20 novembre 2008

SANS-PAPIERS-MIGRATION

SANS-PAPIERS-MIGRATION

Marie Arena (PS) : «Madame Turtelboom et tout son cabinet sont payés à ne rien faire»

 

Par Mehmet Koksal, IPS, le 20 novembre 2008

 

Lors d’un débat public sur la problématique des sans-papiers organisé à Bruxelles le 19 novembre 2008, la ministre de l’Intégration sociale, des Pensions et des Grandes villes au gouvernement fédéral, Marie Arena (PS), a longuement attaqué sa collègue libérale flamande Annemie Turtelboom, ministre en charge de la Politique de migration et d’asile, en l’accusant d’«être payé à ne rien faire, elle et tout son cabinet !» face à une centaine de participants. «Le gros problème aujourd’hui, c’est qu’elle [Turtelboom] a la capacité de s’asseoir et de ne pas bouger. Mais on continuera à l’emmerder et il faut l’emmerder à la Chambre, il faut l’emmerder au Sénat, il faut l’emmerder partout en disant ce que l’on veut», a déclaré Marie Arena en se demandant s’il ne faut pas carrément «supprimer son salaire tant qu’elle ne travaille pas» comme suggérée par l’avocate Selma Benkhelifa.

 

Participant au débat, la co-présidente d’Ecolo Isabelle Durant, pourtant membre de l’opposition, ne partage pas l’avis de la ministre socialiste en estimant qu’il est trop facile d’accabler seulement Annemie Turtelboom. «La question n’est pas madame Turtelboom, je m’en fiche d’elle, le problème est avant tout celui d’une coalition qui ne fait pas, qui ne veut pas ou qui n’est pas en capacité de faire de la question des sans-papiers un point sur lequel il faut trouver une solution Plaidant pour une «opération de régularisation massive, importante mais avec des critères», Isabelle Durant n’a pas manqué de rappeler que la dernière vague de régularisation en Belgique a certes été réalisée sous un ministre libéral de l’Intérieur, Antoine Duquesne (MR), mais grâce à la pression des Verts qui étaient alors membres du premier gouvernement Verhofstadt de 1999 à 2003.

 

«En 2006, tous les partis ont fait campagne sur la régularisation. Tous les partis de gauche (Ecolo, PS et CDH) ont promis qu’il n’y aura pas de participation gouvernementale sans une régularisation et puis, après le blocage de 2007, on a finalement un accord très flou. Alors sur le blocage, on renvoie toujours la balle à madame Turtelboom … Alors, je n’ai aucune amitié pour madame Turtelboom car je trouve qu’elle joue avec nos pieds mais elle n’est pas la seule à jouer comme ça ! Parce que moi j’ai été ministre dans un gouvernement pendant 4 ans et si j’avais fait comme Turtelboom, m’asseoir sur un dossier, j’aime autant vous dire qu’on ne m’aurait pas lâchée ! Je ne peux donc pas admettre qu’on incrimine seulement Turtelboom ! Aujourd’hui, on est dans une situation de désespérance grave, on pourra compter sur les écologistes pour soutenir toutes les formules même imparfaites qui nous permettra de sortir un maximum de gens de la clandestinité».

 

Milquet dit non à ce qui est imbuvable

 

Représentant le CDH, le député fédéral Georges Dallemagne estime que «quitter le gouvernement n’est pas la bonne solution» et que la question prioritaire pour Joëlle Milquet restait les sans-papiers. Interpellé sur la stratégie de négociation de sa présidente, le sénateur Dallemagne explique que «Joëlle Milquet dit effectivement non à ce qui est sur la table des négociations et qui est pour l’instant imbuvable» «C’est un dossier très important et il faut tenir bon. D’ailleurs les dernières informations que j’ai indiquent qu’il commence à y avoir des fissures. En effet sur certains éléments, pas fondamentaux, on commence à voir des ouvertures.» Pour l’élu humaniste, il faut tenir compte d’une «réalité en Flandre qui n’est pas évidente à cause du rapport de force favorable à la droite flamande. Mais je pense que nous pouvons obtenir des résultats si nous avons un accord avec les trois partis francophones (PS, CDH, MR) de ce gouvernement car nous sommes trois et les partis flamands sont deux. Donc, nous avons là un atout que nous n’utilisons pas suffisamment et le MR n’utilise absolument pas alors que cette stratégie permettrait à un moment donné de changer la donne».

 

Intervenant pour le MR, le député régional Mustapha El Karouni a déclaré que «Didier Reynders a clairement dit en réunion interne du parti, loin des caméras, qu’il était également pour une régularisation des sans-papiers». Taxé de schizophrénie par Marie Arena, le député libéral a perdu son self-contrôle pendant le débat en attaquant le modérateur et les représentants des autres partis sur la question du port du voile, l’Exécutif des musulmans de Belgique, la distribution du guide du respect (une publication soutenue et financée par son propre parti à Schaerbeek)… car, pour Mustapha El Karouni, «tout est lié bien sûr».

19:54 Écrit par Rachid Z dans Sans-papiers | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

J'acquiesce sans équivoque aux propos tenus par Mr El Karouni.
en ce qui concerne les dires de Mme Arena taxant de schizophrène maitre el Karouni, elle ne croit pas si bien dire à la différence qu'un individu est rarement psychotique sans le système au sein duquele il se trouve. Or, d'un point de vue scientifique la psychose est généralement la réponse produite dans un système paradoxal, qui utilise la double communication. Ici, effectivement le double message est "régularisons les sans papiers et discriminons les personnes des minorités régularisées!", donc le système dans lequel se trouve Mr el karouni est très aliénant et malgré tout il arrive à s'en sorti malgré cette situation schizophrènéisante!
quel tour de force et nous le remercions pour son honnêté et l'abolition de la langue de bois qui semble être l'apanage de tous les autres.

Écrit par : Marie | 23 novembre 2008

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