11 décembre 2011

Le gouvernement de l'ombre est formé avant celui de Benkirane

Le gouvernement de l'ombre est formé avant celui de Benkirane

Par Khalil Zeguendi, le 11 décembre 2011

Juste après les élections du 25 novembre dernier, le roi Mohammed VI a tenu à renforcer son staff de conseillers, en faisant appel à Yassir Znagui, ex ministre du tourisme dans le gouvernement sortant, à Omar Azziman, ex ministre de la justice et président de la Fondation Hassan II, à Abdeltif El Manouni, ex président de la commission royale de la révision de la constitution et last but not least, à Fouad Ali Al Himma, proche parmi les proches, du souverain et Raïs de fait du PAM.

Et donc, le gouvernement de l'ombre semble avoir pris de vitesse, celui devant sortir des tractations que mène le "malheureux" Benkirane avec les partis politiques marocains.

Malheureux, parce d'ores et déjà, l'USFP (socialisme caviar), du vieillard Abdelouahid Radi, a décidé de dire "Non" à Benkirane et choisi en 5 minutes de palabres, de rejoindre les rangs de l'opposition.

Estimant que la sanction infligée par le peuple, nécessite un retour de son parti dans l'opposition, pour se refaire une virginité, Abdelouahid Radi oublie de dire que si sanction il y a eu, c'est parce que, lui-même et les croulants qui ont dirigé ce parti depuis très longtemps et privatisé à tour de bras les bijoux du royaume, ont échoué dans le renouvellement des cadres et dans la rencontre avec les attentes du peuple marocain.

En bonne logique "socialiste" les caciques de ce parti, devraient faire leur autocritique et assumer les erreurs, ayant conduit à cette débâcle, en démissionnant ... Et cela avant de siéger dans le camp de l'opposition aux côtés du PAM et du RNI.

Mais peut être qu'en haut lieu, pour rendre la vie encore plus difficile à Benkirane, les filous du Makhzen, ont poussé le parti "socialiste" à opter pour cette décision.

Dans l'article 49 de la nouvelle constitution, votée le 10 juillet dernier, il est clairement stipulé que la nomination des ambassadeurs incombe au Conseil des ministres (conseil auquel assiste le souverain).

Or, chose curieuse, de nombreux ambassadeurs ont été nommés par le roi, la semaine passée, alors que le formateur fait tout son possible pour former un gouvernement. C'est ce gouvernement qui aura, constitutionnellement, la tache de procéder à ces nominations d'ambassadeurs et de hauts fonctionnaires de l'état marocain.

Pourquoi dès lors, alors que rien ne pressait, le palais a procédé à la vitesse "Grand V", à ces nominations, sans attendre la mise en place prochaine du nouveau conseil des ministres, seul habilité à procéder à ces désignations ?

Poser la question c'est y répondre.

Benkirane, les cernes très visibles et les poches en dessous des yeux encore plus visibles, a déclaré nourrir l'espoir, malgré la défection de l'USFP, de former son gouvernement.

Ne disposant point d'un plan "B", il a minimisé la nomination de Fouad Ali Al Himma, à la fonction de conseiller du roi, expliquant cette nomination comme un geste du souverain visant à sortir Al Himma du jeu des partis politiques (Zaama).

Il est certain que le PPS de Nabil Benabdallah, Koutla oblige, suivra la voie de l'USFP et refusera d'entrer au sein du gouvernement Benkirane. Comme il est certain que les partis makhzaniens qui accepteront de faire partie de ce gouvernement, pèseront de tout leur poids, au sein de cet exécutif à venir (peut-être), pour continuer à protéger les corrompus et les pourris, comme ils l'ont toujours fait.

Ils ne manqueront pas de faire appel à la dynastie des Fassi pour occuper les principaux postes gouvernementaux.

Et en conséquence, dedans ou dehors, le PJD ou Benkirane, encerclé par le palais et les formations du Makzen, aura toutes le peines du monde à appliquer le quart du tiers de son programme.

Exactement comme ce fut le cas d'Abderrahmane Al Youssoufi lorsqu'il a aidé Hassan II à donner au pays une image de démocratie et d'état de droit.

L'alliance anti Benkirane a déjà gagné la bataille de l'encerclement et si le PJD garde un tant soit peu de lucidité, il devra remettre la démission de son ténor, Benkirane au roi, avant qu'un coup de pied au cul ne vienne le décider à aller voir ailleurs, si la démocratie y est.

A ce moment-là, même le 20 février n'en voudra plus... dans la rue.

Alors il aura perdu le gouvernement et en même temps....la face.

14:22 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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