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29 janvier 2012

Chine : une mosquée détruite et des musulmans violentés par les autorités

Chine

Une mosquée détruite et des musulmans violentés par les autorités

Par AFP, le 29 janvier 2012

De violents affrontements ont eu lieu le week-end dernier dans le nord-ouest de la Chine entre des centaines de musulmans et les forces de l’ordre qui détruisaient une mosquée, ont annoncé lundi la police et un groupe de défenseurs des droits de l’Homme.

Si la police a rapporté ces heurts ainsi que les arrestations, elle a assuré qu’ils n’avaient fait aucun mort, tandis que le Centre d’information pour les droits de l’Homme et la démocratie, dont le siège est à Hong Kong, annonçait que deux personnes avaient été tuées.

Les violences ont commencé au début du week-end lorsque la police a envoyé des hommes détruire une mosquée dont la construction venait d’être déclarée illégale dans la localité de Taoshan, a expliqué l’organisation.

Deux personnes ont été tuées et 50 blessées lorsque la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes, a tenté de faire reculer les manifestants à coup de matraques et d’armes blanches, a rapporté dans un communiqué l’organisation, citant des habitants.

Des centaines de musulmans ont affronté un millier de policiers dans cette localité du Ningxia, région autonome chinoise qui comprend une importante population musulmane, de l’ethnie Hui notamment.

Contacté par l’AFP, un policier du comté de Hexi, qui englobe la localité, a confirmé les violences mais indiqué que personne n’était décédé.

Une émeute a eu lieu samedi après-midi lorsque la mosquée a été détruite, a-t-il dit, deux policiers et deux manifestants ont été blessés.

Plusieurs manifestants ont été arrêtés, mais j’ignore combien, a-t-il ajouté.

Il y a eu des affrontements et plus de 100 personnes ont disparu, a déclaré à l’AFP un habitant, selon lequel de nombreux manifestants ont été blessés par les canons à eau à haute pression utilisés par les forces de l’ordre pour disperser ceux qui s'opposaient à la destruction de la mosquée.

Maintenant je ne peux plus joindre personne, a ajouté Jin Haitao qui s’exprimait depuis la province du Hebei, près de Pékin, après avoir eu les informations sur les heurts par téléphone puisqu’il ne se trouvait pas alors à Taoshan.

Jin a précisé que la mosquée avait été construite en 1987 et rénovée l’an dernier.

Les autorités doivent avaliser en Chine toute construction de lieu de culte, alors que les activités religieuses sont contrôlées de près par le régime communiste.

Selon le Centre d’information, des membres de la communauté musulmane de la région du Ningxia ainsi que de la province voisine du Gansu avaient donné des fonds pour l’édification de la mosquée de Taoshan.

Dans ces régions et au Xinjiang voisin, de nombreux musulmans se plaignent de la répression de leur libertés religieuses et culturelles et des violences sporadiques ont lieu.

16:15 Écrit par Rachid Z Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Les parlementaires musulmans disent non à l'abolition du BLS

Les parlementaires musulmans disent non à l'abolition du BLS

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Le Mauricien, le 29 janvier 2012

Les intervenants qui se sont exprimés sur ce sujet, au Centre Idrice Goomany, ont d'emblée reconnu la sensibilité de la question. Celle-ci, ont-ils dit, peut déclencher divergences et passion. Mais d'une seule voix, ils ont fait passer un message : la révision du Best Loser System ne divisera pas la communauté musulmane de Maurice.

Toutefois, la sortie du ministre du Travail, Shakeel Mohamed, contre l'ancien président de la République, Cassam Uteem et ses remarques sur l'intervention de Reza Uteem, qui représentait le MMM sur l'estrade, ont rapidement suscité la colère d'une bonne partie de l'assistance. Celle-ci, impatiente de connaître la position du Parti travailliste: représenté par le ministre Mohamed, devait bruyamment et sur le ton de la menace lui reprocher ses propos et lui demander de, "koz kozé ki bizin kozé", ou encore de présenter ses excuses. Le Maulana Haroon Assen et l'Imam Luckheea ont pu ramener le calme dans la salle, avant que Shakeel Mohamed ne reprenne la parole sans pour autant convaincre l'auditoire avec sa proposition pour "améliorer la formule du Best-Loser System de passer de 11 à 15 sièges", pour que les minorités et la communauté musulmane "gaynn plis". Une proposition rejetée d'emblée par ceux venus écouter les orateurs.

"Enn pe dir touy li, lot pe dir les li al mor."

A vendredi soir, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, selon Shakeel Mohamed, de même que le leader de l'oppositon, Paul Bérenger, avaient une position définie sur l'avenir du BLS : "Enn pe dir touy li, lot pe dir les li al mor." Mais s'agissant du rapport Carcassonne, Shakeel Mohamed a fait ressortir que dans la lettre que le Premier ministre avait envoyé à celui-ci, il lui a demandé de ne pas oublier de prendre en considération la représentation des minorités au Parlement.

De Reza Isaak, à Showkatally Soodhun, Yousouf Mohamed, Reza Uteem, Cehl Meeah, Sidick Chady, Raouf Bundhun, et les dignitaires religieux cités plus haut, ils ont tous salué la mémoire de Sir Abdool Razack Mohamed avant de se prononcer pour le maintien du Best Loser System. S'appuyant sur des faits historiques et qui ont marqué la politique de Maurice avant et après l'Indépendance, les différents intervenants ont expliqué que le BLS est "un acquis" qui garantit la représentativité des minorités du pays, dont la communauté musulmane en fait partie, au Parlement. "S'il faut retirer le Best Loser System pour décommunaliser le système électorale, dans ce cas, il faudrait décommunaliser les nominations et autres promotions. Mo aksepte lerla ki pena okenn minis musulman, me kompetan", devait déclarer Reza Isaack. Pour sa part, Sidick Chady a exprimé sa crainte que la proportionnelle ne fasse pas de place à des candidats musulmans. Pessimiste, Yousouf Mohamed pense "que l'heure est très grave ( ) Be on your guard!" Et devait dire dans le ton de la confidence: "Si Navin Ramgoolam arrive à convaincre la communauté musulmane, y compris mon fils mo leker pou kase." Le BLS, dit-il, profite aussi à la communauté créole et permet aux minorités d'avoir recours à leurs députés élus par ce système quand elles se sentent lésées. De "pa tous nou BLS", prononcé par Raouf Bundhun à l'assurance que le "MSM dan parlman pa pou le ki anlev BLS" donnée par Showkatally Soodhun, à l'affirmation de Reza Uteem sur la position du MMM "ki depi 85 pe konbat pou ki reform elektoral amen plis demokrasi ( ) pa bisin tous BLS pou fer proporsionel", à la requête de Cehl Meah qui somme aux politiques "de ne pas trahir Sir Abdool Razack Mohamed" tous, à leur façon, ont plaidé pour le maintien du Best Loser System pour garantir l'équilibre au Parlement.

