25 avril 2012

Et si l’on parlait d’islam ?

Et si l’on parlait d’islam ?

Pour répondre à ceux qui attisent les tensions, pour éviter tout repli identitaire, croyants ou non-croyants doivent bâtir des ponts de compréhension mutuelle.

Le Centre d’Action Laïque (CAL) souhaite défendre toutes les démarches, toutes les positions d’ouverture et de liberté, respectueuse de la diversité et soucieuses des enrichissements réciproques.

C’est dans cette perspective que le président du CAL, Pierre Galand, à le plaisir d’inviter Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux et John Paul Lepers, journaliste et réalisateur du document «Qui a peur de l’islam ?», qui sera diffusé vers 19h00 et suivi d’un débat modéré par la journaliste Gabrielle Lefèvre.

Le Samedi 12 mai 2012 à partir de 18H30, à l’Espace Magh’ : 17 rue du Poinçon à 1000 Bruxelles

(A tout citoyen défendant «les positions d’ouverture et de liberté», «respectueux de la diversité et soucieux des enrichissements réciproques», laissez-moi vous rappeler le contenu de la doctrine de l’ancien dignitaire du CAL, Phillppe Grollet. Dans son ouvrage intitulé «Laïcité : Utopie et Nécessité», ce prélat de la laïcité qui a occupé sans interruption durant 16 années (1988-2004) la présidence du CAL, ce qui d'ailleurs lui a valu le titre de pape de la laïcité, expose sa morale, sa conception de la laïcité et ne se prive pas de nous livrer le regard "humaniste", càd très stéréotypé qu'il porte sur ses concitoyen(ne)s croyant(e)s.

Je vous propose, à travers quelques passages tirés de son receuil de sagesses, de mieux cerner la "spiritualité" qui anime cet avocat : "La morale laïque est celle qui se fonde sur un humanisme délivré de toute référence divine, c’est une conception de vie non confessionnelle fondée sur des valeurs : on parle alors de laïcité philosophique. (…) elle suppose l’engagement moral des individus sur des valeurs humanistes tirées de la pensée critique dégagée des dogmes et du surnaturel" (p. 5).

Une affaire de mots ? : "Évidemment, on ne peut pas non plus faire l’impasse sur le fait que l’islam génère aussi, de part le monde, un mépris de la vie humaine et que des milliers de musulmans sont éduqués dans la certitude que se faire exploser avec le plus possible de civils innocents assure l’entrée au paradis". (p. 9).

La longue marche : "Mais ces luttes ont surtout apporté une réponse pluraliste aux grands débats de société de ces dernières décennies : contraception, avortement, statut de l’enfant né hors mariage, divorce-remède, euthanasie, mariage homosexuel, protection des minorités. À cet égard, c’est bien sûr la conjonction des engagements progressistes de bords différents qui a rendu possibles ces avancées..." (p. 34).

L’impartialité de l’État ne suffit pas : "On ne peut que constater que le fondamentalisme religieux fait des émules en Égypte, en Afghanistan, au Moyen-Orient, mais aussi dans nos villes, dans des milieux islamiques" (p. 42)

Réhabilitation du plaisir : "Le paradoxe est que l’interdit bête et brutal, dont l’Église et la Mosquée ont été et resteront encore en grande partie les gardiens tartuffes, fait le lit de très graves dérives. C’est en refusant d’aborder la vie sexuelle et affective avec simplicité et franchise, et en entourant le sexe d’une chape de secret, qu’on favorise la pédophilie et les violences sexuelles" (p. 53).

La question du voile : "Bien plus encore que le christianisme, l’islam est otage du Livre. En l’occurrence, le Coran comporte un florilège de versets qui incitent à la haine et à la discrimination : haine de l’"incrédule", haine du juif et discrimination sexuelle. Heureusement les musulmans ne lisent pas tous le Coran et beaucoup de ceux qui le lisent font le tri" (p. 87).) (Rachid Z)

Commentaires

L’IMPOSTURE LAÏQUE

Jean-François Abdullah Abu Abdulaziz et Rachid Zegzaoui, le 11 mai 2005

Le PJM a relevé pour les lecteurs de son site les théories consternantes que vous élaborez, M. Grollet, au sujet d’une laïcité dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne recouvre nullement, comme vous le prétendez, une quelconque exigence d’impartialité de l’État (qui se définit très exactement, en Belgique, dans le concept de neutralité), mais, tout au contraire, une partialité philosophique autant que politique visant précisément à renforcer l’idée laïque au-delà de toute raison, de toute morale, de toute nécessité d’existence, fussent-elles "humanistes".

