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Sur les orientations et pratiques politiques des élus
08-02-2010
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Sire,

 

Par Souhail Chichah, le 08 février 2010

 

Belgo-Marocain, j'ai l'insigne honneur d'être le sujet de deux Majestés. C’est une charge lourde à porter. En effet, ma sujétion me fut souvent violement reprochée. On m'accusa notamment,  à l'exemple de tant d'autres indigènes ayant su s’(e) (dés)intégrer pour mieux gagner leur humanité, d'avoir, lors de la traditionnelle fête du trône à Rabat, baisé la Main du Roi. Sire, de grâce, n'en prenez pas ombrage, il n’en est rien !

 

Je le jure, sur le Coran par dessus la Constitution, je n’ai jamais baisé le Roi !

 

La réciproque est cependant moins vraie. Je partage cette triste condition avec des millions de Marocains. D'africains aussi, la tradition marocaine d’hospitalité n’est plus à démontrer "lorsque le criquet noir" porte couronne et comptes dorés. Je partage également les faveurs royales avec le peuple palestinien. Ainsi, au plus fort de l’ethnocide gazaoui, alors que le Venezuela expulsait l’ambassadeur d’Israël, le Maroc fermait son Ambassade à Caracas…. Plus récemment, alors que  l’ex-ministre Tzipi Levni annulait in extremis un déplacement aux Royaume-Unis en raison d’un mandat d'arrêt pour crimes de guerre, la dame de fer sioniste expliquait combien elle était «fière de toutes les décisions prises lors de l'“opération Plomb durci”» en prenant des vacances bien méritées au Maroc. A l’initiative de la famille Fassi Fihri, noble lignage de collaborateurs d’entre les deux Royaumes.

 

Sire, à ce stade, vous devez vous demander dans votre grande sagesse, quelle mouche me pique pour vous distraire ainsi des dérives communautaristes qui divisent votre peuple en ethnies flamande et wallonne. Certes Sire, je ne suis pour vous et votre cour au sang bleu qu’un allochtone venu du trou du cul du monde. Justement, permettez que j’y vienne. Je viens d’apprendre que deux de vos ambassadeurs vous représentaient en ce mois de février à Tel-Aviv. A l’occasion de l’inauguration de la place Albert 1er de Belgique, en mémoire de votre aïeul qui «était semble-t-il fort intéressé par les questions relatives à la création d’un « foyer national juif » dans la région».

 

Je vous comprends Sire. Tout comme moi, vous êtes descendant d’immigrés. Vous et moi sommes enfants de Chleuhs. Entre descendants de b(a/e)rb(a/e)res, nul besoin d’expliquer les enjeux symboliques de la mémoire.

 

Et s’il plait à votre Altesse de déporter, afin d’assurer la pureté de la culture des Lumières celles et ceux qui portent en foulard l’étoile de la honte,  permettez moi de vous suggérer BHV comme «foyer national maroxellois».  Vous tueriez assurément deux (drôles d’) oiseaux avec la même pierre…

 

Enfin, Sire, permettez-moi, en toute humilité, de vous rendre hommage pour l’entetrien dans ma chaire la plus noire, de la mémoire de cette pratique royale raison première de ma présence parmi vos sujets.  Pour prix de ma rondelle, n’ayant pas les moyens de la monnaie de votre pièce, pourriez-vous, oh noble Sire, en mémoire de mes pairs exterminés par vos pères, rappeler à vos hôtes sionistes ces quelques vers de feu Mahmoud Darwich :

 

"Celui qui m'a changé en exilé m'a changé en bombe... Palestine est devenue mille corps mouvants sillonnant les rues du monde, chantant le chant de la mort, car le nouveau Christ, descendu de sa croix, porta bâton et sortit de Palestine."

 

Sire, je demeure de vos sujets le plus dominé.

