02 janvier 2013

“On voulait juste fêter le Nouvel An…”

 “On voulait juste fêter le Nouvel An…

La Dernière Heure, le 02 décembre 2013

Tabassés par des policiers le soir du réveillon, plusieurs jeunes Bruxellois ont porté plainte au Comité P

Mathias (prénom d’emprunt) et ses amis garderont un bien triste souvenir du Réveillon 2013. Alors qu’ils se rendaient à la Gesù Church pour une soirée Nouvel An, ils ont été roués de coups par des policiers et ont terminé la nuit à l’hôpital

Je suis arrivé à 2h avec cinq amis dans la rue Brialmont où il y avait pas mal de monde. On s’apprêtait à rejoindre un autre groupe devant l’église Gesù mais c’est là qu’une cinquantaine de policiers ont commencé à avancer tous en même temps, raconte le jeune homme de 24 ans qui a tout d’abord reçu du gaz lacrymogène sur le visage. Je me suis directement mis sur le côté de la rue. Un policier m’a alors donné un coup de matraque sur le front et une fois à terre, j’ai été roué de coup

Bilan ? Un corps recouvert de bleus, une blessure nécessitant six points de suture et beaucoup d’incompréhension. Je ne sais pas ce qui s’est passé avant que l’on n’arrive. Peut-être y a-t-il eu des troubles fêtes ? Ce qui est sur, c’est que nous n’avions strictement rien fait. On voulait juste fêter la nouvelle année , confie l’étudiant qui était toujours sous le choc le lendemain des faits.

Nous avons reçu un second témoignage qui corrobore le récit de Mathias. Pour une raison que j’ignore, une quinzaine de policiers nous ont pourchassés dans la rue Brialmont, où j’ai reçu un coup de matraque sur mon occiput par un policier à cheval. Un policier en civil était complètement déchaîné et tapait sur tous ceux qui l’entouraient , raconte Arnaud, 23 ans, qui dénonce un abus de pouvoir de la police.

Choqués et révoltés, ces deux jeunes Bruxellois et plusieurs de leurs amis ont porté plainte ce mardi au Comité P, la police des polices. Ce sont des gardiens de la paix qui sont censés nous protéger ! J’attends leur version des faits et des explications, s’indigne Mathias.

La police reconnaît que la situation était critique, hier, vers 2 h devant l’église du Gesù. Mais elle nie que des policiers aient tabassé des jeunes. L’organisation de la soirée s’est clairement fait dépasser par le succès de l’événement, il y avait beaucoup trop de préventes vendues par rapport à la capacité de la salle, malgré nos avertissements. 200 à 300 personnes s’entassaient sur le trottoir le long de la rue Royale Sainte-Marie et nous avons dû agir car la situation devenait dangereuse , débute Roger De Beule, porte-parole de la zone de police Nord.

Nous avons dû faire appel à deux cavaliers pour disperser la foule, manu militari. Des jeunes filles étouffaient tellement elles étaient compressées. Certains, n’ayant pas trop bu, ont vite compris qu’ils devaient s’en aller, d’autres se sont rebellés, par frustration mais aussi par l’excès d’alcool.

Durant une heure, la police a essayé de rétablir le calme. Le bilan ? Huit personnes ont été emmenées au commissariat.

11:14 Écrit par Rachid Z dans Saint-Josse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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