27 août 2012

Demannez et Kir : le pacte

Demannez et Kir : le pacte

François Robert, le 31 mai 2011

Jean Demannez et Emir Kir, les deux rivaux d'hier, ont signé un pacte de nonagression en vue des élections communales d'octobre 2012. Le PS se présente dès lors en front uni à Saint-Josse, où il détient la majorité absolue. L'accord est présenté aujourd'hui.

Saint-Josse n'est pas Bruxelles-Ville. Si les rivalités entre candidats socialistes à la succession de Freddy Thielemans s'affichent déjà publiquement, la méthode ten-noodoise s'avère bien plus soft. Les deux éternels rivaux (le bourgmestre Jean Demannez et le secrétaire d'Etat à la Propreté Emir Kir) se sont entendus. Ni primaires ni coup bas, dans la petite commune bruxelloise.

Les deux hommes ont signé pour un partage (dans le temps) du mayorat qu'ils brigueront en octobre 2012. Pas de date fixe mais le principe de passation du témoin est acquis. Et en prime, un accord sur la place de chacun dans la liste. Le pacte s'est scellé en présence Rudi Vervoort, le président de la fédération bruxelloise. Il doit être dévoilé ce matin. Apparemment, toutes les rancœurs d'hier sont tenues en laisse voire oubliées. On devrait connaître ce matin dans le détail le contenu de ce pacte de non-agression,

La rivalité entre les deux hommes ne date pas d'hier. Emir Kir faisait partie de la garde rapprochée de Guy Cudell, l'ancien mayeur PS, ennemi notoire de Jean Demannez. En outre, ce dernier a longtemps reproché à son challenger de travailler pour la communauté turque, oubliant les autres minorités ten-noodoises. L'arrivée d'Emir Kir au gouvernement bruxellois a certes calmé les tensions entre les deux hommes (Demannez à Saint-Josse, Kir à la Région), mais la fonction ministérielle à forte visibilité n'a fait qu'exacerber la rivalité. Emir Kir est de loin le champion des voix. La légitimité de la fonction face à la légitimité du nombre.

Une haine corse entre les deux hommes, oserait-on dire ? Il y a quelques faits qui ont attisé un peu plus leur rivalité. On n'est pas près d'oublier l'incident d'octobre 2006, quand les pro-Kir, apprenant le score historique de leur leader aux élections communales, se massèrent devant le bureau de Jean Demannez, scandant, exigeant son départ, lui qui se voyait coiffé au poteau de quelques dizaines de voix de préférence par son rival. Un incident resté longtemps en travers de la gorge du bourgmestre de Saint-Josse.

D'un autre côté, Jean Demannez n'a jamais fait mystère de sa volonté de quitter le mayorat à terme. Contrairement à Guy Cudell resté 47 ans au pouvoir (et mort en exercice), Jean Demmanez n'a pas l'intention de s'accrocher à son fauteuil. Il a déjà songé à partir de façon élégante, quand il manifesta un intérêt certain au poste de gouverneur, voici deux ans. Cette question, notons-le, est toujours pendante, en l'absence de réforme de cette fonction par le gouvernement fédéral.

Commentaires

Franchement, d'où sort-il que "Emir Kir faisait partie de la garde rapprochée de Guy Cudell" ? Kir était juste un travailleur social employé par la commune, remplaçant d'ailleurs une autre tennooddoise d'origine turque au Centre de prévention rue Botanique, Hayriye Balci, qui avait suggéré son nom pour la remplacer quand elle est allée vivre en Turquie après avoir passé toute sa jeunesse en Belgique.

Kir faisait partie de ces gens qui adhér(ai)ent au PS local uniquement dans le but d'obtenir ou de conserver un emploi communal, il n'a jamais été un militant politique, même à l'époque où il était étudiant en candidature à l'ULB.

Par contre, il est exact que Cudell avait prévu de mettre Kir sur sa liste en 2000, alors qu'il habitait encore en 1998 avec femme et enfants à Schaerbeek (commme Charly Uyttendale, "à moins de 100 mètres de Saint-Josse"), mais ça n'a jamais posé de problème de trouver un "domicile de complaisance" à Saint-Josse ou ailleurs pour un candidat. Je me souviens encore, après son élection, d'un de ses colleurs d'affiches qui me disait "maintenant il va falloir lui trouver un appartement à Saint-Josse"...

Tout le monde était au courant, mais à l'époque Ecolo n'a pas eu le courage de dénoncer cette supercherie, ce n'est d'ailleurs pas eux non plus qui ont dénoncé les faux domiciles d'autres élus en 2000-2006 et en 2006-2012, que ce soit à Saint-Josse, à Schaerbeek, à Bruxelles-Ville ou encore à Charleroi.

Écrit par : PYL | 27 août 2012

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.