08-02-2010, 19:48:20 Rachid Z
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Conférence

Islam, islamisme, mythes et réalités

Intrevenant :

Alain GRIGNARD

 

Organisation :

l'Extension de l'ULB de Wavre

Date :

Le jeudi 25 février 2010 à 20 heure

Lieu :

Maison de la Laïcité 'Irène Joliot Curie'

Rue Lambert Fortune 33, Wavre

Renseignements :

Nadine Luyten
Tél: 010 22 89 30
E-mail:
nadlu@skynet.be
http://www.ulb.ac.be/extension

 

[ndPYL Je conseille vivement à tous ceux qui sont intéressés par le sujet d'assister à cette conférence de l'islamologue Alain Grignard, par ailleurs commissaire dans une cellule antiterroriste à la police fédérale belge. D'un tout autre niveau donc que le pseudo-spécialiste et véritable expert du café du commerce Jacques Rifflet.]

08-02-2010, 16:58:55 Rachid Z
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05-02-2010
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Déclaration commune pour une politique de drogues globale et intégrée

la_consommation_de_drogue

La Liaison Antiprohibitionniste, le 04 février 2010

Le 25 janvier 2010 nous avons appris, par communiqué de presse, que pour la première fois dans l’histoire de la Belgique, les ministres et secrétaires d'État compétents de toutes les autorités du royaume ont signé une déclaration commune au sujet de la politique en matière de drogues. Un événement qui devrait permettre, à notre pays, d’entreprendre une politique drogue commune fondée sur quatre piliers : la prévention, la détection et l’intervention précoce, l’assistance y compris la réduction des risques, la répression. Bref une veille histoire réactualisée au parfum du jour.

L’annonce est celle d’une grande première, presque sous entendu une révolution, dans le paysage belge des politiques en matières de drogues. Sur le fond du discours, rien de neuf pourtant, la déclaration entérine les principes contenus dans la note gouvernementale de 2001 intitulée : «une politique globale et intégrée en matière de drogues». Nous devons nous en contenter. Il faut y voir une approche conjointe de la politique des drogues en Belgique, suggère le communiqué officiel du gouvernement. L’événement serait donc cette capacité historique, qu’ont eu les représentants des différents gouvernements, à signer un accord sur une politique globale en matière de drogues décidée il y a près de dix ans. Une avancée à la Pyrrhus.

Concrètement et dans l’immédiat pour 2010, on nous annonce d’une part la mise en place de la Cellule Générale de Politique Drogues et de ses 3 groupes de travail - cellule Contrôle, cellule Coopération Internationale et Cellule Politique de Santé (qui était la seule à fonctionner jusqu’à présent) et d’autre part le pilotage de la thématique des drogues dans le cadre de la présidence belge de l’Union européenne. «Wait and see !» Sachant que la cellule Générale doit rendre des comptes de manière annuelle au parlement, nous ne manquerons pas d’y être attentif.

Cette déclaration ne nous apprend rien de plus, hormis qu’elle vise à uniformiser les pratiques entre le nord et le sud du pays quant aux moyens à mettre en œuvre pour l’exécution de la politique fédérale drogues. Elle ne fait évidemment pas référence au test de qualité des produits (par exemple) qui selon, les coordinateurs de la Cellule Générale de Politique en matière de drogues, Brice de Ruyver et Claire Rémy font l’objet de prises de position différentes entre les ministres de la santé de la Communauté française et de la Communauté Flamande.

Cet accord nous confirme qu’il est délicat, en Belgique, d’avoir un débat sur une politique de drogues globale et intégrée au vue des impasses du prohibitionnisme au premier rang desquelles figure déjà la ligne de démarcation entre ce qui est licite et ce qui reste illicite. Bref c’est une montagne qui a accouché d’une souris : une espèce de gros mammouth au ventre mou à force de consensus creux sur base d’un fondement que nous savons scabreux. Rien de neuf sous le soleil belge : un vrai statut quo des politiques en la matière.

05-02-2010, 12:32:17 Rachid Z
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04-02-2010
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L’affaire

«Luk Vervaet»

Communiqué de presse

 

CABINET D’AVOCATS JUS COGENSMe Christophe MARCHAND et Me Dounia ALAMAT, le 03 février 2010

 

L’affaire «LUK VERVAET», professeur de néerlandais interdit de prison pour «raison d’Etat», rejugée en appel.

