côté du spectre, j'ai voulu étudier la réponse pétrie de contradictions, en particulier de la part de la gauche, que l'Occident était prêt à apporter à cet islam politique.

Vous pointez dans votre livre l'attitude de certains courants de gauche qui ont soutenu les revendications religieuses, notamment islamiques, au Québec par exemple. Pour quelles raisons, selon vous ?

La crainte d'être taxé de racisme peut expliquer la complaisance avec laquelle la gauche a apporté un soutien explicite au développement des revendications islamistes. Mais son attitude trahit aussi une façon de voir le monde : quelque part, la gauche multiculturaliste n'est jamais vraiment sortie de l'anti-impérialisme américain et du discours anticolonialiste. Elle porte un regard essentialiste sur le monde : elle perçoit l'Occident comme étant un, homogène, et toujours prisonnier du fardeau du colonialisme. Ce faisant, elle endosse la critique des islamistes. Or, aujourd'hui en Occident, nous sommes passés à une autre étape historique. C'est ce que la gauche n'a pas encore compris. En France, au moment du débat sur l'interdiction du port de signes religieux - et donc du voile - en 2004, la gauche a fait étalage de sa division, de son absence de fermeté dans ce dossier. Même le mouvement féministe a apporté son soutien aux femmes qui portaient le voile et a donc, une fois de plus, donné carte blanche aux islamistes. Tout cela parce que la gauche reste toujours prisonnière du relativisme culturel.

La France est-elle un peu plus « épargnée » que d'autres pays ?

Ce qui différencie la France, c'est que dans ce pays, les revendications liées à la religion semblent être une anomalie, parce que c'est un État de tradition laïque. C'est ce qui la distingue des pays anglo-saxons ou en tout cas très fortement marqués par la culture anglo-saxonne, comme le Canada ou la Belgique. Dans tous ces pays, la liberté de religion, poussée à l'extrême, sert indirectement les fondamentalismes. Personnellement, je n'aime pas trop le terme de « liberté de religion » toujours susceptible d'être détourné. Je lui préfère celui de liberté de conscience.

Vous faîtes le constat de l'échec du multiculturalisme, prétexte au communautarisme. Quelle alternative possible, selon vous ?

L'Allemagne d'Angela Merkel, tout comme la Grande-Bretagne de David Cameron, ont fait le constat de l'échec du multiculturalisme et de la nécessité de réinstaurer des règles communes de vivre-ensemble. Au Québec, le milieu politique, en dépit de l'échec flagrant, continue de faire l'autruche. Un nouveau modèle reste à inventer, mais en tout cas, il ne viendra pas du monde politique, mais plutôt de la société. Je vous donne un exemple : au Canada, l'égalité homme-femme est une valeur fondamentale, une revendication qui a été poussée très loin historiquement. En Ontario, des tribunaux d'arbitrage islamique allaient être entérinés mais le projet a finalement avorté à la suite d'une mobilisation, d'une réaction extrêmement forte de la société. Car c'est cette valeur-là - l'égalité homme-femme - qui avait servi de démarcation, de ligne rouge à ne pas dépasser. Le problème est qu'au Canada, la liberté de religion est inscrite dans le préambule de la Constitution, ce qui a servi de prétexte pour la pousser à l'extrême. D'où des débordements inévitables, comme quand un garçon sikh se retrouve autorisé à venir à l'école muni de son poignard rituel - le kirpan. Ou quand une femme se présente à l'audience au tribunal entièrement voilée, sans qu'il soit possible de l'identifier, et qu'elle y est autorisée parce que sa liberté de religion ne doit pas être bridée.

Ce modèle multiculturaliste, tel qu'il existe au Canada, est-il encore populaire auprès des Québecois ?

