31 octobre 2012

Alerte Racisme Anti-turc Belgique

Alerte Racisme Anti-turc Belgique

ALERTE TURCOPHOBIE en BELGIQUE

TurquieNews, le 31 octobre 2012

Emir Kir, nouveau maire élu de Saint-Josse est aujourd’hui victime de harcèlement de la part de nationalistes arméniens et de l’extrême-droite belge qui agissent de concert.

Ces attaques ne visent M. Kir qu’à cause de ses origines turques.

Que Emir Kir soit de gauche ou de droite n’a aucune importance pour nous. Il s’agit purement et simplement de lutter contre la haine, l’injustice et la turcophobie.

Une page Facebook ALERTE RACISME ANTI-TURC BELGIQUE a été créée afin que tous les internautes soient vigilants face à la turcophobie et la haine qui visent les Belges d’origine turque.

Commentaires

Racisme Anti-turc en Belgique : Emir KIR cible des extrêmistes belges et arméniens

Par Can Öztürk, le 31 octobre 2012

Lors des élections communales du 14 octobre 2012, le ministre Emir KIR, en obtenant le plus de voix (devant même la tête de liste), est devenu maire de Saint-Josse (Belgique).

Aujourd’hui, il est victime de harcèlement et d’attaques turcophobes infâmes car il conteste la qualification de « génocide » pour le drame vécu par les Arméniens ottomans en faisant valoir les conclusions des historiens experts de l’Histoire turco-ottomane comme Guenter Lewy ou Gilles Veinstein.

Que Emir Kir soit de gauche ou de droite n’a aucune importance pour nous. Il s’agit purement et simplement de lutter contre l’injustice, contre la turcophobie, et de défendre la liberté d’expression et le travail des historiens.

Extrémistes belges et arméniens main dans la main

Dans son édition du jeudi 25 octobre, le journal belge aux origines fascistes, UBU-PAN publie en Une un dessin diffamatoire et titre "Le PS nomme le premier Bourgmestre négationniste de Belgique". Le journal extrémiste reprend ainsi mot pour mot les insultes développées par les extrémistes arméniens francophones à l’encontre d’Emir KIR.

La raison invoquée pour cette déferlante de haine : "Emir Kir (...), nouveau bourgmestre de Saint-Josse et d’origine turque, refuse encore et toujours de reconnaître le génocide arménien. (...)". Et M. Alain De Kuyssche d’appeler dans un "communiqué de presse" à "répercuter cette information".

De la pure turcophobie

Il n’y a aucune approche dépassionnée et scientifique dans la démarche du journal UBU-PAN ou des nationalistes arméniens qui se réjouissent de sa publication. La virulence des accusations se fondent uniquement sur la haine de l’autre en raison de ses origines turques. Les historiens spécialistes et émérites comme les Américains Guenter Lewy, Bernard Lewis et le Français Gilles Veinstein contestent la qualification de "génocide" pour le drame arménien. Précisons, puisque les origines sont tellement importantes pour les extrémistes, qu’ils sont tous les trois de confession juive et de fait très sensibles au mot "génocide". La position du ministre Emir Kir et nouvellement maire se fonde sur les conclusions scientifiques de ces historiens mondialement réputés et reconnus.

En outre, le mot "négationnisme" (voir les dictionnaires de la langue française) s’applique exclusivement au génocide juif que personne ne conteste. Le parallèle que les extrémistes arméniens veulent faire avec la Shoah est clairement déplacé.

"Nous rejetons les tentatives de créer une similarité entre l’Holocauste juif et les allégations arméniennes. Rien de comparable à l’Holocauste n’a eu lieu. Ce qu’ont enduré les Arméniens est une tragédie mais pas un génocide" - Shimon Peres, président d’Israël

Cette attaque raciste s’ajoute à une longue liste d’actes anti-turcs observés en France, en Allemagne et en Belgique depuis plusieurs mois.

Écrit par : Rachid Z | 31 octobre 2012

Répondre à ce commentaire

TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE DE BRUXELLES
279/14/05
14ème Chambre

SUR LA QUALIFICATION DE "NÉGATIONNISTE"

1. Monsieur Kir affirme que, "dans la mesure où la définition du terme "négationnisme" qui figure dans le petit Robert, qui représente donc son acceptation courante, vise explicitement l'extermination des Juifs par les nazis, tout usage du terme "négationnisme" à d'autres situations que celle-là, même s'il peut

page 8

leur être applicable, est de nature à entraîner une certaine confusion si l'usage du terme n'est pas accompagné d'un minimum de précision.[9]"

Il cite à ce propos le titre de l'article relatif à la manifestation du 29 mai 2004 :
"DES ÉLUS P.S., DU M.R. ET DU C.D.H. DANS UNE MANIFESTATION NÉGATIONNISTE".