 

La 21ème chambre de la Cour d’Appel de Bruxelles, siégeant en référé, a rendu ce 27 janvier 2010 un arrêt qui fera date. La cour a en effet réformé la décision du tribunal de première instance en disant pour droit que «l’existence d’une compétence discrétionnaire dans le chef d’une autorité administrative n’exclut pas nécessairement celle d’un droit subjectif dans le chef des administrés, tel le droit d’obtenir le respect de l’obligation légale de motivation formelle de tout acte administratif à portée individuelle, du principe général de bonne administration ou encore du droit de ne pas être privé injustement des conditions indispensables à l’exercice de son travail.»

 

Ce faisant, la cour d’appel condamne durement l’attitude du Ministre de la Justice, qui avait pris, le 17 août 2009, la décision d’interdire l’accès aux prisons à un professeur de néerlandais dont l’état de services avait toujours été irréprochable. Cette décision arbitraire ne mentionnait pas les raisons de l’interdiction professionnelle faite à LUK VERVAET d’exercer son travail de réinsertion des détenus du royaume.

 

Consacrant pour la première fois dans l’histoire judiciaire belge le droit à ne pas être privé injustement de son travail pour «raison d’Etat», la Cour poursuit en indiquant qu’ «il n’est pas douteux (…) que l’intimé [le Ministre de la Justice] aurait dû, avant de retirer l’autorisation litigieuse, entendre préalablement l’appelant sur la décision qu’il projetait d’adopter, pour lui permettre d’exposer pourquoi la mesure envisagée ne saurait se justifier du point de vue de l’intérêt du service, dès lors que, manifestement, la décision est fondée, à tout le moins en partie, sur le comportement personnel de l’appelant et qu’elle risquait de priver l’appelant de son travail».

 

Par cet arrêt, la Cour d’Appel de Bruxelles rappelle que l’Etat de droit ne s’arrête pas aux portes des prisons. Le Ministre de la Justice, en exerçant son pouvoir dans le cadre de la politique pénitentiaire, est tenu de respecter le droit des travailleurs. Il ne suffit pas d’invoquer la «raison d’Etat», sans expliquer les raisons motivant la décision, afin d’empêcher un professeur en prison d’exercer sa profession.

 

La balle est maintenant dans le camp de l’employeur de LUK VERVAET. L’association qui l’emploie devrait maintenant, selon l’arrêt, réintroduire une demande d’accès aux prisons afin que le contrat de travail puisse être exécuté normalement.

 

Pour toute information, contactez Me Christophe MARCHAND (0486/32.22.88 ou cm@juscogens.be) ou Me Dounia ALAMAT (0470/57.59.25 ou da@juscogens.be).

04-02-2010, 11:27:06 Rachid Z
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03-02-2010
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Conférence-débat

«Vivre la Laïcité au 21ième siècle»

Le Siréas, Service International de Recherche, d’Education et d’Action sociale, vous invite à une conférence/débat sur le thème : «Vivre la Laïcité au 21ième siècle»

Le jeudi 25 février 2010 à 19h

Rue Vandenboogaerde 93

1080 Bruxelles

Intervenants :

M. Tariq RAMADAN, M. Philippe GROLLET*, M. Radouane BOUHLAL, M. Ahmed AMINIAN

Modérateur : M. Mustapha EL KAROUNI

PAF : 2,5

Personne de contact : Naïma NASSIR 02 / 537.94.52

Avec le soutien de la Communauté française

 

*Philippe Grollet : Dans son ouvrage intitulé «Laïcité : Utopie et Nécessité», ce prélat de la laïcité qui a occupé sans interruption durant 16 années (1988-2004) la présidence du CAL (Centre d’Action Laïque), ce qui d'ailleurs lui a vallu le titre de pape de la laïcité, développe sa conception de la laïcité et nous livre le regard "humaniste", très stéréotypé qu'il porte sur ces concitoyen(n)es croyant(e)s.

Je vous propose, à travers quelques échantillons de ses pensées librement examinées, de mieux cerner la "spiritualité" materialiste qui anime cet avocat... du mépris :

"La morale laïque est celle qui se fonde sur un humanisme délivré de toute référence divine, c’est une conception de vie non confessionnelle fondée sur des valeurs : on parle alors de laïcité philosophique. (…) …elle suppose l’engagement moral des individus sur des valeurs humanistes tirées de la pensée critique dégagée des dogmes et du surnaturel" (p. 5).