Les enquêtes d'opinion montrent que les Québecois, dans leur grande majorité, sont totalement réfractaires aux fameux « accommodements raisonnables » religieux. Tout comme la grande majorité des immigrants, d'ailleurs. Mais pour le moment, le courage politique pour venir à bout des accommodements raisonnables a fait défaut. Nous sortons au Québec de neuf ans de règne du Parti libéral, qui a perdu récemment les élections contre le Parti québecois (PQ). Or, les lobbies politico-religieux au Québec sont extrêmement puissants. Ils bénéficient des subsides en provenance du Qatar, de l'Arabie saoudite ou de l'Iran, et ils sont suffisamment influents pour pouvoir manipuler l'opinion, mais aussi les immigrés, et même les décisions politiques. Ils sont notamment à même de financer les partis, comme le Parti libéral. J'ai compris la force et le poids de ces lobbies politico-religieux lorsque j'en ai moi-même fait l'expérience. Je suis engagée en politique au Québec, où je suis un peu connue pour mes convictions fermes sur la laïcité. Au moment des élections, j'ai proposé, avec mon parti et la Première ministre actuelle, Pauline Marois, l'instauration au Québec d'une Charte de la laïcité qui reposait sur deux axes : l'interdiction du port de signes religieux dans la fonction publique, et la neutralité de l'État dans tous les domaines de la vie publique. J'ai dû essuyer coup sur coup les attaques et les critiques des catholiques intégristes, mais aussi du B'nai B'rith, la plus ancienne organisation juive internationale, et enfin des réseaux islamistes. Le 3 septembre dernier, à la veille des élections législatives, Tariq Ramadan a organisé une grande kermesse qu Québec au cours de laquelle, accompagné de son soutien local, Omar Aktouf, qui se rattache aussi au courant multiculturaliste, il a clairement appelé à ne pas voter pour moi et pour le PQ - sans succès, heureusement.

Court-on le risque, comme c'est déjà en partie le cas en France, que ce soit d'autres courants, tels que l'extrême-droite, reprennent le combat de la laïcité - en le détournant ?

La gauche fait preuve d'une grande frilosité sur ces questions-là. Elle a érigé en tabou le sujet de la laïcité et du vivre-ensemble. Or, ces questions doivent être débattues, sinon, on court le risque que d'autres forces ne viennent s'en emparer pour pouvoir en parler mieux, mais mal. Si l'on reprend l'exemple des tribunaux d'arbitrage islamique au Canada, le Premier ministre de l'époque avait alors transmis le dossier à Marion Boyd, ancienne ministre de la condition féminine et féministe de gauche qui y avait donné son feu vert. Dans ce cas précis, la situation aura été le résultat d'une alliance contre-nature entre les milieux historiquement de gauche et les lobbies politico-religieux. C'est pourquoi je suis extrêmement sévère, dans mon livre et dans toutes mes prises de position, avec les intellectuels de gauche, car je crois qu'ils ont une grande part de responsabilité dans la multiplication et la banalisation de ces demandes dans le sens d'une plus grande liberté de religion. J'attendais d'eux du soutien, ce que je n'ai pas eu, et je voudrais qu'ils cessent de soutenir des mouvements multiculturalistes qui sont les paravents de l'islamisme et viennent en aide aux courants vraiment démocratiques dans les sociétés arabes.