Le tribunal constate :
- que l'article en cause met, sans aucun doute possible, ce titre en rapport avec le traitement des Arméniens en Turquie en 1915-1916 ;
- que la confusion avec le génocide des Juifs (et des gitans) commis par les nazis au cours de la seconde guerre mondiale n'est pas possible
- et que, partant, le "minimum de précision" réclamé par monsieur Kir est bien fourni.

Il en est d'ailleurs de même pour toutes les autres publications où ce terme et celui de "Négationnisme", sont utilisés.

2. Il découle du point précédent que même les "lecteurs moyens", dont on pourrait d'ailleurs s'interroger sur leur connaissance du sens exact donné au terme "Négationnisme" par le "Petit Larousse", ne peuvent se méprendre sur le sens à lui donner dans le contexte où il est utilisé.

3. Concernant la participation de monsieur Kir à la manifestation du 29 mai 2004, il ressort des pièces versées aux débats[10] que, s'agissant de manière évidente des allégations de génocide portées contre la Turquie ottomane, le thème central en était bien: "DÉFENDS LA PATRIE - REJETTE LES ALLÉGATIONS DE GÉNOCIDE".

La pièce 7 démontre en outre que ce thème était bien présent dès l'origine et que monsieur Kir n'a pas pu l'ignorer puisque le tract et l'affiche qui annoncent la manifestation en reproduisant ces deux mots d'ordre, portent la publicité de dix-huit entreprises turques qui la parrainent.

Quant à la pièce 8, elle montre des manifestants portant des drapeaux turcs et des pancartes reprenant textuellement ces mots d' ordre.

Le tribunal constate qu'aucun document n'est produit qui pourrait établir que, comme l'affirme monsieur Kir, le véritable et seul thème originaire de cette manifestation aurait été d'appuyer l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

Il est également d'avis que, à supposer même que la présence d'un grand nombre de manifestants nationalistes turcs eût détourné l' événement de son objectif originaire, monsieur Kir eût dû, en politicien responsable, s'abstenir en arrivant sur place de se joindre à la manifestation, s' il ne voulait pas que sa présence fût interprétée comme un soutien à des mots d'ordres qu'il conteste.

page 9


par conséquent, le tribunal estime établi que la manifestation avait bien pour but de refuser l'idée (autrement dit de nier) que1e sort fait aux Arméniens par la Turquie ottomane en 1915-1916 a constitué un génocide.

Écrit par : PYL | 31 octobre 2012

Répondre à ce commentaire

Sur la qualification de "génocide"

4. Le tribunal n'est pas saisi de la question de savoir si le drame vécu par les Arméniens en 1915-1916 sur le territoire turc de l'Empire ottoman peut, ou non, être qualifié de "génocide".

5. Cependant, il ne lui est pas possible de juger le litige sans examiner les arguments des parties à ce propos, la question se posant de savoir si la qualification "négationniste" peut être accolée à l'opinion exprimée par monsieur Kir, à savoir :
"...il ne peut, en aucun cas être considéré que la position du concluant soit de "nier" l'existence de massacre ou de déportations des Arméniens au début du 20ème siècle par l'Empire ottoman, au contraire. Il estime cependant qu'il ne lui appartient pas de se positionner sur la question quant à sa qualification de génocide mais que cette tâche revient à une commission indépendante d'historiens. [Ce faisant] Le concluant ne fait qu'adopter une position neutre dans un débat qu'il ne lui appartient pas de trancher."

La référence à une commission indépendante d'historien fait de cette opinion une position moyenne entre la thèse du génocide avéré et celle, officielle, de l'État turc moderne: "En Turquie, la négation de l'existence du génocide arménien constitue une vision inattaquable de l'histoire, la position officielle de tous les gouvernements turcs successifs et de l'ensemble de la classe politique. La Turquie actuelle établit une distinction claire entre les massacres qui ont affecté la population arménienne - qu'elle reconnaît - et la qualification de génocide. Elle n'accepte qu'une définition juridique étroite de ce concept qui suppose selon elle, une volonté délibérée d'un État de détruire une population pour des raisons ethniques ou religieuses. Au delà du débat sur les chiffres, la réalité des massacres de populations arméniennes n'est pas niée (300.000 à 500.000 morts), mais la Turquie actuelle considère qu'il n'existe aucune preuve du caractère organisé ou commandité par l'État central des massacres. Ceux-ci sont imputés à la désorganisation générale, au contexte local et à l'exacerbation des passions entre les populations civiles arméniennes et turques. Selon elle, la dénomination génocide est d'autant moins crédible qu'elle est la négation des valeurs d'un Empire où ont cohabité jusqu'au XlXème siècle, sans heurts majeurs, peuples et religions divers."[11]

