27 mars 2012

suite débat après évènement de Toulouse‏

A propos du dramatique évènement de Toulouse‏

Par Hamid Benichou, Administrateur de l'association Bruxelles-Espace-Intercommunautaire, le 26 mars 2012

Je voudrais tout d’abord, au nom de l'association Bruxelles-Espace-Intercommunautaire et en mon nom personnel, m’incliner devant la mémoire des personnes innocentes, froidement assassinées parce qu'elles sont Autres. Il n'y a pas de mots devant cette tragédie, mais sachez que nous partageons pleinement la douleur des familles et des proches pour lesquels nous éprouvons une profonde compassion.

Ce criminel a tué des personnes de confession Juive, Chrétienne et Musulmane.

Faut-il accepter que cet individu salisse toute une communauté et à cause de personnages pareils, sommes-nous obligés de raser les murs et être stigmatisés.

Ces voyous qui se recyclent dans le djihadisme primaire doivent comprendre qu'ils n'ont plus leur place dans notre communauté. Nous devons les bannir sans état d'âme.

Nous ne pouvons pas passer sous silence la diffusion de la haine et de la discorde par le verbe au sein de notre communauté et dans certains lieux de culte marginalisés.

Depuis des années, nous dénonçons ces comportements dangereux tout en souffrant en silence, à chaque fois qu'un membre de notre communauté commet l'inqualifiable au nom d'une pensée moyenâgeuse et rétrograde ou au nom des causes importées.

Certains fous de Dieu ont profité de l’espace d'expression que garantit notre constitution pour proférer la haine, stigmatiser la différence et prôner le rejet de l'autre en utilisant le verbe malveillant et parfois réellement méchant et aussi  en exploitant des questions d'actualité ou des conflits qui déchirent certaines parties du monde.

Et à travers cette exploitation, ils imprègnent les cœurs de leurs disciples d'animosité, d'intolérance et de violence.

Notre communauté par son comportement passif est complice. Elle doit se lever et dénoncer fermement ces auteurs, ces fanatiques qui empêchent le Vivre-Ensemble.

La communauté Arabo-Musulmane doit en outre arrêter de se victimiser et refuser de vivre en marge comme des parias et à être montrée du doigt à chaque fois qu'elle engendre un criminel recyclé en un fou de Dieu.

Ces agissements sont tolérés, voire acceptés et repris même par certains médias. Des responsables d'institutions ainsi que des services de sécurité sont au courant de cette situation, mais malheureusement ne réagissent pas ou si peu.

Certains responsables politiques nous décrivent comme des voleurs, des agresseurs, des violents en puissance et des chômeurs.

Aussi certains spécialistes déclarent que nous portons en nous les germes de la violence intrafamiliale; que nous sommes des trafiquants de tous genres; de par notre culture nous imposons à nos enfants des mariages forcés ou arrangés, etc.

Nous rejetons cette caricature exploitée par tout un système, nous voulons simplement vivre notre Belgitude dans ce pays qui nous a tant donné.

Il faut constater que la politique prônée à ce jour a montré ses limites. Il est regrettable qu'aucune vision pacifique ne soit proposée aujourd’hui. Une vision où toutes les couches qui composent notre société multiculturelle se retrouvent. Un projet fédérateur qui surmonterait nos divisions et protègerait notre société notamment des menaces que peut représenter le transfert de conflits étrangers sur notre territoire.

Je souhaite ardemment un rassemblement de toutes les communautés pour dire non au racisme, non à l'intolérance et à la violence, en mettant l'humain et la solidarité au cœur de nos préoccupations.

15:25 Écrit par Rachid Z dans Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

La mention de "l'origine algérienne" de Mohammed Merah agace Alger

Par Amir Akef, le 23 mars 2012

La mise en exergue par les médias français de "l'origine algérienne " de Mohamed Merah suscite de l'agacement à Alger. Une forte appréhension se fait sentir de voirles musulmans de France tenus pour responsables de la dérive sanglante du jeune toulousain.

"Ce terroriste", écrit Liberté (libéral), condamne les musulmans de France à vivreleur "après-11-Septembre". Ils risquent de "connaître la suspicion, la xénophobie, le racisme latent, la méfiance, le rejet ou le mépris pour une période qui ira bien au-delà de la récupération politique due à l'élection présidentielle".

El Watan (indépendant) s'en prend à "l'islamisme intégriste", qui offre un "précieux cadeau" aux extrémistes de droite "pour humilier davantage les immigrés et les Français issus de l'immigration". La classe politique française serait cependant"moralement cynique et politiquement machiavélique de vouloir attiser le feu de la stigmatisation communautaire, alors même que le climat, en France, est déjà délétère".

"LE PRÉSIDENT FRANÇAIS D'ORIGINE HONGROISE"

"L'origine algérienne" de l'auteur des tueries est "mise en avant par les médias français", constate La Tribune, qui s'attend à une "remontée anti-islam en France". Mercredi sur Facebook, où de nombreux journalistes algériens sont connectés entre eux, une proposition "d'écrire de manière systématique 'Nicolas Sarkozy, le président français d'origine hongroise'" a rencontré un franc succès.

L'éditorial du Quotidien d'Oran s'en fait l'écho et évoque une volonté des médias français de "marquer une altérité fondamentale, 'l'origine algérienne' de l'auteur présumé des tueries l'emportant sur sa nationalité française, l'abolissant même. C'est un 'autre' qui a commis le crime, un 'étranger', pas un Français".

De son côté, El Khabar (arabophone, deuxième tirage du pays) estime que le sujet n'est pas "l'origine algérienne" de Merah, mais la "discrimination raciste qui monte en France et ses liens avec les problèmes d'intégration des immigrés et de leurs enfants dans le tissu social français".

El Watan se félicite cependant que les représentants de l'islam et du judaïsme en France mettent en garde contre la tentation de l'amalgame. Il sait gré au président Sarkozy, "connu pour être un fan de ce genre de liaisons dangereuses dès qu'il est en difficulté", d'avoir été "digne" et "rassembleur".

Le ton est à totalement à l'opposé dans L'Expression, auteur en septembre dernier d'une violente diatribe contre l'AFP, qui l'avait défini comme "très anti-français, mais de langue française". Il dénonce une France qui "perd le sens de la mesure" et qualifie "d'absurde" les réactions du Vatican et de l'ONU condamnant la tuerie de "quatre Français de confession juive". "Le monde a bougé, ébranlé par l'assassinat de quatre Français de confession juive, un fait béni pour Israël, qui dénonce un crime antisémite". Les hommes politiques français sont accusés"d'avoir pris cette thèse pour argent comptant", alors qu'il ne s'agit que "d'une manipulation et une instrumentalisation sans précédent, de la part de la France et d'Israël, d'un crime crapuleux, abject, qui n'aurait jamais dû franchir les dimensions qui lui ont été données en en faisant le crime du siècle". L'éditorial est de la même veine. Son titre : "Outrance !"

Écrit par : Rachid Z | 28 mars 2012

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