28 janvier 2012

Mariah Carey comme solution au chômage au Maroc

Mariah Carey comme solution au chômage au Maroc

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Oumma.com, le 28 janvier 2012

Le site marocain indépendant Demain online ironise sur la présence de la chanteuse Mariah Carey au festival Mawazine à Rabat ! "Hourra ! et Youppie ! Le Maroc avance à pas de géant dans la démesure. Alors que des diplômés chômeurs s’immolent par le feu dans la capitale du royaume, que d’autres menacent de faire pareil un peu partout au Maroc, et que la situation économique risque de déraper d’un moment à un autre, le régime a trouvé la parade. Il nous sort les confettis et les paillettes. C’est officiel, le festival Mawazine, créature de Mohamed Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi, a invité cette année la chanteuse américaine Mariah Carey."

L'article de Thami Afailal s'interroge sur le montant du cachet de la star internationale:  "On ne sait pas combien de millions d’euros touchera Mariah Carey, mais elle est plus chère qu’Elton John ou même Shakira, qui sont passés par là. Selon les câbles américains révélés par Wikileaks, Mariah Carey a reçu 1 million de dollars pour avoir interprété quatre petites chansons devant les Kadhafi pour le Nouvel an 2010. Voilà qui va mettre du baume au coeur des diplômés chômeurs qui viennent de perdre l’un des leurs".

27 janvier 2012

La Ville de Bruxelles, en contradiction avec la Communauté Internationale sur le Sahara ?

La Ville de Bruxelles, en contradiction avec la Communauté Internationale sur le Sahara ?

Par Viviane (Ecolo), le 16 janvier 2012

Quelques jours avant sa fermeture définitive, le Cinéma Arenberg diffusait le 25 novembre dernier  et à l’occasion de la fête nationale du Maroc, le film du réalisateur Hassan El Bouharrouti, «La marche verte, le retour des branches à la racine».

Pour rappel, «La Marche verte» fait allusion à l’annexion forcée  du Sahara occidental. Le 5 novembre 1975, le roi Hassan II organisait une marche de près de 500.000 marocains pour coloniser cette partie du désert.

Les écologistes de la Ville de Bruxelles s’étonnent du soutien de la cellule «Solidarité Internationale» de la Ville. «Nous ne remettons bien évidemment pas en question la liberté d’expression de chacun mais, ici, on peut s’étonner d’un soutien public et financier de la Ville, en contradiction à la position officielle de notre pays et de nombreuses résolutions des Nations Unies qui insistent pour une autodétermination du peuple Sahraoui», souligne la Conseillère communale Zoubida Jellab.

Le film diffusé défend clairement la thèse que le Sahara Occidental est un territoire appartenant au Maroc.

Selon Human Rights Watch et Amnesty International, le Maroc n’hésite pas à torturer et emprisonner ses propres citoyens dès qu’ils soulèvent la question de l’appartenance du Sahara Occidental.

Lors du Conseil Communal de ce lundi 16 janvier, Ecolo fera part de ses interrogations sur le sujet et, plus largement, sur les objectifs et les budgets utilisés par cette cellule «Solidarité International».

Henri Goldman : Le rejet français de l'islam

Henri Goldman

Le rejet français de l'islam

Je me permets de vous signaler la parution de mon essai "Le rejet français de l'islam" aux Presses universitaires de France (avec un avant-propos de Francis Martens). Il tombe à pic : le débat sur la laïcité s'est invité dans la campagne présidentielle française et l'heure est plutôt à la surenchère. Dans un tel climat, ce petit ouvrage peut faire office d'antidote.

À noter, pour les lecteurs belges, que j'assume dans cet essai mon état de "francophone périphérique" et le lieu d'où je parle en procédant à de fréquents allers-retours entre la France et la Belgique. Ce détour me semblait s'imposer tant une certaine "laïcité à la française" fascine une fraction influente de l'opinion dite laïque en Belgique francophone.

Si vous aviez la possibilité de diffuser cette information, d'y faire écho ou de me donner l'occasion de présenter cet ouvrage devant différents publics ou dans différents médias, ça me rendrait grand service.

Voici les références de l'ouvrage – http://www.puf.com/wiki/Autres_Collections:Le_rejet_français_de_l'islam   – qui peut être commandé dans toutes les bonnes librairies.

Marie Laforêt condamnée pour discrimination

Marie Laforêt condamnée pour discrimination

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France Soir, le 26 janvier 2012

Marie Laforêt cherchait un service de nettoyage mais stipulait dans son annonce que les "musulmans orthodoxes" pouvaient "s'abstenir". La chanteuse a été condamnée par la justice.

L’annonce publiée sur le site Lememo-nettoyage.com disait : «Deux heures chaque lundi, mercredi, vendredi ou samedi. Petit chien (chihuahua) : allergique ou musulman orthodoxe s’abstenir». Le mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples a porté plainte. Et il a obtenu gain de cause : Marie Laforêt, 72 ans, identifiée comme l’auteur du texte, a été condamnée à 500 euros d’amende avec sursis pour discrimination.