Quel est le projet politique des partisans de l'islam politique et peut-il aboutir ?
Je me suis rendue récemment en Égypte et en Tunisie pour y puiser la matière de mon prochain ouvrage, L'automne des femmes arabes (H&O), qui paraîtra en mars prochain en France. J'ai pu observer combien le projet politique des Frères musulmans en Égypte - qui consiste comme toujours à bâtir une vaste « oumma » ou communauté islamique - correspondait peu aux attentes et aux besoins de la population. Si vous prenez le cas de l'Égypte, par exemple. Voilà un pays, où près de la moitié de la population est analphabète et vit sous le seuil de la pauvreté, où le système éducatif est déficient, le système de santé public quasi-inexistant et le chômage fait des ravages auprès des jeunes en particulier. Or, sur quoi se sont focalisés les débats à l'Assemblée nationale dernièrement ? Sur un seul sujet: le statut des femmes à travers quatre propositions de projet de loi : abaisser l'âge du mariage pour les filles de 18 à 14 ans, décriminaliser l'excision, se demander si l'on pouvait autoriser un homme à avoir des relations sexuelles avec le cadavre de sa femme dans les douze heures qui suivaient son décès, et enfin enlever la possibilité pour une femme de demander légalement le divorce - sachant que cette possibilité est déjà extrêmement réduite en Égypte. C'est à ce moment-là, qu'est apparue de façon flagrante la totale inadéquation des islamistes au pouvoir avec les attentes de la population. Dans ce contexte, ils ont fait la démonstration de leur incapacité à reconnaître les libertés individuelles et en particulier celles des femmes et leur échec à concilier la liberté avec l'égalité, sociale et économique. J'ai été frappée par les critiques extrêmement virulentes vis à vis du pouvoir de Morsi de la part de gens rencontrés dans la rue, les cafés ou les taxis. D'ailleurs, entre les législatives et les dernières élections, la base électorale des Frères musulmans s'est quelque peu effritée. En ce sens, la résistance de la société est tenace et les dernières mobilisations en Égypte et en Tunisie le prouvent largement.

Doit-on pour autant en conclure à un reflux, un retour de bâton à venir contre les islamistes ?

Il ne faut pas voir qu'une partie du tableau. Les sociétés arabes sont de plus en plus islamisées. Le religieux a pris au fil des années une place démesurée, notamment dans le système éducatif. Aujourd'hui, de plus en plus de femmes portent le voile, ce qui montre qu'elles ont progressivement intériorisé l'islamisme. Il faut y voir les causes dans un État défaillant, qui n'est plus capable de répondre aux besoins de la population, de créer et de reproduire du lien social. Déçues dans leurs attentes, les populations se sont retournées vers le seul acteur politique disponible et surtout organisé à ce moment-là, à savoir les islamistes - dans le cas présent les Frères musulmans, seuls à même répondre aux besoins socio-économiques à travers les organisations caritatives. Pourquoi ? Parce que les États n'ont plus de légitimité : il y a une véritable crise de légitimité dans le monde arabo-musulman. Cette crise et cette faiblesse ont favorisé le mouvement d'islamisation, qui en retour s'est centré sur le corps de la femme et une vision très archaïque et conservatrice des sociétés. Nous sommes désormais aujourd'hui bien loin des années cinquante, soixante et soixante-dix, qui ont connu un véritable mouvement d'émancipation des peuples et de libération des femmes arabes. C'est comme si le processus de sécularisation amorcé par les indépendances avait été contrarié, arrêté, dépassé par le mouvement d'islamisation en sens inverse. A l'absence de légitimité, ainsi que des facteurs internes à chaque pays, il faut ajouter le contexte international qui n'est pas moindre; et l'émergence en 1979 de la théocratie iranienne, grâce à la complicité, l'alliance contre-nature, des États occidentaux. Le rôle des États-Unis dans ce domaine est particulièrement néfaste et empli de contradictions : on ne peut à la fois prétendre combattre le terrorisme et se faire l'allié objectif d'un État terroriste - l'Arabie saoudite. Ce n'est pas un hasard si, sur les 19 terroristes responsables de l'attentat du 11 septembre, 15 étaient saoudiens. Pour résumé, la mise en échec de l'islam politique dépendra aussi bien de la capacité des peuples arabes à faire émerger des États démocratiques mais aussi d'une prise de conscience internationale à l'effet qu'il ne peut y avoir de solution durable que si elle est véritablement démocratique. Cela, l'Occident ne l'a encore malheureusement pas compris : les États-Unis ont commencé par soutenir les Frères musulmans après le chute de Moubarak. Aujourd'hui, leur soutien s'est un peu refroidi. Je crains, tout de même que l'impact de ce soutien ne soit, encore une fois, désastreux. Bien que l'Égypte et la Tunisie contiennent autant d'îlots de modernité au sein du monde arabo-musulman, un héritage se nourrit, sans quoi, il se fragilise.