Les défendeurs indiquent, eux, que "...cette qualification [de génocide] ne fait plus depuis longtemps l'objet d'aucun débat" : la réalité du génocide arménien a déjà été établi par de nombreux travaux d'historiens de tous bords et et a été reconnu par de nombreux parlements et institutions internationaux: il en est ainsi, notamment, du Tribunal permanent des peuples (en avril 1984, après une analyse historique précise et documentée de monsieur Yves Ternon, historien français), du Parlement français (en mai 1998 et en novembre 2000), du Parlement européen (en juin 1987, sur

page 10

proposition du groupe socialiste et après un rapport de monsieur Vandemeulebroecke), de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (en avril 1998, déclaration de 51 signataires), du Sénat de Belgique (en mars 1998, sur la proposition de tous les partis démocratiques).

Il convient en outre de signaler que le génocide arménien a été reconnu par la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et pour la protection des minorités de l'Organisation des Nations Unies (ONU), qui dépend de la Commission des droits de l'homme rattachée au Conseil économique et social de l'ONU. Cette reconnaissance a eu lieu le 29 août 1985, après un premier rapport intermédiaire du Rwandais Nicodème Ruhaskyankiko et le rapport final du rapporteur spécial, le Britannique Benjamin Whitaker, se fondant tous deux notamment sur les travaux de l'historien britannique Arnold Toynbee[12].

Il ressort de ces reconnaissances que le génocide arménien est reconnu non seulement par le parti de monsieur Kir[13], mais également par des institutions nationales et internationales parmi les plus hautes, qui se sont fondées sur des études d 'historiens et des rapports scientifiques et objectifs, émanant de sources très diverses.

Le tribunal constate dès lors que la position de monsieur Kir consistant à refuser de qualifier de génocide le massacre et la déportation des Arméniens par l'Empire ottoman en 1915-1916 avant qu'une commission d'historiens indépendants se soit prononcée sur la question, tend, en ignorant délibérément les nombreux travaux sérieux déjà accomplis, à reporter indéfiniment toute décision sur une telle qualification, ce qui revient dans les faits à la nier.

6. Il résulte des points qui précèdent que la qualification de "négationniste" dans le chef de Monsieur Kir non seulement ne pouvait pas être confondue avec l'attitude de ceux qui nient le génocide pratiqué par les nazis sur les Juifs (et sur les Gitans), mais n'est en outre, dans ce contexte, nullement fautive.


PONDÉRATION

Outre les arguments déjà exposés, le tribunal tient à souligner que, dans le contexte du débat politique autour de cette question, débat qui continue en Belgique notamment sur la répression éventuelle de la négation du génocide arménien, une condamnation de l'utilisation des termes "Négationniste" ou "Négationnisme" empêcherait toute discussion publique et, par là, empêcherait la presse d'accomplir sa tâche d'information et de contrôle. [14]

Une telle intervention serait à l'évidence disproportionnée par rapport à la valeur que monsieur Kir demande au tribunal de protéger.

Il en serait d'autant plus ainsi que monsieur Kir s'est, par l'ambiguïté volontaire de son discours, lui-même placé dans la situation qui est la sienne, ne voulant pas

page 11

accepter l' existence du génocide arménien pour conserver les voix des électeurs d'origine turque, mais ne pouvant pas non plus1e nier ouvertement afin de ne se couper ni de potentiels électeurs d'autre origine, majoritairement favorables à sa reconnaissance, ni de son propre parti qui, bien que gêné par cette affaire, affirme clairement le reconnaître.