Aucune intention raciste

L’interprète de Mon Amour et d'Ivan, Boris et moi devra par ailleurs verser un euro de dommages et intérêts au Mrap. Pour sa défense, l’avocat de la chanteuse a expliqué que sa cliente n’avait «aucune intention raciste» en publiant cette annonce visant à trouver un service de nettoyage pour un appartement situé dans le IIe arrondissement de Paris. Pour preuve de la bonne foi de sa cliente, il a souligné que son fils s’appelle Jean Mehdi Abraham et que «sa femme de ménage depuis 25 ans s’appelle Fatima». En réalité, selon Me David Koubbi, Marie Laforêt «connaît le statut du chien dans l’islam». Elle sait que «le chien est impur dans l’islam quand il est pratiqué de manière orthodoxe».

Mais la 17e chambre a considéré, ce jeudi, que «quels que soient les mobiles qui aient pu animer la prévenue, la formulation explicite (...) établit la volonté qui était la sienne de ne pas embaucher les personnes concernées, étant observé qu'il lui suffisait de mentionner dans son annonce la présence à son domicile d'un chien pour que les candidats à son offre d'emploi ne tolérant pas cet animal, pour des raisons de santé, religieuses ou autres, renoncent d'eux-mêmes et en toute liberté à postuler, sans qu'il soit aucunement nécessaire de leur signifier de “s’abstenir”».

Stéphanie Pouessel : Les identités amazighes au Maroc

Stéphanie Pouessel*

Les identités amazighes au Maroc

Les Amazighs représentent près de 50% de la population marocaine

Par Le Matin DZ, le 26 janvier 2012

Dans l’introduction de son livre, Stéphanie Pouessel précise que son objectif sera "de saisir les enjeux d’une revendication qui puise sa légitimité dans "la culture", l’"identité" et la "langue".

"A partir de discours sur une culture particulière, "la culture berbère", nous retracerons l’élaboration politique et historique de cette cristallisation identitaire" et que se définir berbère dans le cadre d’un discours militant "ne peut être considéré comme une résurgence des traditions, mais bien plutôt comme une opposition au nationalisme postcolonial, trait saillant du contexte politique contemporain."

Les Berbères qui représentent 50 % de la population marocaine se répartissent entre trois grandes régions : le Rif, le Moyen-Atlas et au Sud, la région du Souss. Elles sont régies respectivement par trois groupes : le tarifit, le tamazight et le tasoussit ou tachelhit. Initiée par des intellectuels berbérophones de naissance, la revendication berbériste se diffuse maintenant dans toutes les couches de la société marocaine. Percevant le "nationalisme arabe" comme un colonialisme postcolonial, ils critiquent la nature même du pouvoir et de la Constitution de 1996 qui dans son Préambule annonce que "Le royaume du Maroc, État musulman souverain, dont la langue officielle est l’arabe, constitue une partie du Grand Maghreb arabe." Pour expliquer comment s’est progressivement mise en place l’idée de la nation marocaine "une et indivisible", arabe et érigeant la langue arabe comme "support identitaire", Stéphanie. Pouessel considère qu’il s’agit d’une réaction contre la colonisation : "Dans les villes traditionnelles comme Fès, la résistance à la pénétration étrangère, au nom des valeurs arabo-islamiques, se mue en une revendication nationaliste. S’alignant sur tous les préceptes du nationalisme arabe, la nation marocaine se voit ainsi ancrée dans l’arabité. Le nationalisme marocain concrétise l’unité de la nation arabe dans la personne du roi qui représente les fondements sacrés de la nation marocaine. L’arabisme et le salafisme sont alors réappropriés et ancrés dans le patrimoine national." (p.29)

Pour désacraliser la "culture élitiste représentée par l’arabe classique, langue du pouvoir", les Berbères ont promu la langue maternelle, darija, qui sensibilise la jeunesse marocaine. La lutte contre cette "culture" s’est manifestée aussi par : la revalorisation des populations noires marocaines (la "gnaoua’ttitude") ; la référence au mouvement kabyle qui possède "une véritable histoire de contestation politique et religieuse ; le tifmagh comme un désinvestissement de l’alphabet arabe ; une réappropriation critique de la "bibliothèque coloniale" ; le judaïsme devenu une composante positive de l’identité marocaine : "La place octroyée à la judéité dans le Maghreb contemporain est celle d’une mémoire qui se révèle à mesure que les communautés juives disparaissent. Plus la présence juive, au sens de réalité de population, s’amenuise, plus la judéité du Maroc s’impose sur le devant de la scène, dans les discours sociaux et la recherche académique ; paradoxe de l’exaltation d’une culture à mesure de sa disparition factuelle." (p.95)

De la culture à l’engagement politique

Le contenu de la revendication amazighe marocaine précisé, Stéphanie Pouessel étudie la sociologie des militants et celle du mouvement associatif berbère qui lutte pour un État démocratique et laïc au sein duquel les Marocains seraient égaux devant la loi. Le roi Mohamed VI s’est résolu à déclarer dans son discours du Trône de 2001 que le Maroc a puisé sa culture millénaire dans l’amazigh, mais il a ignoré "la dimension politique portée par le mouvement berbère : celle de la remise en cause de la Constitution marocaine, de la reconnaissance de la langue berbère dans la Constitution - donc de la détrônisation de la langue arabe - celle de la laïcité, de la démocratie ; autant de thèmes susceptibles de faire vaciller les fondements de la royauté chérifienne" (p. 131).

Tamazgha : le combat du Congrès mondial amazigh

Le projet politique de laïcité de l’État s’accompagne d’un rejet de "l’orthodoxie musulmane et des courants islamistes qui imposent le côté législatif de la religion". Pour des raisons liées à son histoire millénaire, le peuple marocain possède une identité collective qui n’exclut pas les mouvements d’autonomie régionale qui s’effectuent à l’intérieur de ce cadre, en particulier dans le Rif et le Grand Souss. Allant plus loin, le journal Le Monde Amazigh développe et diffuse autour de Rachid Raha, un projet qui "propose une gestion autonome de neuf régions suivant la langue, l’économie et l’histoire." S’inspirant des modèles allemand, suisse et espagnol, Rachid Raha n’appelle pas au séparatisme, mais à l’autonomie.

