01 octobre 2012

Limiter les naissances à Bruxelles : Thielemans veut pouvoir en parler

Limiter les naissances à Bruxelles

Thielemans veut pouvoir en parler

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Aurore Peignois et Véronique Lamquin, le 01 octobre 2012

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Freddy Thielemans (PS) estime que le thème de la limitation des naissances devait pouvoir être abordé dans le cadre de la lutte contre la surpopulation. En dix ans, la population des dix-neuf communes a crû de 16,6 %.

Depuis quelques années, Bruxelles est confrontée à un boom démographique spectaculaire. En dix ans, la population des dix-neuf communes a crû de 16,6 %. Entre 2000 et 2020, Bruxelles devrait gagner 250.000 habitants ! L'effet conjugué, on le sait, d'un taux de natalité supérieur à la moyenne belge et des flux migratoires. Ainsi, en 2010, les registres de population ont enregistré 18.612 naissances (pour 9.433 décès), ainsi que 46.949 nouveaux migrants, contre seulement 17.543 départs, soit un solde très largement positif (29.406 migrants).

Faut-il rappeler que, dans les années 80 et 90, la Région bruxelloise était confrontée à un exode urbain, non compensé par les migrations et la natalité ? L'une des préoccupations principales était alors de maintenir des habitants sur les 160 kilomètres carrés de territoire bruxellois. Aujourd'hui, cette nécessité de convaincre les classes moyennes de rester en ville est toujours d'actualité. Mais elle a cédé la priorité à la nécessité d'absorber le boom démographique – que personne n'avait vu venir ! On entend par là : construire, et vite, crèches, écoles et logements, acheter bus et trams…

Lors d'un débat en Flandre relayé par De Standaard, Freddy Thielmans a estimé que le thème de la limitation des naissances devait pouvoir être abordé dans le cadre de la lutte contre la surpopulation. Son porte-parole Nicolas Dassonville a précisé que cette annonce n'était liée à aucun projet ou programme et ne relevait pas non plus de la compétence de la commune. «Mais c'est un fait : nous avons, à Bruxelles, beaucoup de familles nombreuses comptant sept ou huit enfants. Elles demandent un appartement social, mais ces appartements n'existent habituellement pas».

Freddy Thielemans a par ailleurs souligné qu'il ne visait aucune communauté ou religion en particulier. «Ce problème, vous le trouverez aussi bien dans les familles musulmanes que dans les familles juives, et même parmi les chrétiens». Le taux de natalité a connu sa plus forte hausse en Région bruxelloise. En 2011, on y dénombrait plus de 1,1 million d'habitants. D'ici 2060, ils devraient être 1,5 million.

Densité forte

En filigrane de ces urgences se pose, plus que jamais, la question de la densité urbaine. Avec 6.934 habitants, en moyenne, par km2, la Région bruxelloise explose la moyenne nationale (358,7 habitants/km2) ; à titre de comparaison, Liège est à 2.774 habitants/km2 et Charleroi à 1.985.

Mais, surtout, ce chiffre global masque d'énormes disparités géographiques : on passe de 1.876 habitants/km2 à Watermael-Boitsfort à 23.057 habitants/km2 à Saint-Josse (Mise à jour : 27.000 habitants/km² !) (Rachid Z) ! Or, ce déséquilibre flagrant n'est pas près d'être corrigé. C'est que les «nouveaux habitants» (les migrants et une majorité de naissances, dans les familles allochtones) se concentrent principalement dans les quartiers déjà très peuplés. Ceux-là mêmes qui, à Molenbeek, Anderlecht ou Saint-Josse, sont les plus précarisés.

Paupérisation

C'est précisément dans cette zone que tous les indicateurs socio-économiques sont au rouge (très foncé). On sait que Bruxelles souffre d'un chômage endémique qui ne décolle pas de la barre des 20 %. Mais, là aussi, la moyenne cache de profondes inégalités. Woluwe-Saint-Pierre compte 10,1 % de chômeurs au sein de sa population, Saint-Josse, 30,7 %. Beaucoup plus grave, le chômage des jeunes (moins de 25 ans) : 32,9 % dans la Région mais 40,9 % à Molenbeek ! Plus d'un quart des jeunes Bruxellois de moins de 18 ans vit dans un ménage sans emploi rémunéré. Sans surprise, c'est bien sûr dans les quartiers précarisés qu'on les retrouve, en immense majorité.

Le problème ? Archiconnu : Bruxelles, troisième région d'Europe en termes de PIB, a une économie basée sur les services : le secteur tertiaire fournit 90 % des emplois. Comme à Londres ou Paris, plus de la moitié des postes (53 %) requièrent un diplôme de l'enseignement supérieur. Or, quatre Bruxellois sur dix de moins de 25 ans n'ont qu'un diplôme de l'enseignement secondaire inférieur. Cette inadéquation manifeste entre l'offre de travail, infraqualifiée, et la demande, supraqualifiée, explique que plus de la moitié des 696.000 emplois dans la capitale sont occupés par des navetteurs et que le chômage concerne, à Bruxelles, plus de 100.000 personnes.