Une affaire de mots ?

"Évidemment, on ne peut pas non plus faire l’impasse sur le fait que l’islam génère aussi, de part le monde, un mépris de la vie humaine et que des milliers de musulmans sont éduqués dans la certitude que se faire exploser avec le plus possible de civils innocents assure l’entrée au paradis". (p. 9).

La longue marche

"Mais ces luttes ont surtout apporté une réponse pluraliste aux grands débats de société de ces dernières décennies : contraception, avortement, statut de l’enfant né hors mariage, divorce-remède, euthanasie, mariage homosexuel, protection des minorités. À cet égard, c’est bien sûr la conjonction des engagements progressistes de bords différents qui a rendu possibles ces avancées..." (p. 34).

L’impartialité de l’État ne suffit pas

"On ne peut que constater que le fondamentalisme religieux fait des émules en Égypte, en Afghanistan, au Moyen-Orient, mais aussi dans nos villes, dans des milieux islamiques" (p. 42)

Réhabilitation du plaisir

"Le paradoxe est que l’interdit bête et brutal, dont l’Église et la Mosquée ont été et resteront encore en grande partie les gardiens tartuffes, fait le lit de très graves dérives. C’est en refusant d’aborder la vie sexuelle et affective avec simplicité et franchise, et en entourant le sexe d’une chape de secret, qu’on favorise la pédophilie et les violences sexuelles" (p. 53).

La question du voile

"Bien plus encore que le christianisme, l’islam est otage du Livre. En l’occurrence, le Coran comporte un florilège de versets qui incitent à la haine et à la discrimination : haine de l’"incrédule", haine du juif et discrimination sexuelle. Heureusement les musulmans ne lisent pas tous le Coran et beaucoup de ceux qui le lisent font le tri" (p. 87).

03-02-2010, 01:29:27 Rachid Z
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02-02-2010
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Rappel

Conférence-débat

«Avenir du Rif : autonomie ou régionalisation, …»

Rif

Le Regroupement Démocratique du Rif /Agraw N’Arif, a le plaisir de vous convier à une conférence-débat sur le thème «Avenir du Rif : autonomie ou régionalisation, …»

Sujet d’actualité au Maroc, ce thème suscite tant d’intérêts et de débats concernant les possibilités pratiques d’instaurer la régionalisation, autonomie ou toute autre voie, et ce, en s’inspirant des modèles existants.

Cette conférence-débat aura lieu

samedi 06 février 2010 à 19h

(Espace Marx : 4, Rue Rouppe 1000 Bruxelles), et sera animée par la présence de spécialistes en la matière.

Au plaisir de vous voir parmi nos nombreux invités.

Agraw N’Arif

02-02-2010, 16:22:08 Rachid Z
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Maroc

Forum vérité et justice

Le dérapage

torture

Par Khalid Jamaï, le 2 février 2010

Le plan stratégique du Forum vérité et justice adopté avant le congrès tenu par cette association stipulait qu’il fallait combattre, par les faits, le mensonge de la transition démocratique du pays. Et ce, entre autres, en modifiant les statuts de l’association et en s’ouvrant aux victimes d’après 1999. Une fois le congrès terminé, voilà que le nouveau président, Mustapha Manouzi, se fend de déclarations qui vont à l’encontre de ce plan stratégique. C’est ainsi qu’il a déclaré au Journal Hebdomadaire dans sa dernière édition: «Après 1999, les violations commises ne sont pas aussi graves que celles des années de plomb. Il s’agit de dérapages isolés Et d’ajouter «qu’il n’était pas important, après tout, de savoir si ces violations sont graves ou pas Pour M. Manouzi, «de 1956 à 1996, la terreur était condensée. Pour la nouvelle ère, il faut dire que c’est relatif», précisant «qu’on le veuille ou pas, après 1999, les choses ont changé… Moi, je voulais une ouverture sur les différents acteurs dans la limite du tiers… Pourquoi ne pas avoir des enseignants, des médecins, des techniciens?»