Écrit par : PYL | 31 octobre 2012

Répondre à ce commentaire

suffrage-universel.be/be/kirjugement.htm

TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE DE BRUXELLES
279/14/05
14ème Chambre

SUR LA QUALIFICATION DE "NÉGATIONNISTE"

1. Monsieur Kir affirme que, "dans la mesure où la définition du terme "négationnisme" qui figure dans le petit Robert, qui représente donc son acceptation courante, vise explicitement l'extermination des Juifs par les nazis, tout usage du terme "négationnisme" à d'autres situations que celle-là, même s'il peut

page 8

leur être applicable, est de nature à entraîner une certaine confusion si l'usage du terme n'est pas accompagné d'un minimum de précision.[9]"

Il cite à ce propos le titre de l'article relatif à la manifestation du 29 mai 2004 :
"DES ÉLUS P.S., DU M.R. ET DU C.D.H. DANS UNE MANIFESTATION NÉGATIONNISTE".

Le tribunal constate :
- que l'article en cause met, sans aucun doute possible, ce titre en rapport avec le traitement des Arméniens en Turquie en 1915-1916 ;
- que la confusion avec le génocide des Juifs (et des gitans) commis par les nazis au cours de la seconde guerre mondiale n'est pas possible
- et que, partant, le "minimum de précision" réclamé par monsieur Kir est bien fourni.

Il en est d'ailleurs de même pour toutes les autres publications où ce terme et celui de "Négationnisme", sont utilisés.

2. Il découle du point précédent que même les "lecteurs moyens", dont on pourrait d'ailleurs s'interroger sur leur connaissance du sens exact donné au terme "Négationnisme" par le "Petit Larousse", ne peuvent se méprendre sur le sens à lui donner dans le contexte où il est utilisé.

3. Concernant la participation de monsieur Kir à la manifestation du 29 mai 2004, il ressort des pièces versées aux débats[10] que, s'agissant de manière évidente des allégations de génocide portées contre la Turquie ottomane, le thème central en était bien: "DÉFENDS LA PATRIE - REJETTE LES ALLÉGATIONS DE GÉNOCIDE".

La pièce 7 démontre en outre que ce thème était bien présent dès l'origine et que monsieur Kir n'a pas pu l'ignorer puisque le tract et l'affiche qui annoncent la manifestation en reproduisant ces deux mots d'ordre, portent la publicité de dix-huit entreprises turques qui la parrainent.

Quant à la pièce 8, elle montre des manifestants portant des drapeaux turcs et des pancartes reprenant textuellement ces mots d' ordre.

Le tribunal constate qu'aucun document n'est produit qui pourrait établir que, comme l'affirme monsieur Kir, le véritable et seul thème originaire de cette manifestation aurait été d'appuyer l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.

Il est également d'avis que, à supposer même que la présence d'un grand nombre de manifestants nationalistes turcs eût détourné l' événement de son objectif originaire, monsieur Kir eût dû, en politicien responsable, s'abstenir en arrivant sur place de se joindre à la manifestation, s' il ne voulait pas que sa présence fût interprétée comme un soutien à des mots d'ordres qu'il conteste.

page 9


par conséquent, le tribunal estime établi que la manifestation avait bien pour but de refuser l'idée (autrement dit de nier) que1e sort fait aux Arméniens par la Turquie ottomane en 1915-1916 a constitué un génocide.


Sur la qualification de "génocide"

4. Le tribunal n'est pas saisi de la question de savoir si le drame vécu par les Arméniens en 1915-1916 sur le territoire turc de l'Empire ottoman peut, ou non, être qualifié de "génocide".

5. Cependant, il ne lui est pas possible de juger le litige sans examiner les arguments des parties à ce propos, la question se posant de savoir si la qualification "négationniste" peut être accolée à l'opinion exprimée par monsieur Kir, à savoir :
"...il ne peut, en aucun cas être considéré que la position du concluant soit de "nier" l'existence de massacre ou de déportations des Arméniens au début du 20ème siècle par l'Empire ottoman, au contraire. Il estime cependant qu'il ne lui appartient pas de se positionner sur la question quant à sa qualification de génocide mais que cette tâche revient à une commission indépendante d'historiens. [Ce faisant] Le concluant ne fait qu'adopter une position neutre dans un débat qu'il ne lui appartient pas de trancher."