Des propos haineux, diffamatoires, puisés à des sources médiatiques ultrapolluées qui contribuent scandaleusement, monsieur le libre penseur, au détriment de tous et de toute liberté de pensée, à fomenter des ruptures ou à les rendre plus profondes encore, à cautionner politiquement l’intolérance et le fanatisme qui animent une idéologie, la vôtre, qui n’a d’autre destination que celle de la contrainte et de l’exclusion de Dieu del’espace public.

L’immense majorité de vos concitoyens musulmans – ne préjugez pas, M. Grollet, de leur silence, de leur manque de réaction, de leur apparente indifférence (qui ne serait, pour le coup, qu’une réponse tacite à votre propre insignifiance), n’a que faire de vos appréciations indigentes sur sa foi. Elle n’exige que l’application des normes constitutionnelles et législatives qui devraient lier tous les citoyens de ce pays dans le respect de leurs convictions respectives. Bien évidemment, tout comme la communauté laïque qui n’a, en fait, que l’absence de référence divine comme signe de ralliement, la communauté musulmane est aussi multiple de par ses origines que variée de par ses références idéologiques, politiques et culturelles.

Elle compte ainsi, certes, à sa frange éloignée, faut-il le préciser, ceux dont vous vous réjouissez niaisement qu’ils ne lisent pas le Coran, ou, quand ils le lisent, opèrent un "tri" !

Il n’est donc ni juste ni honnête de comptabiliser ("nécessité politique" oblige, il est vrai !) comme faisant partie stricto sensu de la communauté musulmane des "croyants" qui, comme vous, se sont accoutumés à faire de l’absence de foi (ou d’une foi qui s’absente, plus exactement) une imposture spirituelle, qui ont fait le deuil d’un Dieu qui ne leur parlerait plus (à qui, plutôt, ils ne parleraient plus).Il n’est pas plus légitime de mettre en avant ces mandataires politiques ethniques soutenus par des associations fantaisistes qui, poussés par des considérations exclusivement personnelles, soutiennent et diffusent sournoisement un projet d’existence assimilationniste contraire aux aspirations religieuses, culturelles, sociétales de leurs électeurs, à leur dignité de citoyens et de croyants. Qui cautionnent, de quelque parti qu’ils soient, l’interdiction du port du foulard dans les écoles publiques. Qui ont pour mission de tromper les consciences en les associant à des valeurs prétendument spirituelles dans lesquelles leurs électeurs abusés ne peuvent en aucune manière se reconnaître. Qui tentent de consolider au sein de leur pléthorique colonie socialiste, aile politique marchande de la laïcité libérale, leurs allégeances serviles en procédant à l’évacuation de Dieu de leurs existences, à la dépollution des consciences des toxicités mortelles de la religion.

Il est tout aussi déplacé d’invoquer aux côtés d’une institution factice, très étatisée, politisée à l’extrême, contrôlée à l’excès, suspectée jusqu’au ridicule, des associations faisant office de lieux de culte, peu ou pas crédibles, mais étroitement surveillées, elles aussi, souvent présidées par des vassaux politiques et animées par des imams dont les prêches sont balisés par des incroyants de votre calibre.

Un citoyen de confession musulmane, tel que le PJM le conçoit, est un citoyen qui non seulement se soumet aux mêmes standards constitutionnels et législatifs que vous (sa "nécessité" politique à lui, en somme), mais c’est, aussi celui qui se réfère à sa foi (son "utopie" religieuse à lui), pour répondre aux exigences d’une société qu’il contribue, comme vous, à développer. Un citoyen qui ne se restreint nullement sa croyance à l’observation rigoureuse d’une succession de rites, mais qui défend dans le cadre de sa citoyenneté qu’il ne vous appartient en aucun cas de régenter (même et surtout au nom de la liberté !), un mode de vie et de pensée, une lucidité, une raison d’être et d’exister aussi bien dans le champ social et économique que politique.

Un citoyen de confession musulmane, tel que le PJM le conçoit, répond aux exigences de sa foi qui exige de lui qu’il agisse de manière responsable. Il ne structure pas sa vision du monde qui l’entoure dans le but d’épouser aveuglément la conscience de l’autre. Il ne se cherche pas au travers de ses seules expériences ou de celles des autres.

L’exercice de sa foi allié à celui de sa citoyenneté éveille en lui une conscience responsable fondée sur une éthique, des principes, des croyances qui l’inspirent tout au long de sa vie.