Le Mouvement d’autonomie de la Kabylie (MAK) de Ferhat Mehenni qui se dit kabyle avant d’être amazigh s’inscrit complètement dans ce mouvement fédéraliste qui englobe l’ensemble des composantes berbères nationales et des différentes diasporas dans un projet transnational porté par le Congrès mondial amazigh (CMA). Fondé à Saint Rome de Dolan dans le Sud de la France en 1995, le CMA a été dirigé par Mabrouk Ferkal, par Rachid Raha au IIe congrès de Lyon puis par Lounès Belkacem au Ille congrès tenu dans la banlieue lilloise en 2002. Au IVe congrès de 2005, tenu à Nador, il devait déclarer : "Nous revendiquons simplement le droit d’exister avec tous nos droits individuels et collectifs en tant que peuple. Notre pays est Tamazgha ; notre histoire millénaire ; notre culture a valeur universelle ; notre projet est démocratique et laïque, pacifique pour notre peuple. Notre espace régional n’est pas le Moyen-Orient, mais la Méditerranée occidentale."

Au final, la conclusion de Stéphanie Pouessel est optimiste, car bien que des mésententes transnationales et nationales entachant l’idée d’une unité berbère se soient manifestées autour du lieu de la tenue du Ve Congrès Mondial amazigh, tenu malgré tout à Meknès, elle estime que la conception d’une "nation amazighe" transnationale et autochtone s’est affirmée. Dans ce livre bien construit qui s’appuie sur une documentation considérable, S. Pouessel a bien montré la mutation du mouvement culturel, premier en un mouvement politique fondé sur la laïcité, la démocratie, le rejet de l’islamisme institutionnalisé et du "colonialisme arabe postcolonial". La marche des peuples berbères d’Afrique du Nord qui s’est longtemps manifestée de façon discontinue a fini par s’unifier dans le Congrès mondial amazigh qui préconise la formation de Tamazgha et d’un Occident méditerranéen. Le tsunami qui a ébranlé les pays arabes s’est traduit en Libye par la formation d’un Comité national amazigh, première pierre de la fondation de Tamazgha. La seconde pierre a été posée par le Gouvernement provisoire de la Kabylie (GPK) qui a organisé le Yennayer dans une salle de l’Assemblée nationale, ce qui le consacre comme un interlocuteur valable de la France, de l’Europe et de l’ONU. La marche sera difficile, car tout sera fait pour que les chefs d’État s’appuient sur les forces islamistes pour contrarier le projet berbère, et cela particulièrement de la part de l’État algérien qui s’emploie à mener une guerre multiforme des deux côtés de la Méditerranée, contre les organisations amazighes et en particulier contre les Kabyles et ceux qui les soutiennent, parce qu’ils sont en train de renouer les fils avec l’Étoile Nord-Africaine, dont les militants et l’encadrement étaient majoritairement des Kabyles et que son programme correspond dans un contexte nouveau à celui du Congrès mondial amazigh. N'est-il pas le temps pour tous les hommes épris de liberté, de justice et de fraternité de soutenir de façon concrète le combat des Amazighes dans tous les pays de l'Afrique du Nord ?

Note

*Stéphanie Pouessel, docteure en anthropologie, diplômée de l'EHESS, est aujourd'hui chercheuse à l'institut de Recherche sur le Maghreb contemporain de Tunis.

26 janvier 2012

Liberté de la presse au Maghreb

Liberté de la presse au Maghreb

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Muslim Pride sans Muslims

Muslim Pride sans Muslims

Par Jamel El Hamri et Mourad Boudabbouz, le 26 Janvier 2012

Nous, citoyens français de confession musulmane, fondateurs du mouvement Muslim Pride aux côtés de Raphaël Liogier, avons décidé de nous désolidariser de cette initiative.

Nous nous sommes investis dans la construction de ce mouvement avec le sociologue depuis avril 2011, afin de densifier la réflexion et de planifier l'organisation de la Muslim Pride. C’est ainsi que de nombreux militants associatifs de confession musulmane ont été sollicités tout au long de l’été afin de les associer à la dynamique qui commençait à prendre forme.

La Muslim Pride consistait en la création d’un mouvement social à travers deux axes principaux : permettre aux citoyens musulmans de retrouver la fierté d’appartenance à leur religion et permettre aux citoyens non musulmans de mieux comprendre l’islam et ses fidèles, loin des représentations biaisées et idéologiques qui participent d’une islamophobie généralisée et ô combien dangereuse pour nos sociétés plurielles.

En dépit de l’apparition de certaines divergences quant à la finalité du mouvement, nous nous réjouissions de l'arrivée, au cours du mois de septembre 2011, de plusieurs étudiants de Raphaël Liogier inscrits au Master Sciences-Po d’Aix, dans lequel ce dernier enseigne. Cet apport entrait, pensions-nous, dans une démarche de recherche scientifique avec en ligne de mire la participation de l’équipe Muslim Pride au Festival co-organisé avec l'Institut des cultures de l'islam prévu courant 2012.

Plusieurs réunions se sont tenues avec Raphaël Liogier afin de déterminer les modalités du lancement de la Muslim Pride sur les réseaux sociaux, la création du site Web ou encore le clip de présentation de la Muslim Pride. Alors que nous étions convaincus que ces points étaient actés, nous découvrions fortuitement sur Facebook, la création d'une association dénommée Muslim Pride. Une association née de la volonté des étudiants d'Aix-en-Provence et de leur professeur, alors qu'il avait été expressément convenu qu'aucune structure associative ne devait voir le jour.