Dans votre ouvrage, vous traitez justement de la façon dont l'Arabie saoudite, notamment via les télévisions satellitaires, peut exercer une influence considérable sur le monde musulman. Cela suffit-il à expliquer l'islamisation des esprits ?

Les télévisions satellitaires ne sont qu'un phénomène relativement récent. Dans mon livre Les soldats d'Allah à l'assaut de l'Occident, je raconte de quelle façon l'Arabie saoudite s'est positionnée dans le monde arabe et musulman pour étouffer la voix des démocrates et répandre son venin du wahhabisme avec la création d'organisations et de partis islamistes d'un bout à l'autre du monde. Pour prendre un exemple tiré de mon expérience personnelle, j'ai été à l'école algérienne au milieu des années soixante-dix. Je suis donc en mesure de témoigner de ce vent islamiste qui a balayé la société petit à petit. L'endoctrinement s'est fait dès les premières années de l'école et ce à travers les récitations coraniques et tout ce qui s'en suivait dans l'aliénation des esprits et leur soumission aux dogmes religieux. Si bien qu'au lycée par exemple, les élèves les plus méritants recevaient un exemplaire du Coran ainsi qu'un voyage en Arabie saoudite. De telles pratiques avaient déjà lieu dans de nombreux pays du monde musulman. C'était une façon de présenter un modèle de réussite aux bons élèves comme si c'était le seul. Il y avait là indéniablement une volonté de formater la jeunesse. C'est pourquoi au début de années quatre-vingt dix, quand le Front islamique du salut (FIS) a commencé à monter en puissance, on retrouvait dans ses rangs des gens extrêmement jeunes, âgés de 17, 18 ou 19 ans, c'est-à-dire de ma génération, prêts à prendre les armes pour abattre des intellectuels et des personnalités de gauche qu'on accusait de tous les maux. Bref, c'est le système éducatif lui-même qui a engendré ces nouveaux terroristes. Cette perversion prend racine dans un endoctrinement et un processus d'idéologisation extrêmement ancien, orchestré par les tenants de l'islam politique, c'est à dire les Frères musulmans. De la même façon, en Afghanistan, les taliban ne sont, au départ, pas autre chose que des étudiants en islam qui ont fini par prendre les armes et innover d'une façon inimaginable dans la barbarie.

Les échecs de l'islam politique montrent-ils qu'il est, à terme, condamné ?

Je crois qu'il faut être extrêmement prudent dans nos analyses. Il faut énormément de temps pour évaluer l'impact des islamistes sur les politiques publiques là où ils sont au pouvoir, que ce soit à court, à moyen ou à long terme, et notamment la régression qu'ils sont susceptibles d'entraîner. Il faut notamment évaluer ce qui sépare leur volonté de nuire de la possible mise en application. Ce qui s'est passé en Algérie, par exemple, dans les années quatre-vingt dix, illustre bien ceci. Car on ne peut voir son véritable ressac qu'aujourd'hui. La confrontation sanglante avec l'islamisme a laissé des séquelles inouïes, et notamment, sur le plan culturel, académique et artistique. On a assassiné des gens intellectuellement remarquables, des gens exceptionnels, dans le but de faire de ce pays un désert culturel. La société est lourdement éprouvée, blessée et meurtrie. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il ne suffit pas de résister à l'islamisme pour le vaincre. Il faut plus. Il faut capitaliser les résistances pour s'en délivrer. L'exemple iranien est également assez éloquent. On aurait pu penser que le système des mollahs s'effondrerait compte tenu des formidables mobilisation en 2008 et 2009. Or, il n'en a rien été. Car à chaque fois que l'on pense avoir gagné, les islamistes nous surprennent avec un nouveau souffle qui prolonge leur vie. Mais jusqu'à quand ? Je finirai par évoquer le conflit autour du port du voile intégral qui a actuellement lieu à l'université de la Manouba en Tunisie. Vous avez là un groupe ultra-minoritaire de salafistes radicaux qui affronte une communauté universitaire totalement soudée autour de son doyen, Habib Khazdaghli. La situation est extrêmement difficile pour ces derniers car en plus de devoir affronter la violence salafiste, ils doivent subir le silence du gouvernement qui n'en est pas un en réalité, puisque les nahdaouis sont les alliés objectifs des salafistes ; des salafistes qui transposent vers les tribunaux le conflit idéologique et politique qui les oppose aux laïcs. On assiste donc à une véritable manipulation de la justice dans un combat inégal contre une communauté universitaire certes soudée mais très éprouvée.

