09 janvier 2013

Un artiste néerlandais dépose la marque "Allah"

Un artiste néerlandais dépose la marque "Allah"

Oumma.com, le 09 janvier 2013

La vocation de l’art est de provoquer des émotions, mais l’émoi que déclenche l’artiste néerlandais Teun Castelein ne transporte pas de joie et encore moins vers l’extase, il suscite des remous indignés, à l’aune de sa transgression, consciente ou non d’ailleurs.

Pour la modique somme de 250 euros, l’appellation sacrée par excellence «Allah» a été bradée pour finir enregistrée comme un vulgaire nom de marque auprès de l’Office Benelux de la Propriété intellectuelle, à la grande satisfaction de son nouveau promoteur, dont la créativité débordante n'a pas encore imaginé l’usage qu’il en ferait.

Heureux de son acquisition, Teun Castelein qui se dit fier d’être un précurseur en la matière, doit être sourd à la colère qui gronde parmi les organisations musulmanes nationales, lesquelles appellent à la résistance : "C’est un nom magnifique, je suis surpris que personne ne l’ait fait auparavant", a-t-il déclaré au quotidien De Telegraaf, en assurant apposer, d’ici à février, sa nouvelle griffe sur une activité dont le monde musulman n’aura pas à rougir. Ouf, quel soulagement !

Dans ce bas monde, affranchi du délit de blasphème, qui se prétend éclairé à la lueur de la diabolisation banalisée de l’islam, un artiste néerlandais de 32 ans pousse le bouchon de l’outrage encore plus loin, dans une insouciance béate, en apparence du moins, qui laisse sans voix. Un signe des temps, ou plutôt la marque de fabrique d’une Europe qui, elle, refuse obstinément de déposer l’appellation «islamophobie», alors même qu’elle en fait son fonds de commerce florissant, sans vergogne.

13:12 Écrit par Rachid Z dans Europe, Islam et musulmans, Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Le Benelux refuse de considérer "Allah" comme une marque
Le Monde.fr | 09.01.2013 à 11h53 • Mis à jour le 09.01.2013 à 15h37
Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)


Pas question d'enregistrer la marque "Allah", a décidé, lundi 7 janvier, le Bureau Benelux de la propriété intellectuelle (BBIE). Il a refusé la demande – certes un peu floue – de Teun Castelein, un artiste néerlandais de 32 ans qui entendait, explique-t-il, "tester les limites du marché" mais aussi lancer de nouveaux produits portant le nom de Dieu. "Pas une bière ou pas un whisky", précise-t-il. Peut-être une ligne de vêtements ou des bijoux.
"Impossible" lui a répondu le BBIE, arguant semble-t-il du fait que le nom d'Allah serait "trop généralement connu" pour devenir le signe distinctif d'un produit. Au-delà, les motifs du refus ne peuvent être dévoilés, relevant du contact "entre nous et le demandeur" a déclaré un porte-parole du Bureau. En tout cas, la peur d'une réaction négative de la communauté musulmane n'aurait joue aucun rôle, a-t-il assuré.

Pour Teun Castelein, en revanche, les responsables craignaient bel et bien qu'une décision positive déclenche un tollé. Et ils n'ont pas cru l'artiste, qui assurait vouloir éviter toute provocation. Il disait avoir dialogué avec des musulmans et même rencontré un imam qui l'auraient tous assuré qu'ils ne sentiraient pas offensés que des jeunes portent, demain, un T-shirt ou des colliers siglés "Allah".

ÉNORME RESPONSABILITÉ

M. Castelein semblait d'autant plus assuré de réussir son coup que les marques "Jésus", "God" (Dieu) ou "Bouddha" ont, elles, pu être enregistrées. Il en conclut que le BBIE a donc bel et bien été effrayé et a dès lors décidé de "traiter autrement" les musulmans que d'autres croyants.
Teun Castelein a désormais six mois pour faire appel de la décision du bureau Benelux. Il espère encore convaincre que le nom, "incroyablement beau" d'Allah deviendra, pour la première fois dans le monde, le nom d'un produit commercial. Pas n'importe lequel, jure-t-il, car celui qui le lancerait porterait "une énorme responsabilité".

Beaucoup moins philosophes, des usagers de Twitter ont déjà imaginé le "Allah-Hak-Bar" ou font des allusions au "Allah-kit, avec armes chargées". Peut-être le BBIE a-t-il bien fait de se montrer prudent.

Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)

Écrit par : Nathalie | 10 janvier 2013

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.