Un des membres de l’équipe fondatrice était pourtant entré en contact avec les étudiants pour déterminer les conditions de notre participation au Festival organisé à l’ICI, mais aucun mot sur le contenu dudit événement déjà ficelé, aux allures orientalistes (ex. : "islam moderne") et que ces derniers ont officialisé sur une page Facebook, créée au nom de Muslim Pride. Une fois de plus, aucun d'entre nous n'a été consulté au préalable.

Aussi, face au non-respect des engagements au sujet de la création de l'association Muslim Pride, face au manque manifeste de transparence, face au caractère très orientaliste du festival Muslim Pride, face à ce qui ressemble fort à du paternalisme et enfin face à la désagréable impression d’avoir servi de «musulmans de service» exclus de la définition de la substance même de ce mouvement, la décision a été prise de quitter le mouvement .

Feu le grand penseur algérien Malek Bennabi disait déjà de son temps à propos des musulmans : «Nous vivons des choses qui ne sont que des thèmes de réflexion pour les autres…»

Signataires :

Malika Kaf, Jihane Fassi, Rafik Majeri, Karim Mihoub, Nadia Moussa, Amale Lazzouni, Nadia Lazzouni, Mustapha Bahman, Mohamed Ben Jelloun, Mathilde Lebreton, Redouane Bouchane, Jamel El Hamri, Mourad Boudabbouz.

Le ministre marocain des Affaires étrangères à Alger pour resserrer les liens

Le ministre marocain des Affaires étrangères à Alger pour resserrer les liens

Par Béatrice KHADIGE, le 23 janvier 2012

Le nouveau chef de la diplomatie marocaine Saad Eddine Othmani a fait état lundi, à son arrivée à Alger pour sa première visite à l'étranger, d'une "volonté commune" d'"insuffler une nouvelle dynamique" aux relations algéro-marocaines.

M. Othmani, un des principaux dirigeants du parti islamiste modéré Justice et Développement (PJD), vainqueur des législatives de l'an dernier, a été accueilli à sa descente d'avion à l'aéroport Houari Boumediene, en provenance du Caire, par son homologue Mourad Medelci.

M. Medelci, lui-même en visite à Rabat le 16 novembre, l'a conforté en insistant sur cette "volonté" de renforcer les liens des deux pays.

"Tous les facteurs plaident en faveur d'une ouverture des relations" bilatérales "année après année" et dans tous les domaines notamment économiques, a-t-il estimé, cité par l'agence APS.

Les deux hommes étaient ensemble au Caire pour une réunion de la Ligue arabe sur la Syrie et qui a permis, selon M. Othmani, un début de concertation entre les cinq pays de l'Union du Magreb arabe (UMA).

Il s'agit de la première visite d'un ministre marocain des Affaires étrangères en Algérie depuis celle, en juin 2003, de Mohamed Bénaïssa qui justement devait relancer le "processus d'édification" du Maghreb, qui comprend outre ces deux pays, la Mauritanie, la Tunisie et la Libye qui préside actuellement l'organisation.

"Nous sommes aujourd'hui conscients que des mutations sont survenues dans certains pays de l'UMA, des changements à même de nous offrir une meilleure opportunité d'aplanir les entraves à la complémentarité et à l'intégration maghrébine", a dit M. Othmani, rejoignant par ses propos ceux tenus la veille à Alger par le ministre délégué algérien aux Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.

M. Othmani sera reçu mardi matin par le président Abdelaziz Bouteflika et restera deux jours à Alger à l'invitation de M. Medelci.

Tout ne sera pas réglé maintenant à Alger

"Nous ne pourrons pas tout trancher lors de cette visite ni discuter de tous les programmes", a-t-il toutefois reconnu, ajoutant qu'il s'agit "du début d'un processus de consultations".

Parmi les problèmes qui ont entravé l'action de l'UMA et les liens algéro-marocains, la question du Sahara Occidental, ex-colonie espagnole occupée en 1975 par Rabat comme partie intégrante de son territoire alors qu'Alger soutient le front indépendantiste sahraoui Polisario. L'Onu mène actuellement des négociations pour parvenir à une solution internationale.

Pour l'heure, les points de vue restent opposés: Rabat offre une large autonomie au Sahara Occidental sous sa souveraineté. Le Polisario veut un référendum international pour permettre aux Sahraouis de choisir la meilleure solution.

Abdelaziz Rahabi, ancien ministre algérien de la Communication et diplomate, rappelle toutefois lundi au quotidien El-Watan, que le problème du Sahara est antérieur à l'UMA, créée en 1989. Selon lui, les Marocains jugent aujourd'hui comme ils l'avaient fait initialement que de "bonnes relations" avec Alger "pourraient servir de catalyseur au règlement de la question sahraouie".

Les autres dossiers en suspens concernent "l'indemnisation des Algériens chassés du Maroc", après la décision d'Alger de fermer sa frontière en 1994 en réponse à l'instauration par Rabat du régime des visas. Le Maroc avait mis en cause le renseignement militaire algérien dans un attentat meurtrier à Marrakech.

A l'appel marocain à une réouverture de cette frontière, M. Messahel a rétorqué dimanche qu'elle s'ouvrira "bien un jour".

Il y a aussi, comme le relève lundi l'éditorial du journal francophone Liberté, "le trafic de drogue qui empoisonne aujourd'hui la société algérienne", avec plus de 300.000 consommateurs, en référence aux tonnes de cannabis marocain régulièrement saisies en Algérie.

Enfin, la dégradation de la sécurité dans le Sahel depuis le début le conflit libyen inquiète Alger qui veut d'ailleurs en parler à la prochaine réunion de l'UMA, "probablement" le 17 février à Rabat, selon M. Messahel.

Festival du film de Tanger

Festival du film de Tanger

Edgar Morin, une leçon de vie et de cinéma

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Propos recueillis par Modou Mamoune FAYE, le 16 Janvier 2012

Le cinéma est le pôle du réel, de l'imaginaire et de la fantaisie, selon Edgar Morin. Ce philosophe, sociologue et écrivain français de près de 91 ans (il est né le 8 juillet 1921 à Paris sous le nom de Edgar Nahoum), garde toute la pertinence de ses réflexions, malgré son âge avancé. Vendredi dernier, dans une salle de l'hôtel Rif remplie de monde, il a fait un brillant exposé intitulé «Du cinéma», dans le cadre du 13ème Festival national du film de Tanger.