Pourquoi - et c'est l'objet d'une partie de votre ouvrage - une telle crispation sur les femmes, leur corps, leur identité ?

La femme est en quelque sorte garante de l'ordre social. Sa place dans la société déterminera à terme l'ordre, patriarcal ou pas. Les islamistes continuent de voir dans les femmes un objet entre les mains de l'homme. Dans son mode d'organisation sociétale, l'offre islamiste consiste en un terrible archaïsme social, car ils savent que la libération de la femme entraînera de facto celle de la famille et puis du pays tout entier, et donc un recul de l'islam politique. Les premiers adversaires de cet islam politique sont donc les femmes, car l'islamisme nie le corps des femmes, leur complexité ainsi que leur identité. Pour elles, cela relève donc pratiquement de l'instinct de survie, et donc cela devient une nécessité d'entrer en résistance.

Écrit par : Rachid Z | 10 février 2013

Répondre à ce commentaire

Les dangers du laïcisme

Santiago Alba Rico, le 23 janvier 2013

On peut dire qu’il y a deux processus, entrelacés mais distincts, qui convergent dans ce que les Européens appellent le « laïcisme ». Nous avons d’une part une combinaison tenace d’efforts sociaux et intellectuels – depuis Spartacus ! – destinés à libérer les idées de justice et de droit de l’autorité d’un dieu. Cet effort se cristallise au XVIIIe siècle dans les Déclarations des Droits de l’Homme, dont la valeur fondamentale, au-delà de son contenu spécifique, est la reconnaissance de la raison humaine comme source de décision morale et des être humains concrets en tant que sujets de droit inaliénables.

A partir de ce moment, à la prétention religieuse que ces idées de justice et de droit peuvent également se trouver, si on les cherche, dans le Livre Sacré, le « laïcisme » répond que, si on les cherche, ont peut tout autant trouver dans ce Livre Sacré les idées contraires et que, par conséquent, l’unique manière de se représenter avec clarté les une et les autres et de les séparer de tout fondement divin.

Pour nous, athées, ce triomphe du « laïcisme » nous à mené à concevoir l’espérance d’une extinction de la religion dans la vie sociale. Rien de plus naïf. Nous savons aujourd’hui que la Bible a résisté aux implacables progrès technologiques et aux non moins implacables processus politiques et cela bien mieux que les films de Bergman ou que les droits des travailleurs. En outre, si les députés de droite (espagnols) amènent au Parlement quelque chose de plus que leurs intérêts de classe, ils le tirent sans aucun doute d’Escribá de Balaguer (fondateur de l’Opus Dei, NdT) ou des encycliques du Pape, tandis que dans le vote des citoyens influent bien plus les déclarations de l’Evêque que la devise « liberté, égalité, fraternité » de la révolution française.

