28 décembre 2012

Le Pjdiste Abdelmoula Parrain de la «Comarit-Comanav connection»?

Le Pjdiste Abdelmoula Parrain de la «Comarit-Comanav connection»?

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La Relève, le 15 décembre 2012

Cela fait maintenant plus de six mois que Samir Abdelmoula, patron de la «COMARIT-COMANAV», ne cesse de défrayer la chronique judiciaire, notamment depuis le déclanchement de l’affaire de falsification de billets de vente de cette compagnie maritime au bord de la banqueroute et l’éclatement du «scandale Toufik Ibrahimi», qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Il y a quelques jours, le fringant amateur tangérois a été auditionné par la BNPJ dans le cadre d’une affaire de trafic international de stupéfiants suite a la découverte, en 2007, par la police espagnole, de 15 tonnes de Chira sur l’un de ses Bateaux.

Pour la petite histoire; il s’agit d’un container espagnol contenant des produits agricoles, embarqué à bord de l’un des navires de la COMARIT, auquel les services de la police du port maritime de Tanger ont demandé de revenir à quai, suite à son appareillage vers Algesiras, notamment après avoir constaté la falsification du bon de sortie de ladite marchandise.

Avisé, Samir Abdelmoula a refusé d’obtempérer aux instructions de la Police marocaine, chargeant l’un de ses collaborateurs d’aviser cette dernière que le container en question n’allait pas être débarqué en Espagne et sera réacheminé vers Tanger et ce, sans douter que les agents de la Guardia civile allaient contredire ses prévisions.

S’il est précoce de tirer une quelconque conclusion à propos de cette ténébreuse affaire, au sujet de laquelle la justice est la seule institution habilitée à en découvrir le fin mot, il n’en reste pas moins que ce nouveau scandale suscite d’inévitables questionnements, particulièrement, lorsque l’on tente d’en cerner les ressorts à la lumière de la stratégie de développement boulimique de la «COMARIT-COMANAV» initiée, à l’époque, par Samir Abdelmoula, qui fut propulsé, dés 2006 par son généreux père et député PJD, Abdelali au poste de vice président de cette compagnie maritime.

En effet, étant fraichement «diplômé» d’une école de management à Casablanca, l’héritier Abdelmoula voit très grand et décide d’initier dés son débarquement au sein de l’entreprise familiale, une politique d’investissement tous azimut, en procédant à l’acquisition de la majorité du capital au sein de la «COMARIT» et la «COMANAV», à la construction en leasing, pour un cout estimé à 150 million de Dhs, d’un immeuble flambant neuf en front de mer à Tanger, devant abriter pour un loyer mensuel de 800.000 Dhs (au lieu de 3000 Dhs) les nouveaux sièges desdites sociétés, au lancement de la station régionale privée «Cap Radio» et à la création d’une Régie, spécialisée dans la commercialisation de l’affichage publicitaire sur les taxis de Tanger.

Si Samir Abdelmoula s’évertue à cultiver l’image d’un «Golden boy» redoutable et aguerri dans le monde des affaires, en engageant, simultanément et sans vision d’ensemble, cohérente, des opérations au rendement aussi douteux que risqué, ayant nécessité un endettement  bancaire en milliards de dirhams, ses paires au sein de la corporation des armateurs, ont décelé plutôt l’existence d’une personnalité, narcissique, qui n’hésite pas pour satisfaire sa mégalomanie, à plomber les finances de son entreprise qui, pourtant générait beaucoup de cash.

Dans ce contexte, plusieurs voix s’interrogent légitimement, si le manque patent de scrupules chez cet apprenti-manager, réputé pour son penchant festif, ne l’aurait pas incité à faire le pas de trop, en décidant d’utiliser ses navires dans le trafic des stupéfiants, afin de lever des fonds pour financer ses ambitions démesurées.

Cette hypothèse parait pour le moins vraisemblable, lorsqu’on observe le parcours politique opportuniste de Samir abdelmoula, qui, semble surtout intéressé par son rapprochement avec des personnalités influentes susceptibles de lui fournir une immunité dans le cadre de son business et ce, comme à l’époque où son père bénéficiait de la protection du General Dlimi, dont il est marié à sa nièce.