Faisant la genèse du septième art depuis son invention par les frères Lumière en 1895, le philosophe, sociologue et écrivain français, Edgar Morin, a évoqué les grandes époques qui ont marqué le cinéma, particulièrement la comédie incarnée par un certain Charlie Chaplin. C'était la période du muet, dans les années 1910 à 1930, avec des chefs d'œuvre comme «Métropolis» de l'Autrichien Fritz Lang, un film expressionniste réalisé en 1927. A l'époque, les projections étaient accompagnées d'une musique jouée par un orchestre ou un simple piano, pour ajouter un peu d'ambiance aux scènes muettes. «L'avènement du cinéma parlant a inventé le silence dans les films. Le cinéma devient, ainsi, quelque chose de polyphonique. On assiste à l'apparition des stars, des nouveaux héros séducteurs et des femmes fatales», explique Edgar Morin.

Avec le cinéma parlant, les stars vont «s'humaniser» et acquérir une dimension qui permettra au public de s'identifier à ces héros du 20ème siècle. Ce culte et ce mystère qui entourent les stars vont vite révéler leur fragilité, en dépit des apparences souvent trompeuses, d'un bonheur dans lequel ils semblent vivre. Le suicide de Marilyn Monroe, le 5 août 1962, en est une parfaite illustration, rappelle Edgar Morin. La disparition de la célèbre comédienne américaine va ébranler bien des certitudes et fait, quelque peu, craqueler le vernis de mystère qui entoure les «dieux du cinéma» devenus, du coup, de simples mortels.

Entre stéréotypes et archétypes

L'usine de rêves qu'est Hollywood n'en continue pas moins d'étendre ses tentacules et de susciter des vocations à travers le monde. Ses westerns, ses thrillers et ses aventures à l'eau de rose vont faire du septième art une véritable industrie avec des retombées commerciales qui se chiffrent à des millions de dollars. Le cinéma, en se développant, crée, aussi, des métiers annexes : décorateurs, scénaristes, monteurs, accessoiristes, musiciens et divers autres techniciens. «Le cinéma, à la fois, art et industrie, demande, de plus en en plus, de production, de création et d'imagination. Parfois, malheureusement, la production a tendance à tuer la création», déplore Edgar Morin. Ainsi, il y a un conflit permanent entre la recherche de la rentabilité et le souci de la création artistique. Ce phénomène fait que «les stéréotypes deviennent, parfois, des archétypes», explique-t-il. Le cinéma a mis du temps avant d'être reconnu comme un art à part entière. Pendant longtemps, les intellectuels l'avaient relégué au rang de divertissement sans grande importance, destiné à ceux qu'on appelait le «bas-peuple». L'écrivain et académicien français, Georges Duhamel, disait même que le cinéma contribuait à abrutir les masses. Un autre penseur, le philosophe américain d'origine allemande, Herbert Marcuse, était plus incisif et méprisant dans ses critiques, car voyant le cinéma comme une «sous culture, un instrument d'aliénation». Par contre, des intellectuels surréalistes, comme l'écrivain français, André Breton, en véritables visionnaires, avaient découvert, avant les autres, l'intérêt du cinéma pour la société moderne.

Emergence de nouvelles tendances

Le milieu du 20ème siècle a vu apparaître les premiers critiques de cinéma, les salles art et essai et les cinémathèques. L'un des premiers critiques, le Français André Bazin, a, ainsi, joué un rôle crucial dans le développement de cet art naissant. D'ailleurs, il fait partie des fondateurs des Cahiers du cinéma, en 1951 et de la revue Radio cinéma télévision, devenue Télérama. Les années 1960, selon Edgar Morin, ont été marquées par la décadence de l'empire Hollywood qui, paradoxalement, n'a pas entraîné la mort du cinéma. Au contraire, on assiste à l'émergence de nouvelles tendances incarnées par des noms, comme Francis Ford Coppola ou Martin Scorsese, qui vont imprimer une nouvelle dynamique au septième art, avec une pluralité dans la création.

En France, la Nouvelle vague, à la fin des années 1950, permet à de jeunes réalisateurs, comme François Truffaut, Agnès Varda et Jean-Luc Godard, de faire des films avec peu de moyens, dans la rue ou dans l'intimité des maisons, loin des décors de studios. «Cela a entraîné une plus grande liberté des créateurs», analyse Edgar Morin. Cette tendance entraîne, également, l'épanouissement d'un art, avec ses singularités, à l'image des Japonais et des Grecs qui inventent un cinéma original.

Selon Edgar Morin, le cinéma, comme tout grand art, influe sur la vie, les comportements et joue un rôle quand il consolide des croyances déjà ancrées. «L'être humain est très complexe et le cinéma nous le révèle. En regardant un film, nous cessons d'être xénophobes, sexistes, ce qui n'est pas le cas dans la réalité. Le cinéma nous aide à mieux comprendre notre moi. Il constitue une sorte de dédoublement de notre mémoire, un peu comme le mythe du mémoire qui nous renvoie notre image virtuelle», explique-t-il. En délaissant, de plus en plus, le «happy end» (la fin heureuse), le cinéma ne faisait que refléter la crise culturelle et économique de la fin des années 1960 qui révélait les failles de la civilisation occidentale. Il y a eu comme un effondrement de la mythologie du bonheur. Cependant, le cinéma traduit bien cette réalité semi-imaginaire de l'humain dont parlait l'écrivain russe, Maxime Gorki.

«On ne peut pas vivre sans rêves, sans imaginaire, sans fantasmes. Aujourd'hui, dans les œuvres cinématographiques, la promesse du bonheur est remplacée par la problématisation du bonheur», affirme Edgar Morin. Selon lui, les grands films sont problématisant (posent les problèmes), tandis que les autres sont euphorisants (essaient de masquer ces mêmes problèmes).

