02 juin 2012

La loi anti-burqa est-elle appliquée dans les rues de Bruxelles ?

La loi anti-burqa est-elle appliquée dans les rues de Bruxelles ?

La Libre Belgique, le 02 juin 2012

Refus d’obtempérer, recours devant la Cour constitutionnelle, menaces sur Internet, etc.

Les incidents qui se sont produits jeudi soir à Molenbeek, à la suite de l’interpellation, à Jette, quelques heures plus tôt, d’une femme circulant en niqab sur la voie publique, ne sont pas les premiers depuis l’entrée en vigueur, le 23 juillet 2011, de la loi interdisant le port du niqab (voile couvrant le visage à l’exception des yeux) ou de la burqa en rue.

Celles qui ignorent cette législation sont passibles d’une condamnation à sept jours de prison et/ou d’une amende de 137,50 euros. Toutefois, selon le parquet de Bruxelles, la loi n’a, jusqu’ici, jamais donné lieu à une peine de prison. En tant qu’infraction mixte, la loi donne autorité aux communes pour distribuer des sanctions administratives.

Moins de 200 femmes porteraient le niqab ou la burqa en Belgique

Selon la Surêté de l’Etat, moins de 200 femmes porteraient le niqab ou la burqa en Belgique. D’après le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ouest, 16 PV ont été dressés en 2011 et 8 en 2012.

Fin décembre 2011, une femme portant un niqab avait été interpellée, rue de Brabant, à Schaerbeek. Elle avait refusé d’enlever son foulard et son mari était intervenu de façon agressive. Le couple et un passant, qui s’était mêlé du différend, avaient été emmenés au commissariat puis relâchés après audition.

Fin septembre, un homme s’était opposé au contrôle d’identité de son épouse, revêtue d’une burqa, à Saint-Josse. Il avait, au passage, blessé un inspecteur aux côtes. Il avait donné l’ordre à son épouse de prendre la fuite. Celle-ci s’était enfermée chez elle et avait refusé d’ouvrir aux policiers.

Certains affirment que les polices des zones bruxelloises confrontées au problème ferment parfois les yeux. Les chefs de corps démentent, mais certains admettent des "aménagements". C’est ainsi que la police de la zone Nord (Schaerbeek, Evere, Saint-Josse) applique une procédure particulière, permettant aux femmes portant la burqa ou le niqab, et refusant de se soumettre à un contrôle sur la voie publique, de venir au commissariat dans un local particulier où, dans la mesure du possible, elles retirent leur voile devant une femme policière plutôt qu’un homme.

La loi, votée à l’unanimité le 28 avril 2011, vise toute personne se présentant dans un lieu accessible au public le visage masqué ou dissimulé en tout ou en partie, de manière qu’elle ne soit pas identifiable. Toute forme de camouflage tombe donc sous le coup de la loi qui n’est pas appliquée en cas d’ordonnance de police autorisant des manifestations festives, comme le carnaval.

Aux côtés de la Belgique, les Pays-Bas et la France ont également voté des lois interdisant le port du voile intégral. La loi française punit, par ailleurs, et sévèrement, celui qui obligerait une femme à le porter. Ailleurs en Europe, ce sont des règlements locaux ou sectoriels qui sont parfois imposés.

La loi belge avait été contestée dès le lendemain de son entrée en vigueur. Sanctionnées par le passé, en vertu de règlements communaux, deux femmes avaient saisi la Cour constitutionnelle. La première était une Belge de souche convertie à l’islam, la seconde, une Liégeoise d’origine marocaine. Elles considéraient la loi comme une ingérence disproportionnée à l’exercice de leurs libertés fondamentales. La Cour constitutionnelle a rejeté leur demande en suspension, jugeant que le préjudice grave n’était pas démontré. Elle avait fait de même avec une troisième demande, déposée par une Belge se déclarant "athée" qui dénonçait le fait qu’à son estime, la loi visait une minorité religieuse, promouvant ainsi une "uniformisation" culturelle incompatible avec les droits fondamentaux.

Autre forme de contestation : dans les jours qui avaient suivi l’entrée en vigueur de la loi, des sites islamistes avaient publié des textes haineux pour la Belgique et ses autorités. Mais l’Organe belge pour la coordination et l’analyse de la menace (Ocam) n’avait pas considéré qu’il s’agissait là de menaces précises et nouvelles.

Pour l’anecdote, on rappellera aussi que l’homme d’affaires français Rachid Nekkaz avait tenté d’occuper la scène médiatique en se rendant à la maison communale de Saint-Josse pour payer les premières amendes infligées à deux adolescentes verbalisées.

Commentaires

Islamisation, vous n'avez pas peur ... vous devriez.
http://www.youtube.com/watch?v=OthhSv_QBLI

Écrit par : Guy | 02 juin 2012

Répondre à ce commentaire

La peur ne se décrète pas. Il ne faut jamais s'y fier, elle n'est jamais bonne conseillère et lutter contre l'ignorance devrait vous aider à progressivement vous en débarrasser, Guy.

Écrit par : Rachid Z | 02 juin 2012

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.