C’est de cette manière qu’un grand nombre d’observateurs de la scène politique nationale ont interprété le ralliement de Samir Abdelmoula au PAM, lui ayant permis de briguer avec succès, lors des communales de juin 2009, le poste de maire de Tanger, duquel il finira par démissionner après plus d’un an, non sans avoir affiché une nonchalance déconcertante dans l’exercice de ses responsabilité, prouvant par là même, son indifférence quant à la gestion des préoccupations des Tangérois.

Ne pouvant rester sans «Papa-Poule», Samir Abdelmoula, qui n’a jamais partagé ni de prés ni de loin le référentiel religieux du PJD, a décidé de miser sur ce parti en se précipitant pour y adhérer, notamment après s’être convaincu que dans la foulée du «printemps arabe», les islamistes modérés pourraient accéder au gouvernement et tout ne serait que bénéfice pour lui.

Aujourd’hui, l’opinion publique nationale s’interroge sur le sort qu’entend réserver Mustapha Ramid, le Ministre de la justice et des libertés d’obédience PJD, à l’instruction de l’affaire de trafic international de stupéfiant pour laquelle a été récemment auditionné Samir Abdelmoula.

Cette question se pose avec beaucoup d’acuité, dans la mesure où, contrairement aux dossiers de l’ONDA et du CUH, au sujet desquels Mustapha Ramid s’était montré intransigeant en ordonnant, dés la prise de ses fonctions ministérielles, une accélération des étapes de la procédure judiciaire y afférant ; la nouvelle affaire de Samir Abdelmoula, dont les faits remontent à 2007, semble promise à un traitement très laxiste, comme en témoigne l’attitude condescendante affichée par ce dernier, qui s’est permis à plusieurs reprises et d’une manière qui prête à équivoque, d’ignorer les convocations de la BNPJ. 

14:02 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

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Affaire du député Abdelmoula un prisonnier témoin veut se mettre à table

Yeno, le 27 décembre 2012

Selon le quotidien Assabah, Un prisonnier détient des secrets sur l’affaire de trafic de drogue en direction de l’Espagne à bord d’un navire appartenant à la compagnie maritime du député Samir Abdelmoula.

Le dénommé Mohamed Anouar El Fhafeh incarcéré à la prison civile de Tanger est sorti de son mutisme et a appelé les responsables judiciaires à donner leurs instructions au Parquet général pour l’auditionner au sujet de l’affaire où les autorités espagnoles ont demandé à leurs homologues marocaines des informations concernant la saisie en 2007 à Algésiras de 15 tonnes de chira à bord d’un bateau de la « COMARIT-COMANAV » du député Samir Abdelmoula. Dans une lettre adressée au CNDH, El Fhafeh, condamné à 10 ans de prison pour trafic de drogue, a indiqué qu’il connaît les parties qui sont derrière cette opération, faisant part de sa disposition à aider la justice à mettre la main sur le réseau responsable de ce trafic et aussi de son incarcération.

Écrit par : Rachid Z | 28 décembre 2012

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Samir Abdelmoula, portrait d’un Pjdiste pas comme les autres

Tarik Zouin, le 05 décembre 2011

Son élection à la présidence du Conseil de la Ville de Tanger a été une première. Sa démission a été également une première. Samir Abdelmoula, élu à la tête de Tanger en juin 2009, est devenu, à 35 ans, le plus jeune maire au monde d’une ville de plus de 1 million d’habitants. Sa démission, à 36 ans, en octobre 2010, fait de lui le premier maire de l’histoire politique récente du Maroc à quitter volontairement son poste. Il est aussi le premier d’une famille de notable nourrie au buffet du Makhzen qui s’attaque frontalement à deux piliers du système Mohamed El Majidi et Fouad Ali Himma. Qui est donc ce jeune premier, habitués à faire des premières?