Que M. Manouzi soit un militant de l’USFP, c’est son droit absolu. Qu’il considère que la mort de Omar Bendjelloun était une perte pour le champ politique, nous en convenons, en fait il ne fut pas le seul. Loin s’en faut. Mais, lorsqu’on se trouve à la tête d’une telle association, on doit, en principe, oublier son appartenance politique, faire son possible pour ne pas avoir un comportement clanique. Précisons que M. Manouzi est un juriste, un avocat. Donc, on ne peut parler de dérapage verbal, car il sait ce que parler signifie. C’est dire si ces déclarations interpellent et méritent d’être discutées.

Tout d’abord, il parle de la période 1956-1999, soit 45 ans, et la nouvelle ère n’a que 10 ans. Qu’en sera-t-il dans trente cinq ans ? Or, ces dix dernières années, ce sont des centaines et des centaines de citoyens qui ont été incarcérés, enlevés, torturés. Après les attentats de Casablanca, les autorités ont reconnu qu’il y a eu près de 2 000 arrestations. Et les témoignages sur les tortures subies pendant ces dix années se chiffrent par centaines. Voir le témoignage insupportable rapporté, le 14 janvier dernier, par le quotidien Akbar El Youm.

Or, pour ces 2 000 arrêtés, la très grande majorité était constituée d’innocents. Les procès de ces islamistes qui s’élèvent à des centaines, ont été iniques pour la plupart. Des pratiques de torture et des procès qui ont été condamnés par les associations internationales des droits humains. Même le souverain a dû convenir qu’il y a eu des dépassements.

Mais, pour M. Manouzi, ces violations ne sont pas aussi graves et il n’est pas important de juger de leur gravité ! Un comble. Mais alors, que lui faut-il pour que l’on ne soit pas face à de simples dépassements ? Il serait bien inspiré de nous fixer les critères qui pourront déterminer le seuil à partir duquel on ne peut plus parler de dérapages. Notons au passage que la nouvelle ère a enfanté ses «Derb Moulay cherif», ses «Dar el Mokri» qui ont d’ailleurs acquis une «réputation» internationale : le centre de Témara, le commissariat de Jamaâ el Fna, amplement dénoncés et condamnés. Et il n’y a pas que les «islamistes», les «salafistes» qui ont été victimes de ces «dérapages». Il y a aussi des dizaines de militants, tels ceux du groupe Zahra Boudkour ainsi que de simples citoyens : l’affaire du palais de Marrakech, celle des employés de la RAM, etc.

Peut-être aussi que M. Manouzi considère que la répression des populations d’Ifni fait partie de ces dérapages, de même que celles des victimes de la famille Amahzoune à Khénifra. M. Manouzi ne semble accorder aucune importance aux bilans des violations publiés par les associations marocaines des droits humains et scotomise le fait que la torture et la répression demeurent des données structurelles de la gouvernance marocaine. Ces violations, on ne peut les effacer, encore moins minimiser leur gravité. On s’attendait à ce que M.Manouzi les condamne, dénonce le recours à des pratiques de torture, redevenues courantes, et appelle à la traduction en justice des nouveaux tortionnaires qui ne prennent plus la peine, comme au temps des années dites de plomb, de cacher leur identité.

M. Manouzi refuse que les victimes de la nouvelle ère accèdent à l’association qu’il préside désormais, car y seront inclus les islamistes qui risquent de devenir un jour ou l’autre majoritaires. Une attitude pour le moins peu démocratique.

Le drame, c’est que le Forum est devenu un lieu de règlement de comptes entre des formations de gauche, essentiellement l’USFP, Attaliaâ et Annahj. Des règlements de comptes où les petits calculs politiciens sont de mise, souvent alimentés par des conflits personnels. Le pouvoir makhzenien ne pouvait espérer mieux. Et rien ne garantit que les victimes de la «nouvelle ère» ou de ces nouvelles années de plomb ne se décident, demain, à fonder un «Forum vérité et justice bis !»

02-02-2010, 14:52:56 Rachid Z
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L'islam gagne du terrain au Brésil

Musulmans brésiliens

Par Lamia Oualalou, Le figaro, le 01 février 2010

Après les attentats du 11 septembre 2001 et sous l'impulsion d'une «telenovela», les conversions se sont multipliées dans les périphéries urbaines du pays.