La référence à une commission indépendante d'historien fait de cette opinion une position moyenne entre la thèse du génocide avéré et celle, officielle, de l'État turc moderne: "En Turquie, la négation de l'existence du génocide arménien constitue une vision inattaquable de l'histoire, la position officielle de tous les gouvernements turcs successifs et de l'ensemble de la classe politique. La Turquie actuelle établit une distinction claire entre les massacres qui ont affecté la population arménienne - qu'elle reconnaît - et la qualification de génocide. Elle n'accepte qu'une définition juridique étroite de ce concept qui suppose selon elle, une volonté délibérée d'un État de détruire une population pour des raisons ethniques ou religieuses. Au delà du débat sur les chiffres, la réalité des massacres de populations arméniennes n'est pas niée (300.000 à 500.000 morts), mais la Turquie actuelle considère qu'il n'existe aucune preuve du caractère organisé ou commandité par l'État central des massacres. Ceux-ci sont imputés à la désorganisation générale, au contexte local et à l'exacerbation des passions entre les populations civiles arméniennes et turques. Selon elle, la dénomination génocide est d'autant moins crédible qu'elle est la négation des valeurs d'un Empire où ont cohabité jusqu'au XlXème siècle, sans heurts majeurs, peuples et religions divers."[11]

Les défendeurs indiquent, eux, que "...cette qualification [de génocide] ne fait plus depuis longtemps l'objet d'aucun débat" : la réalité du génocide arménien a déjà été établi par de nombreux travaux d'historiens de tous bords et et a été reconnu par de nombreux parlements et institutions internationaux: il en est ainsi, notamment, du Tribunal permanent des peuples (en avril 1984, après une analyse historique précise et documentée de monsieur Yves Ternon, historien français), du Parlement français (en mai 1998 et en novembre 2000), du Parlement européen (en juin 1987, sur

page 10

proposition du groupe socialiste et après un rapport de monsieur Vandemeulebroecke), de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (en avril 1998, déclaration de 51 signataires), du Sénat de Belgique (en mars 1998, sur la proposition de tous les partis démocratiques).

Il convient en outre de signaler que le génocide arménien a été reconnu par la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et pour la protection des minorités de l'Organisation des Nations Unies (ONU), qui dépend de la Commission des droits de l'homme rattachée au Conseil économique et social de l'ONU. Cette reconnaissance a eu lieu le 29 août 1985, après un premier rapport intermédiaire du Rwandais Nicodème Ruhaskyankiko et le rapport final du rapporteur spécial, le Britannique Benjamin Whitaker, se fondant tous deux notamment sur les travaux de l'historien britannique Arnold Toynbee[12].

Il ressort de ces reconnaissances que le génocide arménien est reconnu non seulement par le parti de monsieur Kir[13], mais également par des institutions nationales et internationales parmi les plus hautes, qui se sont fondées sur des études d 'historiens et des rapports scientifiques et objectifs, émanant de sources très diverses.

Le tribunal constate dès lors que la position de monsieur Kir consistant à refuser de qualifier de génocide le massacre et la déportation des Arméniens par l'Empire ottoman en 1915-1916 avant qu'une commission d'historiens indépendants se soit prononcée sur la question, tend, en ignorant délibérément les nombreux travaux sérieux déjà accomplis, à reporter indéfiniment toute décision sur une telle qualification, ce qui revient dans les faits à la nier.

6. Il résulte des points qui précèdent que la qualification de "négationniste" dans le chef de Monsieur Kir non seulement ne pouvait pas être confondue avec l'attitude de ceux qui nient le génocide pratiqué par les nazis sur les Juifs (et sur les Gitans), mais n'est en outre, dans ce contexte, nullement fautive.


PONDÉRATION

Outre les arguments déjà exposés, le tribunal tient à souligner que, dans le contexte du débat politique autour de cette question, débat qui continue en Belgique notamment sur la répression éventuelle de la négation du génocide arménien, une condamnation de l'utilisation des termes "Négationniste" ou "Négationnisme" empêcherait toute discussion publique et, par là, empêcherait la presse d'accomplir sa tâche d'information et de contrôle. [14]

Une telle intervention serait à l'évidence disproportionnée par rapport à la valeur que monsieur Kir demande au tribunal de protéger.

Il en serait d'autant plus ainsi que monsieur Kir s'est, par l'ambiguïté volontaire de son discours, lui-même placé dans la situation qui est la sienne, ne voulant pas

page 11

accepter l' existence du génocide arménien pour conserver les voix des électeurs d'origine turque, mais ne pouvant pas non plus1e nier ouvertement afin de ne se couper ni de potentiels électeurs d'autre origine, majoritairement favorables à sa reconnaissance, ni de son propre parti qui, bien que gêné par cette affaire, affirme clairement le reconnaître.

Écrit par : Pierre-Yves | 31 octobre 2012

Répondre à ce commentaire

Et ?

Écrit par : Percival | 31 octobre 2012

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.