Début 2007, Samir Abdelmoula, patron de Comarit, première entreprise maritime du détroit, vient de conduire un rachat spectaculaire: reprendre les 50% de l’entreprise, détenus depuis sa création par ses associés Norvégiens. Après 30 ans de bonne association et d’entente, les deux partenaires se séparent en bons termes. A cette époque, beaucoup de rumeurs ont alimenté les salons. «Les Norvégiens, ce sont les associés les plus rigoureux du monde. Etre en bon terme avec eux pendant trente ans vaut mieux que toutes les certifications ISO de bonne gouvernance», précise un proche de l’entreprise. A la première réclamation des Norvégiens, portant sur un détail de ressources humaines, la famille Abdelmoula, dont le nom pèse beaucoup à Tanger, propose une sortie plus que galante: «Vous reprenez ou nous reprenons», propose les dirigeants marocains à leurs homologues norvégiens. Le deal est fait, et Samir Abdelmoula, meneur autoproclamé de l’opération, aux côtés de son modèle et père, Ali Abdelmoula, signe son premier grand fait d’arme dans le monde du business, en digne diplômé en finances et fils d’un grand entrepreneur.

Un familier des gros coups

Jusque là célébrité locale, le jeune homme fera rapidement les premières pages de la presse nationale et la presse arabe people. Nous sommes en 2007 et l’homme, du haut de ses 33 ans, dirige de main de fer le lancement de sa station régionale, Cap Radio. Pour la petite histoire, quelques mois auparavant, le vice-président de Comarit devait juste accompagner un ami, premier porteur du projet de la chaîne, pour présenter Cap Radio à la HACA (Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle), en vue de l’obtention de la licence de diffusion. Arrivés sur les lieux, Samir Abdelmoula se voit confier, contre toute attente, la soutenance du projet. L’homme, venu de prime abord en renfort, se retrouve en première ligne et réussit, dans la foulée, son grand oral. Cap Radio est née, et Samir Abdelmoula se retrouve propulsé en tant qu’actionnaire et président! L’histoire porte déjà en elle les germes d’une alliance politique avec le Makhzen. Personne ne se voit offrir au Maroc une exploitation hertzienne sans disposer d’appui traditionnel. Et il suffit de parcourir les noms des bénéficiaires de la première vague des radios privées au Maroc pour comprendre que le tri a été rigoureux. Et notre Samir était dans le lot.

Avec un lancement historique, animé par la sensuelle Haifa Wahbi sur un bateau de la compagnie, ses ambitions dans le monde des médias sont affichées. Samir Abdelmoula reprend quelques sociétés locales et structure le tout au sein de la Régie Du Nord (RDN), une régie publicitaire qui commercialise aujourd'hui des panneaux d’affichage à la publicité sur les taxis en passant par les spots sur Cap Radio et les pages de quelques supports partenaires. Longtemps, on lui prête la paternité de projets dans la presse écrite, notamment le quotidien défunt Al Jarida Al Oula et l’hebdomadaire Le Temps. Pourtant, la vérité est ailleurs, mais rare sont ceux qui la connaissent. L’homme soutient des hommes, et pas forcément des projets. En temps de crise, il peut se montrer très utile et généreux, comme il lui arrive souvent de faire pour plusieurs amis, qui mènent plusieurs projets, et pas que dans les médias. Aujourd’hui, les rumeurs des salons lui prêtent des rapprochements avec Akhbar Al Yaoum Al Maghribiya, mais dans les faits, il s’agit réellement d’une amitié personnelle avec le meneur de ce projet, Taoufik Bouachrine, sans plus. Une amitié qui devait sceller un partenariat commercial à travers la création d’une société d’édition spécialisée dans le digital. Mais, à la dernière minute, l’enfant prodige se désengage pour des raisons inconnues.