Le sociologue français fait une nette distinction entre un cinéphage qui consomme tout ce qui lui tombe sous les yeux et un cinéphile qui est plus sélectif, plus raffiné dans ses choix filmiques. Et en dépit de la crise et de toutes les menaces qui planent sur le secteur, il demeure optimiste pour le cinéma qui a un «avenir extraordinaire» devant lui, avec des «possibilités inouïes».

Il demande juste au public de profiter de tous les cinémas, car cela favorise la compréhension mutuelle entre les peuples et les nations. La culture cinématographique, contrairement à ce que disent certains, n'est nullement en péril, estime Edgar Morin.

10:52 Écrit par Rachid Z dans Cultures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Jean Baubérot : Une laïcité méconnue, mais brandie par tous en étendard

Jean Baubérot

Une laïcité méconnue, mais brandie par tous en étendard

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Par Annick BENOIST, le 26 janvier 2012

Plus célèbre que connue, la loi de 1905, invoquée de façon incantatoire par les politiques, est volontiers manipulée et déformée à des fins partisanes, selon Jean Baubérot, qui publie "La Laïcité falsifiée", sujet revenu au premier plan de la campagne présidentielle.

Ce professeur émérite de la chaire "histoire et sociologie de la laïcité" à l'Ecole pratique des Hautes Etudes évoque ces "escamotages" dans un entretien à l'AFP.

"L'évolution de l'emploi du terme 'laïcité' au cours des dix dernières années a abouti à réduire la laïcité à des problèmes de neutralité. Et la manière dont on traite de la neutralité est de plus en plus éloignée de la loi de séparation de 1905" de séparation des Eglises et de l'Etat.

Or, dit-il, "cette loi, vraiment équilibrée, instaure une laïcité qui est la même pour tous. Elle fait les mêmes peines pour les atteintes à la liberté religieuse et à la liberté de convictions non religieuses. C'est une laïcité qui est incompatible avec la stigmatisation des immigrés".

"Inscrire dans la Constitution la loi de 1905 serait à mes yeux un progrès, parce qu'on cesserait alors de penser uniquement à l'Islam quand on parle de laïcité", poursuit-il en allusion à la récente proposition du candidat socialiste François Hollande. "Mais cela reviendrait à briser la loi du silence sur le statut concordataire en vigueur en Alsace-Moselle", prévient-il.

Pour Jean Baubérot, la "mutation" de la loi a commencé en 2003, quand a surgi le concept d'une "nouvelle laïcité, culturelle et identitaire, qui ne serait pas acceptée par une partie des immigrés, notamment des musulmans".

De gauche à droite

"La laïcité, considérée comme une valeur de gauche, a alors glissé vers la droite où il a été dit que jusqu'à un certain point elle était 'incompatible' avec les Droits de l'Homme".

"A force de parler de communautarisme et d'intégrisme, sans en définir les termes, on a permis que le Front National s'empare de ce sujet, comme l'a fait Marine Le Pen avec 'l'occupation' par les musulmans 'de pans du territoire soumis à la loi religieuse'. Un habile tour de passe-passe".

Une logique de "laïcité culturelle et identitaire" qui a, selon lui, été "reprise par d'autres comme Jean-François Copé et la droite populaire".

En avril dernier, le débat de l'UMP que Jean-François Copé voulait lancer sur l'Islam dans la république, a suscité des remous, y compris au sein de son parti, relève Jean Baubérot.

"Mais cela montre bien que la 'laïcité' était utilisée comme un mot-leurre, un masque et que sa véritable intention était de faire un débat sur l'islam et la République. Une partie de la droite a refusé d'abonder dans le débat, comprenant qu'il y avait, là aussi, un tour de passe-passe".

Interrogé sur la proposition de loi adoptée au Sénat, majoritairement à gauche, sur le principe de laïcité dans les crèches, centres de loisirs et pour les assistantes maternelles, Jean Baubérot se dit "très étonné".

"On a l'impression d'une certaine improvisation. Elle me semble aller contre les équilibres de la loi de 1905, en stigmatisant le port du simple foulard à domicile, plus que tout autre signe religieux et alors qu'on peut soumettre un un enfant à n'importe quelle ânerie à la télévision".

"La loi permettrait, dans un gouvernement autoritaire une intrusion policière au domicile, ce que ne veulent pas les auteurs de la loi. Reste qu'ils ne seront peut-être pas toujours au pouvoir et que leur loi pourrait être appliquée de manière liberticide."

La laïcité falsifiée. Editions La Découverte. Paru en janvier

L'associatif de la seconde génération marocaine est malade de "pseudo pouvoir"

L'associatif de la seconde génération marocaine est malade de "pseudo pouvoir"

Par Khalil Zeguendi, le 24 janvier 2012

Que cela soit au niveau de l'Exécutif des Musulmans de Belgique ou en ce qui concerne la gestion des mosquées ou des très nombreuses associations agissant en milieu socio-cu...marocain, la bagarre que se livrent les cadres et les intervenants, pour occuper le devant de la scène et s'accaparer le "pouvoir", au sein des structures formant ce tissu, tourne au jeu de massacre.

Commençons par l'organe chef de culte islamique: depuis sa sortie publique fin 1998, cet organe, sensé s'exprimer au nom des Musulmans et gérer leurs affaires, liées au temporel du culte, a passé le plus clair de son temps à vivre des "coups d'Etat", des Putschs et des complots en tous genres.

Cette situation, en permanence conflictuelle a conduit au gel effectif des actions et des activités devant être menées par cet organe au profit des Musulmans qui l'avaient élu, massivement, en 1998.

Aucun président n'a achevé son mandat "normal" à la tête de cet exécutif. Tous ont été "vidés" par leurs adversaires, suite à des coups tordus et des magouilles sans nom.