Cinq fois par jour, Rosangela cherche la direction de La Mecque dans son petit appartement de Vila Ferreira, un quartier pauvre de Sao Bernardo do Campo, une ville industrielle située à quelques kilomètres de Sao Paulo. À 45 ans, sa vie est rythmée par l'islam, qu'elle a embrassé au début des années 1990. Voilée, vêtue d'une longue tunique, Rosangela assure l'accueil au Centre de divulgation de l'islam pour l'Amérique latine. «Je donne aussi des cours sur le Coran», précise-t-elle, soucieuse qu'on ne la prenne pas pour une simple hôtesse.

Converser avec Rosangela n'est pas facile : elle s'interrompt toutes les cinq minutes pour répondre au téléphone ou renseigner des visiteurs sur les conférences du cheikh Jihad Hassan Hammadeh, le directeur du Centre. «La demande de corans en portugais est telle que mon stock est épuisé, assure-t-elle . Alors, en attendant d'être réapprovisionnée, je donne des versions espagnoles.»

Premier pays catholique du monde, le Brésil connaît depuis une décennie une croissance importante de l'islam. «Il est impossible de savoir combien le pays compte de musulmans, puisqu'ils sont enregistrés dans la catégorie autres, mais on estime qu'il y en a environ un million», indique Paulo da Rocha Pinto, professeur à l'université Fluminense.

Pour lui, le meilleur indicateur de l'expansion de cette religion est la multiplication du nombre de lieux de culte. Malgré l'arrivée dès le début du XXe siècle de vagues de musulmans, syriens, libanais et palestiniens en majorité - on les appelle au Brésil les «Turcos» en référence à la tutelle qu'exerçait à l'époque l'Empire ottoman -, la première mosquée n'a été inaugurée qu'en 1960. La construction de lieux de culte n'a véritablement commencé qu'à partir des années 1980 et s'est accélérée au début des années 2000.

Effet de mode

Au départ de cet emballement, les attentats du 11 septembre 2001. «Certains voulaient en savoir plus sur ce peuple capable de faire trembler l'empire américain, d'autres doutaient de ce que racontait la presse, relate Rosangela. En venant ici, ils ont vu que l'islam n'avait rien à voir avec la haine et pro­­gres­-sivement certains sont devenus musulmans.»

Le mouvement de conversion à l'islam a toujours existé au Brésil, malgré un très faible prosélytisme. «En général, c'était lié à une amitié, un mariage. Le 11 Septembre a augmenté la visibilité des musulmans et nourri la curiosité», dit Paulo da Rocha Pinto. À l'université, les cours sur le monde arabe et l'islam, autrefois exotiques, sont bondés. Ce regain d'intérêt a été constaté dans le monde entier. Mais au Brésil, l'engouement a été attisé par une spécificité locale : la telenovela. En octobre 2001, soit trois semaines après les attentats du World Trade Center, la chaîne Globo a lancé Le Clone. La série, située au Maroc, avait l'ambition de dépeindre le monde arabe et musulman. «C'était une coïncidence : le feuilleton était programmé depuis des mois», se souvient Francirosy Ferreira, spécialiste de l'islam à l'université de Sao Paulo.

Le succès est tel qu'il devient commun, dans les rues de Rio de Janeiro et de Sao Paulo, de se saluer par un «inch'Allah !». «Beaucoup de femmes envisageaient d'abandonner leur religion pour pouvoir épouser un Saïd , le héros musulman de la novela», raconte Francirosy en riant. Caricatural à souhait, le personnage est romantique, respectueux de sa femme, qu'il couvre d'or.

Ces conversions dues à un effet de mode se sont révélées fragiles. Rosangela, elle, est une convaincue. Sa conversion résulte d'une quête identitaire. Noire, pauvre, militante du Mouvement noir unifié (MNU) dès l'adolescence, elle n'a jamais trouvé ses repères spirituels dans sa famille catholique. «Jésus est toujours représenté en homme blanc. Qu'est-ce qu'ils en savent ? Tout le monde n'était pas blanc à Jérusalem !», assène-t-elle. Les premiers musulmans à s'installer au Brésil n'étaient pas des commerçants libanais et syriens, mais «les milliers d'esclaves déportés d'Afrique» rappelle Paulo Farah, qui dirige le Centre d'études arabes. Connus sous le nom de Malês et de Muçulmis, ils représentaient, selon les spécialistes, 15 % des esclaves. Entre 1807 et 1835, ils se révoltèrent à plusieurs reprises. La plus importante de ces révoltes, dite la Révolte des Malês, eut lieu à Salvador de Bahia, dans la nuit du 24 janvier 1835. «Les autorités l'effacèrent des livres d'histoire», remarque Paulo Farah. Elle donna lieu à une féroce répression et à une méfiance durable à l'égard de l'islam.