L’autre versant du « laïcisme » tient à la lente et tout aussi inachevée libération de l’Etat de la pression des institutions religieuses. En France, le pays laïque par excellence, ce n’est qu’en 1905, plus d’un siècle après la Révolution, qu’une loi fameuse a établit la séparation entre l’Etat et l’Eglise ou, plus exactement, l’égalité entre toutes les croyances et religions. Parce qu’en réalité le « laïcisme » signifie précisément cela : la fin du monopole d’une église ou d’une secte et l’affirmation de la liberté religieuse extramuros des institutions souveraines. L’Etat ne reconnaît que ses propres institutions et, en dehors d’elles, la liberté privée et égale de tous les citoyens. Les croyances et les délires des humains peuvent au Parlement mais ne peuvent parler, et encore moins gouverner, en tant que porte-paroles d’une Eglise concrète.

La confusion entre ces deux versants – l’égalité entre les hommes et l’égalité entre les croyances – a paradoxalement conduit à la sacralisation du laïcisme. Au sens strict, il n’y a aucune différence entre tenter d’imposer une religion à partir des institutions ou tenter d’abolir la religion à partir des institutions. Quand la France laïque criminalise le voile ou le niqab elle trahit ses propres principes ; le laïcisme qui persécute une religion concrète est aussi peu laïc – et bien plus raciste et irrationnel – que la secte qui tente d’interdire toutes les autres sectes ou d’interdire l’athéisme. Et que reste-t-il de lui quand, en invoquant les droits de l’Homme, on bombarde et on envahit d’autres pays ?

Certains pourraient répondre que tous les maux du monde arabe de ces dernières décennies proviennent de la religion. Il est vrai que la région vit plusieurs guerres en même temps et l’une d’elles est inter-religieuse et l’autre pro-religieuse. Et il est tout aussi vrai que les intérêts énergétiques des Etats-Unis, après la Seconde guerre mondiale, ont permit à l’Arabie Saoudite de diffuser le wahhabisme, une version particulièrement rétrograde et fanatique de l’Islam. Mais avec non moins de raison nous pourrions également dire – tout comme bon nombre de ses victimes – que tous les maux du monde arabe dans ces dernières décennies proviennent du laïcisme. De Saddam Hussein à Ben Ali, de Kadhafi à la famille Al-Assad, de Moubarak à Bouteflika, un prétendu laïcisme - qui ne l’était pas – a servit pendant des années et des années à légitimer la répression, la torture, l’appauvrissement et le crime. Pendant que l’Arabie Saoudite coupe des mains, lapide et impose le wahhabisme, toute une série de régimes dictatoriaux se sont consacrés à pourchasser - avec un racisme « à la française », mais dans leur propre pays – la religion de la majorité de la population. Il n’est donc pas étonnant que pour cette majorité le « laïcisme » est associé à la violation des droits humains, aux classes riches et au colonialisme occidental. Mais il faut ajouter que, pour cette majorité, avant le dénommé « Printemps arabe », la religion était plus une source de résignation que de mobilisation.

Les révolutions arabes ont offert la surprise initiale d’un soulèvement populaire de musulmans strictement laïc. Par la suite, ce fut l’établissement prévisible, en Egypte et en Tunisie, de gouvernements islamistes modérés. Nous pouvons dire que, dans le pire des cas, ces soulèvements devraient garantir la normalisation politique qui a été si violemment interrompue par les dictatures ; autrement dit, la visibilité institutionnelle de cette majorité réprimée pendant des décennies. Les périls sont de deux ordres : un islamisme radicale qui, à la manière léniniste, tire profit - pendant que la gauche regarde de l’autre côté – de l’agonie syrienne et la confrontation générale ; et un faux laïcisme qui, dans un déjà vu inquiétant, reproduit les vieux clichés et se laisse tenter par les vieilles méthodes.

En tous les cas, la véritable laïcisation n’est toujours pas réalisée d’un côté et de l’autre de la Méditerranée. Parce que si le laïcisme veut dire libération de l’Etat des pressions des institutions religieuses, la plus religieuse, et la plus déterminante, n’est ni le Vatican, ni la sharia, ni le républicanisme chauviniste francisé, mais bien le marché.

Écrit par : Rachid Z | 10 février 2013

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.