Les politiques belges n'ont pas aidé à ramener la sérénité indispensable au sein de cet organe et certains, comme Onkelinckx, ont tout simplement salopé le fonctionnement de l'Exécutif des Musulmans, en débarquant leurs adversaires et mis en selle leurs amis. En 2005, bafouant totalement l'indépendance de cet Exécutif, Laurette Onkelinckx, provoqua des élections anticipées, dans le but de soutenir le clan qui lui était favorable.

Hassan Boucetta, aujourd'hui sénateur PS, a joué à cette occasion un sale rôle, en acceptant de prendre en charge, à la demande de la même Onkelinckx, l'organisation de ces élections, voulues par le politique, en totale infraction avec la nécessaire neutralité que se doit d'observer le pouvoir politique, vis à vis du fonctionnement des instances ayant à gérer le temporel du culte.

Le fonctionnement des instances dirigeant les mosquées est tout, sauf démocratique.

A ce niveau, les magouilles et les manœuvres putschistes, règnent en maîtresses.

Au niveau associatif, là où des jeunes de seconde génération ont pris pied, rien ne fonctionne selon les règles élémentaires de la démocratie et du respect du pluralisme.

En 2004, Boucetta, toujours lui, contribue avec ses "amis" à sortir de l'EMIM" Mémorial de l'Immigration marocaine", ceux qui avaient pris l'initiative de fonder cette association.

Pour rappel, l'EMIM a été créée, par un groupe de jeunes, menés par Mohamed Boukourna, pour célébrer les 40 ans de présence marocaine en Belgique.

La bataille des associatifs et des Politiques Marocains de Belgique, pour l'appropriation des cérémonies de commémoration des Marocains morts en 1940, lors de la bataille de Gembloux, continue de faire rage, depuis que Rachida Attar, a déterré cette tranche de l'histoire, en consacrant son mémoire à ce fait historique.

Ikazbane, Laanan et d'autres politiques tentent de récupérer cet événement, pour en faire un fonds de commerce électoral. Cette année, année électorale, ils y seront tous pour faire semblant de commémorer les morts de Gembloux, tombés pour vaincre le nazisme.

Faut-il encore relater les faits d'armes de Radouane Bouhlal et de la pléthore de magouilleurs qui l'ont porté aux nues, avant de le lâcher comme un malpropre ?

Ceux qui comme moi, avions misé sur cette relève, instruite et intelligente, en sont pour leurs frais.

Ce à quoi l'on assiste aujourd'hui, s'agissant de cette relève, est affligeant.

Et quoi que formés au niveau scolaire, la plupart des jeunes cadres de seconde génération marocaine, reproduisent aujourd'hui, le système de fonctionnement qu'ils ont connu et acquis au sein de leurs familles.

Un système marqué par l'absence de relations démocratiques et de tolérance.

Un système qui les a souvent privés de l'épanouissement matériel et éducatif et qui les pousse aujourd'hui, à "rattraper le temps perdu", en cherchant le profit vénal, rapide et souvent non conforme à l'éthique et à la morale.

25 janvier 2012

Liam Neeson aimerait se convertir à l'islam

Liam Neeson aimerait se convertir à l'islam

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7sur7, le 25 janvier 2012

L'acteur irlandais est très croyant. Il a indiqué au Journal The Sun qu'il pourrait délaisser sa foi catholique pour l'islam. A 59 ans, l'artiste a déclaré que les prières islamiques avaient "touché son esprit" lors de son tournage à Istanbul, en Turquie.

"L'appel à la prière se fait cinq fois par jour et, les première semaines, cela vous rend fou et après cela touche votre esprit. C'est la plus belle chose qui soit!", explique-t-il au journal britannique. Il continue: "Il y a 4.000 mosquées dans la ville. Certaines sont vraiment magnifiques et cela me fait vraiment penser à devenir musulman."

L'acteur, élevé dans la foi catholique en Irlande, explique qu'il remet toujours en question le sens de sa vie et ses croyances: "Je lis constamment des livres sur Dieu et l'absence de Dieu, l'athéisme."

Monica De Coninck

 Monica De Coninck

(Même conception des missions du CPAS que celle privilégiée par la présidente francophone (PS) Anne-Sylvie Mouzon de celui de la commune la plus sinistrée, socio-économiquement parlant, de Belgique : Saint-Josse !) (Rachid Z)

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Par Francis Van de Woestyne, le 25 janvier 2012

Sans doute croyez-vous qu’elle est libérale ? Raté.

Qui connaissait, au Sud du pays - et même au Nord d’ailleurs -, Monica De Coninck, la nouvelle ministre fédérale de l’Emploi ?

De la rigueur, de la créativité, de la flexibilité, mais aussi une certaine forme de sévérité : telle a été, pendant dix ans, sa ligne de conduite à la tête du CPAS d’Anvers. Avec le succès que l’on sait : une réduction du nombre de minimexés de 13000 à 4 000 en quelques années, avant il est vrai une forte remontée due à l’arrivée de nouveaux sans-papiers.

La réflexion de Mme De Coninck n’est pas celle que l’on retrouve dans certains milieux syndicaux, que la perspective d’une trop forte activation des chômeurs effraye.

La nouvelle ministre de l’Emploi part d’un constat simple : le travail est une valeur en soi. C’est grâce à l’activité professionnelle qu’un chômeur peut retrouver une réelle utilité et donc une certaine dignité. Pour elle, les services sociaux ne doivent pas se contenter de distribuer de l’argent aux chômeurs. Ils doivent surtout les accompagner dans la recherche d’un emploi. Et tout chômeur réticent - soit parce qu’il ne veut pas travailler, soit parce qu’il travaille au noir - doit être sanctionné.

Sans doute croyez-vous qu’elle est libérale ? Raté. Socialiste flamande ! Et aux chômeurs qui se cacheraient derrière la crise ou la pénurie pour refuser un travail, elle clame : il y a du travail pour tout le monde, les jeunes, les vieux et les inadaptés sociaux. Restera évidemment à le démontrer. Le pari est lancé.