L’auberge espagnole

Les yeux rivés sur l’Espagne, Samir Abdelmoula aime souvent contempler les côtes ibériques de nuit ou au petit matin, depuis les rives de Tanger. Ce natif de Casablanca au sein d’une famille riche et bien protégée (contrairement à son histoire fumeuse au sujet d’une naissance pauvre) a vu grandir l’Espagne et le modèle le fascine. Pour lui, ce n’est pas impossible de rattraper ce pays, bien classé derrière le Maroc il y a encore 40 ans sur tous les plans. Quand on connaît suffisamment le personnage, on sait que c’est là où il trouve ses inspirations. «Pour les médias, c’est El Pais ou rien», ainsi réfléchit-il. En juin 2009, sa campagne électorale, c’est à l’espagnole qu’il la fera. Son mode de gestion de la ville, c’est en manager qu’il le pensera, mais dans la réalité, c’est en enfant gâté qu’il se comportera, laissant trainer des dossiers sans signature bloquant la ville et ses notables, bons et mauvais.

Personne n’oubliera, fait rarissime, sa première déclaration à la télévision après son élection. Il parle déjà d’un Palais des Congrès et de positionnement de Tanger dans le marché méditerranéen. Samir Abdelmoula rêve une ville qu’il ne construira jamais. Il se déclare le chevalier vaillant qui lutte contre les véreux du business et autres promoteurs spécialisés dans le blanchiment d’argent. Mais n’osera pas les affronter. Il se cache, pour lasser disait-il, mais plutôt pour ne pas froisser des notabilités dotées d’une force de nuisance avérée. Il disparaît presque pour ne pas subir les pressions et fait de l’eau et de l’électricité son cheval de bataille. Pour lui, les Tangérois paient trop cher la facture d’eau, d’électricité et d’assainissement.

Dans la rue, les jeunes le saluent chaleureusement, sans forcément réclamer une quelconque dette de campagne, ni bakchich, ni emploi. Au port, un manutentionnaire l’arrête pour exposer son problème, que le maire règle séance tenante en passant un coup de fil. Au restaurant, deux jeunes l’abordent pour se plaindre du retard de réponse de la conservation foncière sur une demande de titrisation d’un terrain. Il donne rendez-vous directement chez le fonctionnaire en charge du dossier pour le lendemain, pour tout régler en toute transparence, vite et directement. La transparence, c’est ce que lui reconnaissent ses pires adversaires dans la Commune de Tanger. Pour eux, Samir Abdelmoula est au-dessus de tout soupçon, et la suspicion de rouler pour des intérêts, un classique chez les maires, ne lui est même pas reprochée. Disponible à volonté pour le «peuple», et peu ou pas du tout pour les élus, les administrations, et surtout les médias, Samir Abdelmoula se fait rapidement une réputation de gros poseurs de lapins…

Le temps des attaques

Du Journal de Tanger en passant par la couverture de l’hebdomadaire national Actuel, Samir Abdelmoula se fait systématiquement attaqué sur son style et sa disponibilité. Pour le critiquer, tous les moyens sont bons: sa proximité affichée avec Fouad Ali Himma, son goût pour le luxe et même sa vie privée, particulièrement nocturne. Pourtant, ceux qui le connaissent bien, savent que Samir Abdelmoula ne «boit» pas et ne fume pas.

Premier exploitant du port de Tanger avec Comarit, premier afficheur publicitaire de la ville, patron de la radio qui fait le plus d’audience dans toute la région, élu puis réélu à la Deuxième Chambre du parlement, et puis, maire de Tanger, Samir Abdelmoula cumule les fonctions, les titres, et pas forcément les salaires. Ses multiples casquettes rendent sa prise de parole en public conflictuel: Si le maire parle de la gestion de l’affichage public, est-ce qu’il ne serait pas entrain d’arranger ses affaires de l’afficheur qu’il est? Si le premier exploitant du port critique les modalités de transfert de l’activité à Tanger-Med, est-ce qu’il ne serait pas entrain d’influencer les décisions du maire qu’il est? Bien que capable de faire la part des choses, surtout avec un wali de la classe de Mohamed Hassad en face, ce n’est pas ainsi que le grand public entendra telle ou telle déclaration. Pourtant entouré des meilleurs consultants en communication du pays, c’est au silence que se tiendra Samir Abdelmoula.

