19 novembre 2008

«Les sans-papiers peuvent rester tant qu’ils ne perturbent pas le bon fonctionnement de l’ULB»

«Les sans-papiers peuvent rester tant qu’ils ne perturbent pas le bon fonctionnement de l’ULB»

 

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Nous, Membres de la Communauté Universitaire, sommes en effet perturbés.

 

Nous sommes perturbés car nous ne considérons pas les « sans-papiers » comme un facteur de perturbation si ce n’est celui de montrer la contradiction entre nos principes et notre pratique ;

 

Nous sommes perturbés car nous insultons la mémoire des luttes et des résistances qui sont nées au sein de notre Communauté ; Faut-il rappeler que l’ULB a perturbé l’occupation nazie en cessant de fonctionner ? Faut-il rappeler que beaucoup des sans-papiers de cette époque furent des juifs venant de l’Est ? Faut-il rappeler que le square G honore la mémoire de résistants et d’activistes morts pour la défense d’une certaine conception de la dignité ?

 

Nous sommes perturbés car nous foulons du pied les principes de solidarité les plus élémentaires en opposant notre routine, routine bien faite pour éviter toute remise en question, à la détresse de gens qui demandent asile ? Faut-il rappeler que la tolérance accordée jusqu’à présent consiste à parquer nos «hôtes» dans un bâtiment vétuste à la marge de la vie universitaire ? Faut-il rappeler que solidarité n’est pas charité ? Faut-il rappeler que la perturbation incriminée aux «sans papiers» est d’avoir l’outrecuidance de vouloir protéger leurs enfants en attendant de trouver une alternative ? Faut-il rappeler que même les chiens dorment sous un toit l’hiver ?

 

Nous sommes perturbés car notre Université si prompte à défendre ses valeurs humanistes et à les rappeler aux autres perpétue cependant les pratiques qu’elle dénonce hors nos murs ? Faut-il rappeler que drapés de la légitimé de la science dans le débat public nous ne pouvons nous voiler les yeux lorsque la question se pose en nos murs ?

 

Nous sommes perturbés par une université dont la position consiste à exprimer une solidarité forte et de principe mais qui la viole dans le monde réel des besoins concrets. Faut-il rappeler qu’une université qui ment et se dément est une université qui pratique la démagogie ? Faut-il rappeler que la morale et l’éthique participent de la définition même de notre Communauté ?

 

Nous sommes perturbés par le silence complice des consciences de notre Université pourtant si promptes à jouer les intellectuels indignés hors nos murs ? Faut-il rappeler que la Communauté universitaire est dépositaire et surtout garante de leur légitimité ? Faut-il rappeler qu’on ne peut s’engager hors nos murs et se dégager en nos murs sur la même question sans perdre sa crédibilité ?

 

Nous sommes perturbés car nous, Communauté Universitaire, préférons ne plus être qu’être sans conscience.

17:29 Écrit par Rachid Z dans Sans-papiers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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