C'est cet héritage que revendique le rappeur Honerê al-Amin Oadq, une star du hip-hop à Sao Paulo. Honerê al-Amin Oadq, 32 ans, s'appelait auparavant Carlos Soares Correia. «J'ai choisi le hip-hop pour dénoncer le génocide dont sont victimes les jeunes Noirs au Brésil et montrer que nous pouvons aussi représenter des valeurs positives», explique-t-il. En tombant sur la Révolte des Malês, qu'il qualifie d'«Intifada noire», il trouve une source d'inspiration. Le film Malcolm X et la fascination exercée par le boxeur Mohammed Ali (né Cassius Clay) feront le reste.

Un quart des musiciens de son groupe baptisé le «Posse Hausa», en référence à un autre soulèvement d'esclaves musulmans au XIXe siècle, s'est converti à l'islam. Les autres, précise le jeune homme, «ont opté pour notre mode de vie : ils ne boivent pas, ne fument pas, respectent les femmes et aident leur communauté». L'islam a ainsi sauvé, selon lui, des dizaines de ses amis de l'alcool, la drogue et la prison.

L'introduction de l'islam dans les périphéries est en train de changer le visage d'une religion auparavant identifiée avec les descendants d'Arabes appartenant souvent à une classe sociale élevée. Pour Paulo Farah, «le message d'égalité raciale et de justice sociale de l'islam connaît un important succès au sein des communautés les plus pauvres, en particulier auprès des jeunes qui souffrent du racisme et des violences policières».

Une religion «étrangère»

La motivation de ceux qui optent pour l'islam n'est pas la même que celle qui pousse vers les Églises évangéliques ou des religions afro-brésiliennes, comme le candomblé, estime Paulo da Rocha Pinto. «En général, les nouveaux convertis ont approché auparavant d'autres confessions. Avec l'islam, ils découvrent une religion plus ouverte sur le monde L'universitaire réfute toute dérive politique violente : «Il y a une solidarité avec les peuples palestinien, irakien ou libanais, mais ce n'est pas une identification. Ce qui compte, c'est que l'islam se présente comme une idéologie tiers-mondiste, semblable à celle qu'on pouvait trouver dans la théorie de la libération latino-américaine avant que l'Église catholique décide de freiner son expansion.»

L'absence d'une rhétorique revancharde s'explique aussi par la politique de l'État brésilien, qui refuse d'identifier les musulmans comme une population à part. Au lendemain des attentats du 11 Septembre, le département d'État américain avait demandé aux gouvernements paraguayen et brésilien de regarder de près les communautés musulmanes, en arguant qu'elles pouvaient abriter des foyers de terrorisme.

Le Paraguay s'était exécuté avec zèle. Des commerçants musulmans de Ciudad del Este avaient été emprisonnés, certains avaient même été torturés. Le Brésil en revanche avait répondu qu'il défendrait tous les citoyens brésiliens contre des ingérences étrangères.

L'islamophobie n'est pas absente pour autant du Brésil. Certaines publications évangéliques en font une description alarmiste et la population continue à percevoir cette religion comme «étrangère». Rosangela a toujours en permanence un voile de rechange dans son sac, en cas d'agression.

Mais paradoxalement, pour le cheikh Jihad, c'est la telenovela qui a le plus contribué à faire accepter l'islam. Lorsque des adeptes venaient le voir à la mosquée pour protester contre l'image caricaturale du feuilleton, il leur répondait qu'il en était ravi : «Avant, nous avions une image d'extraterrestres ou de terroristes. Maintenant, nous sommes perçus comme des gens qui adorent la fête et la danse. Vous préférez quoi ?»

02-02-2010, 03:47:02 Rachid Z
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