En juillet 2010, Samir Abdelmoula se fait livrer le dernier cri des mercédès: deux portes, lesquelles ouvertes vers le haut, deviennent comme deux ailes d’avion! Le bijou ne lui donne pas des ailes, mais fait sensation: à Tarifa, les jeunes s’arrêtent pour le prendre en photo au volant. A Tanger, les jeunes viennent saluer le maire et lui souhaitent «bonne santé». Fièrement, et à raison, Samir Abdelmoula demande à son hôte dans la voiture: «Tu crois qu’il y a un maire à qui on ferait des vœux pour sa nouvelle voiture, plutôt que de l’envier et de lui en vouloir dans une expression de populisme?». Dès juillet 2010, Samir Abdelmoula savait qu’en étant élu, il faudra un jour commencer à faire de la politique, et cesser de manager et de gérer les problèmes des citoyens de sa ville. En démissionnant en octobre 2010, il ne fait que commencer à faire de la politique… à sa manière!

Et de la politique il en fait encore, mais toujours autrement. Dès que la rue a pointé du doigt son mentor, Samir Abdelmoula s’est empressé de changer de veste. Comme un lutin sans vergogne, notre jeune prodige troque son apparence de moderniste convaincu, arborant une cravate à l’américaine, par une croyance surfaite. Mais assez bien « packagée » pour lui ouvrir les portes de Parti du Développement et de la Justice. Cette démarcation n’était pas assez spectaculaire à son goût. Il lui fallait beaucoup mieux : se faire adopter par le mouvement du 20 février, très actif à Tanger. De Tanger à Casablanca, en passant par Rabat, Samir Abdelmoula compte désormais plusieurs « amis » dans le mouvement. Et il est même question de projets communs. Des projets qui, probablement, ne verront jamais le jour, car encore une énième fois, « il se fera la male à la dernière minute ». C’est son deuxième sport favori…après la politique !

Écrit par : Rachid Z | 28 décembre 2012

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Saisie de haschich : Samir Abdelmoula auditionné par la BNPJ

La Relève, le 13 décembre 2012

Samir Abdelmoula, député de Tanger et membre du parti au pouvoir, a été l’hôte de la Brigade nationale da la police judiciaire(BNPJ) qui l’a entendu dans le cadre d’une affaire de saisie de 15 tonnes de haschich.

La saisie ayant eu lieu en Espagne, les autorités judiciaires espagnoles ont eu recours à leurs homologues marocains pour tirer au claire cette affaire et identifier les parties impliquées. C’est ainsi que le procureur du roi a, il y a quelque temps, ordonné à la brigade nationale d’ouvrir une enquête.

Quels sont donc les détails de l’affaire ? en bref, l’un des officier de la police en faction au port de Tanger-ville avait soupçonné la présence de haschich dans l’un des conteneurs chargés sur un bateau de la société COMARIT, le Boughaz. Il a alors fait part de ses soupçons à l’employé responsable du fret de la compagnie et lui a demandé de faire rebrousser chemin au bateau qui venait d’appareiller pour le réinspecter au port. Mais les ordres de Samir Abdelmoula en ont décidé autrement.

Bien entendu, des éléments d’informations de ce genre et de ce poids ne pouvaient qu’inciter le procureur général à donner ses instructions pour que les interrogations que suscite cette affaire reçoivent une réponse. Mais l’intéressé a commencé par opposer une fin de non recevoir aux multiples convocations qui lui ont été adressés ce qui, tout naturellement, pousse à se poser des questions sur les raisons du refus de se présenter sachant que Samir Abdelmoula est l’auteur de l’ordre par lequel le bateau AL Boughaz n’a pas regagné le port de Tanger, en opposition aux injonctions de l’officier de police du port.

Selon certaines données, Samir Abdelmoula qui est le directeur commercial de la société COMARIT , n’a pas réfuté la déposition de son subalterne chargé du fret et de la navigation, qui a affirmé qu’il avait fait part à Abdelmoula de la nature du contenu objet de soupçons et que ce dernier n’a pas ordonné le retour du bateau tel qu’exigé par les autorités. Il a donc fallu que le bateau arrive à destination et que les autorités espagnoles découvrent les 15 tonnes de haschich.