Quant à l’effritement (pour ne pas dire, l’effondrement) des consciences chrétiennes, il est dû, l’ignorez-vous M. Grollet, aux changements directionnels aberrants d’une Église en proie à une dégénérescence issue de sa volonté de s’adapter à un monde qui s’abîme irréversiblement dans l’idéologie d’essence spécifiquement
luciférienne qui est la vôtre.

Il est absurde de croire que l’imposture hautement spirituelle et moralisatrice du nouveau monde que vous prônez puisse séduire une personne armée de foi et de raison. Celle-ci n’acceptera jamais de se perdre ainsi, de se désagréger, de se détruire dans une humiliante schizophrénie de la conscience qui lui interdit tout épanouissement de soi. La foi musulmane et la spiritualité qu’elle engendre ne peuvent se compromettre dans des desseins relevant exclusivement d’infantiles caprices d’émancipation humains, d’improvisations sacrilèges, de petites combinaisons partisanes hautement conditionnelles. À l’évidence, et vous le savez très bien, monsieur le censeur, le musulman bien de lui que nous parlons) ne partage en rien les présupposés de la philosophie laïque, qui est très loin, au reste, de relever d’une sagesse éminente. Il a en aversion cette gestion pseudo-normative "à visage humain" de la société qui relève, en fait, d’une déshumanisation, d’une dénaturation qui éloigne l’homme aussi bien de sa nature que de la nature. Il refuse cette cécité diabolique (car tout imprégnée d’orgueil) qui rejette le divin, le sacré, l’invisible, qui l’écarte tragiquement, en somme, dans un désastre délibérément provoqué, de soi, du monde, de Dieu.

En tant que citoyens respectueux des opinions d’autrui (en fait, surtout, du destin que Dieu seul impartit à chacune de Ses créatures…) et s’appliquant à vivre dans un État de droit qui admet et défend la pluralité des convictions, les musulmans reconnaissent naturellement que chacun soit libre de soumettre sa conscience à la miséricorde de Dieu ou à l’arrogance de l’homme. Mais si vous êtes libre, monsieur l’apprenti sorcier, de vouloir précipiter le monde dans les ténèbres de l’ignorance et de la perversité, celles qui assombrissent les coeurs, qui souillent les âmes, ils sont, eux aussi, libres de vouloir en rétablir l’indispensable harmonie, d’en rappeler l’irréfutable finalité et vous êtes tenus par le contrat démocratique qui nous lie tous de ne pas entraver leur liberté de penser et d’agir autrement que vous !

Chacun, aujourd’hui, est en quête d’une spiritualité individuelle, taillée sur mesure. Une spiritualité fast-food, une spiritualité à l’eau de rose, une spiritualité d’évasion, d’occultation des autres et de l’Autre, une spiritualité égoïste, autant qu’égocentrique où l’homme doit chercher le sens de la vie en lui-même plutôt que dans un au-delà dont ils est issu autant que redevable. L’attitude doctrinale qui est la vôtre, M. Grollet, quoi que vous en ayez, ne vous rappelle-t-elle pas celle des communistes de la première heure qui, perdant toute assurance dès qu’une révélation venue d’ailleurs venait chahuter leurs vérités planifiées, ne répliquaient pas pour la réfuter, mais pour l’enterrer, en utilisant, comme vous, des arguties, des diversions, des mensonges ineptes et écoeurants ?

Au PJM, nous restons persuadés qu’une créature qui conteste son Créateur (et par voie de conséquence, Sa création) n’a pas d’avenir. Qu’elle est non viable car amputée de ce qui seul la justifie, Nous veillerons donc, sachez-le, pour notre salut, le vôtre et celui de toute l’humanité, à demeurer fidèles à tous les préceptes que la lumière de la foi (de la loi) islamique nous fait apparaître comme vrais et authentiques.

Certaines évolutions dans l’intégration et la participation citoyenne des musulmans, un élan, un sursaut des consciences s’amorce. Une expression citoyenne inspirée des valeurs de justice, de respect mutuel tels que révélés dans le Coran (qui doit être lu, et relu, compris et appliqué pour le bien de toute l’humanité, dans son intégralité) accomplira, in cha Allah, avec les hommes et les femmes de notre temps, sa mission propre : celle du témoignage et de l’initiation dans un engagement en faveur de tous.

Nous saurez-vous gré, M. Grollet, de vous en avoir fait part ?

Écrit par : Rachid Z | 25 avril 2012

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