09:21 Écrit par Rachid Z dans Mandataires - Candidats | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

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Le nombre de naissances restera assez stable à Bruxelles

Belga, le 1er octobre 2012

Entre 2015 et 2020, la croissance démographique devrait être plus modérée pour la Région.

Alors que la population bruxelloise augmentera d’environ 16 pc entre 2009 et 2060 pour recenser environ 1.475.000 habitants, le nombre moyen d’enfants par femme et le nombre de naissances restera assez stable dans le futur.

Le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, a estimé jeudi, lors d’un débat, que le thème de la limitation des naissances devait pouvoir être abordé dans le cadre de la lutte contre la surpopulation et du débat sur le logement social à Bruxelles.

Le bourgmestre PS a toutefois réaffirmé ce lundi «son attachement aux libertés individuelles et aux choix des familles», tout en ajoutant qu’«il n’est donc pas question de faire une loi limitant les naissances de quelque manière que ce soit».

Après plus de 20 ans de diminution, la population de la Région bruxelloise a augmenté à partir de 1997. Depuis 2002, cet accroissement est soutenu.

Les dernières projections du Bureau Fédéral du Plan (BFP) tablent sur une population bruxelloise de 1.270.000 personnes en 2020, 1.418.000 en 2050 et 1.475.000 en 2060.

Dans un contexte d’accélération démographique maintenue entre 2010 et 2015 au niveau de la Région, on note un tassement à Ixelles, et dans une moindre mesure à Evere et Forest, peut-on lire dans un cahier de l’Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse (IBSA) sur les Projections démographiques bruxelloises 2010-2020 publié en mai 2010.

Une petite progression seulement

Les communes de Saint-Gilles et Saint-Josse verraient leur population s’accroître fortement entre 2010 et 2015. La commune d’Anderlecht enregistrerait également une croissance pour atteindre le même rythme que Molenbeek-Saint-Jean qui maintiendrait sa forte croissance. Les autres communes du nord-ouest devraient participer dans une moindre mesure à cette accélération démographique. Quant aux autres communes de la Région, principalement au sud et à l’est, elles maintiendraient les même taux de croissance annuelle relativement modestes.

Entre 2015 et 2020, la croissance démographique devrait être plus modérée pour la Région, toujours d’après l’IBSA. Les communes ayant vu leur population augmenter le plus sur la période 2010-2015 devraient voir leur rythme de croissance ralentir le plus. Molenbeek-Saint-Jean deviendrait la quatrième commune bruxelloise à dépasser 100.000 habitants d’ici 2020, alors que la Ville de Bruxelles se rapprocherait des 200.000 résidents.

La croissance démographique à Bruxelles est principalement due aux migrations internationales et surtout européennes. Beaucoup de migrants arrivent dans la capitale quand ils sont en âge de procréer, notent Peter Verduyckt de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale et Xavier Dehaibe, responsable de la cellule «Territoire et Population» à l’IBSA.

L’âge moyen des Bruxellois était de 39 ans en 1991, 38,5 ans en 2001, 37,6 ans en 2008. Il pourrait atteindre à peine 37 ans en 2020 mais repasserait le cap des 39 ans en 2042.

Plutôt un manque de places dans les crèches et écoles ?

Le nombre de naissances dans la région bruxelloise passera, d’après les prévisions du BFP, de 19.464 en 2012 à 22.479 en 2060. Entre les deux, la moyenne sera de 20.000 naissances par an. Le BFP s’attend à ce que le nombre moyen d’enfants par femme reste assez stable dans le futur, entre 2,00 et 2,05 enfants par femme (en âge d’avoir des enfants). La France dans son ensemble affiche un nombre d’enfants par femme en âge d’avoir des enfants tout à fait comparable, souligne Xavier Dehaibe, de l’IBSA.

Peter Verduyckt de l’Observatoire de la Santé et du Social s’étonne des propos de Freddy Thielemans. Pour lui, la problématique relève plutôt du manque de places dans les crèches et dans les écoles. Il déplore également le manque de mesures efficaces pour faire face à la croissance démographique. Peter Verduyckt évoque par ailleurs les demandes relatives à un logement social. Dans le groupe de demandeurs d’un logement social, il apparaît que la moitié des ménages sont sans enfants et 90 pc sont des ménages avec maximum 3 enfants. Seuls 10 pc des ménages ont plus que 3 enfants.

Écrit par : Rachid Z | 02 octobre 2012

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