Même si certaines mauvaise langues commencent à ragoter et à naviguer très loin à la recherche d’éventuels liens directs entre la drogue saisie et la société de Abdelmoula, ceux qui sont au fait des choses savent parfaitement que la fortune de la famille Abdelmoula n’a pas pour origine des activités prohibées mais elle est le fruit d’un malaxage entre le pouvoir et le soutien direct de la famille par son proche, le général Ahmed Dlimi. Ce dernier est considéré comme l’oncle maternel de Samir Abdelmoula dont la mère est la nièce du général. Le général Dlimi ne la privait pas de ses services tout comme son mari qui fut au départ salarié de la société COMANAV avant de fonder sa propre société, aujourd’hui en liquidation judiciaire en raison de la mauvaise gestion qui a caractérisé l’ère des fils devenus grands et dont l’un a assumé la responsabilité de la gestion du patrimoine familial. Sauf que le mode de vie n’est plus le même et que le penchant pour les jouissances de la société gâtée ne va pas de pair avec la gestion des entreprises en difficulté.

La famille Abdelmoula a toujours vécu à proximité des sphères du pouvoir depuis le temps du général Ahmed Dlimi, fructifiant ainsi sa fortune selon les exigences de chaque étape, jusqu’à ce que le «printemps arabe» s’annonce et que la chaine AL jazerra fasse part, non sans délectations, des détails de la feuille de route du «désordre créatif». Là, le petit Onassis a bougé dans tous les sens à la recherche d’une nouvelle niche qui aurait besoin de moyens et qui lui servirait de foyer d’adoption. La famille s’est alors réorientée vers les tréfonds du Gharb afin que l’adoption soit tribale et apte à porter un habit politique loin du brouhaha de Tanger, de ses nuits chaudes, de sa mairie abandonnée dans la contrainte par le petit Onassis après avoir déserté ses bureaux le long des matinées animées par les demandeurs de doits et de services.

La famille a ainsi recherché l’asile politique dans la tunique islamiste. Et comme pour tous les fortunés; l’adoption s’est faite rapidement par le parti islamiste malgré l’absence de tout caractère culturel commun, ni dans la vie courante ni dans le cadre de la vie professionnelle et encore moins dans les convictions politiques ou dans les mœurs sociales et religieuses.

Ainsi donc, l’adoption politique par le parti au pouvoir s’est faite pour une famille riche. Mais il s’est avéré par la suite que la société du Onassis marocain était à bord de la faillite. Toute une agitation s’est alors fait valoir dans tous les sens sans que le gouvernement ne puisse sauver du naufrage les bateaux de la société de Samir Abdelmoula. Ceci malgré l’engagement de poursuites contre des syndicalistes de l’UMT qui défendaient les droits des travailleurs, et contre Ibrahimi qui voulait hériter le Onassis marocain vivant, ce qui pousse certains milieux à supposer que la riche famille pourrait être derrière certains aspects du dossier.

L’affaire des 15 tonnes de haschich s’ajoute ainsi aux difficultés de Samir Abdelmoula et à ses démêlés avec la justice dans une affaire qui n’a rien à voir avec les problèmes de gestion de la société familiale. C’est plutôt une affaire dont le principal protagoniste se trouve sur l’autre rive de la méditerrané, en Europe, ou la recherche se poursuit pour élucider la question de la saisie de 15 tonnes de chira. Une affaire dans le cadre de laquelle la BNPJ a auditionné un parlementaire non islamiste mais membre du parti islamiste au pouvoir, lui et certains membres de sa famille.

Il est certain que la justice suivra son cours pour apporter réponse à toutes les interrogations et pour déterminer la responsabilité de chaque partie concernée par le trafic de chira vers l’autre rive de la méditerrané à bord du bateau AL Boughaz.

Peut être que la question a été enfin cernée après que celui qui n’a pas permis au bateau de regagner le port de Tanger a été auditionné.

Écrit par : Rachid Z | 28 décembre 2012

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