16 octobre 2011

Les Tunisiens de Belgique en débat

Les Tunisiens de Belgique en débat

Par Rachid Z, le 16 octobre 2011

Dans le cadre de la campagne pour les élections en Tunisie, le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie organisait, ce vendredi 14 octobre au Centre Culturel Arabe, une première rencontre-débat entre des candidats de différentes listes : Belgacem Chamekh pour le Congrès pour la République (CPR), Amel Belhassen pour Annasr Li Ahrar Tunis, Mansour Ketata pour Ennahda, Selma Benkhelifa pour La Voie Révolutionnaire, Ziyad Mabrouk représentant Ettakatol (Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés).

Sur une série de questions posées par le modérateur Ahmed Oubari (journaliste d’origine marocaine) qui portait sur la nature du régime proposé, les moyens à envisager pour y parvenir et la situation des tunisiens à l’étranger, la plupart des intervenants ne divergeaient pas vraiment dans leurs réponses. Ils reconnaissent tous l’importance d’une constitution qui puisse garantir le respect de tous les droits et libertés fondamentaux de l’individu, d’un parlement responsable et du principe de séparation des pouvoirs. Et promettent tous une meilleure considération des tunisiens résidant à l’étranger.

C’est à travers certaines questions émanant du public, notamment celles sur la liberté de conscience, le port du voile ou du niquab, sur les relations avec l’état d’Israël et sur la dette tunisienne, que l’on a pu distinguer quelques nuances idéologiques caractérisant les différentes listes.

En effet, pour l'avocate et militante Selma Benkhelifa «les gens ont le droit de s’habiller comme ils ou elles veulent», si ce n’est à une exception près, «à l’université, le doyen aurait tout pouvoir de décision quant au port du niquab». Par contre pour l’enseignant de religion islamique Mansour Ketata, le respect des droits et libertés s’exerce partout. Il précise également que «le projet politique préconisé par le parti ne vise pas à ériger en Tunisie un État religieux dans lequel nous serions les représentants de la parole divine mais un État civil qui ne consiste aucunement à imposer aux minorités de croire au message de l’islam. Il y a plusieurs courants islamiques et Ennahda défend et promeut sa conception de l’islam qui consiste à assurer les droits de tous».

Sur le plan des relations internationales, il est à constater que si la plupart des représentants des différentes listes s’entendent sur le fait qu’aucun échange ne devrait être entretenu avec Israël, le représentant d’Ennahda va jusqu’à reprocher à ses concurrents de faire usage du nom que se donne l’«entité sioniste», «surtout lorsqu’on éduque les enfants» tient-il à rajouter.

Enfin, concernant la dette tunisienne, autant le représentant d’Ettakatol que celle de la Voie Révolutionnaire la contestent, l’un appelant à un "moratoire", l’autre refusant que «cette odieuse dette» en incombe au peuple. Il en va différemment pour le candidat d’Ennahda qui déclare : «si nous ne nous acquittons pas de nos dettes, qui sera disposé à nous prêter de l'argent à nouveau ? Il faut payer mais certainement pas selon les conditions qui nous sont imposées».

22:51 Écrit par Rachid Z dans Pays du Maghreb | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Il y a un article dans Le Soir de ce mardi (pas encore en accès direct) sur un risque de fraude électorale chez les Tunisiens de Belgique.

Écrit par : PYL | 18 octobre 2011

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